‹ De la bienfaisance publique; (volume 3)Chapitre 54 sur 90 · Q PREMIÈRE PARTIE. LIVRE II. CHAP. II · texte numérisé non relu

Q PREMIÈRE PARTIE. LIVRE II. CHAP. II

Hiaine, on a cru découvrir des influences désastreuses pour la destinée de la classe la plus nombreuse de la société. Aux yeux de certains penseurs, les conquêtes de Tindusirie ne seraient en réalité qu'un fléau.

Problème d'une élaboration pénible, il est vrai, parce qu'il est extrêmement complexe, parce qu'il ne se prête point à des solutions absolues! Pour y porter quelque lumière, tâchons avant tout d«^ déterminer par une analyse exacte les élémens dont il se compose.

L'industrie, cette puissance productrice, née du travail réfléchi de l'homme , en venant se joindre à la puissance créatrice de la nature, peut avoir trois objets principaux : ou les produits eux-mémeS) ou les instrumens ei les procédés, ou les échanges.

Elle peut étendre la quantité des produits, ou en amélio^ rer la qualité, soit en prolongeant la durée de leur usage, soit en rendant leurs propriétés plus efficaces. Quelquefois elle fait apparaître des produits nouveaux. Quelquefois elle fait sortir des produits déjà connus^ de matières ou localités qui n'étaient point accoutumés à les fournir.

Elle peut multiplier les instrumens , leur conférer une «ouvelle énergie, en rendre l'emploi plus facile, les mettre mieux en rapport avec leur destination. Quelquefois elle crée des puissances jusqu'alors inconnues. Quelquefois elle varie les combinaisons, les applications ; elle simplifie, abrège les opérations, économise les forces, le temps, la matière ; elle prête au sol lui-même une fécondité artificielle; au bras de l'homme, une plus grande dextérité; aux théories de la science, une réalisation pratique.

Elle peut, en favorisant les échanges, donner aux produits une valeur plus considérable, les mettre mieux à la portée du consommateur^ soit qu'elle rende les transports plus rapides, plus sûrs, plus économiques; soit*qu'à l'aide du crédit et du mouvement commercial, elle facilite les transactions entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. •

RAPPORTS HE l'industrie et be l'indigence. 171

Ces trois ordres de pi*ogrès supposent diverses conditions, sont déterminés par divers ordres de causes; telles que la présence , l'abondance des matières premières , la présence et l'agglomération des capitaux; le nombre, la capacité de travailleurs disponibles.

Ils sont secondés: 1® par la division du travail, qui, d'abord introduit la distinction des professions industrielles suivant les produits ; qui , pour la production d'une même œuvre, ensuite répartit les rôles entre divers coopérateurs;

2"" Par les découvertes de la science, la direction qui leur est donnée vers les résultats applicables, la propagation des lumières de la tbéorie et de l'art;

3^ Par les encouragemens qui naissent de l'émulation, de la demande des consommateurs, des mesures de l'administration publique, et des faveurs de l'opinion.

L'industrie subit à-la-fois l'influence de toutes ces conditions et de toutes ces causes d'une manière générale ou partielle, universelle ou seulement locale , plus ou moins durable ou momentanée.

L'industrie peut être stationnaire, progressive, rétrograde ; ses progrès ou sa rétrogradation sont plus ou moins rapides. Tantôt elle se déplace , changeant le théâtre de ses travaux ; tantôt elle modifie les conditions rémunératrices du travail. ' - -

Tout progrès de l'industrie vient sans doute ajouter à la masse de la richesse commune ; mais quelle influence exercei-il sur sa répartition? accroît- il toujours en même temps, ou du moins dans la même proportion, le bien-être de la classe la moins aisée des consommateurs?

L'homme est à-la-fois le but pour lequel l'industrie opère, en cherchant à contenter, même à exciter ses besoins; et l'instrument principal que l'industrie emploie pour produire. Le travail lui-même remplit la double fonction et de producteur et de répartiteur, de la riiiîhesse ; il joue quelquefois l'un de ces deux rôles, indépendamment de l'autre.

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