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C'est sur ce fait que nous voulons insister, car il est à peu prés constant. Le frein reste donc presque tou- jours intact. Quelquefois mêine, le prépuce et le gland disparaissent en totalité sans que la région sur laquelle s’implante le frein soit nullement endommagée.
Cette résistance singulière du frein n’a pas échappée aux auteurs qui se sont occupés de la question. M. Rollet, dans Particle Chancre simple du Dictionnaire encyclopédique, citant la destruction possible du prépuce, en excepte : « la partie qui est située sous le filet et que sa vitalité exceptionnelle préserve presque toujours. Lorsqu'il ne reste de tout le prépuce que cette portion inférieure, celle-ci forme au-dessous du gland une sorte de lèvre saillante comme le lobe inférieur de la corolle des fleurs labiées. » M. Mauriac dans les leçons que nous avons citées parle également de cette immunité remarquable. Pour ce maître, comme pour M. Rollet, cette préservation contre la gangrène tient à la richesse de Pirrigation sanguine dans la région du frein.
Le plus souvent le gland demeure épargné. Quand le prépuce gangrené se détache, on le trouve ordinairement gonflé, mais d’un rose vif et sans la moindre trace de sphacèle. Malheureusement, il n'en est pas toujours de même et la gangrène peut atteindre le gland. Tantôt la plaque est superficielle et ces dégâts restent limités; tantôt l’eschare gagne en profondeur et va perforer l’urèthre dans sa portion balanique, tantôt enfin les ravages deviennent considérables en profon-
& comme en np + Le 2 land pans alors ouf entier. Tape ne tr “NouË citons ses loin une rene triés du service | Lee Le de M. Mauriac dans laquelle Ja gangrène détruisit | complétement la verge: gland et corps caverneux. À M7 NS ordre de causes sont ‘subordonnées l'étendue et: L | la profo: di ur des points envalus par le sphacèle? ; "Le problème est intéressant, mais la solution difficile. Nous croyons cependant pouvoir dire avec M. Mauriac : 0 s = queles principaux facteurs sont la violence du processus inflammatoire, le nombre et la dimension des chancres, enfin le mode particulier de La circulation qui doit varier dans la région suivant les individus.
OBsERVATION IX (personnelle).
$ Gangrène limitée à la face antérieure du Prépuce Hernie du gland, 3
\ Après une continence de plus d’un mois, F..., âgé de 19 ans,
a eu des relations sexuelles le 4° juin 1882. Deux jours s'étaient È à peine écoulés, qu’une petite ulcération paraissait à la face interne du prépuce et s’annonçait par une légère douleur. Malgré la longueur et l’étroitesse du prépuce, le chancrelle put . être constaté dès le début. Peu à peu se fit autour de l’ulcère = un rayonnement inflammatoire et, le 12 juin, le balano-posthite était assez nettement constituée, car, d’après le dire du
- malade, la vorge, dans toute sa moitié inférieure, était d’un rouge violacé, chaude, très gonflée. Un liquide purulent s’écou-
° lait par l’orificé du prépuce et plusieurs petites ulcérations
s'étaient creusées sur le limbe. % F... se présente le 20 à la consultation de l'hôpital du Midi et 1% fut admis dans le service de M. Mauriac. + ( Le 21, à la visite du matin, on constatait l’état suivant : verge sa très gonflée, chaude, d’un rouge sombre dans son tiers infé- . * vf
ieur. Le limbe est épaissi. très enflammé : on y voit cinq
Vire
OR
chancres mous. Ces chancres sont en pleine activité. Il s'écoule de la cavité glando-préputiale une assez grande quantité de muco-pus. Il n'existe pas d’adénopathie inguinale appréciable. Ce malade n’a aucun antécédent syphilitique.
Le 22. Le malade nous montre sur la face antérieure de la verge, au milieu de la région préputiale, une tache brune, insensible, de forme elliptique et dont le grand diamètre a plus d'un centimètre. Aucune odeur ne se dégage du point gangréné. La plaque de sphacèle aurait paru dès hier soir. Le malade a eu, pendant la nuit, une fièvre intense; sa langue est saburrale ; la soif est vive, la céphalalgie très accusée. I.’analyse de l'urine reste négative; l'alcoolisme n’est pas démontré. |
Le 23. Le point gangrené s’est agrandi dans tous les sens. La fièvre est très vive ; le pouls donne 104 pulsations ; l'agitation et le délire ont été tels que, pendant la nuit, l'infirmier de garde a dû demander du secours pour maintenir le malade dans son lit. Au moment de la visite, F... est dans un état de prostration dont on a peine à le tirer. L'odeur qui se dégage de la partie malade est caractéristique. Les chancrelles du limbe sont à peu près éteints. La sécrétion mucoso-purulente a diminué, mais elle est sanguinolente.
Le 25. L’eschare s'est détachée dans la nuit. Elle avait atteint les dimensions d’une pièce de deux francs. Toute l'épaisseur du prépuce a été frappée ; on aperçoit, sous la perforation, la plus grande partie de la face antérieure du gland ; il ne présente aucune trace de sphacèle, La fièvre a disparu ; le malade est très faible : il est couvert de sueurs.
Le 26. L'état général est aussi satisfaisant que possible. Les symptômes fébriles ont disparu, l'appétit est revenu, la langue est bonne. L'état local présente une particularité curieuse : le gland tout entier fait hernie par l’orifice résultant de la perforation gangreneuse. Tout écoulement à disparu. ;
Le 30. On enlève au malade ce qui lui reste du prépuce et, quelques jours après, il quitte l'hôpital parfaitement guéri.