CHAPITRE IV
Critique des différentes méthodes radiologiques.
Au cours de cette étude nous avons indiqué les rensei-
gnements pratiques que, d'après nous, l'ophtalmologiste |
avait intérêt à demander à laradiologie. Nous avons exposé d'autre part les différentes méthodes d'examen par les rayons X. Il ne nous reste plus qu'à déterminer [e mode d'exploration auquel nous aurons recours et quel est le procédé qui répondra le mieux aux désirs légitimes de l'oculiste. ; L’exploration radiographique simple est une opération complexe. Comme la photographie, elle comprend trois opérations successives : 1° Impression de la plaque sensible par l’interposition, entre elle et l’ampoule, de la tête du
blessé ; 2° développement de cette plaque et obtention du
cliché négatif; 3° tirage de ce cliché sur épreuve posi-
tive.
La radiographie stéréoscopique exige deux clichés radiographiques : la plupart des procédés de localisation
demandent également deux épreuves. Le tout exige du
temps, du soin, et une installation assez complexe si l’on veut se passer des services d’un photographe professionnel,
L’exploration radioscopique demande, à peu de chose près, le même matériel générateur de rayons X. Mais la vision directe des ombres portées sur l'écran fluorescent réclame une dépense de temps, de peine et d'argent bien inférieure à celle qu'exige une épreuve radiographique. Ce sont là ses moindres avantages. En outre, c’est un privilège inappréciable, réservé seulement à l'écran, de déceler les mouvements invisibles qui se produisent à l'intérieur de la cavité orbitaire. En quelques instants, par le simple déplacement du sujet, de l’ampoule, d'un point de repère ou de l’écran, nous voyons défiler sous nos yeux des images multiples qui se complètent, se corrigent les unes les autres. Bien plus, en modifiant le pouvoir de pénétration des rayons, nous pouvons faire varier l'éclat de l’image, modifier le contraste des ombres et des clairs, et nous rendre compte ainsi de la profondeur et de la situation des corps étrangers.
Il semble donc que la méthode de choix, la plus facile, la plus rapide, la plus féconde en résultats, soit l'examen radioscopique. C’est à elle que les ophtalmologistes devraient recourir dans tous les cas, quitte à pratiquer ultérieurement l'examen radiographique, s'ils jugeaient insuflisants les renseignements fournis par la fluoroscopie.
Il n'en est pas ainsi. Presque tous les auteurs qui se sont occupés de cette question ont donnéle pas à la radio-
graphie sur la radioscopie.
« Enr ophtalmologie, dit Ab, la radioscopie ne sera pas d'un grand secours, car les corps étrangers sont en général très petits et échappent presque toujours à ce mode d'examen: ou, s'ils sont visibles, les images obtenues sont trop peu intenses. En effet, lorsqu'on examine des régions fort épaisses, les rayons X sont arrêtés. »
« Lorsqu'on a à sa disposition, dit M. Bourgeois, une installation donnant le moyen de faire des radiographies aussi nettes que celles que j'ai présentées à la Société d'Ophtalmologie, il est élémentaire de commencer toute séance par un examen à l’écran; or, dans les sept expertises qui font l’objet de mon étude, pas une fois la radioscopie n'a permis d’apercevoir la plus légère ombre de. corps métallique. Si M. Terrien a pu voir à l'écran un grain de plomb intra-oculaire, c’est que c'était du n°5 et siégeant du côté externe de lorbite. » è
Ainsi, M. Bourgeois frappe d’ostracisme la radioscopie, parce qu'il n’a rien pu voir à l'écran. Sans vouloir contester la valeur du matériel employé, qu'il nous soit permis de faire remarquer à M. Bourgeois que la radioscopie ne consiste pas uniquement à substituer un écran à une plaque photographique. La radioscopie est une méthode qui ne se confond nullement avec la radiographie. Elle a des moyens qui lui sont propres. M. Bourgeois ne nous décrit pas la technique dont il s’est servi; nous ne savons pas comment il a limité l’action des rayons parasites. A-t-1l employé un diaphragme ? C’est probablement là la cause de son échec. Nous n’en voulons pour preuve que les deux exemples suivants (1) :
(1) Cas observés dans le service de M. le docteur Béclère.