CHAPITRE m
Oontîaiifttîoii da nudme tijet* — 2>ei causes qui modifient la
condition de Touvrier.
AKTtCLE r'.
De remploi des agens maiérteis,
. L*mdttstrîe est une alliance de la puissance productive de Thomnie, avec la pufs&nce productive de la nature, et même une sorte d'empire exercé par là première sur la seconde.
A ces ridies^ s^provisionnemèns de* maUerës qu'elle met à ta dispositiop de Thomme, à cette fécondité du sol qui couvre de rééoltés Ia*surfaèe*d^ la têrre*,^ cette vie dont elle a doté lesanimauX) en préparant4a perpétuité de leurs espèces , }a nature joint, pour Thommei d'autres dons encore : le secours â'^gens mécaniques qui se comportent comme moteurs, d'agens chimiques qui transforment , d'agens de conser>'ation, de division, de composition, de mensuration^ d'agens pour toutes les opérations du travail.
L'art d'emprunter ces agens marque les premiers pas de l'industrie au sortir de l'état sauvage. Le feu, l'air, l'eau obéissent à la volonté humaine. Le fer, le bois prêtent des leviers, le chanvre se convertit en voiles et en cordages. Chaque jour les découvertes de la science, dérobant à la nature le secret de ses lois, dévoilent dans son sein de nouveaux principes , ou enseignent à les subjuguer. L'art hydraulique construit les écluses; la mécanique crée les chariots roulans de via muljenny ; la vapeur emprisonnée devient un moteur gigantesque; le sel fournit, dans l'acide sulfurique, le plus actif des dissolvans; du sein même des débris des corps organisés sortent ^ des principes doués de propriétés jusques a]or$ inconnues. ' I. lU
210 PEEMIÂRE PABTIE. LIVRE II. GHAP. III.
Quel secours pour le faible travail de Tliomme pressé par tant de besoins, et rencontrant sans cesse les limites de ses propres forces!
Cependant il arrive un moment où l'homme livré au travail croit, dans cet instrument, rencontrer un rival; où, loin d*y voir un secours, il y aperçoit un danger. Voici des ouvriers en fureur détruisant les machines ; voici, au lieu de l'alliarice, une guerre déclarée par Tbomme à la puissance productrice de la nature.
Quoi donc ! y aurait-il un moment où cette assistance bienfaisante qui soulage la faiblesse de l'homme^ en doublant sa richesse, se transforme en une arme meyrtrjère? Pourquoi ces agens officieux, deviendraient-ils plus funestes que 4a fêcondîté mémje^d]! ^q], que les trésors qui sortent du sein de la terre ? devrions-nous donc rétrograder vers là barbarie, ou bien quel se^a Jç pqijit où il faudra nous arrêter dans ta caç ri^rç des progrès ?
C'est ici que s'agiterait la question de l'utilité ou dès inconvéniens des machines; mais elle est loin de se cobcentrer dans les machines seules ; elle s'applique tout aussi bien aux appareils chimiques et à la pile de Yolta qui a pris place parmi les agens chimiques; elle s'applique au souffle des vents, à la chute d'eau, qui font mouvoir nos usines; aux bétes de somme, qui s'attèlent à nos chars, etc.; en un mot à tout emploi des forces naturelles qui peut suppléer au travail humain:
S'il ne s'agissait que d'apprécier les effets du secours des agens matériels sur la masse commune de la richesse, la question serait résolue par cela seul qu'elle serait posée. Car il suffit que leur concours ajoute à la puissance générale dte production, pour qu'il augmente l'abondance générale des produits.
Les choses changent, lorsqu'il s'agît d'examiner quel en sera l'effet sur la répartition de la richesse commune, et lorsqu'on considéré le travail comme un instrument de cette répartition.