‹ De la bienfaisance publique; (volume 2)Chapitre 8 sur 80 · nnmeBVGTiolc · texte numérisé non relu

nnmeBVGTiolc

moderne ; il a discute les rëgieBà^a^ qui y présideat* Préoccupé de la vive argumenlation qu'a fait éclore le système dû la taxe des pauvres eu Angleterre, il a cru pouvoir la géoéraliser, en retendant aux états du continent; il s'est atia*^ ché à découvrir les analogies que pouvaient offrir, avec le système des lois anglaises, les institutions admises dans les autres états, à reconnaître Tinfluence qu'elles exercent »ir les dispositions morales et le bien-être des diverses classes de la population, à déterminer les devoirs des gouvernemens relativement à la charité, et les limites dans lesquelles leur action doit se renfermer; il a assumé la tâche douloureuse de rassembler les reproches faits aux divers établîssemens pu« blics de bienfaisance, de signaler les imperfections dont ils peuvent être atteints, les inconvéniens auxquels ils sont $xk' jets, et de les soumettre ainsi à une critique sévère. Quelque jugement que Ton porte sur l'exactitude des conclusions auxquelles M. le pasteur Naville s'est trouvé conduit par ses laborieuses investigations (1), on lui doit cette justice, qu'il y a porté le zèle le plus pur, et les intentions les plus bienveillantes, dans l'intérêt des malheureux. On regrette que l'aateur, en frappant d'une sorte d'analhème universel toutes les institutions publiques de bienfaisance, érigées jusqu'à ce jour dans les états de l'Europe, n'ait pas proposé un plan exécutable qui puisse leur être substitué, et n'ait pu qu'invoquer l'essor de la charité privée, par un appel élo» quent sans doute, mais dont l'efficacité est trop incertaine. Le scepticisme auquel entraînerait' la lecture du traité de la charité' légale, ne saurait être décourageant que pour ceux

(1) Professant pour M. le pasteur Navflle autant d'affection que d'estime, Fauteur du présent ouvrage s'est trouvé dans la nécessité de combattre lef doctrines de cet écrivain distingué^ doctrines auxquelles ses convictions personnelles sonty comme on le verra, diamétralement opposées ; U se fiit, pour ce motif même, un devoir plus impériMix de rendre un témoignage linoère aa talent remarquable avec lequel ailes aont exposées, et aux seatimeng louables qui ont animé M. NaviUe,

qui g'arrêteraieDt aux oonclusions de TouTrage ; auprès des autres, il ne sera que TépreuTe de la critique; il provoquera de pouYelles recherches ou de nouvelles améliorations. Cest aiinsi que les doutes servent à Tavancement des sciences; c'est ainsi que les censures, même exagérées, préparent souvent les réformes salutaires. (1)

JjSl France s'applaudit et s'honore d'avoir donné le jour à de nouveaux et importans écrits sur les établissemens d'hunumilé; mais ses écrivains sont entrés plus tard dans cette caiTiàre« que ceux de l'Angleterre et de l'Allemagne; leur tra-* vaux offrant moins de suite et d'ensemble ; ils ont été en par* tie conçus sous des influences différentes , et quelquefois ils ont dû aux circonstances le caractère qui leur est propre; C'est seulement vers la seconde moitié du dernier siècle^ qu'ils ont commencé à se multiplier. Les écrivains qui, à cette époque, ont répandu un si grand éclat sur la littérature fran^ çaise ont eu l'incontestable mérite d'embrasser avec chaleur, de plaider avec éloquence les intérêts généraux de l'humanité et la cause du malheur. Ils ont plus d'une fois signalé les abus qui s'étaient introduits dans le régime des secours publics; ils en ont invoqué le perfectionnement. A leur voix, la société française s'émut; l'attention générale fut éveillée; de vives sympathies furent excitées; l'amour de l'humanité vint prêter aux lettres de nobles inspirations ; il embellit, épura leurs succès; il leur dut, à son tour, de se faire comprendre et sentir, même dans le séjour du plaisir et du luxe ; par elle, il vint s'associer aux émotions de la scène. Mais, en s'adressant ainsi à un monde profane et léger , empruntant les formes d'une littérature brillante et quelquefois frivole , il s'exposa à y perdre cette gravité simple, modeste, sérieuse, qui lui est essentielle; il dégénéra, chez quelques personnes,

(1) Le traité de M. le pasteur NaviUe a obtenu en 1829 le sufirage de VA* cadémie française^' parmi ses titres de mérite, on doit compter le soin scrupuleux qu'a pris Fauteur dHudiqiier ses sources et Tabôndanle moisson de matériaux qull a rassemblés.

ly INTRODUCtlOV.'

en une sorte de sensibilité incerlaine et yagae, où rimagination peut-être avait plus de part qae le cœur. La bienfaisance devint une sorte de mode, dumoinsdans le langage. Plus d*un auteur exagéra les abus du présent et du passé; plus d'un, cédant à des préventions aveugles contre les institutions nées du christianisme, n'épargna pas même , dans ces accusations, celles qui étaient destinées au soulagement de Tindigence. Une école de philosophie, ou du moins une sectequi en prenait le titre, a voulu séculariser la bienfaisance, opposer à l'empire de la charité , un sentiment fondé unique- Bient sur les sympathies naturelles; appeler les créations de la philantropie, comme un auxiliaire, pour la cause des systèmes dont elle se déclarait l'organe. Trop souvent, l'affectation de Il philantropie devint alors un langage de convention , un artifice pour le succès, un moyen de charlatanisme; et, parla, la vraie philantropie se décria aux yeux des hommes austères. Cependant , la direction donnée à l'esprit public vers le milieu du xv!!!*" siècle , fit éclore plus d'une vue utile, plus d'une entreprise honorable. Pendant une période qui vit s'affiiiblir sensiblement la puissance , des traditions religieuses, elle put y suppléer en partie chez quelques esprits; elle entretint du moins un intérêt général pour les établissemens de bienfaisance. Si les motifs dérivèrent d'un ordre moins élevé, l'émulation du bien se maintint; elle s'accrut peutêtre, à quelques égards, par le contraste des opinions et par les rivalités qui en étaient la suite; et telle est en partie, sans doute, la cause qui multiplia bientôt, avec tant de fécondité, les écrits publiés sur ce sujet.

Les évènemens politiques qui, à l'époque de 1789, en provoquant la réforme de toutes les institutions sociales en France, firent éclore tant de vœux, tant de projets, pour les améliorations utiles , imprimèrent aussi un nouvel essor aux travaux des amis de l'humanité , ouvrirent de nouvelles perspectives à leurs espérances. Les travaux législatifs firent •coicevoir des plans aussi vastes que nombreux, sur le régime

INTRODUCTION. liy

des secours publics. Plus tard , les vicissitudes que venaient d'éprouver, pendant une époque funeste, la destinée des éta* blissemens publics, excita la sollicitude des gens de bien ; les infortunes privées, occasionées en si grand nombre par les malheurs publics, ranimèrent dans les âmes, avec une nouvelle énergie, les sympathies pour la souffrance. Le réveil des sentimens religieux est venu à son tour ranimer le feu sacré delà charité. La bienfaisance particulière, ens'exerçant avec un redoublement de zèle, en donnant le jour à une foule d'associations généreuses, a secondé aussi le développement de la bienfaisance publique, en a préparé, aidé, éclairé les opérations. Le funeste divorce qui menaçait de s'introduire entre la charité religieuse et la philantropie civile , a été prévenu par les efforts et le concert des gens de bien. Pendant que s'opéraient en France ce beau mouvement , cette heureuse régénération des études relatives aux établissemens d'hu-; manité , dont uous avons eu la jouissance d'être les témoins , les productions publiées à l'étranger, surtout celles qui étaient propres à l'Angleterre , ont commencé à pénétrer en France. Depuis 1815, ce commerce a pris une grande extension; il a enrichi la France de documens jusqu'alors peu connus ; il a étendu la sphère de la science , il en a modifié la direction ; il a pu même égarer quelques écrivains , en les trompant par de fausses assimilations.

Ainsi s'explique le défaut d'unité qu'on remarque dans les productions successives qui ont été publiées en France sur les établissemens d'humanité. Loin de former un système, elles divergent. Essayons du moins de rappeler celles qui , par leur importance, semblent mériter une attention plus spéciale.

Les deux plus anciens écrits sur ces matières , que nos investigations nous aient fait découvrir en France, ont tous deux un caractère purement historique : L'un publié en 1669^ sous le titre de Tableau de t humanité m Précis historique des charités de Paris, trace l'origine et la description des établissemens de bienfaisance de la capitale ; l'autre, sous le

lit nrifiOVOCTioir^

litre <te Vhépital généml de Paris, publié en 1676, renfenne lin tableau abrégé de Tancienne législation du royavme sur ces établissemens, non - seulement pour Paris, mais )^ur le royaume entier. Le bon abbé de Sainte-Pierre, qui ne levait point, comme Ta cru un ministre incapable de le comprendre, mais qui voyait plus haut, plus loin que Fabbé Dul)ois, qui avait seulement commis Terreur de proposer avant le temps des améliorations qui se sant en parties réalisées depuis, Tabbé de Saint-Pierre ne pouvait manquer de s'oc^ cuper aussi des intérêts de Tindigence. Il publia, en 1721, un ynémoire sur les pauvres m^ndians et swr les moyens de les subsister. Un demi-siècle s'écoule avant que nous retrouvions ^^autres publications : celles qui se produisent alors ont uâ caractère purement théorique : ce sont celles de Plisson de Chartres (1), de la Morandière (2), de Séguier, de S. Rresson (3). Dans un écrit rapide, mais plein de vues utiles, œuvre d'un homme de bien, un célèbre économiste, l'auteur des Ephémérides d'un citoyen, l'abbé Baudeau (4) définit la pauvreté, en classa les espèces : il sépara avec soin la pauvreté véritable , la pauvreté foctioe, la pauvreté criminelle ; il proposa , pour chaque genre d'infortune , les remèdes les plus opportuns. L^auteur s'occupa des biens des pauvres, en assigna rorigine , en suivit la destinée ; il fit voir comment ils ont été détournés de leur application ; il proposa un mode de gestion qui pÀt les préserver du retour des abus, en procurer le meitieur emploi. L'ami de oeu» qui n'en ont point (p) , tel «st le litre d'un écrit que publia vert le même temps l'abbé Mery , et qui en exprime fidèiement

(1) Projet d'une tm»ki four stmiager les ptimPes de la ekmpagM (¥0y» It Journal encydopéd. du IS janvier 1768).

(!k)> Phiiapemèfiesr ou du régime des pauvres^ ParU^ ii^4^ 1764.

(3) Police sur les mendions, ie^ 'vagabonds^ etc. Paris, 1764, 1 ^. in*12*

(4) Pensées d'un bon citoyen sur les besoins. Us droits et les devoirs des pauvres \ Paris' 1765. Cet kct\t a été trad. en ail. parUeide, Bamberg, 1769>

(6) Paris, 1767, 1 vot «Hlî.

iHTBODuenoir. Iv

reprît et le but. Il soigne ayec une tendre sollicitude le premier intérêt des pauvres, celui de leurs mœurs; il invoque pour eux les bienfaits d^une instruction libérale et sagement dirigée^ il veut leur donner des guides, des protecteurs, de Trais amis. Un autre ami des pauvres, le bon et infatigable Chamousset, dont la vie entière fut un long dévoûment au bien public (1) , concevait des projets aussi nombreux que Taries, pour prévenir la misère par des institutions de prë- Toyanœ, pour améliorer le régime des secours ; il s'occupait de réducation des enfans, des associations mutuelles, de la destinée des ouvriers, des domestiques et des servantes, des besoins des femmes enceintes, de la nourriture deé indigens, de la réforme des hôpitaux ; toutes ses pensées se dirigeaient vers ce but; il y consacra sa fortune, il y eut sacrifié sa vie (2). Son plan obtint de nombreux et honorables suffrages, subit aussi plus d'une critique ; s'il fit d*impuissans efforts pour le réaliser, du moins il excita Tattention publique, il éclaira d* une lumière précieuse les questions qui commençaient à s'agiten. Rien ne montre mieux à quel point l'intérêt général était alors dirigé sur les établissemens d'humanité, que le résultat produit par un concours qu'ouvrit, en 1777, l'académie de Chftlons-sur-'Marne. Plus de cent mémoires y furent envoyés. U en a été formé un résumé méthodique qui présente assurément le travail le plus complet qui ait encore vu le jour sur cet Important sujet (8). On y distingue les divers genres de iwndieité et les diverses classes de mendians; on y trace lliisioipe des moyens politiques , moraux , répressifs , em- I^oyés Jusqu'à ee jour pour détruire Ce ileau ; on y traite de tontes les branches de secours publics', on en discute le mélite; on indique les moyens de les perfectionner ; on recher-

(1) Toyez n Tîe en tète de ses œuvres : elles ont été réunies en H volumes petit in-4^ Paris.

(S) Toyet la note page te de sa vie.

(^ Inpniné en t18S ,1 vol.

Ivj . • IHTEODUCTIOW.

che surtout les moyens de prévenir la mendicité, par le travail, par la réforme des mœurs, par des mesures d'économie ' politique. Cest un vaste traité qui embrasse à-la-fois la théorie et les applications, qui, aujourd'hui encore, n*est point assez connu, et qui pourrait être consulté avec fruit. Plus d'une fois, nos sociétés'académiquesonteu, en France, le mérite d'associer aux travaux scientifiques et littéraires, les recherches utiles aux intérêts de la morale et à ceux de la bienfaisance. L'académie des sciences, l'académie française ont donné ce noble exemple, et par là, entretenant l'alliance naturelle entre les sentimens généreux et les lumières, elles ont secondé l'administration, éveillé l'opinion publique, à l'égard des établissemens d'humanité, et sur le perfectionnement de leur régime.

L'incendie de l'Hôlel-Dieu de Paris, en 1772, avait fait éclore plusieurs mémoires et plans pour là translation et la l'econstruction de ce vaste établissement. Ces projets furent mis sous les yeux de Louis XVI, par le baron de Breteuil; ce monarque , ami des pauvres lui-même , et qui prenait à cœur tout ce qui pouvait concourir au soulagement de l'infortune, décida que les malades désormais coucheraient seuls; il chargea l'académie des sciences d'examiner tous les documens qui lui avaient été présentés , et de lui en donner sonT . avis. L'académie nomma une commission dans laquelle figuraient les noms les plus illustres dans les sciences (1). Laques' tion s'agrandiiaux yeux de ces hommeséminens ; ils reconnurent que le régime de THôtel-Dieu se liait au système entier des asiles ouverts par la charité à la souffrance et au malheur, dans la capitale, et parla àFensemble des secours publics; que les questions soumises à leur examen se rattachaient à des

(i) Ces commissaires étaient MM. Delafosse, Daubenton^ Tenon, BaiUy, Lavoisier, Delaplace, Coulomb, Darcet,

« Jamais sujet ne fut plus digne de fixer TaUenlion d'une société savante^» J dit justement Tenon (préface du mémoire sur les hôpitaux de Paris, page 8).

iifTEOxucTiojr. Ivy

principes généraux, à des notions théoriques qui n'étaient pa^ encore suffisamment déterminées ; qu'elles avaient besoin d'être éclairées par les leçons d'une expérience dont les élémens n'étaient point encore rassemblés. Des investigations furent entreprises j des recherches furent faites dans l'Europe entière, une correspondance fut établie. Les mémoires de Tenon, sur les hôpitaux de Paris, si justement célèbres, furent le premier fruit de ce travail. Malheureusement, les évènemens qui survinrent, la suppression de l'Académie, la mort de Tenon, ne permirent pas de le continuer, le public a été privé de la suite qui avait été promise, et qui devait offrir des rapprochemens du plus haut intérêt (1). Ces mémoires où se trouvent tracés des, tableaux si douloureux et des faits si . instructifs, ces mémoires, quoique incomplets , quoique exécutés en vue d'un établissement spécial, et de circonstances passagères, sont un des tributs les plus précieux que la science ait apportés au soulagement de Vhumanité souffrante. Avec ce beau travail , exécuté au nom de l'Académie des sciences, concoururent plusieurs écrits particuliers. On distingua, dans leur nombre, V Abrégé historique des hôpitatuc^ par l'abbé de Récalde (2), et le Traité de l'abus des hôpitaux, par le même auteur (3). Tous deux renferment des faits curieux sur les institutions hospitalières de la France;* le dernier indique , quelques-unes des réformes dont le besoin se faisait sentir.

Alors s'ouvrait , sous d'heureux hospices, cette Assemblée constituante, où se réunissaient tant de généreux caractères,

(1) L'auteur du présent ouvrage a loog-temps et inutilement cherché à découvrir ce qu'était devenue la coUection des documens rassemblés par la conmission de V Académie des sciences» et qui devaient servir à composer le

. deuuème volume^ il vient de découvrir enûn que douze cartons renfermant ces documens, existent ignorés dans Fun des-dépotsde la Bibliothèque Royale. : Il eqpère pouvoir les explorer et alors indiquer Tutilité qu'on pourrait encore . en retirer.

(2) Paris, 1784.

(3) Paris, 178e.

où briUâient tant de lumières et de tâlens. Appelée à Tauguste missiofi de régénérer les institutions sociales, elle promettait de consacrer tous les droits, de satisfaire à tous les intérêts de rhumanité. Les droits etles intérêts du malheur durent oc-, cuper ses premières pepsées; elle forma dans son sein un co*^ iinité spécialement chargé de lui présenter un système entier de secours publics (1). Organe de ce comité , le duc de Larochefoucault-Liancourt , par les rapports qu'il a présentés ^ et auquel lui-même a pris la part principale , s'est acquis Tune des gloires les plus pures et les plus douces dont il soit accordé à l'homme de jouir. Cet immense travail a été suivi, pendant plusieurs années, par les hommes distingués auxquels il avait été confié (2), avec autant de zèle et de sagacité que de persévérance. Placé dans la situation la plus favorable pour rassembler des renseîgnemens authentiques, le comité de mendicité de l'Assemblée constituante s'est livré à une exploration complète de l'^t des pauvres, et du régime des secours publics, sur la surface entière de la France; il a tracé l'histoire de notre législation sur cette matière, signalé les abus de l'ancienne administration , constaté la situation présente des choses, comparé sous plusieurs aspects cette situation avec celle de l'Angleterre. Ces recherches forment la partie expérimentale de son travail. Dans sa partie théorique,le comité a exposé des principes snr les droits des pauvres, sur les obligations de la société à leur égard, sur la distinction des vrais et des mauvais pauvres , sur l'étendue et la li-

(1) Décret du )1 mars 1790.

(£) Les d^ui premiers rapports da comité de mendieilé forent présentés à TAssemblée constituante en ITtO, les cinq autres en 1791. Ils furent précédés d*un plan générai dn tra^mt que le comité rrait entrepris, et accompagné d'une 9ttîte de projets de décret.

Le duc de Lianoourt présenta nussi plusieurs rapports sur -les visites lûtes dans les hôpitaux, hospices et maisons de charité de Paris; sur une nouf^e distribution de secours, proposée pour cette capitale, sur l'étidïliasemettt'de la charité maternelle, etc.

iBile de râssistance qui leur est due , sur la répression àe hi mendicité; il a essayé de fonder, pour nous servir de son ex* pression^ ce les bases constitutionnelles du système général de « législation et d'administration des secours publics i». Ge système méthodique et parfaitement coordonné dans son en* semble 9 embrasse toutes les branches d'établissemens de bientaisànce^ trace à chacune des règles, en calcule les moyens, en combine les plans. S'étudiant à leur imprimer ce caractère d'unité, d'harmonie, d'uniformité que l'Assemblée constituante réalisait alors avec tant de grandeur dans une

* partie dé nos institutions sociales, le comité propose de ramener l'administration des secours publics à un centre onir que, d'en former un établissement national. Le système entier reposait sur ce principe, que le soulagement de l'indigence est un devoir de la société, et que ce devoir est rigoureux, absolu. Tel qu'il avait été conçu et présenté par le comité, il était à-peu -près inexécutable, à raison de sa grandewr même, ainsi que l'expérience l'a trop bien prouvé. Il ne oonstitae pas moins le monument le plus majestueux que le patriotisme, la phiiantropie et les lumières aient élevé parmi nous à la science qui préside aux établissemens d'humanité. La vive impression quil produisit sur les.esprits, au mo-

' ment où il fut présenté, détermina mie émulation générsdc.

D^s la foule des productions qui (tarent alors dirigées verê

le même but (1), se distinguent les Observations sur les hâ^

fUaux, par Cabanis.

En même temps, un autre rapport était présenté à TAssem»

(1) Entre autres : Le Père des pauvres, 1700;

Le Cahier despaupres, 171K);

Supplique aux États-Généraux pour sauver les droits du pauvre , id.

Pfwyef p^ut h ^eotdagememt €i t^emploi des pamres, id.

De la Bienfaisance nationale^ par Tabbé Desmousseaux. id,

T«U«Ad^ I>ti^, ée M<wiigBae, Henrioo de Bus&y, Bamefiroy, Brinon, Blrtrenblây» de RubeOe, ete.^ pablièrent à la mémie époque, diters écfib mr l'extirpation de la mendicité.

taiîl nvBODucmoBr.

vers conseils qui concourent, soit à l'administration locale; goit aux opérations législatives, il est arrivé de là, quf les Jhommes les plus distingués par leur mérite et leurs connais-* sanees, en sont devenus les collaborateurs naturels ; chacun d'eux, en silence, a porté son tribut à l'œuvre commune; chacun d'eux en a goûté les ft*uits; C'est là sans doute un résultat positif et réel, qui a aussi son prix; il a exercé une salutaire influence sur l'opinion publique.

Une autre circonstance a contribué puissamment aussi à éclairer Topinion , à l'intéresser aux établissemens d'humanité : une foule d'associations charitables se sont spontanément réunies sous diverses formes, et sur les diSéreiis points du territoire. Le plus grand nombre, en s'appliquant à foire le bien, ont, par une modestie louable dans ses motifs, mais regrettable dans ses effets, évité plutôt que négligé de publier leurs opérations. Quelques-unes, en nous instruisant de ce qu'dles avaient fait, nous ont donné d'utiles enseignemens. Parmi çeWes-ci jldiSocie'téphilantropique et \2l Socie*té' de charité maternelle , qui , depuis plus d'un demi-siècle, persévèrent dans leur généreuse carrière, ont les premiers droits à notre reconnaissance et à nos respects. Depuis 1816, les associations charitables se sont multipliées et propagées avec une louable émulation. Leurs comptes rendus, réunis et mis en ordre., formeraient une collection intéressante de documens pratiques. Frappés de Futilité que promettrait un recueil comparé des observations fournies par Texpérience, quelques amis du bien se sont réunis, en 1828, pour composer une association dans ce but spécial ; ils ont espéré qu'ainsi les bons exem- , pies fructifieraient, que l'émulation du zèle serait entretenue; ils ont offert aux établissemens charitables un centre de communications, qui leur manquait; ils ont établi des correspondances, rassembla, publié les informations qui leur ont été transmises ; ils ont, dans des discussions amicales, examiné eux-mêmes les plus importantes questions qui touchent au régime des secours publics ; ils ont, par des concours, pro-

voqnë des investigations nouTdles ; la Saciéié dei AaJkliê^ 9émen8 eharitableê est la première et la, seule en France, jnsqn^à ce jour, qui ait renda cet éminent service à la science, en même temps qu'à l'humanité. D'autres, comme la Société pùur tédMouUon élémentaire^ celle de la morale ehré^ tienne, quoique ayant un but qui leur était propre, ont souvent recherché et saisi l'occasion d'appeler sur plusieurs questions du même ordre, l'attention publique et les travaux particuliers des écrivains. Aux publications périodiques dont on leur est redevable, sont venues se joindre celles qui, comme la Bévue encyclopédique et quelques autres, ont embrassé dans temps cadres les renseignemens relatifs aux établîssemens de bienfaisance. Là se trouvent disséminés une foule d'élémens qu'une main habile et laborieuse pourrait mettre en oeuvre,^ et que, pour ce motif, nous croyons devoir indiquer à ceux qui suivront cette carrière.

Pendant que les matériaux relatifs à la statistique de la pauvreté et des étabiissemens charitables se préparaient Mnsi,pardesfragmettsépars, les trésors de l'érudition étaient exploités pour éclairer la théorie des secours publics par les enseignemens de l'histoire. Les secours publics chez les anciens, sujet neuf et curieux, a été mis au concours par l'académie de M4con, et MM. Percy et Willaume, dans un mémoire couronné en 1813, l'ont traité d'une manière rapide; exacte et lumineuse. Le même sujet avait déjà suggéré une dissertation savante à Mongez; il a été depuis traité encore par M. Dumas, secrétaire perpétuel de l'académie de Lyon: L'académie de Lyon elle-même a plus d'une fois proposé des sujets de prix sur des questions relatives à la bienfaisance,^ vertu chère aux habitans de cette ville, et dont la pratique est chez eux héréditaire. Le premier de ces programmes a en)richi la science par les mémoires de M. Polinière(l) et de

(I) Le mémoire de M. le doeteur Polinière, qtii a été conronné, t été ptt-^ l>Iié^l820;

l&W uriAOBVGTioir.

M« Orfél (1)) sur le régime des hôpitaux; le second a donné lieu à la publication du FifUeur du pauvre, ouvrage dont, l'auteur a été heureux de Taire hommage à sa ville natale.

L'Académie française, toujours inspirée par. un si juste sentiment de la* vraie dignité des lettres, a parfaitement compris qu'elles ne remplissent jamais mieux leur haute mission dans la société humaine, qu'en se rendant les organes de la morale publique et les instrumens du bonheur des hommes. Aussi a-t-elle souvent associé à ses travaux littéraires, les encouragemens propres à diriger vers ce noble but les productions des écrivains; les fondations du généreux Monty on lui en ont fourni des moyens plus étendus, et elle s'est empressée d'en faire usage. Le concours ouvert par elle en 1827, et renouvelé en 1829, en a offert ud mémorable exemple. Elle avait proposé le sujet suivant: De la charité' considérée dans ses principes, dans ses applications, et dans son infltience sur les mùBurs et F organisation sociale. 1& mémoires lui ont été adressés» et trois ont partagé ses suffrages.

Le vœu qu'avait formé FAcàdémie n'a pu être pleinement satisfait; il a du moins imprimé aux recherches une bonne direction et une impulsion salutaire (2). L'académie de Bordeaux, peu de temps après, a proposé, à son tour, en 1831, un sujet de prix sur les moyens de prévenir la misère (3). La société de morale chrétienne, en 183/i , a ouvert un concours sur les moyens d'augmenter le bien-être des classes laborieuses. On est redevable à ce dernier concours d'un ouvrage fort

(1)' L'ouvrage de M. Orfel qui a obtenu la première médaille a été publié ^n 1821.

(2) L'auteur du présent ouvrage sur les instances de ses amis, rassembla en bâte les matériaux qu'il avait dg& prq^aré sur ces matières et en offrit le tri^ but il Facadémie, dans un essai très imparfisit qui; néanmoins a été admis à rhonneur de partager le prix; il n'a vu dans ce suffrage qu'un motif pour tâ« cher de faire mieux en persévérant daiis ses recherches. . (3) €ette académie a bien vouhi accorder le prix à un mémoire de Fanteur extrait du présent ouvrage.

recommandable de M. Emile Berès, qui a remporté le prix. (1)

L'académie des sciences morales et politiques, restaurée depuis peu et animée d'une nouvelle vie, a considéré avec raison comme un des plus beaux domaines qui lui appartiennent, les études relatives aux moyens de prévenir et de soulager les maux de l'humanité ; elle les cultive avec une sorte de prédilection , elle provoque aussi, par des concours, les travaux propres à%s féconder. (2) ~ Jamais, en France, ces études n'excitèrent une émulation plus remarquable. Plusieurs écrivains, depuis quelques années, en ont exploré les bases, embrassé Tensemble. M. Fœderé a publié son Essai historique et moral sur la pattvrete' des nations. M. 'Tanneguy Duchàtel qui déjà, dans le Globe, avait &it connaître à la France, par une analyse pleine de sagacité^ la doctrine du docteur Ghalmers, a considéré la char rite dans ses rapports avec l'état moral et le bien-être des classes inférieures de la société. On reconnaît quelquefois dans l'auteur, un disciple de Ghalmers ; on désirerait qu'il n'eût pas envisagé la France sous le prisme des institutions et des théories anglaises; mais, on reconnaît aussi en lui un économiste d'un mérite supérieur, un* écrivain qui réunit la concision à la clarté, un ami sincère de la vérité et du bien public. À l'étude de l'économie politique, M. le vicomte Al-

(1) Voyez le rapport fait i cette société dans l'assemblée générale da

S nu 1836.

M. Emile Berès était déjà avantageusement conna par un écrit sur les emmt du wtokàse industriel et commercial de la France, couronné en 1832» par la société industrielle de la Fhmoe.

(Ê) Le prix quinquennal de 6000 fr. proposé par M. le baron Faix de Benqour a pour objet la question suivante :

m- Déterminer en quoi consiste et par quels signes se manifeste la misère en « diwtpayi;

« Becherclier les causes qui la produisent* »

Il devait être décerné en 1837 » mais FAcadémie a prorogé le concours jusq«'ttlë39.

han de YiHeiieiive Bargesiont a joîit une longne pratique de radministratioD, dans des fonctions qui lui permettaient d'd> server de près la uareke de» établissemens charitables. Vîtcment prévenu contre les doctrines qu'il désigne sous la dénof* minatioD à'eeonomiepoliiique anglaise , il a voulu y opposer celle qu'il appelle une économie politique chrétiennéXiy, U s'est alarmé du rapide essor de l'industrie manufacturière j il a, craint l'excès de la production ; il s'est élevé contre la tendance qui restreindrait le domaiBe de l|économie publique à iHue simple arithmétique, et à des réglemens matériels. Parcourant, dans toutes ses branches, le système de nos établisse-» mens d'humanité, il a rappelé ce qu'ils doivent aux inspirations * de la charité religieuse; il a invoqué la même puissance poiur les vivifier et les perfectionner encore. Ecrivant lui-même seus l'empire du sentime)at dont il retraçait les œuvres^ ii s'en e&l tendu le fidèle interprète (2). C'est aussi à l'économie politique, que M. le baron de Morogues, dans<ses laborieuses investigia^

(1) Paris, 3 Yol. in-S"" 1834.

(2) Un ooTiage étendu, svstématiqne^ consciencieux, inspiré par le même leotiment, conçu à quelques égards dans les mêmes vues^ avait été entrepris par fem le duc Mathieu de Montmorency; cet hoftime de bien y avait travaillé pendant plusieurs années avec beaucoup de zèle ; il avait rassemblé de nombreux maté* riaux; il avajlt même déjà tracé plusieurs chapitres ; il y discutait les questions fondamentales qui occupent aujonnl^hui si Tiveraent les esprits sur ces matièresi •Ayant interrompu ce travail, lorsqu'il fut appelé aux af&ires publiques, il l'a laissé imparfait, et, par son testament, il a légué son manuscrit et ses nota» à l'auteur du présent ouvrage. Le légataire n'a pas cru pouvoir mieux satisfakrs à la dette que lui imposait ce témoignage d'amiùé, qu'en offirant à la société à» établissemens charitables les pages tracées par un homme vertueux, qui hàr même avait consacré sa vie aux œuvres de la cbaorité privée, comme à l'admU lûstration des établissemens d^ bienfaisance* La société des établissemens dha^ ritables conserve avec vénération dans sea archives ce précieux dépôt, prèteà le communiquer à ceux qui désireront le consulter;, die en a publié elle* même quelques fragmens (tome m, n** 3, page igS). L'auteur y a souveol puisé avec une émotion mêlée de icgrets, d'affection, de respect; en s'instnii» sam par cette lecture, il a trouvé dans les sentinwns qui y resi»rent un nta- Tel aliment pour les intentions qui lui ont dicté son propre InftiU

nmoi^ucTioii^ Itr^

tmas Çi)f a demandé la solution des graves problèmes qui se rattachent à ce qu'on nomme aujourd'hui le paupérisme. Savant et habile agronome, il apporte de nouveaux sujets de terleBraui^ économistes qu'inquiètent les progrès de la grande ex^ ploitation industrielle, ;et Tinfluence exercée par les grandes villes j il fortifie ces craintes par une foule de tableaux de statistique, par l'appareil de calculs multipliés. Attribuant essentiellement le paupérisme à l'inégalité dans la répartition de la richesse, il voit croître le mal avec la dispropor» tion des fortunes. Il fait toutefois une juste part aux effets Ae la dépravation des mœurs : il peint avec complaisance les avantages moraux de la petite propriété. M. Bouvier-Dumo-» lard (iy^ et quelques autres*écrivains, se sont efforcés de dé' couvrir les causes de l'inquiétude qui agite la classe des pro* létaires, et d'apprécier les dangers qui en peuvent être la saite. L'auteur de la politique des intérêts (3) a proposé des vues sages pour améliorer le sort des travailleurs. P'autres, remontant jusqu'aux notions fondamentales de la propriété, jusqu'aux principes de l'organisation du travail, ont accusé les institutions sociales^ des}maux qui affligent la classe in-» digente ; ils ont invoqué la réformé de ces institutions, pour assurer le bien-être de tous par une nouvelle distribution des biens , par un nouvel emploij des forces individuelles. Qx) La question de la mendicité, qui joue un rôle important dans l'ensemble de celles^ qu'ont traité les écrits qui vienneot d'être indiqués, a fait également, dans ces derniers B^ lenps, l'objet spécial et direct de plusieurs ouvrages, tant en France qtfen Belgique (5) ; elle a été aussi la matière d'études

(1) Du pcatpérisme, de la mendicité et des moyenS^^d* en prévenir les funestes iffèu, etc. Paris, 1834;

(2) Des causes du malaise qui se fait sentir en France, etc» Paris. 1834*

(3) Paris, 1834. ;

(4) Spécialement les écriti sortis de Fécole da Saint-Simon » et de celle de Fonrier.

(5) En France ce sujet a été traité par MM. Siftth^ ta 1827; Bidant, La-

IXTiy I5T]I01>UCTI<>IC.

administratives (1). Les rapports présentés au roiparM. Laîné en 1819, par M. de Gasparin en 1837, ont joint au tableau de la situation de nos ét^ablissemens d'humanité, des observations d'une haute importance, sur les perfectionnemens dont ils sont susceptibles.

La Belgique qui a vécu, en communauté avec la France, de la même vie scientifique, littéraire, administrative, a cependant, depuis' qu'elle en est séparée, fourni quelques faits qui lui sont propres, à la science dont nous essayons de tracer la marche. Tels sont principalement les intéressans rapports que le gouvernement . des Pays-Bas présentait chaque année aux chambres législatives, sur la situation des établissemens d'humanité existant dans ce royaume, tableaux d'autant plus instructifs, qu'ils reposent sur des renseignemens authentiques,' et dont l'exemple devrait être suivi dans les autres états (2). Telles sont encore les savantes recherches de M. Quetelet, qui apportent de nombreuses et utiles données à la solution des problèmes relatifs à la pauvreté (S); tels sont les écrits de M. Ducpetiaux, qui leur livre les résultats de son expérience administrative (4). La Belgique possédait aussi en propre une publication périodique, sous le titre du Philantrope, qui, si nous ne nous trompons, est restée interrompue.

forêt, Jacquet en 1828; Gocliin|Mau9on en 1820. En Belgiquei par M. Gîllet^ à BrtixeUes, en Fan x.

(1) En particulier dans les instructions du ministère de Tintérieur et les délibérations des conseils-généraux de département*

(2) Ces rapports ont été publiés par le gouvernement, mab seulement pour les chambres. Nous avons réussi cependant à nous en procurer quelques exemplaires, par l'obligeance de nos amis.

(8) Recherches sur la population, les naissances, les décès, les prisons. Us dépôts de mendicité, etc. Bruxelles, 1827.

Recherches statistiques^ etc, Bruxelles, 1820.

Sur rhomme et le développement de ses facultés ou Essai de physique {0ciale, par le même, Paris 1885.

Yoyec aussi V Annuaire que. ce savant publie à Bruxdies.

(4) Voyez entre autres son Traité des moyens de soulager et de prévenir rindigence; Bnixtiks, 1832*

INTRODUCTIOlf. hit

Les tributs de Tltalie, de l'Espagne, du Portugal, ont dû être naturellement moins abondans. Les établissemens charitables sont restés, dans ces états, plus exclusivement placés sous Tempire de l'autorité ecclésiastique; les institutions elles habitudes y sont d'ailleurs moins favorables à la publicité, que dans le reste de TEurope ; or, la publicité donnée aux documens tirés de Texpérience des faits, peut seule prêter les alimens nécessaires à la science. Les régions situées dans les deux péninsules ont d'ailleurs moins participé, par l'effet seul de leur situation, au commerce des idées, commerce trop imparfait sans doute encore , même dans le reste de l'Europe. Toutefois, dans ces pays qui ouvrent , dans leurs beaux et nombreux établissemens, un si féèond théâtre d'observations au voyageur ami de l'humanité, il a été publié pour l'instruction de ceux qui ne peuvent les visiter, quelques des* criptions des organisations intérieures, des instructions administratives, des documens statistiques, précieuses à con^ulter, trop peu connues sans doute, et qui, si elles l'étaient davantage, rectifieraient plusieurs des opinions qu'on s'est formées assez injustement, suivant nous, à leur égard. Bendons grâces aux voyageurs qui, comme Valentin (1), Otto (2), ont pris soin de visiter, en observateurs éclairés, les asiles ouverts en Italie aux divers genres de malheur avec une libéralité qui va quelquefois jusqu'au luxe et à la magnificence. Rendons grâces aux administrateurs éclairés qui, comme l'estimable prélat Morichini (3), ont tracé l'histoire, décrit la situation et les résultats d'un système entier d'établissemens, dans une contrée déterminée (4); aux auteurs d'in-

(1) V<yfages en Italie par le docteur Yalentin de Nancy; ils ont eu deux éditions» l'une en 1822, Fautre en 1826, Paris, 1 vo?: in-S**;

{2)Otto'sBeise durch dk SchweUz, itaiien, Frankreich, e/c. Hambourg, 1JB25; il n*en a encore paru que deux volumes.

(3) DegV instituie dipuBlicacarità^ etc., in Roma, RomeJ 1836» 1 toI. io^S*-

(4) La statistique italienne publiée à Milan, est pleine d'indications de eette nature.

4m iii«EO»fr€viofi.

irestîgatioQS statistiques qui ont découvert, comparé, ints au Jour les iaits élémentaires. . ^ .

Les sciences économiques ont d'ailleurs été cultivées, depuis plus d'un siècle, avec autant de zèle que de succès, dans le midi de l'Europe. Les hommes qui s'y sont voués n'ont pas négligé de considérer les institutions charitables comme un des grands intérêts de la prospérité sociale. C'est ainsi que, dans la Bibliothèque espagnole d'économie politique (1), Sempères y Guarinos a fait entrer un traité fort instructif et fort bien pensé sur les principes qui doivent gouverner le régime des secours publics , et sur l'histoire de la législation espagnole à cet égard (2). C'est ainsi queGeaovesi, Beccarîa, Gioia, Ricci, Ortes, Fiiangieri, Jean-Baptiste Vasco, !e comte Pecchio, etc., en Italie, se sont trouvés d'autant plus naturellement conduits à «s'occuper des institutions de charité; car, comme le dit fort bien le dernier de ces auteurs, dans l'intéressante histoire qu'il a tracée de l'économie politique en Italie, les économistes italiens ont constamment ^ivisagé la morale, la justice, le bien-être général comme desélémens aussi essentiels à cette science, que la richesse et la puissance de l'état.

Sous le titre trop modeste de préface, le comte FolekSno ScKizzi a joint, aune traduction italienne duflfi^'^^ur c/ii;patfrre(p), un véritable traité sur le régime des secours publics, dans lequel il expose rapidement leur état et leur mode d'administration dans le royaume lombard -autrichien; il ap»compagne ce tableau de réflexions inspirées à un excellent esprit par le zèle le plus sincère pour le bien (&). Un adminii-* trateur piémontais, le comte Petitti de Roreto, vient de doter l'Italie d'un travail qui lui manquait, mais dont l'utilité ne

(3) MilaïC 1828. ^

(4) Saggîo, sid buongovemo délia mendicità, etc. Turin, 1837» 2 ToL in-ST*

jfmouuovitMT. uoy

40rft point renfermée dans Fenceiatede sa patrie : il a réioqoié, coordonné sous une forme concise, méthodique, Iob élégies qui doirent présider aux différen& ordres d*éiablissewnm d*humanité; il a déterminé la nature de chacun , il lui 4i:MMgné son but ; il fait passer en rcYue la riche nomencla- 4ire de ces établissemens qui se déploient aujourd'hui avec ItBt de grandeur sur la siurOace entière de Tltalie. Sobre de Jlscsieions, abondant en faits, il donne les meilleurs conmàiSt ceux qui sont empruntés à robservation (1). L'acft- 4i9A^ des Georgophiles a été, pour Florence, tout ensemble «I un foyer de lumières pour Tart de la bienfaisance, et un MUre d'action pour les oeuvres qui l'appliquent.

Aocotttumés à suivre les traditions qu'ils ont jadis reçues de rAngleterre , et à se nourrir des productions de la litlératnre anglaise, accoutumés aussi à apprécier essentiellement les questions positives et pratiques, les États- (Jote ff^ sont encore peu enipressés d'augmenter le nombre Al tnaités théoriques sur les causes et les remèdes de la pau- ?fM4s mois, aux États-Unis, la pratique est active, soigneuse; 4\^ Y 1^ PW ^ ^i^A générales et de directions centrales , les ^^lissem^os locaux sont largement dotés , administrés avec lèlf. Une i^ttention singulière s'étend sur leurs moindres iitt^i l^Pi* situation, }^rs comptes ^ont livrés à la publililà'j ide nombreuses associations les dotent, les dirigent à Vwh ^^ s'inspirent par lies motifs de la pbarité religieuse; ékê l^s propagent. Aip#i »^ forme , pour les Étans-rUnis , un tatre genre de science familière, immédiatement liée aux tq^Keations, qui résulte du tableau des faits el de leur rap** prochement ; les acteurs en sont à-la-fpis et les élèves et les Mtircis I ef le public s'éçl|iire ça voyait faire le bien. Une foule de publications périodiques secondent ces dîspQj^itioni^y

(t) Ami 1m mÊÊimPoâmmh nulie qui fè^ (ac^ 0» gvuUièrjB3, oo jM)iir* màmhar ¥afc^4flP(t ]m Mmi>in$ tm l^ c^us^^df h fftffuUç^é eiUê.morens de Um^piimr, MHyMni k Huia m .17019» JmiMane FioiiUo, aiaimr ^ k DUscrtation méiScoftoUtique tm le régim» 4»><W>/W fmpf^JJtfh IM^

Itiy nnmoBvcnov.

en faisant connaître \£s résultats obtenus, les observations, les critiques même ; elles renferment des dissertations sp^ ciales ; elles analysent les ouvrages étrangers. D'abondantes informations se trouvent ainsi répandues dans le JReligiouê Observer et dans le Christian Almanaok^qm paraissent à New-York; dans leNord-jimerican Revi^, dans le Chris^ iian advertiser de Boston, et dans d'autres recueils. L'Europe est redevable aux voyageurs philantropes qui visitent les États-Unis (1), en même temps qu'à ces collections, de la connaissance d'une foule d'institutions charitables qui existent aux États-Unis , et dont plusieurs sont dignes de servir de modèles. Les rapports qui ont préparé, dans quelques états de l'Union , de nouveaux plans de législation sur les pauvres, font connattré aussi, en même temps que le régime actuel des secours publics, les besoins qu'il éprouve et les vues des hommes d'état sur leur perfectionnement.

Ce caractère d'une charité diligente , éclairée « qu'anime le sentiment religieux, se peint d'une manière très remarquable dans l'ouvrage qu'a récemment publié, à Boston, le respectable docteur Tuckermann (2).. Chaîné à-la-fois du service religieux et de la distribution des secours, dans une partie de la ville de Boston, où abondent les îndigens, le docteur Tuckermann rend compte , chaque année , à une congrégation dont il est le délégué, des opérations auxquelles il s'est livré et des observations qu'il a faites, dans une .suite de rapports qui jettent utie précieuse lumière sur les mœurs et les besoins

(1) On aime à citer spécialement sur les étabUssemens de charité des États-Unis, le voyage récent de M. Ramon De la Sagra. On attend avec un vif et juste empressement celui que promet M. le docteur JuUus.

(2) The princîpîes and results ofthe ministry at large in Boston^ Boston»

M. Tuckermann est mimstre at larges c*e8t-à-dire <pi'il exerce le ministère évangélique auprès d'une partie des habitans de Boston qui ne se trouve pas classée dans les congrégations et les circonscriptions régulières de l'une ou l'autre communion chrétienne ; il se trouve ainsi en rapport avec le rebut de la population de cette grande ville.

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