‹ De la bienfaisance publique; (volume 2)Chapitre 67 sur 80 · DU RECRUTEMENT MILITAIRE · texte numérisé non relu

DU RECRUTEMENT MILITAIRE

ment à donner cette extension nouvelle aux écoles régimeutaires, lorsque l'instruction élémentaire sera devenue sur toute la surface du pays une portion essentielle^ une condi-*- Uoii universelle de l'éducation de l'enfance, et qu'ainsi Tarmée ce se recrutera que de jeunes gens sachant déjà lire et écrire.

La bonne composition morale de l'armée, le régime d'une salutaire discipline , en rendant le soldat plus capable de remplir ses bonorables et difficiles devoirs, permet donc de tirer les mêmes services d'une armée beaucoup moins nombreuse; elle devient une source d'économie pour l'état, elle conserve aussi un plus grand nombre de sujets aux protés- «ions civiles, elle épargne de la sorte aux familles une portion du sacrifice qu'elles font au pays par le recrutement.

L'enrôlement à prix d'argent, en composant l'armée de mercenaires, exige un contingent d'hommes plus considérable, qui supplée par le nombre au- mérite de ses élémens i il enlève donc un plus grand nombre de sujets aux professions utiles. Le recrutement obligé, en formant l'armée des meilleurs élémens, réduit l'impôt levé eu hommes à ses plus étroites limites : il sert donc Tintérêt des familles elles- mêmes , celui de l'agriculture et de l'industrie ; l'armée en devient aussi phis capable de rendre les services auxquels elle est appelée, services qui, lorsqu'ils sont bien dirigés, sont éminemment conservateurs et par conséquent équivalent à une production féconde , puisqu'ils protègent toutes les sources de production.

Pourquoi , en certaines contrées, comme en }ingleterre , par exemple, trouve-^t-on sur les états officiels, des indigens inscrits au secours publics, les épouses, les enfans des militaires , et souvent ces militaires eux-mêmes , après qu'ils se sont retirés du service? pourquoi cette classe d'indigens est-elle inconnue en France? Le système adopté par le mode de recrutement explique sans doute ce contraste. Dans les pays qui recrutent leurs armées par des ënrôlemens à prix d'argent , le service militaire est embrassé comme une profession , et le plus souvent par des individus qui ne se sentent pas propres

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OU disposés à en suivre une autre ; ils Fexercent aussi lon^ temps que leurs forces le leur permettant. Mais le métier de soldat ne convient qu'à la jeunesse. Le soldat qui a x^assé sous les drapeaux les plus belles années d^ sa vie, dont la constitution s*ëst peut-être affaiblie par la vie des camps , rentrant dans la vie privée, sans capacité, sans préparation , sans goût pour les travaux industriels et sédentaires , aspirant surtout an repos , 8*11 ne devient pas précisément invalide , est embarrassé pour se créer une existence utile. La carrière des armes embrassée comme une profession , ne s'accorde pas avec la condilion de père de famille. lie soldat ne peut remplir ni les obligations d*un époux, ni celle d'un père ; il ne peut protéger ceux dont il devait être l'appui : sa compagne , ses enfans sertmt donc exposés à la situation la plus critique. Ces inconvéniens disparaissent dans le système du recrutement obligéet d'une durée de service ^itée à un petit nombre d'années.

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