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Une fillette s'était introduit un caillou dans les bronches.
L'ombre de corps étranger se voyait nettement sur l’écran
quand le diaphragme iris présentait son plus petit dia-
mètre. Mais lorsque l'ouverture de ce diaphragme devenait plus grande, immédiatement l’ombré du caillou cessait d'être visiblé à l'écran.
M. Béclère à présenté à la Société médicale des Hôpitaux un malade atteint de caleul du réin. Il est très rare que les calculs reinaux soient visibles à l'écran. Or, celuici, grâce à son volume, se révélait à l'examen radioscopique — à condition toutefois que le diaphragme iris fut très resserré. Venait-on à agrandir l'ouverture du dia- ‘phragme, aussitôt l'ombre du calcul disparaissait.
Ces deux exemples nous semblent prouver surabondamment l'importance du diaphragme.
Nous ne pouvons, non plus, être de l'avis de M. Bour-
geois lorsqu'il dit : « Seuls les projectiles de gros calibres
et situés très près de la paroi se voient à l'écran. » Sans
doute la radiographie permet parfois de déceler des corps (e]
très petits que la radioscopie n'aurait pas révélés; sans
doute le plomb dont il était question dans l’observation de
M. Terrien était du n°5 ; mais nous ferons à cette objec-
tion deux réponses :
1° D'abord les grains de plomb du n° 7 à 10 ne sont pas les plus fréquents dans les accidents de chasse. On trouve aussi souvent des projectiles d’un calibre plus gros. Par conséquent, même s’il était prouvé que la radioscopie ne put déceler que des corps d’un moyen volume, nous réclamerions encore pour elle droit de cité en ophtalmologie.
2 Nous avons pu distinguer très bien à l’écran et, en
nous servant du matériel que nous avons décrit, des grains de plomb de petite dimension. Dans l'observation XXII, l'enfant A... avait reçu un grain de plomb de petit calibre
il était situé très profondément dans la cavité orbitaire. LA preuve en fut faite par l’extraction d’un des plombs super-
ficiels du cuir chevelu. C'était très exactement un grain
de plomb du n° 8. En outre, l'œil fut énueléé et le doigt.
put être introduit assez loin dans la cavité orbitaire sans
rencontrer le projectile. Done, il était situé profondément -
et loin de la plaque.
La radioscopie ne mérite done pas le dédain dont l’accablent la plupart des auteurs. Est-ce à dire qu’elle puisse seule nous rendre service en ophtalmologie et qu’elle puisse partout et toujours remplacer la radiographie ? Nous ne le croyons pas.
1° La radiographie aura toujours sur la radioscopie cet
immense avantage de pouvoir laisser une trace de l’ex-
ploration, de constituer un document, sur lequel pourront
discuter des experts.
2° Elle nous présente en outre cette supériorité inap-
préciable d'offrir des images plus nettes que celles perçues sur l’écran.
Dans les cas de corps étrangers très petits, l'examen radioscopique peut rester négatif, et l'examen radiographique peut nous révéler des taches très fines, qui sont
les ombres minuscules des corps étrangers.
3° La radiographie permet enfin, grâce aux méthodes -
exactes, un diagnostic précis.
Remarquons que ce troisième avantage ne présente
qu'une utilité relative en ophtalmologie. En effet, il y a
DS Gite
une différence énorme entre les blessures de l'œil par corps étranger et celle d’un autre organe par le même corps. Presque partout ailleurs, il est possible d'avancer qu’aussitôt la question de la localisation précisée, 1l est facile d’aller à la recherche du corps étranger et de l’extraire. Dans l'œil, les choses sont loin de se passer ainsi. L'œil est un organe mobile dans la cavité orbitarre. En supposant même qu'il restât immobile pendant toute la durée d’une épreuve radiographique, rien ne prouve qu’en cas d'intervention il occuperait sous l'instrument du chirurgien la même position que sous l'ampoule de Crookes. L'œil est un organe d'une délicatesse extrême. I'en . résulte qu'un corps étranger est souvent plus dangereux par les dégâts qu'ila pu provoquer que par le fait même de sa présence. Il en résulte aussi que souvent le corps étranger à pu être localisé exactement, sans qu’on ait procédé à son extraction, car les désordres que l'intervention pourrait produire sont de nature à faire hésiter les plus hardis. ï - L'œilestun organe solidaire de son congénère. Devant la terrible menace de lophtalmie sympathique, l’extraction du corps étranger ne suffirait pas ; c’est l'organe tout entier qu'il faut supprimer.
Ceci résulte non seulement de cette étude, mais de l'analyse clinique des observations que nous publions. __ Nous avons divisé ces observations en deux séries : celles pour lesquelles la radiographie a été la méthode de choix, et celles pour lesquelles nous nous sommes servi de la radioscopie. Remarquons que souventun exa-
men radiographique a suivi et est venu confirmer le résultat
Re Re
de notre examen à l’écran. Nous n'avons pas recueilli tous les cas de radiographies oculaires déjà publiés. Nous nous sommes contenté de choisir les exemples les plus saillants, les empruntant, autant que possible, à des méthodes différentes. De même dans les observations qui nous sont personnelles, les malades appartenaient à des ophtalmologistes différents. Nous sommes done en droit d'attribuer à ces deux séries d'observation la valeur
d’une opinion moyenne. Le tableau suivant rend compte
des résultats obtenus a
; | Diagnostics Diagnosties| ; j Corps Etrangers Nombre Dingogie par Résultat È graphie Radioscopie
“ d BRÈINe
Magnétiques
i RE CL DE SRE Extraction avec || | Intra-oculaires | E
succès. 2 2 fois Abstention.
Enucléation (pas d'observation).
Extraction (pas | ' d'observation}. |!
1 fois =. | Abstention.
| Extra-oculaires 5 ré | 1 fois Enucléation.
1 fois | Tentative d’extraction suivie ete d'échec.
5 fois | Abstention.
1 fois Enucléation.
Non Magnétiques
| Intra-oculaires
2 fois Extraction avec succès.
1 fois | Tentative d’ex-
traction suivie
il Extra-oculaires
d'échec:
3 fois Abstention.
2 fois | Abstention.
3 fois Enucléation.
1 fois | Enucléation.
Pas
o* ES.
F k LA ke
DErpa
Sur 29 cas de traumatismes par corps étrangers, nous trouvons 27 corps étrangers. Etant donné le jeune âge des blessés et la transparence de leur cavité orbitaire, nous sommes presque certains que, dans les deux résultats négatifs, nous n'avons rien trouvé,-parce qu'il ny avait rien. L*
Sur 8 corps magnétiques, le hasard a voulu qu'aucun ne
fut soumis à l’exploration radioscopique, Nous Île regrettons, car probablement la radioscopie eut abouti au même résultat que la radiographie.
. Chaque fois que le corps étranger magnétique a été localisé peu de temps après le traumatisme, l'extraction à l’électro-aimant a été possible,
Or, pour extraire un éclat d'acier par ce procédé, il
n’est pas besoin d’un contact intime entre l’électro-aimant
-et le métal.
Une localisation assez exacte pour dire dans quel segment de l'œil se trouve le corps étranger est suffisante en pratique.
Le procédé de M. Guilloz eut donc pu être avantageusement remplacé soit par l'exploration radioscopique, soit par la radiographie pratique.
Lorsque la localisation a eu lieu longtemps après le traumatisme, le corps était enkysté et l’intervention devenait inutile. La conduite adoptée variait alors selon les symptômes. Si le corps était bien supporté, c'était l’abstention; s’il devenait dangereux, c'était l’énueléation.
Le tableau est non moins intéressant pour Ce qui concerne les corps étrangers non maghéliques.
Sur 27 observations, nous ne trouvons pas un cas de
RTE
corps étranger non magnétique éntra-oculaire localisé et extrait avec succès. Les auteurs de méthodes exactes ont tous publié leurs succès. Pas un, ni Contremoultins, n1
Guilloz ne citent un cas de corps intra-oculaire localisé
. par leur procédé et extrait grâce à eux.
En revanche nous constatons un cas d'échec dans la tentative d'extraction d’un corps étranger intra-oculaire localisé par, la radioscopie. Remarquons qu'il s'agissait d’un malade ayant reçu un éclat de pierre trois mois auparavant, Si M. Chevallereau n’a pas persévéré plus longtemps dans sa tentative, c’est que l'œil avait encore un peu de vision et que les manœuvres d'extraction risquaient d'être plus nuisibles que l’abstention.
Faisons observer en outre que la do de
précision eut elle, même donné le siège exact du corps
étranger, que la tentative d'extraction n'en eût pas moins.
abouti au même résultat.
Dans les cas de corps étrangers intra-oculaires les méthodes «pproximalives nous paraissent done complètement suffisantes. he
Le tableau des corps extra-oculaires non magnétiques nous fournit un résultat non moins concluant,
Sur douze corps étrangers, neuf fois on aurait pu se passer d’un diagnostic précis :
Cinq fois on s’est abstenu et trois fois on a été obligé d'énucléer. Or, pour enucléer ou s’abstenir, le diagnostic approæimatif suffit. |
On n’a donc tenté que trois fois l'extraction du corps
extra-oculaire. On y a réussi deux fois et on a échoué une fois.
nn.