OBSERVATION VIII
(Communiquée par M. Pignot, interne du service),
J..., 32 ans, salle 8, lit n° 2. Entré le 30 mai 1882.
Le malade se présente à la Consultation pour se faire soigner d'une balano-posthite manifestement Chancrelleuse.
L'extrémité de la verge, rouge et boursouflée, est très douloureuse. A l'extrémité du prépuce et sur la partie inférieure du fourreau, siègent toute une série d’inoculations qu’il est impossible de ne pas reconnaître pour des chancrelles. En pressant Sur le prépuce, on fait couler, par l'orifice, un flot de pus
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, + Ë : ne D | L , s È : LEE d'odeur nauséabonde : les linges, qui enveloppaient la verge, je en sont tout imprégnés. Les ganglions de laine sont douloureux. :
Le malade raconte qu'il est dans cet état depuis deux jours ; le dernier coït remonte à cinq jours. Cette balano-posthite, très intense, est compliquée d'une fièvre assez vive. Le malade pa- - à rait très abattu ; il est admis dans le service de M. Mauriac. 1 juin. Le surlendemain de son entrée, une phlyctène se : montre à la face dorsale du prépuce : elle a les dimensions d'une pièce de 20 centimes : son diamètre transversal est un peu plus large que son diamètre longitudinal. La fièvre persiste, la langue est sèche et rouge, la soif est vive. Une section 5 du prépuce, allant du limbe au sillon balano-préputial, sépare la phlyctène en deux parties : il s’en écoule un peu de sérosité. Au-dessous de l’épiderme, les tissus sont d’une teinte rougeûtre très foncée. Le gland, mis à découvert, ne présente pas trace * de chancres, mais il en existe plusieurs au niveau de la rainure ; on les cautérise au chlorure de zinc. . ° Le 3. L’incision n’a pas enrayé la gangrène. Les deux lambeaux préputiaux sont noirs et gonflés : une odeur très forte s'échappe de la région. L'examen des urines ne donne aucune trace de sucre. Rien ne permet de ranger ce malade parmi les alcooliques.
Le 5. Le prépuce tout entier est sphacélé et paraît sur le point de se détacher ; mais, en le tirant avec des pinces, on constate que les tissus adhèrent encore et le malade éprouve une vive douleur. Le gland est d’un rouge violacé. La fièvre a dispasu. Le 6. Le prépuce est tombé, le fossé d'élimination est très nettement limité par la rainure balano-préputiale. Cette circoncision spontanée par gangrène est aussi parfaite que possible : le gland est intact et le frein a été respecté. La plaie est pansée avec une solution phéniquée au quarantième. Le 22. Le malade sort guéri.
L'observation que nous venons de rapporter est dou= blement intéressante. Elle montre d’abord le processus gangréneux s’arrêtant net au niveau de la couronne et faisant ainsi, spontanément, dans les meilleures conditions possibles, l’opération du phimosis. De plus, dans ce cas, la région du frein n’a pas été touchée.
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