PBEMI&RE PARTIE. LIVRE II. GHAP. II
Les individus des classes les moins aisées se présentent à^ l£-fois , comme consommateurs pour participer aux richesses que l'industrie a fait nattre, et comme travailleurs pour concourir à les produire. Leur bien-être peut donc èlte affecté sous deux rapports différens : ou relativement à leurs dépenses, suivant qulls trouvent plus -ou moins facUement à s'approvisionner; ou relativement à leurs ressources, suivant qu'ils trouvent à s'employer d'Une manière utile pour euxmêmes.
Le mode d'emploi pour le travailleur varie d'abord suivant le théâtre et la nature du travail,^c'est-à-dire suivant qu'il s'applique à l'industrie agricole ou à l'industrie manufacturière.
Il varie , d'ailleurs ^ suivant la plus ou moins grande indépendance de l'ouvrier; suivant qu'il remplit le rôlQ de maître ou de compagnon ; suivant qu'il travaille pour son compte ou pour le compte d'autruî.
Il varie encore suivant l'étendue de l'exploitation , et le nombre de personnes qu'elle emploie.
Il varie enfin suivant le degré d'instruction et d'habileté qu'il exige de la part du travailleur.
De cettQ dernière distinction «résulte la différence établie entre les simples métiers et les arts. Les premiers n'exigent qu'un certain apprentissage de la main et de l'œil ^ les seconds demandent des études, des calculs. Telle est la limite qui sépare le forgeron , par exemple; de l'horloger ou du fabricant d'instrumens. Ces trois dernières circonstances se réunissent ordinairement pour distinguer les établissement de fabriques et de manufactures, des simples ateliers d'artisans.
Tels sont, si nous ne nous trompons, les principaux points ' de vue dans lesquels il convient de se placer successivement ' pour apprécier l'influence que le mouvement de HhïttistFîe^ exerce sur Ja destinée de la classe la moins favorisée et la plus nombreuse.