IKFLUE?{CE DE L*I>DUSTR1E SUR LE TRAVAIL
^^UDe le mon dQ par ses prodiges, produit les Vaucanson, tes Mopigolfier, les Conlé, les Davy, les Wall, les FuUon. ,. Les progrès de rindustrie onl d'autant plus de prix qu'ils ^^û^uent un rôle plus considérable à rintelligence dans le ravail. Ils élèvent ainsi la créature humaine à sa vraie estifation ; ils l'appellent à développer les plus nobles facultés do à nature ; en même temps ils réduisentetla valeur et Fejfnploi .6 la sfmple force mécanique de Touvrier.
fifetle pui;ssance intellectuelle du travail , loin d'être égale- < lent répartie entre les hommes, dépend en partie des dispoitions individuelles, soit absolues, soit relatives; en pai'tie de 'instruction acquise. Pour le simple apprenti, elle repnisenle m capital, une avance, les frais du noviciat. Les travaileurs pauvres se trouvent epcore traités ici avec une extrême iéfaveur. Ils puisent moins abondamment dans le commun résor d'instruction dont la société est dotée-, ils ne peuvent &e donner une éducation industrielle dispendieuse. Ils prennent donc une part moins forte aussi dans l'accroissement de «valeur que le travail reçoit de l'intelligence, et pour eux Télément de la force mécanique constitue le principal mérite dala}>eur.
/«Au contraire, plus le u^ailleur possède de ressources «t d'instruction , et plus jpe^^ en partage de cette valeur nouvelle que les perfectiouie|Ppis de l'industrie ^joutent au travail par l'habileté
Il suit de là que la situation du travailleur réduit à n'être employé^ue comme une machine , devient d'autant plus fâcheuse, que l'industrie prend «n plus grand essor par le concours des forces intellectuelles. ^
^es progrès de l'industrie, augmentant la som* totale de la puissance productrice exercée dans la société par la classe entière des travailleurs, et augm^tant dans le même rapport ia ««mme totale de la valeur réelle de leur travail , ne font Bbnc pas Jouir de ce bienfait, dans une égale proportion, loutelles cfiiisses de la^ciéjé ; ils ont pour résultat d'affaiblie
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la valeur relative du travail exécuté par la dusse la moins heureuse.
L'inégalité qui en résulte, dans la situation des travailleurs^ dépend de la double répartition qui s'opère, soit des inslru — mens qui prêtent à rhomme une force matérielle additionnelle, soit de rinstruction qui le rend plus habile.
C'est ici le lieu d'apprécier les effets de la division du tra-vail. Ils varient, comme on voit , suivant le mode de dfstribtt— «tion des fonctions entre les travailleurs. *
Si la division du travail s'opère en renfermant les uns dans le seul exercice de leur force mécanique , en réservant anic. autres l'emploi de l'intelligence , elle introduira une extrême différence dans les rôles , et par là dans le mérite respect! f des travaux.
Lorsqu'au contraire la division du travail sépare les rdiés, en les maintenant sur le même rang, en conservant à chacun la même proportion de force et d'intelligence, elle fait profiter àla-fois tous les travailleurs de la valeur nouvelle dont elle dote le travail.
La philosophie révèle d'ailleurs , dans les effets produits par la division du travail, une circonstance qui influe d'une .
U^vail
l'homme acquiert par un ej^pice constamment répété des mêmes actes. L'ouvrier obtient ainsi \ê pouvoir d'exécuter plus promptement, de faire mieux. Or, la rapidité de i'exé* cution est le fruit de l'habitude ; l'habitude est elle-oléme une routine aveugle dont le mérite ne s'élève guère au-dessus de la force mécanique. Plus les opérations sont simples , et plus l'habitude ^rend part. Or, la division du travail tend précisément à simplifier les opérations. Le tisserand , l'ouvrier qui polit la glace, répètent le m^e mouvement, dumatin.au soir^ avec une persévérance toujours égale. L'ouvrier double ainsi sans doute, par la faculté de faire plus dans le même temp^' « la puissance jiroduclive de son bras \ d<mue plus de vitesse à ys
autre manière sur le mérite du tjj^vail. La division du travail^ tire l'un de ses avantages dfe «WÎQgulière aptitude que
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doujU^niens ; mais c*esi aux dépens d*uDe puissance productive LoDt l'ordre est plus relevé, et qui appartient à Fintelligence.
Cependant, l'exercice rend aussi l'ouvrier plus habile pour riooipber des difficultés, pour obtenir une régularité plus ^^le , plus de précision , de plus justes proportions ; pour icquérlrlecoup-d'œil, et ce qu'on appelle le tour demain, ^t donner ainsi plus de fini à son ouvrage. Ce genre de >erfeclionnement rentre jusqu'à un certain point dans le lomaine de l'intelligence La division du travail en augmente lone le mérite , sous ce rapport, pour les ouvrages qui demandent un cerlaîn degré d'habileté.
ITûttblions pas, du reste, que la source de toutes les forces du producteur est aussi dans la volonté de Thomnie. L'é- Uii^ie, la persévérance de la volonté doublent à-la-fois et la force du bras et l'activité de Tesprit. Le calme de la volonté, la sérénité de l'ànic prêtent au travailleur une merveilleuse aptitude pour toutes les opérations qui exigent de la régularité, de l'ordre , de la précision , de la patience. Le moment viendra plus tard d'assigner à ce principe toute sa puissance.
§2- Influence de rinduslrie sur U rémunération du travail.
La rémunération du travail s'opère sous deux formes dif- ^rentes qui entraînent aussi une différence notable dans la condition des travailleurs.
Quelquefois le travail du producteur est directement rémunéré par le consommateur ; le salaire est alors le résultat d'une convention immédiate entre l'un et Tautre.
Quelquefois le travail de l'ouvrier est rémunéré par un ealrepreneurj^ors une double convention s'établit , d'une parteitre le consommateur et l'entrepreneur; d*autre part entre cet l4ermédiaire et le simple ouvrier.
Celte secimdecombiuuisou !»osuus-divise elle-même : qutfi-
quelois rouvrier, en iraitant avec rcntrcpreneur poui^- un portion délerminée de l'ouvrage entrepris , non-seulenoien^K
fournit sa main d'œuvre , mais possède en propre ses insiru
mens el son métier , peut-être même la matière première ^. vx sous ce rapport travaille pour son propre compte; d'au — très fois l'ouvrier reçoit à-Ia-fois de l'entrepreneur et la matière et les instrumens , et ne fournit absolument que sa. coopération personnelle. La convention , dans les diverses hypothèses, embrasse des élémens qui doivent en modifiei'* les termes.
Examinons donc d*abord la convention qui s'établit entr^ le consommateur et le producteur loi*squ'ils traitent directe — ment.
Ici le taux naturel du salaire se modifie par le rappdir %^ qui existe sur le marché entre l'olTre el la demande. Ce rapport à son tour se règle sur la proportion qui existe, d'une part, entre la quantité des objets demandés, le nombre de ceux qui les demandent, la vivacité de leur désir, et de Tautre part, . la quautité offerte, le nombre de ceux qui oflVent, etlebesoin J qu'ont ceux-ci de voir leur offre acceptée. ' /
Si ces trois ordres de circonstances étaient des deux côtés ï dans une parfaite égalité, le mérite du travail en déciderait j^ seul la rémunération ; mais tout ce qui détruit cet équilibre modiffe le taux conventionnel des salaii^es.
Si, pendant que les progrès de l'industrie multiplient les produits, la consommation reste stationnaire, le travail pe^ dra en rémunération pendant qu'il augmentera de mérite; les prix s'aviliront en raison de l'abondance elliMnéme. Dans une telle hypothèse le même nombre de bras ayant acquis une plus grande force productive,, et le débouché pour les produits étant limité , un certain nombre de bras sera condumné au repos ; la perfection des procédés réduira l'emploi des ouvriers.
C'est ce qui arriverait, si la consommation avait en eSoi* des limiios certaines, lixes , inmiuables, lorsque la paisr |>>
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^^ce producii^e de nodiistrie aurait alleiiU ces limites.
Or, il peut y avoir des litiiiles spéciales pour certains genres déterminés de consommation, et des limites giMiérales pour es consommations de tout genre.
La consommation d*an produit déterminé a sans doute des imites naturelles qui consistent dans le nombre des couamateurs, dans rétendue des besoins pour un objet donné ; sais il en est d'accidentelles , telles que celles qui consis- Bnt daus les facultés du consommateur, dans ses dispositions, es. goûts, ses habitudes.
IIéareusi»nenty les progrès de Tindustrie ont précisément our effet oc reculer la seconde espèce de limites, et dVsndre aitisi la sphère de la consommation jusqu'aux derliers confins assignés par les lois de la nature.
D'une part, par le dé\'eloppement de la puissance producive, ils permettent d'offrir sur le marché les produits à un prix ilus modéré ; ils ouvrent ainsi l'accès aux facultés d*un plus H'and nombre de consommateurs ; d'un autre côté, ils accomolent mienxles produits aux besoins ou aux désirs des cousom- !iiateurs , souvent môme ils stimulent l'ardeur des désirs.
Il reste à savoir si reucouragcment que reçoit ainsi la l'ousominatîon égale ou dépasse raccroissement d'abondanci; déterminée dans les produits par le développement de la puissance productrice de l'industrie.
- Ici se déploie un phénomène du plus haut intérêt.
Dans nos sociétés actuelles , dans exiles du moins où la civilisation a pris tout son essor, la consommation des objets utiles crott daus une proportion géométrique, à mesui*e que h puissance productive de rindusiric en fait décroître le prix dans une proportion simplemeni aiûthméiiqne.
Nos 'sociétés sont en effet représentées par uni; sorte de Pyramide dont les diverses assises correspondent aux Uivei's degrés d'aisance. Lorsqu'un produit^ jusque alors réservé par l'élévation de son prix à la classe supérieure , est mis ù la portée de celle qui lui est inférieure , elle y rcncontn» uu
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nomibre beaucoup plus considérable de consommateurs. Pins l'usage de ce produit réussit à descendre dans les degrés inférieurs, et plus il ouvre dévastes débouchés. Les étoffes de sole jadis réservées aux princes, entrent maintenant dans la parure de toutes nos villageoises.
Ici se manifeste aussi sous un nouveau Jour l'heureuse iih lluence qu'exerce sur la destinée de la classe laborieusCyda prospérité et l'étendue de la classe moyenne. A mesure en «effet que la classe moyenne est plus nombreuse, plus aisée, le théâtre qu'elle offre à la consommation des produits d'un travail perfectionné devient plus vaste et plus fevprable. L'aisance du cultivateur, de l'ouvrier, eux-mêmes, deviennent ainsi sous ce rapport, comme sous mille autres , un blenfelt pour la société entière. Les manufactures du Hant-Bbiit, sa* vent très, bien toutee que leur promet une bonne année de recolles dans le Midi de la France-
Nons ne signalons encore dans ce moment que Taecroîssenient de consommation relatif an genre de produits que le perfectionnement de l'industrie a rendu plus abondant et plus utile. Les consommateurs, qui déjà en faisaient usage, pourront en user eux'^mémes avec moins de parcimonie; il y aura donc de toutes parts de plus larges débouchés.
Il arrive toutefois, ne l'oublions pas, un instant où la consommation est saturée. Ce moment d'abord est celui où elle rencontre ses limites naturelles ; il est aussi déterminé parles bornes où s'arrêtent les facultés et les désirs duconsommateur. Millecirconstances peuvent déplacer ces deux bornes: les facultés croisseni ou diminuent, les disposition&changent; alors le développement de la force productrice , lorsqu'elle s'obstine à muktplter un genre déterminé de produits r tourne au détriment du travailleur.
Mais les marehés étrangers peuvent s'ouvrir. Sur ce théâtre nouveau, lesperfeclioniiemens de Tindusirie acquièrent aussi une importance nouvelle; ils permettent d'entrer en concurrence avec les producteurs rivaux, de triompher dans cède