INDIGENCE ABSOLUE , INDIGENCE RELATIVE
gissent sur les nécessités physiques. Il est des besoins d'opinion qui honorent la personne capable de les éprouver , et commandent les égards de celles qui peuvent y satisfaire.
Les conditions de Tindigence varient suivant les climats. Dans ces régions du midi où la nature prodigue à Thornme toutes ses faveurs, où un sol fécond donne avec peu d'efforts d'abondantes moissons et des fruits de toute sorte , où les nuits sont presque constamment égales y où l'homme semble vivre de l'air qu'il respire , du soleil qui Téclaire ; combien les besoins ne sont-ils pas restreints ! A mesure, au contraire, qu'on s'avance vers le nord, il faut se défendre contre les rigueurs du fi*oid, par un abri qui protège mieux, par des vétemens plus nombreux, par un approvisionnement de combustible ; le corps demande une nourriture plus substantielle ; le travail extérieur est interdît pendant une portion de l'année; la longueur des nuits exige le secours d'une lumière artificielle.
Les conditions de Pindigence sont subordonnées aux habitudes. L'éducation reçue , le régime, la manière de vivre modifient les besoins , agissent sur le tempérament. La continuité des privations en affaiblit le sentiment; la souffrance endurcit; le bien-être rend plus vulnérable. Une personne qui a vécu dans l'aisance , et qui vers le déclin de ses jours est atteinte par des revers, souffrira cruellement dans un état de gène qui pourrait paraître digne d*envie à un simple journalier. De là , les différences qu'on remarqua de nation à nation. L'Allemand et l'Anglais ne sauraient renoncer à l'usage de la viande ; un Français ne pourrait consentir à manger aussi peu de pain qu'on Allemand ou un Suisse ; Tindigent anglais , assisté par ^ paroisse, prend régulièrement son thé au sucre, ^ I avec les accompagnemens d*usage. L'Irlandais se nourrit de pommes de terre ; le Limousin de châtaignes ; le Piémon- ^de polente. En Hollande, en Belgique, en Angleterre, dans nos départemens du Nord , l'usage des bas est devenu
I^Bssî indispensable que celii du linge. Celui-ci était inconnu I. 2
iS PREMIÀRE >»ARTIE. LIVRE I. CHAP. II.
aux anciens; qui pourrait s*en passer parmi nous? Le tabaé^ depuis un siècle ne s'est-il pas mis au rang des nécessités pour beaucoup de gens , même parmi les plus pauvres 1 Tous les soins qui tiennent à la propreté sont, en de certains pays, fort heureusement réputés au. nombre des premières conditions de Texistence , même dans les derniers rangs de la so-^ ciété , quoiqu'ils soient négligés comme des superflnités en d'autres pays , même par les classes supérieures;
En vain, dira-t-on que ces besoins, nés des habitudes, sont par là même factices. Qu'importe , dès que la privation devient cruelle? Le sentiment en est-il moins vif? La santé même et les forces n'en sont-^lles pas altérées? M'est-on indigent qu'au moment où Ton meurt de faim ? L'indigent est celui auquel manquent les moyens de subsistance ; mais, pour subsister, suffit-il de conserver un souffle de vie? Qu'est-^-ce qu'une existence à laquelle le tombeau serait préférable? L'existence est un bien complexe ; elle suppose que la vie est supportable; elle comprend les conditions nécessaires à l'exercice des facultés essentielles à l'homme. Quel serait donc l'objet de la bienfaisance , si elle n'avait la mission de soulager la douleur et de prévenir le désespoir ?
L'indigence enfin se mesure par les comparaisons. Il n'y a pas de privations pour les choses que Ton ignore ; la vue des jouissances d'autrui multiplie la peine de ceux qui ne les partagent pas. Chacun juge de sa position en la rapprochant de celle des personnes au milieu desquelles il vit. L'indigent, à ce titre, est celui qui occupe le dernier degré dans l'échelle de l'aisance. Il y aura toujours des pauvres partout où il y aura des conditions inégales en regard les unes des antres. Viendrait-on dire peut-^tre : (c Les peines causées par ces comparaisons ne sont que des peines d'opinion »? Ce ne serait qu'une fausse philosophie. La philosophie prend l'homme tel qu'il est. Dans toute société 9 il y a une existence «commune, considérée comme nécessaire à ses membres : c'est celle qui constitue le régime de vie du travailleur indépen-
INDTGBhCB ABSOLUE, INDIGSlfCE RBLATtVE. 19
dant appartenant aux conditions les moins aisées, yindigenoe, à nos yeux, commence précisément à cette limite.
Accordons aux mœurs une juste part dans Texistence de l^homme. Les mœurs font Fhomme , Thomme social, bien phit que les alimens dont il se nourrit. Tel individu au sein de nos villes n'est^il pas réellement misérable , quoique y avec ie même genre de vie , il ne se fût point cru pauvre dans les campagnes?
Il est même qtile que Findigence soit ainsi qualifiée par la condition immédiatement inférieure à celle des tra* vaUleurs indépendans les moins aisés. On doit se féliciter , sons quelque rapport , de voir le cercle des besoins s'é* tendre. Ainsi , de nouveaux mobiles sont donnés à l'indo»trie; Factivité, l'émulation sont entretenues; Texistence de l*homme acquiert plus de valeur; ses facultés prennent un plus grand essor; les liens qui unissent les hommes entre eux deviennent plus nombreux et plus étroits. Alors même q'ie les choses qui sont d'un usage universel ne sont pas rigoureusement indispensables en elles-mêmes pour la subsistance d'un mdiTidUyil suffit d'un usage ainsi établi, pour créer une sorte de nécessité conventionnelle et à quelques égards impérieuse. Car Tun des premiers et des plus légitimes besoins de l'homme en état de société est celui de la considération. La personne dépouillée de ce que tous les autres possèdent se voit signalée aux regards , exposée aux dédains, repoussée de toutes parts, et comme exclue du commerce général ; eOe craint de voir ses réclamations les plus légitimes reçues aveo défaveur; elle redoute l'oppression;. elle souffre davantage peut-être de cette situation que de la faim , ou de la soif. Ainsi , dans l'état de nos moeurs, une mise décepte , pour one femme surtout^ est aussi essentielle à l'existence, que le pain, Tair et la lumière, et la morale publique doit s'en apphudir. Exister, pour'lliomme, c*est conserver sa place dans la communauté, c'est avoir la faculté de se reconnaître, et d'être reconnu par elle , comme vivant au' milieu de ses
frères. La considération morale qu'il possède par là n'est 4)as an avantage stérile ; elle entretient le sentiment de la dignité humaine; elle encourage celui qui en jouit à se respecter lui-même; elle soutient ses relations avec les autres hommes sur un pied plus avantageux ; elle favorise ses transactions, maintient son crédit, multiplie ses moyens de travail, le met à Tabri de la défiance , entretient pour lui le commerce de l'amitié. Respectons un besoin qui se lie au besoin de l'estime. Le pauvre ne doit point être un paria au milieude no^s. Qu'il ne soit pas banni des lieux publics ; qu'il ne soit pas exclu même des fêtes populaires; que surtout il puisse se «dafondre avec tous ses frères au sein de nos temples, dans les solennités religieuses!
On ne se forme de l'indigence qu'une idée incomplète et étroite , lorsqu'on n'y voit qu'une condition toute matérielle , lorsqu'on semble croire qu'il suffît à l'homme d'être protégé 4ans les dangers qui menacent sa vie , sa santé et ses forces. Il y a pour Thomme des biens plus précieux encore : sa moralité, $a raison, son énergie, sa capacité; les plus nobles dons qu'il tienne delà bonté divine. Que servirait d'avoir eibpéché le -pauvre de mourir ée faim , si on ne le préservait de la dé^ ^adation? Ce genre d'assistance est souvent le secours le plus efficace contre les maux physiques eux-mêmes. La bienveillante compassion qu'excite le malheureux se - préoccupe surtout, de sa situation présente, et rien n'est plus naturel ; la vue des maux qu'il endure absorbe la pensée de ceux qui en sont témoins. Mais une bienfaisance éclairée, pour apprécier exactement ses besoins, s'enquiert aussi de son passé, songe aussi à son avenir.
La. notion de l'kidigence est donc essentiellement relative; elle ne comporte pas d'évaluation universelle et constante. Mais si elle n'a pas de type normal, elle a des catégories qu'il devient d'autant plus utiles de déterminer.
DES DIVERS DEGRÉS d'iICDIOEKCE. 21
ARTICLE U
Des divers degrés d'indigence.
La classification des indîgens, Tévaluatioa des degrés de la misère, sont les deux pivots sur lesquels roule Fart entier de la bienfaisance.
La classification des indigens détermine le mode des secours; le degré dindigence en doit faire régler la mesure.
Thomas Rnggles, dans son Histoire des pauvres, écrite en 1791; Morton Eden, dans son Etat des pauvres, publié en 1796, ont rassemblé les élémens d'après lesquels pouvaient être calciilées alors en Angleterre les nécessités matérielles de la vie, pour les comparer au taux des salaires, et en déduire les évaluations propres à déterminer le degré de Tindigence, lorsque le produit du travail ne suffit pas aux premiers besoins de la vie. Morton Eden a tracé d'après ces bases un plan admirable de recensement et de classification pour les pauvres. Ce respectable ami de l'humanité a lui-même présente l'exemple des recensemeps de la population de 31 paroisses établis sur ce modèle.
Plus tard, l'illustre publiciste jérémie Bentham, appliquant à cette élude les analyses ingénieuses et quelquefois subtiles qu'il a introduites dans plusieurs branches des sciences sociales, a rangé sous &4 titres les diverses classes d'îndigens qui peuvent être admis aux secours, soit comme externes^ soit comme internes, dans les établissemens hospitatiet^s.
Mais ces classes peuvent être ramenées à 3 genres principaux.
Le premier geflore comprend les enfans et. se sous-div|se en^ ^ espèces :
iay^ leur mère, en nourrice, en sevrage.
22 PABMii&E PABTIE. UVBB I. GHÂ.P. II.
(de père, de mère, de père et mèreb
tdu père, de la mère, du père et de la mère.
4° Les enfiuis trooTés;
5** Les bâtards.
Le deuxième genre comprend h espèces d'inûrincs d'esprit ou de corps :
ifOttS.
idiots.
&ible$.
a<* Left tfe«{
3° Les floords-muets;
. o V ..K^A ' i ***ww o« deux mains.
4« Us estropiés j dHin ou deux pieds.
Le troisième genre compr^d les adultes jouissant de leurs sens, répartis jen t espèces.
t° Leà mariés; »• Les venb; 3* Les«Utés.
Trop détaillée sous quelques rapports, celte nomenclature paraîtra sans doute incomplète sous d'autres, tl suffira d'indiquer que l'auteur y a omis les paralytiques et autres incurables y les femmes abandonnées^ etc.
Cherchant ensuite à énumérer les cas qui exigent des secours, le publiciste anglais les distribue sous 8 classes, 2 genres, 135 espèces, et ici encore quoique descendant à des distinctions peu utiles, il n'a point cependant épuisé ce triste sijyet (1). ÏBentham a essayé de déterminer ce qu'il appelle la F'aleur pectmiaire de t individu, valeur positive ou nég^-
(i) Esquisses d'un ouvrage en faveur des pauvres. Voyez les tableaux en tête des deux premiers paragraphes. La traducliou de cet ouvrage a été insérée dan» le Recueil des établissemcns d'humanité, publié par François de Neufchâteau « tome vu.
DES DIVERS DEGRÉS D*INDIGBHGE. 2â
live, exprimée d'après une progression arilhméiique qui commence à Fenfant en basâge, et se termine à l'adulte. La valeur négative comprend la dépense que coûte l'entretien du siyet ; la valeur positive , le produit que rend $on travail. Il a pris pour taux de la valeur, positive et complète, celle d'un adulte employé à l'espèce de ti*avail qui se paie le moins cher, c'està-dire aux travaux de l'agriculture; il suppose que la valeur des divers individus s'élève à ce (aux, par des gradations égales, à partir de la première époque de l'âge propre au travail. (1)
Le publicîste anglais remarque avec raison que celte valeur est sujette à des variations considérables dans les différentes classes ; qu'il y a pour elle deux termes extrêmes , ei un grand nombre de gradations intermédiaires, ce Mais « on a fait, dit-il, si peu de progrès dans cette partie de l'adtt ministration, que les rapports publiés n'ont jamais fourni un tt état complet des différences que présentaient les individus ^( relativement aux diverses conditions de rindigencé. d II signale les erreurs qui naissent d'une semblable confusion , erreur qui dans la pratique s'élève, dit- il, jusqu'à huit ou dix pour on ; «c on ne saurait donc , conclue-t-U , établir un bon «plan de secours en faveur des pauvres, sans la masse de « i^seignemens sollicitée par ses tableaux. )>
Quelque ingénieuse que soit l'idée conçue et développée par Bentham, elle ne parait guère susceptible de fournir des formules aussi positives et aussi certaines qu'il a cm pouvoir l'espérer. Oii reconnaît dans les développemens qu'il lai a donnés, l'influence des doctrines d'ulilisme dont il était l'apôtre. Il n'a point tenu assez de compte des élémens mtoraax qui viennent, dans l'état social, modifier si puissamment la situation du pauvre.
Pour arriver dans un si vaste sujet ù uiie bonne nomenclalure, il convient de dîstifiguer d'une pari les besoins qui con-
.0 Ibid., s 3, p. 25.
9^ PREMIÈRE PfiRTIE. LIVRE I. GHAP. II.
stitaent l'indigence ; d*enltcrA les circonstances qui font naître ces besoins , et rendent Fassistance d'autrui nécessaire poury pourvoir. Par la première énumération, on aura le moyen d'évaluer les divers degrés de la misère ; par la seconde, celle de classer les indigens.
Le terme d! indigence ^ en effet, est une expression négative; il signale un vide; annonce comme nous Tavons déjà dit, le défaut de Tune des choses considérées comme nécessaires an travailleur indépendant, pour assurer son existence. Prenons d'abord , comme type normal , la situation de ce travailleur indépendant ; supposons un adulte valide; ne considérons encore que sa personne. La nourriture, lesvétemens, lelinge,^ la chaussure , la coiffure, le logement, le mobilier, le chaufiage , réclairage , le blanchissage , seront dans l'état présent de la civilisation , et surtout au sein des villes, considérés par lui comme des besoins de première nécessité.
Mais, pour évaluer avec précision chacun de ces besoins , on doit tenir compte d'un grand nombre de circonstances. La nourriture comprend les alimens et la boisson. Il ne suffit pas de rechercher quels sont les alimens les moins coûteux; il est indispensable avant tout qu'ils soient sains; ils uasonc économiques qu'autant qu'ils sont substantiels; il faut, quant au choix et à la quantité , avoir égard au tempérament, à l'âge , au sexe , à l'état de santé , au genre de vie. L'aliéné consomme le double d'un homme qui jouit de sa raison. Une femme consomme beaucoup moins qu'un homme , un vieillard moins qu'un jeune homme. Les boissons fermentées pen^ vent devenir un objet de première nécessité dans certains cli^ mats , à certains tempéramens , dans l'exercice de certaines professions « Ici , le besoin de première nécessité peut être défini , suivant nous , par la quantité et la qualité de nourriture nécessaire à rindividu , dans la situation donnée , pour conserver sa santé et entretenir ses forces.
Le linge, le vêtement , la chaussure, la coiffure, sont eu partie du moins aussi indispensables que la nourriture, pour
DBS DIVEHS DEGRÉS D*I1IDIGBI4CE. 25
satisfaire à la double condition qtic nous vouons d*indiqaor ; ils garantiront de rintempérie des saisons et des accidens qn'elie occasionne. Mais à cette condition, s*en joint ici unc^ autre à nos yeux non moins impérieuse : celle des convenances sociales. Ces besoins sont plus étendus et plus graves qu'on ne le pense. Les règles de la décence, les usages reçus, sont une loi pour le pauvre. Iui*m6me ; il doit lot observer pour continuer à jouir du commerce des autres hommes ; il tombe donc dans l'indigence, dès qull ne peut être v^tu comme le travailleur mdépendant le moins aisé. La malpropreté , les haillons, tout ce qui annonce l'excès de la misère ou de la dé- U-esse, peut l'exposer à s'avilir aux yeux des autres hommes, comme aux siens propres. Ces quatre espèces de besr)inH supposent une première mise, la conservation et l'enirelien, le renouvellement des effets destinés à y pourvoir.
Sufiit-il d'abriter le pauvre au hasard , dans le premier rcfogeoù H pourra reposer sa tête ? La salubrité du logemenl ne lai est pas moins nécessaire que le logement lui-même. Il lu faut Faccès de ki lumière du jour, un espace suffisant et le renouvellement de l'air, un toit qui le couvre , et une clê-» tore qui garantisse sa sûreté. Il faut qu'il ne soit pas trop daigné des lieux on l'appellent ses occupations ou ses devoirs.
Appliquons ees mêmes principes au mobilier. Les meubles peoToit être ou une annexe du logement , comme le lit , les accessoires, etc., ou des ustensiles nécessaires , soit au ménage, soit à l'exercice de la profession. Ils sont donc nécestaires encore sous les mêmes conditions , dans le même but. Ils seront simples, mais décens. La demeure de l'homme qui appartient à la condition la moins aisée, ne doit pas offrir un 9speU repoossanl, ni à lui-même, ni aux autres. L'état de IM mobîiier influe sur sa tatcilité à trouver une location, sur la eonfianee^in'il obtient, sur les relations qu'il cultive. L'ou* Trier qui Davaille à domicile doit posséder son métier, ses iisintmens, qnelqnefois un petit assortisMtit de matières pre-
2<) PEBMIÈRSi FMITIB. LIYAB I. CHAP. Ii;
mières. Toutes ces choses doivent être établies, réparées, renouvelées.
Le blanchissage, le chauiRige, Téclairage, ont sans doute moins d'importance , du moins relativement à la dépense qu'ils entraînent. Le premier et le troisième de ces besoins occasionnent à peine une dépense sensible aux habitans des campagnes. Le premier n'en a pas moins une nécessité réelle, comme une conséquence de ces conditions de propreté que nous considérons comme aussi indispensables que la nourri- ' ture elle-même *, Téclafirage mémo , en certains cas, est exigé comme condition du travail. Le chauffage ne devient un be-soin qu'à certaines époques, dans de certaines localités; mais il peut alors devenir indispensable à la conservation même de la vie.
La plupart des besoins se modifient suivant la situation des malheureux. ILen est qui cessent, d'autres qui naissent, dans l'état de maladie ou d'infirmité^Au malade , il faut des médicamenS) des alimens choisis; au convafescent, une nourriture plus aboiodante , et des vétemens mieux conditionnés. L*enfaut , le malade, rinflrttie, ne pouvant s'aider eux-mêmes^ réclament l'assistanced'autmi. Certaines infirmités habituelles exigent des. appareils qui leur sont propres. ^
On voit combien il est difficile d'évaluer un à un desélémens semblables; combien il est impossiblode leur attribuer une valeur universelle et constante. Un calcul plus certain et plus sûr ànotre avis pourraitétre établi, d'après la base que nousavons admise pour déterminer l'indigence. Le taux du salaire obtenu par le travailleur indépendant le moins aisé, servirait de point de départ, pour exprimer la totalité des besoins d'un adulte en état de santés Le degré de l'indigence se mesurerait sur le déficit.. Ce calcul varierait ensuite selon les sexes j les âges,, les ImûL -j l'état de la santé , la profession , en prenant, dans chacune de ces clauses ^ un type normal qui servirait ainsi de régulateur. On dirait : U faut tant à un honune , à une femme, à un vieillard , à un^ijBlÇhne de telle ou telle classe , à un en-
BE8 DIVERS DEGRÉS d'iNDIGENCE. 27
faoi de tel oa tel âge , pour vivre dons la situation normale. Plus il leur manque sur ce total , plus ils sont misérables.
Que la science ne dédaigne pas d'entrer dans ces détails si minutieux en apparence* Elle y puise les données qui serviront à résoudre d'important problèmes. Ils sont nécessaires pour établir une proposition que nous essaierons d'exposer dans la suite, savoir i que la mission de la bienfaisance ne se borne pas à tempérer la misère ; mais qu'elle doit s'étendre à réhabiliter le misérable. Seuls ils peuvent faire comprendre la distinction que nous croyons pouvoir faire entre le simple êour lagemieni et la réhabilitation. Les secours qui replacent l'indigent au niveau du travailleur indépendant, sont ceux qui le réhabilitent. Les autres le soulagent sans doute , mais sans rarracher à l'indigence.
L'évaluation des besoins de l'indigence , lorsqu'on veut la trauisfonner en une expression pécuniaire» se modifie à son tour suivant le prix vénal des choses, à chaque époque et dans chaque localité. Elle se modifie aussi dans tous les temps et dans (ous les lieux, par la différence qui existe entre la vie indivi-* duelle et la vie commune. Quoique les besoins restent les mêmes» il y est pourvu à moins de frais, suivant que la communauté, est plus nombreuse, et que, par le mode de sa eousiiiution , elle comporte mieux des services collecti£s , uniformes , et une assistance mutuelle. La réunion de famille, comme Fétat de société , tend par elle-même à augmenter l'aisance, à réduire les besoins. Il est plusietirs choses dont ses membres jouissent en commun , sans en accroître la qoantitéou l'étendue; comme le logement, la chaleur, la ioBîère. 11 en est plusieurs autres, à l'égard desquelles la Tîe Gommiine prévient d'inévitables déperditions, qui, bien qu'insensibles en détail , entrent en compte par leur nombre. La vie commune offre l'occasion d'un échange continuel de services ; elle permet une association de forces , qui devient une source d'écouomie , et qui multiplie les re^isourees. La mère de famille prépare le repas de tous , entre-
ÎS PRBMIÂBE PARTIE. LIVRE I. CHAP. II.
tient, répare le lioge, les vétemens, blanchit, pourvoit auie détails du ménage ; les enfans l'assistent même en jouant ; le père utilise dans son intérieur ses instans de repos, par la vigilance, les consdls et les soins domestiques.
Le type normal qui vient d'être indiqué, ne- doit pas être considéré sans doute comme une barrière insurmontable que ne peut jamais frandiir la bienfaisance. Une certaine latitude lui est laissée pour accorder, en quelques cas, à l'indigent , certaines douceurs qui se confondent presque avec les nécessités de la vie. Elle aura égard à l'intérêt particulier que mér ritent certains malheurs , à la situation antérieure , au carac' tère , à la conduite de ceux qui les éprouvent , et cette concession alors sera moins une faveur qu'une justice;
Il serait dangereux sans doute de trop reculer la limite à laquelle Tindigenee se sépare de l'existence indépendante. La condition de l'indigent assisté ne doit jamais devenir un objet d'envie pour le travailleur qui vil de ses propres ressources ; prodigue envers Tnn, la bienfaisance découragerait l'autre. Mais il ne serait ni équitable, ni utile , d'exagérer dans un sens contraire , de trop restreindre la sphère des nécessités dans l'évaluation de l'indigence. Lui refuserions-nous donc toute part dans les douceurs de la vie, dans les délassemens, dans les jouissances innocentes! Oh non! que l'indigent ne soit point entrèrement exclu de ce banquet auquel Fhumanité est conviée par le bienfaisant auteur de toutes choses ! que le sourire quelquefois, paraissant sur ses lèvres, nous annonce le retour de la sérénité dans son cœur ! Quelquesunes de ces jouissances ne sont-elles pas aussi nécessaires à l'homme, que le sommeil et la subsistance elle-même? Né contribuent*elles pas aussi efficacement à renouveler en loi les sources de la vie? La providence en prodiguant sur la scène de la nature, tant de plaisirs accessibles à tous les hommes^ ne nous dit-elle pas qu'il était dans ses desseins qu'un peu de Joie se répandit sur la vie de sa créature , comme le rayon de l'astre du jour se répand sur tous ses ouvrages?
QUSLQUES EVALTATIOiNS DS L*INBIOENCE. Î9
Enfin, -à ces nécessités purement matérielles, fami de Yhamanité n'associerait-il pas aussi des besoins d*un ordre siq[)érieur, qui méritent plus de respect encore et qui, en certains cas, pouvsmt exiger quelques frais, entreront aussi dans l'évaluation dés dépenses de l'indigent ! Ce seront les bienfaits de l'éducation, le noviciat des professions utiles > raccomplissement de certains devoirs qui exigent un sacrifice de temps , de travail , les soins dus à des parons , à des amis, les obligations imposées par les observances religieuses. Puisque l'indigent dpit être conservé à la société, il ddit être maintenu en jouissance des premiers biens de la civilisation. L^homme ne vit pas du pain seul ; il vit par l'exercice de ses facultés intellectuelles et morales. M'y a-t-ilpas pour le pauvre aussi des affections plus précieuses tpe la vie? Laisserons-nous effacer sur son front le sceau de h dignité humaine ? Serait-ce le secouri, que de commencer par le dégrader?
AÏITICLE m.
Quelques exemples d'éwdueUion de l'indigence, d'après les bases ci^desstts
exposées.
Le type normal que nous avons indiqué dans le chapitre fïëcédent a été souvent adopté soit par les législateurs, soit par les magistrats, tantôt pour servir à la fixation des sdaires, tantôt poiur servir de régulateur dans les secours accordés à l'indigence. Ces évaluations ont dû sensiblement tarier, solvant les temps, suivant les lieux, suivant les points de vue dans lesquels se plaçaient leurs auteiurs.
En Angleterre lord Haies, sous le règne de Charles H, indnait à 10 shillings (ou environ 12 fr.) par semaine, la dépense d*ane fiuniUe pauvre composée de six personnes, sa-
rO PEBMlinUI PARTIE. LIVBB I. CHAP. II.
voir : le père, la mère , et quatre enfans, dont deux en état de gagner leur vie, et deux en baa âge.
Les recherches et le$ calculs de M. Davies et de sir Jobn Hili établissent , comme il suit , les dépenses d'une famille pauvre dans le même royaume , vers la fin du siècle dernier, en supposant la famille composée de cinq personnes : le père, la mère et trois enfeQs.
Dépenses calcuiées par semaine.
Blé OU Êurine, 4 galpiis t/2 * «--^ » 3 •
Levures et sel. * *.**-. ** ** 3
Lard, viande et fromage >• !l S
Thé, sucre, beurre ou lard, gnuiu, peu ou point de lait. . » 1 3
Savon , blanchissage, huile , chandelle. >• » 0
Rarement de la bière » » »
rf • 7 8
Dépense annuelle,
Sh. P.
Loyer ^ 2 » »
Chauffage » 10 « ^
Yètemens du père. . . 1 10 »
Vélenvens de la mère et des trob en£ans 2 >• *•
Ck>uche , acddens, maladie. • 2 » »
Par an.. ..^ t ». »
Ce qui donne par semaine. .... « £, » 2 8 i/a
La dépense totale par semaine ressortirait ainsi à 10. shillings et U pence (1), ou environ 12 fr. 30 c. de notre monnaie.
La législation anglaise sur les pauvres, en {Partant du.
(1) Oisefvations sur les pauvres. Voyez la traduction de ce travail Hap» le recueil sur les établissement d'humanité , t. xii, 2* cahier, p. 13.
Tommsead a porté cette évaluation à 180 fr. pour un homme |
136 pour une femme / par an .
93 O0c,pour un enfimtl
Ce qui donnerait pour la fiuaille composée de cinq peraonnes, 696 fr. 80 c.
QUELQUES ÉVALUATIONS DE l'iN DIQENCE . 31
fôux principe qu'elle avait adopté , a cherché à faire délerminer d'une manière aulhenlique et officielle la mesure précise de ce qui est nécessaire à la subsistance de Tindivîdu, pour arriver à fixer la subvention due à l'indigent, d'après ce qui lui manque pour atteindre à cette limite.
Cest d'après ce principe que les juges-de-paix en Angleterre ont fixé un taux légal des salaires, qui est devenu, dans les comtés respectifs, un régulateur pour l'application des secours publics. Ils y ont été autorisés , entre autres par les statuts 3 et ft de Guillaume et de Marie , par le 9® de Georges I*' et par le 5® d'Elisabeth, chapitre &.
C'est ainsi, par exemple, qu'en 1795, pour Exeter, la règle suivante fut tracée comme un type normal aux administrateurs des pauvres :
Pour un homme 3 shillings par jour. (1)
Pour une femme. «......, 2 » à?
Pour un ménage composé d*un homme et d*une
femme 4 6 den. d**
Pour le même ménage avec un enfanl ....... 6 « d"
d" avec 3 \ ^ 7 6 d»
d** avec 31 1 0*» d«
d*» avec 4 f **J*'* l 10 • d®
a avec 5 i i 19 >• a
d*» avec 6 l •";*' 1 13 6 d"
d*» avec 7 ; \ 15 « d«
Ce type était établi dans la supposition quç le prix du giain demeurait à uq shilling le galloQ, Mais il s'élevait graduellement avec le pTi% du graip ; celui-ci étani double , par exemple , le prix de journée pour un homme était porté à 5 shÂUiugs , celui de la femme à 3, etc. (2)
Etait réputée indigente la famille qui ne jouissait pas d'un revenu égal à la quantité ci-de^us ; et le$ administrateurs des pauvres devaient combler la différence.
A Hambourg, lorsqu'on fonda le 9yslème de ^oours à
(1) Environ 3 h*. 76 e. de notre monnaie.
(2) yoy?z le rapfiori des cg^imissaire» roytux de 1834, p. 191 ft nrfV.
32 PBEMIÂEE PARTIE. LIVRE I. CBAP. II.
domicile justement cité comme un modèle , on évalua la dépense du pauvre au maximum de US sous de France par semaine , et Texpérience fit reconnaître par la suite que cette évaluation était même excessive.
Suivant le chanoine de Rocbow, dont TAUemagne vénère
si justement la mémoire, comme celle de Tun des créateurs
.de la science philantropiqùe; la dépense annuelle d'une
famille pauvre dans le nord de FÂllemagne, s'établissait
comme il suit :
Nourriture 21 à 22 thalers.
Vérémens 6à 6 • —
Loyer • . • , ; 2 à 3 -—
Eclairage. là 2 —
ChaufSage 2à 3 —
De 31 à 36 —
ou de 117 fr. 80 ù 136 fr. 80 de notre monnaie , suivant les localités. Celle d'un enfant orphelin était de 18 thalers ou 68fr./i0.(l)
En Bohême, U kreutzer à la campagne et 8 à la ville (15 à 30 centimes de notre monnaie) paraissent suffire pour la subsistance journalière d'un adulte. Celle d'un enfant étant estimée ne coûte que la moitié. Ce serait 52 centimes et demi par jour à la campagne, et 1 fr. 05 c. à la ville, que consomme une famille composée du père , de la mère et de trois enfans , ou environ 35-78 fr. de notre monnaie par an.
A Madrid, en 1787, on évaluait à 44 francs seulement la somme annuelle nécessaire pour soutenir un indigent.
En Trance la célèbre ordonnance de police rendue par le roi Jean lé 30 janvier 1350, fixait les salaires de quelques-unes des professions les moins aisées , tels par exemple que :
Les batteurs en grange 12 deniers par jour.
Le vacher 50 sols par an.
(1) Fersuck ueâer Armen Jnstaiten, etc., etc. Berlin, 1789, p. 69.
QUELQUES ÉYALUATlOnS DE l'i^ïDIGE.^CE. S3
Les maçons ei les couvreurs, laillours dv pierre, eic. Savoir :
De la Saint-Martin à Pâques. . 26 den. par jour.
Et leurs aides 16
De Pâques à la Saini-Mariin. ... 32
Et leurs aides . 20
Les femmes travaillant aux vignes , savoir :
Des vendanges à la Chandeleur. . . 8' deniers,
De la Chandeleur aux vendanges. . .12
<c La journée de la femme louée, à Paris, est fixée à 12 deniers sans nourriture, et à 6 deniers avec de^pens. c*est-àdire si elles sont nourries. »
a Les hôteliers à Paris ne peuvent recevoir de leurs hôtes au-delà de 3 deniers par 24 heures » (1).
Vers la fin du siècle dernier, les laborieuses recherches du Ck)mitéde mendicité de TAssemblée constituante, en distinguant sagement les dépenses du pauvre en maladie et en santé, à la ville et à la campagne, à Paris et en province, donnèrent les résultats comparatifs suivans :
En province, ces dépenses décroissaient progressivement jusqu'au minimum de 12 sous ; terme moyen 15 sous;
Il se trouva qn*un vieillard pauvre, en état de santé, dépensait alors dans les villes de 70 a 80 livres par an , et dans les campagnes de &5 à 60 : que l'entretien d*un enfant coûtait dans les villes de 55 à 60 livres, et dans les campagnes de 36 à 60.
Ces évaluations ont du subir, pendant le cours de près d'un demi-siècle , une variation proportionnelle à celle du prix des objets nécessaires à la consommation.
On estime aujourd'hui dans nos grandes villes, la dépense indispensable d'une famille d'ouvriers composée du père, de la mère et de trois enfans, ou de deux enfans et d'un vieillard, comme composée des éléuiens ci-après :
(I) Le prix du blé étaii alors de 24 à 40 suiis le setier. Le prix de rbcctolitre éUnl aujoiirdliui de 16 à :25 fr , les 1 *i deniers représentaient à cette époque envirOD 1 fr. de noire monnaie.
Zfl PRF.MII-Ri: P\KTIF.. LIVRE I. CH\V. II.
Savoir :
1*^ Aourrihtpg. hrHi Pain à 16 oiices par personne et \\àr jour. Par an,
012 kil. à 32 cent. 1/2 le kil Mlfc4l<
Viande, crufs, fromage, légumes, assaiMmnemens ,
60 cent, par jour Itt il
Boissons formcntées , à 25 c. rV/ tt ^
576 tt
2" Logement,
Habitalion 6Ûfr. |
i^eu et lumière 40 ' .*..
Contributions 10 i
Renouvellement et entrelien du mobilier 80 1
3* réiemens.
Le père 60 j
La mère SU } 140
lies trois enfens ftO I
Le montant de cette dépense dans les campagnes i suivant les localités ; il se réduit terme moyen aux trois qui et peut s'estimer comme il suit :
1° Nourriture» ^ PHri Pain de ménage, 19 onces par personne et par jour,
1084 kil. par an, à 28 cent 808 fr.
Laitage, légumes, \iande, sel, etc., à 25 c par jour. gi
BoiisoBS fermentées, 10 cent, par jour. 38
2** Logement,
ZiOyer 20fr. ]
Feu et lumière 10 I 50
Contributions 6 i
Mobilier 16 1
8 y^etemens.
Do père .' :. 35 J
De la mère 20 } 100
Des enfiins 45 |
On peut arriver encore approximativement à* Testîma du total des besoins de première nécessité, par une a voie ; par la connaissance des salaires qui , pour le joui lier, représentent ou doivent à-peu-près représente somme indispensable à la subsistance de la fomille.
M. Chaptal, comme on sait, a supposé que le chef d'unt mille agricole travaillait 300 jours par année , à raison
QUELQUES ÉVALUATIONS DE l'iNDIGEKCE. %$
\ c. par jour ; le travail de la feiuihe peul être évalué à mées sur le pied de 60 centimes. Si Ton suppose que les fans travaillent ensemble autant que la femme, onaara|t
produit des salaires réunis pendant un an , 615 francs, salaires des ouvriers dans les villes sont plus variés ;
aussi plus élevés. C'est peu que de les porter à moius.
mt M. le 3*"° Charles Dupin, en partageant la France i régions dont Tune ^nord-est) , comprendrait trenteépartemensy et Tautre (sud-ouest) en comprendrait ite-quaire, le salaire annuel des travailleurs serait de :
l'^réfioD. s' région. MoyMiue.
tagincull'^. j avec sa femme
/ seulement. . . . 508 fr. 441 fî*. 477 fr.
industriel ) 587 402 540
;épense du soldat entretenu de tout par TÉtat , peut un terme précieux de comparaison, pour apprécier la 3 nécessaire à un individu valide. Si, d'un côté,' la preloit s'élever davantage sous un rapport , parce qu'elle irnir à la subsistance d'un jeune homme dans la force î, et l'entretenir dans Tétat de vigueur convenable au des armes; de l'autre elle présenté aussi par la vie ne des combinaisons économiques que ne peuvent imiparticuUers isolés. L'administration publique agissant approvisionnemens fsiits en grande masse , et d'après leignemens et les calculs les pins certains, obtient aussi grands avantages dans le choix des objets et la fixation prix.
épense annuelle d'un soldat d'infanterie est évaluée l'hui en France d'après les élémens suivans :
\<* Dépenses sédentaires.
Par an. Par lonr.
..: 182fr. 62c.
» 4. â7 f ««Dtimes,
rni;:::*;::;:::;;;; 50 20 >334£r. 62c. oie?
aires ou logement 16 47
36 PRBMiàRE PARTIE. LITRE I. GHAP. II.
2° Dépenses de 'voyage, • ^
T*«n»port- * Ifr. 12c.| ^^^ ^^^
GonTois d^indeiniiité de route. . . 11 33 ( " '
Total.,... 347 06
Le prix auquel revient la journée du malade dans les hôpitaux peut servir à évaluer les nécessités de Tindigcnt atteint de maladie. Cependant , ici encore on doit considérer que toutes les dépenses faites en commun , étant par cela même plus économiques, le malade est traité dans de vastes établissemens à bien moins de frais quil ne le serait à son domicile.
Il nous offre à Paris les termes suivans :
Prix de journées d^un adulte.
Miniinnra. ' ,
Maximnih.
Moyenne.
V Nouiriture.. . . .
» fr. 50 c. 06
»Cr. 83 c. 66
«• fr. 69 c. 60 c.
2° TrailemeEt ....
Yètemens.
3" Chauf&ge. . .
Eclairage.
Le prix moyen de la journée, dans les hôpitaux de département, offre une échelle décroissante, jusqu'au-dessous de la moitié de celui de la capitale. (1)
La dépense faite pour les malades à domicile , dans les dispensaires , donne un résultat plus faible.
Le prix de journée des infirmes et des vieillards reçus dans nos hospices, offre un tefrme semblable de comparaison pour l'évaluation des nécessités qui pèsent sur cette classe de malheureux. Mais dans ce parallèle, il faut tenir compte de Téco-
(1) Lyon. 1 fr. 38 c. Lorient. ... » fr. 60 c.
Rennes. ... 1 31 Moulins. . . » 57 '
Toulouse. . . » 79 Brest » 55
Marseille. . . » 78 La RocJk«lIe. >» 50
Plus tard , dans le cours de cet ouvrage / nous aurons occasion de com- |>)éter ces rapprochemens.
QUELQUES ÉVALUATIOXIS DÉ l'iNDIOINGE. 37
nomie oblenae dans la vie commune, au sein de grands ëlablissemeus.
A Paris , il offre en ce moment les termes suivans : *