DU «OHBBB BES MARIAGES
gagement ne sera ordinairement téméraire que parce qu'il sera prématuré. Un adulte valide , ayant reçu une éducation industrielle, s'il est laborieux et économe, peut être attaché ao célibat par l'égoîsme , mais ne saurait guère y être condamné par la prudence.
Quelquefois même le mariage prévient Tindigence , au lieu de la produire : un aveugle se marie pour avoir un guide ^ une orpheline, pour trouver un protecteur.
On voit , il est vrai, des indigens contracter des mariages avec une facilité déplorable, et on le voit trop souvent. Mais qnel$ indigens ! Ceux précisément , ceux qui sont marqués du sceau de l'apathie, de l'incurie , de l'imprévoyance. La même cause qui les a jetés dans la misère les précipite dans une situation qui aggravera encore leur sort, et compromettra surtout la destinée de leurs enfans. Leur tort est avant tout de ne pas changer de vie , de ne pas triompher de leurs vicieuses habitudes.
N'accusons donc point le mariage, considéré en lui-même, de propager et d'accrottre l'indigence ! Ne demandons pas des obstacles au mariage ! que'le mariage seulement , ce contrat auguste et solennel, soit, comme toutes les actions humaines, soumis aux règles de la sagesse. (1)
(1 ) Nous nous référons pour les faits d'après lesquels nous avons raisonné dans ee chapitre, sur la mortalité, sur les mariages et leur fécondité, sur les nais- •sanoes, dans les divers pays de l'Europe , aux documens officiels, trop incomplets encore que possède la sdenoe, et principalement :
Pour la France^ à Vjinnuaire du bureau des longitudes, et aux documens statistiques publiés par le Ministère du commerce;
Pour la Prusse, à la Gazette d^état de Prusse;
Pour la Belgique, à X Annuaire de Bruxelles et aux précieuses recherches de M. Quetelet ;
Enfin aux rensei|^emens recueillis et publiés par les commissaires royaux chargés en Angleterre de Tenquête de 1834, lesquels renferment un tableau comparatif des iuêmes rapports dans les divers pays de l'Europe, tels qu'ils les pnt obtenus par leur correspondance.
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