‹ De la bienfaisance publique; (volume 3)Chapitre 61 sur 90 · EMPLOI DES AQBNS MATÉRIELS · texte numérisé non relu

EMPLOI DES AQBNS MATÉRIELS

Figurons-nous un instant, par la pensée, une hypothèse où tous les agens naturels seraient à la libre disposition de chaeun de nous, comme Tair^ qu*il respire. Alors la puissance productive de chaque travailleur serait également accrue àla-fôis, ou du pioins pourrait l'être, de tout le libre emprunt qu'il pourrait faire à celle des a^eqs nature1s;'erclîacûn, S'il* n'avait qu'à travailler directement pour sa propre consommation, s'enrichirait d'une manière indéfinie.

Mais, de même que la surface du sol se divise en héritages, l'eau elle-même commence en partie à entrer sous le régime de la propriété privée ; le feu appartient au possesseur du combustible ; les bêtes de trait appartiennent à leurs maîtres. Que sera-ce d'un ordre d'agens, qui, comme les appareils j^ les moteurs, les mécanismes, les acides chimiques, ne s'o})^ tiennent que par des avants considérables, ne s'appliquent; qu'au travail collectif, ne peuvent être créés que dans des temps, des lieux, sur une échelle déterminée? Cette nouvelle puissance productive ne sera plus à la libre disposi-r lion de tous ; elle sera la propriété particulière d'un certaii^ nombre; elle multipliera le nombre des entreprises, elle attribuera aux entreprises un plus vaste champ d'exploitations. Plus la masse d'avances exigée sera considérable, plus sera restreiat le nombre de ceux qui en pourront disposer.

' Si c'est en raison de leur énergie que ces agens niatérieU syôutent à la masse de la commune richesse, c'est aussi eo, raison de leur énergie qu'ils exigent des avances plus considérables. Ainsi, ils occasionnent une distribution d'autantplua inégale dans la j^ouissance de la force productive entre les travailleurs , qu'ils enrichissent davantage la société entière considérée daps son ensemble. .

Dans ce nouvel é lat de choses, que devient le sort du travailleur, réduit à sa puissance productive, propre et individuelle? Quel effet cette circonstance produira-t-elle sur la condition de l'homme qui est contraint de louer ses (services à aiftrui ?.

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