CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGIE.
Notre étude, par la définition même du sujet, reste forcément limitée. Nous ne croyons pas devoir reprendre en détail, à propos d’étiologie, l’histoire banale des
conditions qui prédisposent aux balano-posthites. La
première de ces causes est sans contredit le phimosis ou, d’une maniere plus générale, la longueur et létroitesse du prépuce. Il est facile de comprendre que les feuillets muqueux du prépuce et du gland, lorsqu'ils sont toujours en contact, deviennent l’un pour lPautre
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une cause d’irritation permanente. Vienne lPoccasion, la phlegmasie s’allume. Mais de tous les agents capables de provoquer la balano-posthite sur un terrain préparé, le plus actif est, à coup sûr, le chancrelle. N’aurait-il pas rendu préalablement la muqueuse plus facilement irritable, le chancre mou développerait encore la balano- posthite pour une autre raison. Le chancrelle fournit une sécrétion virulente, relativement abondante, qui exerce une action des plus corrosives sur toute l’étendue de la surface baignée par lui. Si le chancre mou se trouve emprisonné sous la calotte du prépuce, que se produira--il? Le pus chancrelleux, par son siège forcé dans la cavité glando-préputiale, sera dans les conditions les meilleures Pour enflammer la muqueuse. Des chancres mous nouveaux vont se produire et développer à leur tour, de proche en proche, une phlegmasie plus où moins intense. Force est donc de reconnaître que le phimosis est par excellence la cause prédispo= sante de la balano-posthite chancrelleuse. Le manque de soins, les excès de tous genres, le diabète et la goutte par leurs manifestations locales, l’abstention thérapeutique ou la trop grande activité du traitement : telles sont les conditions premières qui favorisent avec le phimosis la balano-posthite chancrelleuse,
Causes occasionnelles. L’intensité des chancres et leur dimension ne sont pas des choses indifférentes en ce qui concerne le développement de la balano-posthite. Le rayonnement inflammatoire sera d'autant plus étendu que la surface virulente sera plus large, Mais
6 qu’ di importe surtout de PES PES de siège du . chancre mou. Quand le virus $ r sur la peau du prépuce, sur le limbe ou sur le méat, la “balano-posthite fait très souvent défaut. L’explication de > ce fait ne présente aucune difficulté. En effet, dans ie trois Cas que nous venons d'é énumérer, le pus sécrété trouve une issue facile et e va pas contaminer, d'une façon sensible, la muqueuse balano-préputiale. Mais si le chancre mou siège au contraire sur le gland, sur la face interne du prépuce ou dans le sillon qui les sépare, les conditions deviennent bien différentes. Le muco— pus, par son séjour forcé entre les deux feuillets de la muqueuse, provoque une inflammation des plus vives, ainsi que nous l’avons dit plus haut en constatant l’in- - fluence prépondérante du phimosis comme cause adfuvante. Le muco-pus qui suinte à la surface du chancrelle s’inocule fatalement au-dessous de lui, et les chancres se reproduisent ainsi plus ou moins vite, par inoculation successive, jusqu'au niveau du limbe. Ainsi donc le chancrelle de la cavité glando-préputiale provoque aussi facilement que possible la balano-posthite. Mais lorsque le chancre s’est fixé d’emblée sur le méat ou le pourtour du prépuce, le virus s’écoulant vers les parties les plus déclives n’a guère de tendance à s’inoculer au-dessus de la lésion ; la balano-posthite sera limitée à un très petit espace. Ces considérations sur la marche du virus, dans la région balano-préputiale, éclairent assez bien, à notre humble avis, la pathogénie de la balano-posthite chancrelleuse. Elles ne nous
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Ep Sie seront pas inutiles, quand nous nous occuperons du traitement.
MM. Ricord et Fournier, dans les « Leçons sur le chancre », ont en outre donné la raison suivante :
« Toutefois il ne faudrait pas croire que la pénétration du pus virulent ne se fait que par des solutions de continuité, où pour ainsi dire par des portes d’entrée préparées à Pavance. Le pus du chancre peut lui-même se préparer les voies et s'ouvrir la tranchée, mais alors voici ce qui se produit : déposé à la surface des téguments, ce pus très âcre, très irritant, développe une excitation analogue à celle que produit l'application sur la peau de toute substance irritante : survient un érythème. Puis la cause d’irritation subsistant, une ulcération superficielle se manifeste; l’épiderme s’érode et le derme se dénude : dès lors la solution de continuité se trouve établie, la tranchée est ouverte, et le pus virulent pénètre dans l’organisme. »