‹ De La Balano-Posthite ChancelleuseChapitre 5 sur 20 · GERA PAR ELITE ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

GERA PAR ELITE ETUDE CLINIQUE

Symptômes, formes, marche et terminaisons.

La balano-posthite chancrelleuse est loin de revêtir toujours un aspect identique. Tantôt (et c’est le cas le plus fréquent) elle est légère et catarrhale ; tantôt elle

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é | — 1 — eee Se RENNES est interstitielle et franchement phlegmoneuse, pou LEUR me vant alier jusqu’à la gangrène et déterminer dans sa sphère les plus graves désordres. On peut appliquer | A tous points à la balano-posthite chancrelleuse æ que M. Mauriac disait en 1875, dans ses Leçons cli= niques, à propos du chancre infectant : « Ou bien D. = l’hyperplasie inflammatoire du chancre peut s’im- | planter lentement, sourdement, sans exciter autour d'elle aucun processus violent, ou bien elle se complique au contraire, dès son début, de phénomènes assez vifs pour aboutir au phlegmon, à l’érysipèle ou à la gangrène. » Elle est apte, en un mot, à provoquer tous Les degrés de réaction locale. Nous devons donc A s décrire successivement chacune des formes dela balano- ces posthite chancrelleuse. La distinction entre ces formes est de la plus haute importance au point de vue des indications dans l'intervention thérapeutique. :

1° Forme légère.— Dans les cas les plus bénins, l’inflammation très légère est simplement catarrhale. La ù peau est à peine rouge, l'écoulement médiocre, la doue leur presque nulle. À peine existe-t-il un léger prurit. La palpation du prépuce donne une sensation d’empàtement, mais non d'induration, comme dans le phimosis produit par un chancre syphilitique. Le prépuce est à toujours plus ou moins tuméfié Quand le phimosis ne précède pas la balano-posthite, il la suit presque toujours et dès lors le phimosis entretient à son tour lin

flammation de la muqueuse, en favorisant 11 stagnation du pus. Le gland, lorsqu'on arrive à le découvrir, appa-

raît rouge, turgide, enflammé. Le sillon qu le sépare du prépuce est rempli de smegma et de mucus épaissi. Il est assez commun de trouver à la surface un petit piqueté rouge, voire même de petites érosions très superfcielles, résultant de la desquamation des cellules épithéliales. Ces exulcérations minuscules ne sont pas chancrelleuses par leur nature, mais elles le deviennent tôt outard, puisque tonte solution de continuité est une porte ouverte au virus. Quoi qu’il en soit, le limbe humide, épaissi, se montre ordinairement crevassé, sillonné de fissures.

Presque toujours des ulcérations chancreuses sont visibles sur le pourtour du prépuce et cela pour deux raisons : d’abord par ce qu’elles peuvent y naître aussi bien et même mieux qu’en aucun autre point; ensuite parce que, dans les cas où le siège primitif du chancrelle est à la face interne du prépuce, le virus, par ses inoculations successives, arrive jusqu’au niveau du limbe.

Quand la verge est flaccide, la souffrance est pour ainsi dire nulle ; il en est de même lorsque le prépuce est large et peu gonflé. Les téguments conservant leur souplesse normale, le gland et les corps caverneux peu vent augmenter de volume sans que le malade éprouve la moindre gêne. Au contraire, le prépuce est-il étroit et court, l’érection s’accompagnera d’une douleur assez vive. C’est qu'en effet, le gland turgide ne distend plus qu'avec peine les parties qui le recouvrent et la dilatation du prépuce ne s'opère plus qu'avec difficulté. Les tiraillements peuvent aller jusqu’à la déchirure, acci-

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on moins de résistance. D'ailleurs, ce fait S'ap=

plique à toutes les balano-posthites ( et M. Rizat l’a bien | | observé et étudié dans $ sa thèse sur le phimosis syphi-

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ti DEEE âgé de 22 ans, 7 oecupé le Jit n° 17, salle 6,

service de M. le Dr Mauriac (hôpital du Midi).

Dans les premiers jours de novembre 1882, huit jours après avoir eu des rapports sexuels, F... ressent une gêne et de la douleur à l'extrémité de la verge. Le prépuce ne glisse plus Sur le gland, la peau est rouge et tuméfiée, Le malade remarque alors, sur le bord interne du pourtour préputial, une solution de continuité de forme arrondie, qui est le siège d'une sensation anormale de chaleur et de chatouillement.

L'écoulement est très léger. Par le fait de son siège, le chancre ne produit qu'une balano-posthite très légère et très limitée. Le malade entre à l'hôpital le 8 novembre, et, en dehors

. de l’état ci-dessus mentionné, on constate une double adénite inguinale, qui à abouti à la suppuration. Le chancre mou est cautérisé à plusieurs reprises avec une solution de chlorure de zinc à saturation. Quant à la balano-posthite, elle est traitée par injection faite entre le gland et le prépuce avec une solution de nitrate d'argent au trentième. Le 25 novembre, la guérison du chancre mou et de la balano-posthite est complète. Il est intéressant d'ajouter que ce malade a présenté pendant st après l’évolution précédente, de l’érythèm e noueux et des syno vites tendineuses se rattachant à une blennorrhagie qui datait déjà de plus de deux mois.

OBSERVATION II (Personnelle).

Balano-posthite légère. ’

B..., cocher, 21 ans, se présente à la consultation du 24 novembre 1882 et raconte qu'ayant eu des rapports suspects, il y a trois semaines, ce ne fut que huit jours après qu'il-constata

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pue une ulcération sur le limbe du prépuce. Un écoulement assez abondant se manifeste, la verge est rouge, gonflée ; le prépuce

ne glisse plus sur le gland. C’est dans cet état que nous le :

voyons. Le malade nie tout antécédent syphilitique ; il présente un phimosis développé par la balano-posthite et quatre chancrelles nouveaux sur le limbe du prépuce. Les ganglions sont engorgés et douloureux ; l’un d'eux, situé du côté gauche, est prêt à s'ouvrir et à donner issue à du pus. Le traitement de cette balano-posthite consiste en injections au nitrate d'argent. Solution au trentième après cautérisation au chlorure de zinc.

Le malade revient à la consultation du vendredi 1° décembre; son état s’est considérablement amélioré. L’extrémité de la verge est encore un peu gonflée, mais le prépuce est redevenu très mobile sur le gland et les chancrelles tendent à la cicatrisation ; l’adénopathie inguinale droite est disparue, le bubon gauche n’a pas suppuré.

OBSERVATION ll {Personnelle),

Balano-posthite légère.

P..., employé de commerce, 42 ans, se présente à la consultation du 28 novembre 1882. Il assure avoir eu la syphilis il y a sept ans et décrit les accidents secondaires qu’il a présentés. I] a été traité par le mercure et l’iodure de potassium, et jouit actuellement d'une bonne santé. Il y a huit jours, trois jours après un coït suspect, il ressentit à la verge un prurit intense et une sensation de chaleur anormale. Il examina la partie malade et vit, vers le milieu du prépuce, un petit chancre de la grosseur d’une lentille. Le lendemain, ilremarque qu'un suintement assez abondant venait sourdre à l’orifice préputial. Cet écoulement ayant augmenté, P.., se résolut à venir à la consultation de l'hôpital du Midi.

Nous constatons l’inflammation et l'empâtement de la région. Le prépuce, qui est étroit et court, ne glisse plus sur le gland ; il est impossible de voir J'ulcération constatée par le malade dès les premiers jours. Une ulcération nouvelle s’est déclarée sur le limbe. Les érections sont très douloureuses ; il n'existe pas d'adénopathie. Ce malade se décide à entrer dans le service et le diagnostic reste incertain : la balano-posthite a-t-elle pour origine une plaque muqueuse où un chancrelle ? L’inoculation faite le 29 détermine une ulcération présentant tous

les signes extérieurs d'un chancre mou. On cautérise aussitôt

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