‹ De la bienfaisance publique; (volume 2)Chapitre 20 sur 80 · SI · texte numérisé non relu

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Des difficultés que reoconireut ces recherches.

Rien ne serait d'un plus grand intérêt sans doute ^ que de posséder une exacte statistique de la pauvreté. Quelles conséqneDces fiécondes naîtraient des comparaisons! Mais plus ces résultats ont de prix, plus il importe de les asseoir sur des hases solides. Or, dans l'état présent de la science, une vraie statistiq[ae de llndigence exîste-t-elle, d'api^ lés élémens que nons possédons? est-elle même possible?"

Qoelqae pénible que soit cet aveu pour celui qui aspire ardenuneni^à la connaissance de la vérité, et qui s'est livré à de laborieuses investigations , il faut l'avouer cependant l'es-

pérance d'obtenir une staiistique de rindigence^qui en mérite le nom , est une illusion dans l'état présent des choses.

On le reconnaît d'avance en méditant les considérations exposées dans les deux, chapitres précédens.

D'abord, il n'est qu'un petit nombre d'états où il soit dressé des recenseniens des indigens, où leur nombre soit porté sur des registres officiels. Là même où l'on exécute le dénombrement, il n'embrassa pas toujours le pays tout entier; il manque souvent d'exactitude. Dans la plupart des localités, il n'existe même pas de conditions fixes et précises pour l'ad^ ^ mission aux secours publics. Ces dénombremens ne remontent qu'à des dates récentes. La plupart du temps, ils ne sont pas renouvelés d'une manière périodique ; ils n'ont pas eu lieu aux mêmes époques. Ainsi, on n'a que des présomptions vagues ; on manque de résultats comparables. ^

Mais c'est peu encore : la valçur des chiffres donnée par ces dénombremens est sujette à une extrême incertitude.

' Les relevés, établis sur Tindigence apparente , confondent l'indigence mensongère avec l'indigence réelle, et les proportions de l'une avec l'autre sont extrêmement variables. Dans les pays où la mendicité est tolérée , la fausse indigence

prend un développement beaucoup plus étendu.

Pour que ces chiffres eussent une valeur positive et certaine , il faudrait que la notion de l'indigence fût elle-même déterminée et convenue. Or, elle est encore dans un vague presque arbitraire , elle varie dans chaque lieu , dans chaque temps. Prendra-t-on pour régulateur le nombre des individus admis aux secours publics? Ce 3eraît prendre la conséquence pour le principe. Il resterait à savoir s'il existe des conditions d'admission , si elles sont de nature à ne comprendre que des personnes réellement nécessiteuses. Là même on ces conditions sont tracées, elles ne sont point uniformes. La situation de la famille assistée par la paroisse en Angleterre ferait envie au laboureur, à l'ouvrier français le plus indépendant ,* le pauvre anglais est souvent un travailleur auquel une por-

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