BU THATAIL S0V6 LE RAI»PORT MORAL. S
caractère! Ils ont, en même temps servi, puissamment la cause de la bienfaisance. En lui révélant comment le pauvre se perd, ils lui ont indiqué les moyens de le préserver ou de le retirer de l'abtme.
ARTICLE IL Le travail eomidéré sous le rt^tport moral.
Le travail ise lie, par un double ran>orty convne effet et comme cause, à la moralité humaine.
L'amour du travail confère seul au travail le mérite de l'activitié, der la persévérance, de la perfectiou de l'ouvrage* Otj' Tamour du travail s'il n'est pas préciséuieiit une verta^ dérive de qualités honorables : il suppose l'énergie de l'àme^ le sërieox de l'esprit, un mélange de spontanéité et de retenuoi de fierté et de tempérance , le désir d'être utiloi le goût de la régularité. Il réunit quelque chose de généreux à une sorte de courage. Il est véritablement une vertu, quand 11 est m* m>iré parle sentiment du devoir, par la fidélité à la grande ilestinàtion marquée sur la terre à l'homme par la ProYÎlence. Celui-là §e sent mieux disposé au travail, qni est a^ Innchi du joug des passions ; la satis&ctioD intérieure, es looUant les forces, fait mieux jouir de leur exercice.
La iainéaatise, il est vrai, sembt^ qudquefoia étin» une •orte ée maladie, un effet ùk tanpérameati Le crétin ianpoHy inuncâûlef souriant encore dans son inaciioiii iémom odifiereat de tous les effoHa qui ont lieu autour de lui, el ^éme des soins dont il recueille le firuit. Getle espèce d'im* lëcillitë, d'apathie toute physique, a des degrés divers,- el^ onr^ élre moins marquée ou moins apparente dans qurlgnea ^ets, n'en est pas moins réelle. C'est un malheur^ nue m- »«iité, plus' qu'un tort. L'observateur attaitif décoovM isveni avec douleur, les traces profondes de cette maladni tes lea CuniUes indigentes^ il ep aperçoit les qmptdnes
sur 1a physionomie I dans les attitudes, les moiivemens et le langage. Quelque fatale que soit cette disposition, elle peut cependant être combattue ; elle peut céder aux efforts assidus, aux exemples, aux habitudes, à Taiguillon de la nécessité , surtout à Tempire du devoir. Mais , la fainéantise est essentiellement une infirmité morale : car Tactivité est dans la nature de Thomme; il y a dans le fainéant quelque chose ou d'imparfait. ou de dégénéré; c'est parce qu'il ne sait pas vouloir , que le fainéant ne sait pas agir. 11 abdique la première puissance de l'homme , l'empire sur soi-même.
Malheureusement, la fainéantise a ses charmes, du moins pour ceux qu'elle a subjugués, et elle achève de perdre ses victimes en les séduisant de plus en plus. Elle dévient, comme Ip sommeil, une volupté, un besoin. Malheureusement aussi, elle est contagieuse : l'assoupissement ga^e de proche eh proche ; la nonchalance perd sa honte; l'oisiveté usurpe les honneurs de l'indépendance; la fatigue semble no Joug: Le mal se transmet surtout de génération en génération; il devient un héritage de famille; les enfans, dès le berceau, respirent ces funestes exhalaisons, ils croissent, ou plutôt ils croupissent au sein de cette atmosphère d'indolence qui paralyse tous les principes de la vie; ils se traînent, d^i incapables, au moment où ils devraient commencer à être utiles; ils succombent au début.
L'histoire de la fainéantise est celle de la mendicité, du moins de la mendicité de penchant, d'habitude, de proftS' j"^ sion; ainsi s'explique, en partie, le funeste et singulier attrait 1 que ce métier a pour une classe entière d'individus ; eoDment la lèpre de la mendicité se propage, se perpétue, a^ fdcte de s'attacher à certaines familles, à certaines localité gagne même certaines conditions supérieures; commeat elle subit l'influence des climats ; comment nous la voyoai inonder Orléans, par exemple, pendant qu'elle épargne BMs; infester une portion des départemens de l'ancienne Lo^ raine et de l'ancienne Bourgogne, si richement dot^ dei
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dons de lanalure et de Tinduslrie, et épargner la pauvi*e Sologne, malgré la stérilité de son territoire.
Et gardez-vous de croire que cette maladie soit, comme on le suppose quelquefois , spécialement attachée aux effets de la civilisation des grandes villes, des grandes entreprises et du luxe, comme une conséquence déplorable et nécessaire. Non ; elle va souvent se répandre de prédilection dans les contrées les plus arriérées encore; dans celles où l'industrie humaine a pris le moins d'essor. Vous la trouvez d^jà avec les mêmes caractères, au berceau de la civilisation, parce qu'elle a sa cause dans une disposition du caractère qui peut se produire à toutes les époques; vous la retrouvez, qui le croirait? dans les temps héroïques, au sein de la Grèce. Homère en retrace un tableau dans lequel nous croyons voir une scène dé nos jours: il cache son Ulysse sous les haillons dit mendiant; il nous peint le mendiant nna^an/ des fables pour obtenir une tunique^ un manteau^ des vétemensj implorant un asile (1), errant dans les champs, eri*ant dans la ville, où quelquun lui accorde une coupe avec tm peu de pain (2), quelquefois cependant insulté et accablé d'outrages (5). La mendijcké est déjà dans les mœurs ; Mélanthuis se plaint de cet affamé, «mendiant, importun, ce fléau des repas qui, de- « bout, presse de ses épaules les lambris du palais, sollicitant « (quelques restes, qui se refuse à travailler et préfère assou- « vir par les dons d'autrui sa faim insatiable (ft). » Il n'y avait cependant à Ithaque ni vastes ateliers , ni immenses spéculations, ni mulljennys, ni machines à vapeur.
Imprimer au travail, en lui-même, un caractère aviiisant, lui attacher l'idée d'une sujétion, d'im sacrifice, d*une peine, c*e^t commettre une erreur aussi grossière que funeste. Née
(1) odyssée, cbant xiv.
ÇSt) Odyssée, chant xv.
(3) /^. chant xvi.
(4) /^. cbant xaxj.
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au sein de préjugés les plus vulgaires, aurait-elledû se reproduire sous l'appareil des doctrines scientiàquès, emprunter Tautorité des traditions religieuses? Le travail est un honneur, «ne dignité; par lui, rhomme règne véritablement ; ildiMOdine et conquiert la matière; par lui, surtout, Thomme s'améliore, ^le est fausse aussi, elle est funeste, quoique accréditée, cette opinion qui tend à flétrir le salaire. Il est bon et généreux sans doute de se dévouer sans retour au service d'autrui; nous n'aurons jamais assez à'éloges pour un tel désintéressement ; mais la société ne subsisterait pas avec ce mobile «nique : la générosité inspire quelques actions isolées ,- elle . ne suffirait pas à déterminer toutes les opérations qui pourvoient aux besoins de la vie humaine. C'est au moraliste qu'il appartient de réprimer ces exagérations, professées par des gens dont la conduite les dément (1). Le salaire représente le mérite et l'utilité du travail } il en est l'expression ; il se substitue, pour l'agent qui opère, au produit sorti de ses mains. Non-senlement il est juste comme acquittement d'une dette, mais il est puissant comme encouragement. La présence de cette rétribution n'agit pas seulement parce qu'elle s'adresse à l'amour du gain ; elle atteste la réalité et le prix du service rendu par celui qui l'obtient ; elle fait naître le sentiment de la propriété dans ce qu'il a de plus légitime ; c'est plus que de l'argent, c'est une récompense. Une expérience récente a montré quel caractère nouveau le travail reçoit du salaire, aux yeux des «hommes flétris par la dégradation (2). Il y a, sous ce rapport, quelque chose de plus efficace dans le salaire accordé en raison de la tâche, que dans celui qui est
(1) 19*a-t-on pas TU on écriTain partager la tOGiété en doux daisesi kigoi ' payés et les gens qui paient ; comme si , hors les fainéans, tout le monde n'était pas payé et ne payait pas, et comme si Tauteur lui-même n'était pas réma* néré par son libraire?
(2) Toyez le Rapport fait à l'Institut, en mars 1834, par M. le biroD * Costaz » sur le compte-rendu des améliorations introduites pendant les dix der*
nières années dans le bagne de Toulou.