‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 17 sur 84 · II · texte numérisé non relu

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66 SEiSOHBË »JJITIS. UTIB I. CBAP. lU.

des notices pour continuer lliistoire de cette branche d'établissemens.

ï)n même temps que TAllemagne par la publication des faits venait offrir à la science le flambeau de Texpérience comparée, la science mettait en valeur les faits recueillis, leur appliquait les théories, appelait à son aide les lumières de la philosophie, de l'économie publique, et les enseignemens. de la morale; GoldbeQk(i), Wagner (2), Hergang(3),invoq,uaienten faveur des institutions destinées aux orphelins , la piété des chrétiens, la bienveillance des amis de Thumanité , la protection des princes. Reyner (ft) , Kuster (6) , Bergius (6) ; Rulffs (7) , Schutz (8), Rezewitz (9), Kroeger, le docteur Julius', MM. deTurk, Schmidlin, etc. , déterminaient le but de ces établis^ sémens, les règles de leur administration> recherchaient les. moyens de les^améliorer. Golbeek (10), Haun(il), de Hoiq* bourg (12) Rezewitz, Zamack (13), s'attachaient spécialement à les diriger vers l'éducation des orphelins , à pbser les bases de cette éducation, à montrer que les maisons d'orphe^ lins doivent être à-la-fois les établissemens d'éducation Içs plus parfaits et les plus utiles à l'état. Langner(l&), Neu-

(1) Ueherldie Erziefmng der Jf^aisen Kinder, etc. Hambourg, 1781.

(2) Erste Nachrîcht von der Fersorgung der Waîsen, etc. Freiberg.

(3) Sermon prêché à Budissin. Leipzig, 18 1 5.

(4) Ahhandlung zur Verhesserung, etc. Gotha, 1768. (6) Witwen und Waîsen-Versorger, Leij^zig, 1772.

(6) Voyez TouTrage ci-dessus cité.

(7) Versuch, etc. Wie s'md Waisenhaïuser anzulegen, Gœttingue, 1786.

(8) Gutackten^ etc. Weymar, 1786.

(0) Dans' le 3" vol. de son recueil, intitulé : Gedanken, etc. Weimar,

(10) Dans son ouvrage ci-dessus cité.

(11) Ueber die Erziehung der Waisenkiuder, etc., ouvrage couronné à Hambourg en 1780.

(12) Entwurf zur Erziehung der Waisen, etc. Vienne, 1786. ri3) Das zweckmœssig errichteie JVaisenhauser, etc. Berlin, 1810. (14) ErUwurfzur Anlegung, etc. Stettin, 1776-1777.

OAPHBtnrS HAHS L8 HORBf Vt 1*E9T DIB L'eUROPE. 67

maiiii(l), Gernralh (2), Luce (3), proposaient des plans, établissaient des calculs, pour assurer le sort des orphelins, ea même temps que celui des yeuves, par des associations, par de» caisses de prévoyance, par des dispensations administratives. Schlaeger offrait à la jeunesse allemande le modèle d'un père des orphelins (&). Une pubUcation périodique embrassait tout l'ensemble de ce vaste sujet , sous le titre é[ ami des veth ves et des orphelins, (5)

On formerait une bibliothèque entière des ouvrages aux*quels l'Allemagne a donné le jour dans l'intérêt de la classe des orphelins (6). iTùe^eule question, la .plus importante. Il est vrai , et la plus difficile , celle de savoir s'ils doivent être éle^ vés dans une maison d'éducation , ou s'il est préférable de les placer dans des familles particulières, question que nous traiterons dans un instant, afoit éclore.un grand nombre d'écrits.

Lesétablissemens publics d'éducation pour les orphelins, en Allemagne, sont à-peu-près contemporains de ceux de l'Italie; car , BOUS trouvons déjà une maison de ce genre à Augsbourg, dès le XI* siècle. Aujourd'hui, ils y sont généralement répan-^ dusy comme on peut le voir par les indications qui précèdent. La Prusse en comptait, à elle seule, 91 en 1826 (7), et 5826

(I) G^er IfHwen und Jf^akm^FerpfiegmgS'Gtiélolutften, etc. I^endal »

(a) AUfpmàne UebernctU^Hher die Grimdung, etc. Brano, 1824*

(3) yorschlaege zur Versorgung der Witwen und Wcùsen. Kiga, 1824.

(4) Christophe Kalbhen der WoUenvater, etc. Heiligextstadt| 1323.

(5) Munich, 1828 à 1820.

(8) Panû œ grand nombre d'éciits, nous penBons deroîr phi» jpécîil»M ment recoimiiander à Fattentioa' dee unis du bien ceux de Rulfr^ de Re9e«* witi, du Kroeger, de M. deTurck, la deBcripiion de la maison dei ovpbelii» de Han^bourg, par Kiefan, en 1821, rhialoire des établisienicns d^orphelini dans le grand-duché de Saxe'Weimar, par M. Gunther, 1826; les reclwiis d» pasteur V^agemann et de M. le docteur Julius.

'(7) Toyez ^Jmataif^ du écoia populaires en Prusse ^ U 5> 2^ et 8* seet., année 1816.

68 SBCONBS »ÀHTIE. LITBBI. €HAP,;I1I.

orphelins y recevaient les bienfaits de réducatidn la plus soignée. Nous nous bornerons à signaler quelques-uns de ces instituts qui nous ont paru mériter une attention spéci^ile. (1) Lliistoire des établissemens formés en faveur des orphelins, dans le grand-duché de Saxe-Weymar , se divise en époques qui marquent les diverses transformations que cette institution a reçues, suivant que la réforme et le perfectionnement de réducation populaire se sont étendus jusqu'aux infortunés qu'elle recueille, suivant que le mode d'administration, dedirection et' de discipline s'y est modifié. Fondéenl71â,auxfrais et par les soins du grand-duc Guillaume-Ernest, le premier de ces établissemens fut uniquement considéré comme une maison de secours, destinée à nourrir, vêtir et loger les enfans (2) ; aussi, pendant le cours de 60 ans, on n'eut pas lieu de s'applaudir de ses résultats , du moins quant à la conduite

et au caractère des élèves. En 1777, le duc Charles- Au- ^ guste reconnut la nécessité de régénérer cette maison , dans le but de procurer aux orphelins des soins mieux entendus, une meilleure éducation, et de donner à l'établissement lui-même une direction plus utile pour l'état : il inyoqua, dans ce but, le ccmcours des lumières qui pouvaient le seconder. Le Consistoire suprême se n^it en correspondance avec les administrations de plusieurs autres états de l'Allemagne, recueillit les enseignemens de l'expérience. Sur sa proposition , le grand-duc, en 178A, adopta le plan proposé "par le conseiller Schûlze ; il ordonna de rendre les*enfans à la veuve, dans

(1) Nous sommes loin de prétendre leur assigner par là une prééminenee absolue, encore moins une prééminence exdusiTe. Un.paraQâe approfondi de ces nomlnreux établissemens serait une œavre gigantesipie; npus n*aurioQB pas même songé à rentreprendre. Nous nous bornons à indiquer ceux de ces jétablissemens que nous avons pu connaître avec quelque détail , spécialement eeux que nous avons eu occasion de visiter, et dans lesquels nous avons rencontré des exemples utiles.

(2) Yoyea Thistoire publiée par Guniher. Weymar, 1826| Met. 1'*, par. 1, page 23.

OAPHBLUfB DA1I8 LB HORD «T l'bST DE L*B17aOPE. 69

le cas où Os auraient encore lear mère; dans le cas contraire, de les confier à des particuliers honnêtes qui deviendraient leurs parens adoptifs i il fixa une pension convenable pour l'entretien de cliacun d'eux, et, à cet effet, augmenta la dotation de l'établissement. Peu de temps après il appliqua les mêmes mesures à l'institut d'Iéna. U exigea des veuves et des parens adoptifs {Pflege^jieUern) la garantie d'une éducation chrétienne, pour les enfans dbnt ils consentiraient à se chaîner ; il ordonna que les enfans suivraient les écoles jusqu'à l'époque delà confirmation (1)^ puis seraient mis en apprentissage, ou entreraient au service. Il prescrivit une inspection fréquente, pour veiller à ce que les enfans reçussent les soins convenables. Les résultats de ceUe nouvelle organisation furent, par ses ordres, mis périodiquement sous les yeux du public. D'une part, le nombre des orphelins élevés auxfirais de l'état fut presque doublé ; d'un autre côté , les dons des particuliers, spontanément offerts, s'accrurent de jour en jour (2). L'administration prit -des précautions pour éviter que les enfans délaissés n'usurpassent le titre d'orphelins et les avafitages réservés à ceux-ci. De nouveaux perfectionnemens furent introduits en 1801 : on régla que les oiphelins placés chez les particuliers seraient réunis, une fois par semaine, dans une église commune ; qu'une solennité annuelle, célébrée par eux et pour eux, les rassemblerait dans des exercices religieux; on révisa les modèles de contrats pour le placement ; on fixa à 13 thalers , environ 61 francs , le prix de la pension annuelle, qui jusqu'alors avait varié de 10 à 18 ; et, circonstance bien remarquable dans l'histoire des institutions de secours publics , circonstance honorable pour l'humanité, cette réduction fut opérée dans l'espoir que les parens adoptifs s'attacheraient *plus vivement aux enfans, lorsque Tadoption,

(1) On sait que, dans le fculte de la confession d'AugsboQrg, cet acte te lieu vers 14 ou 16 ans. V • .

(2) Voyeiftuvrage de Gunthcr ci-dessus cité, n, 30 à 78.

70 8BG01IDB PAATIB, MVBII I. «&▲?• UI.

loin de leur offrir un gain, leur demanderait un sacrifice. Cet espoir fut pleinement confirmé parie ùdt. De salutaires réglemens pourvurent à la discipline. Le nombre des orphelins assistés s'accrut encore, pendant qu'on réforma les abus nés de recours trop facilement accordés. Les orphelins élevés aux frais 4es communes furent soumis au même régime. Tant de zèle et «de persévérance dç la part de l'administration grand*ducare fu* rent récompensés : il fut constaté qfie tous les orphelins suf* vaient les écoles avec exactitude; qu'ils étaient bien nourris, bien vétus; qu'ils jouissaient d'une bonne santé, qu'ils acquéraient l'aptitude convenable pour les professions utiles i ,qàe leur conduite morale était fort bonne, que ceux-là mémes,qai avaient déjà cqntracté des vices antérieurement se trouvaient réformés (1). Depuis cette époque, ces succès se sont maintenus; les rapports annuellement publiés en font foi. Pluiid^ (00

(1) Sor 672 orphelins, admis de 1801 à tSlA^Zl éudoitdàcédéseiilSlS; Un autres étaient situés comme il suit ; 8 maîtres d'école; 8 aux universités ou gymnases; 3 commis-négocians; 20 madtres-ouTriers en divers métiers;

' 76 mariés et établis ;

111 compagnons de métien;

169 en service chez des particuliers dont 37 garçons et 122 filles ; .

15S autres étaient employés comme journaliers, ou continuaient de demeurer soit auprès de leurs mères soit auprès de leurs parens adoptife.

Quant à la conduite morale, elle était digne d'éloges chez le plus grand nombre.

16 orphelins n'avaient point mérité d*éloges ;

6 {iTaient d^énéré ;

14 jeunes filles s'étaient maôées trop jeunes, ou s^étaient dérangées ; mais ces dernières revenaient à une conduite meilleure.

Pendant les, neuf années suivantes, les résultats ont été plus favorables encore; Sur 723 élèves sortis , dont 867 jeiines filles, 14 seulement sont décédés; 4 ont eu une mauvaise conduite, 8 filles ont été séduites.

La mortalité des orphelins, dans la nyûson où ils étaient d'abord tous réoms, était de 1 sur 37, par an. , «

ORPHBUNS DJUBTS .h% lfOJU> BT l'B8T PB l'bUKOPE. 71

orphelins recevaient les bienfaits de cet institut, en ISSZi (1). £n même temp^ que le nombre de ceux qui y participent s'est étendu , que le bienfait pour chacun d'eux a acquis des effets beaucoup plus salutaires t une économie considérable a été obtenue*

J^ous venons de voir ce qu'a opéré l'un des gouvernemens de la Saxe. L'institut des orphelins de Glaucha, près de Halle, montre ce que peut produire le zèle d'un particulier animé par des Inspirations religieuses. Fondé par le célèbre pasteur Franke, vers 1695, cet établissement se rattachait à un système complet, composé de. 10 iifôtituts charitables, tous créés par cet honune de bien, dirigés vers un même but, l'amélioration des mœurs, le soulagement de rindigence« Pendant le cours d'un siècle, Aâ&5 orphelins ont été sauvés par cet établissement, de l'abandon et de la misère.* Il en a renfermé jusqu'à 200 à-la-fois. Plus, de la moitié des garçons étaient appliqués à l'étude des^sciences j les autres étaient exercés aux projfes- , Mons mécaniques. Une piété fervente régnait dans cette maison : on a reproché au fondateur de- l'avoir exaltée au-delà des bornes; mais, les heureux effets de cette création n'cmt pas été contestés sous les autres rapports (2). Il prospère encore aujourd'hui ; ^ il a doté la société d'un grand nombre de professeurs^ d'instituteurs, de savans, et même d'hommes d'état. (3)

La Prusse n'a pas montré moins de sollicitude que la Saxe

Elle ne fut parmi ceux placés chez des particuliers, que de 1 sur 116, de 1784 à 1704^

— 1 sur 122, de 1704 à 1804,

— 1 sur 1361/2, de 1804 à I814/

•^ 1 sur 266 V4x de 1814' à 1834. Y. Gnnther. 80^ 126, 187.

(1) Yoyez le rapport de M. le docteur Kjoehler, publié m 1885. •

(2) La coliec^on, formée par Duquësnoy, d'i^rès les directions de Françob de Neilfchâteau , renferme une notice détaillée sur cet intiitut ; elle termine le n** 98 et le vol. 16 auquel la collectien s'est arrêtée.

(3)'Toyez la notice sur Tiiutitat des orphdiss de Potsdam, publiée en ^ 1887, ^ M. de Turk, page 8. . .

73 8BCOKDB PABTIB. LIVKB I'. CHAP. III.

poar la destinée des orphelins. Déjà, nous avons va combien les établissemens érigés en lear faveur y sont multipliés. La seule ville de Berlin renferme cinq hospices, réservés à cette classe d'enfans': le i^lus considérable est celui qui porte le nom du grand Frédéric^maisdont l'origine remonte à 1712, ou plutôt à 1696, parce qu'à cette seconde époque le roi Guillaume 1^ fonda l'hospice des orphelins de Lindow, qui, plus tard, en 1726, fut réuQi à celui de Berlin. Une nouvelle fondation y fut jointe edsnite par l'administration municipale en faveur de la classe spéciale des orphelins de la bourgeoisie. Cet hospice entretient de llOOà i500enfans, dont 1/3, environ, élevé dans l'établissement même; les deux autres tiers sont placés au dehors. L'établissement n'admet que les enfans de familles chrétiennes ; il reçoit les orphelins de père ,' et même , -dans des circonstances extraordinaires, quelques enfans dont les parens vivent encore', mais sont dans l'impossibilité de les .élever; enfin, il reçoit quelques enfans trouvést Jusqu'à? ans, les enfans sont confiés exclusivement aux soins des femmes ; ils reçoivent un% instruction élémentaire très avancée (1) , apprennent même le chant. L'administration prussienne, cherchant à s'éclairer sur le choix à faire entre l'é»

ducation intérieure à l'hospice et le placement au dehors

chez des particuliers, n'a rien négligé pour rassembler des informations sur les essais tentés dans d'autres états; elle a fait cet essai elle-même ; les i^$ultats de cette enquête et de cette expérience paraissent avoir été peu favorables au second système (2). La dépense annuelle pour l'entretien de chaque enfant est, savoir :

(1) Les garons de la l*"* classe travaillent à l'école 28 heures par semaine ; ceux de la 2% 25 ; ceux de la 3^, 10 ; les fiUes^ 23*

Les enfiuis des deux sexes reçoivent, fen outre, i part, rinstruction reUgieuse, lorsqu'ils se préparent a la confirmation.

(2) Voirez M. Ristdhueber : Wegw&ser, etc., page 24. Voyez aussi dk OeffentUche Armenpflege in BerUn^ 1828, page 128*

Paoui les en&ns pinces au deliors, on en comptait 6Q sur 1000^ ou 1 siir ^

.OHFBBLIHS DAKS LK IKMID ET l'bST DB l'BVAOPE. 72

Pour ceux qni sont élevés dans rbospicei d'environ 51 vor dalers , ou 189 francs.

Pour ceux qui sont placés au dehors, de 18 rix. ou &2 f . 28.c. '

Plus, la part de chacune des deux classes dans les frais généraux d'administration y 5 rix. ou IS fr. 55.

Mais Tadministration n'exige que &0 rixdalers (148 francs &0 c.) pour la pension d'un orphelin éievédans l'hospice, de la part des corporations qui en font les frais. '

La mortalité moyenne est pour les enfans élevés à l'hospice * d'environ 1 et 1/6 sur cent; pour ceux placés aiu-dehorsi de près de 2 et 1/5* sur cent: mais, comme les premiers sont en général dans un âge moins tendre, on estime que, proportion gardée, là mortalité est à-peu-près égale (1). Les sommes qui peuvent échoir aux orphelins sont placées à la caisse d'épargnes (2). La seule critique, dont ce bel établissement ait été l'objet, est relative à l'encombrement que le nombre des élèves y occasionne parfois. (3)

L'institut des orphelins de Postdam ne remonte pas au-delà de 1820; et déjà il porte d'heureux fruits. Il admet de préférence les enfans nés des actionnaires, c'est-à-dire de ceux qui versent à cet effet une somme de 50 thalers courans (environ 200 fr.) ou uhe souscription annuelle de 5 thalers. Sa création est due au zèle de M: de Turk, qui le diri^ avec le plus grand succès, et auquel on est redevable d'un écrit fort utile sur ce genre d'institution ; les statuts ont été homologués par le roi régnant, en 1828. Le fondateur s'est proposé de réit-

aOi qui derenatent de maavais sujets ; on les ramenait à TélablisseiDeiit pour y être refomiés.

(1) IiL li'td, page 13S.

(2) A la fin de 1826, ils possédaient 206 livrets delà caisse d*épargnes, nprésentant ensemble une somme totale d'environ 2000 rixd., ou 7420 fr.

(3) Les autres hospices d'orphelins de Berlin sont ceux des fondations Louise^ SchindUr, Kormeiser, et l*hospice des orphelins fran^ ; ce dernier est féservé aux eofiuis de la nation française qui , pour ce motif, ne sc^it pas «âmts dans les. aut^s.

7& 8BC0BDX PAATIB. LIYftX I. CHAP. UI.

nii^ dans, rétablissement un petit nombre d'enfans , afin qu'ils pussent y retrouver en quelque sorte la vie de famille, et aussi dans la vue de procurer à chacun d'epx le plus haut degi^é de culture intellectuelle. Trois carrières leur sont destinées suivant la c^rpacité dont ils se montrent doués: l'une scientifique ; Ifi seconde, celle d'instituteurs; la troisième, industrielle. On ^'efforce de former pour chacune des sujets d'élite. Us sont partagés en trois classes : les uns suivent .la haute école { d'aulres, le gymnase ; d'autres, l'école industrielle. On leur enseigne, en outre^ les langues anciennes, le français, la musique; ils apprennent a nager, et font des exercices gymnastiques. Les orphelines sont placées chez leurs mères veuves, ou, à défaut, chez une mère adoptive. La dépense annuelle s'élève à environ 160 rixdalers (près de*69Ô francs) par enfant élevé dans l'institut, et àftO rixdalers (près de 150 fr!) pour les filles placées au-dehors. (1)

L'ini^titut des orphelins de Francfort-sur-le-Mein , l'un des plus anciens de l'Allemagne (2), est aussi l'un des plus remarquables, par la beauté, la distribution , l'heureuse situation de l'édifice qui lui est aujourd'hui affecté ; par le déver loppement de l'éducation que les enfans y reçoivent; par le bon régime auquel ils sont soumis. Une loi, rendue par le sénat le 3 décembre 188ds détermine le but de l'institut) les conditions d'admission, les basesMe l'éducation ; elle est essentiellement destinée à former des ouvriers et des filles ^e service. Cependant oh consulte , on éprouve la capacité des enfans, et tous ceux qu'on reconnaît aptes à réussir dans les arts reçoivent Finstruction nécessaire pour les cultiver. L'enseignement comprend les éiémens du calcul, de la géographie, de l'histoire, des sciences naturelles et des notions technologiques (3). Il est divisé en trois classes successives :

(1) Voyez les notices publiées à Potsdam , par M. de Turk, en 1827 'et 1882 , et les documens qui y sont annexés.

(2) Fondé en 1647.

» (3) On y admet les enfans des trois confessons chrétiennes» privés de leurs

0BPH1IJ5« BAVS U VOVD BT L'B» D« L*E17K0PB. 75

ëlëmentaîre moyenne et supérieure.. Les élèves employés ^ comme moniteurs assistent les maîtres dans la surveillance; les exercices sont bien entendus. L'éducation religi^se est le but essentiel de l'institut (1). Uue maison de correction lui était jadis unie : on a eu le bon esprit de l'en séparer (2). Il n'est pas d'établisseinent plus salubre , ni qui offre l'image d'un ordre , d'une propreté plus remarquables.

Les établissemens d'orphelins, dans 4e duché de Nassau, doivent leur origine à la princesse Henriette-Dorothée (S), • qui pensa que <Ue devoir de la mère d'un prince était (ce sont « ses .propres expressions)' de servir de mère aux orphe^ «lins. »£lle fonda, en 1721, l'institut de Wiesbaden. En 1817, l'administration des établissemens d'orphelins du duché fût centralisée. Les enfans, à l'exemple de la Saxe, furent placés chez des particuliers; et, Jusqu'à ce jour, on n'a obtenu de^e système que des résultats favorables. 1216 or^ phelins sont ainsi élevés, distribués en A classes, jrépartis dans 28 communes, et pour une dépense totale d'environ 25,000 * florins (&), non compris les frais d'administration. Il est pourvu

pareils et sans ressources. Les enfaoïs naturels et ceux qui sont nés dans un culte seulement toléré ne sont admis que par exception. Les enfims trouvés et peopi 4pii sont attônts de maladies txmtasiettses n'y sont pas reçus. Les orphi»lios iiabitent Thospioe jusqu'à 16 ans, et sont encore assistés et protégés par * lui après leur placement.

(1) Les enfaais reçoivent l'instruction religieuse, selon le culte auquel ik appartiennent. ^

L'un des orphelins élevés dans cet institut a été admis à l'école de peinture de Dusseldorf.

(2) L'auteur du présent écrit a eu la jouissance de visiter deux fois ce bel . établissement, et il a éprouvé en le visitant une sincère admiration. Les directeurs ont eu la bonté de lui remettre une notice manuscrite, dont il re-

• grette de ne pouvoir offrir ici la traduction , à cause de son étendue. «

(3) Elle était veuve du prince George- Auguste de Nassau , «vec lequel elle avait passé 33 ans dans un beureux byménée. <

(4) Environ 52,500 fr. ce qui revient à-peu-près à 20 florins et '36 kr.

76 SICONDB PAHTIE. LIVAB I. CHAP III.

à environ la moitié de cette dépense par des dons volontaires. (1) ' '

L'éducation des orphelins est , dit--on , moins avancée dans les états du sud de TAUemagne. Cependant elle y a obtenu des progrès sensibles dans ces derniers temps. Elle tend à se perfectionner de jour en jour. Le royaume de Wurtemberg, dans les deux instituts qu'il possède, l'un à Stuttgard, Tau* tre à Weingarten (2), offre même des exemples dignes d'être étudiés et imites. Un certain nombre d'orphelins est aussi placé chez des particuliers aux frais de ces instituts. Les instituts d'orphelins ont reçu, depuis peu,, dans ce royaume, une nouvelle organisation. Leur direction suprémie est confiée à la commission des établissemens d'éducation publique. Deux décrets royaux, l'un du il juillet 1811, l'autre du 29 décembre 1826, règlent,dans tous ses détails, le régime intérieur : la nourriture, qui est simple et frugale, l'uniforme, les exer*cices, les jeux mêmes, le service sanitaire, l'apprentissage industriel, l'enseignement, les lectures, l'éducation religieuse et morale, la discipline ; ilprescritque les orphelins de l'hospice, pour se former à la vie sociale, soient mis en rapport avec» des enfans d'élite dans les familles. Ces réglemens cliniques méritent d'être cités pour modèles'; ils ont trouvé dans M. le recteur RoUer un dig/ae exécuteur ; Hs ont reçu daiia l'institut de Stuttgard une fidèle et ij[uctuen^aia>lication(3). Cette maisQn admet également les enfans légitimes et illégi-

(aiviron 43 fr.) par tête et par an ^ pour le montant de la pension seulement* Les frais d'administration montent à-peu-près à 2,700 florin».

(1) Voyez le compte-rendu, publié en 1837, à Weisbaden.

Voyez aussi Ristelliueber : WegweUer, etc., page 19. ' (2) L'institut de Louisbourg a été réuni depuis peu à celui de Stuttgard ; ils ont été fondés : le premier en 1712, le deuxième en 1730, celui de .Weiogarten^ en 1826.

L*institut de Suttgaid renferme 176 orphelins, celui de VVeingarten 13& lie premier paie en outre la pension pour 160 enfims placés au dehors.

(3) Voyez les comptes-rendus aunuels; publiés à Stuttgardt H en 9 d^à paru 174. Les derniers suut rédigés par M. Zoller. ^

OBPHlUirS DAHS LB ROID W Ii'bST M L^BUHOPB. 77

times. Gelai de Weiogaiten , organisé aussi par un décret ipyaly est placé à la campagne. Il admet deux classes d'en-fans : les orphelins, les cnfans délaissés.; mais ces deux classes sont distinctes et séparées. Indépendamment de Tinstruction élémentaire, les enfans y reçoivent des notions de géométrie, de géog^phie, de grammaire, d'histoire naturelle. Sans.en faire des savans ou des érudits, on leur donne cependant des connaissances solides et utiles : ils apprennent la musique; ils se forment par des exei'cices bien entendus, entre autres, par ceux que Ton appelle en Allemagne les eaiereieeê de la pensée (Denk-Uebungen) (1). Des dispositions législatives protègent a«ssl les ori^elins pauvres dans le duché de Bade (2). La phipart des villes de TAutriche, de I9 Bavière, ont des asiles pour les orphelins.

L'hospice royal qui leur a été ouvert à Wurzbourg est le plus riche peut-être de l'Europe entière. Fondé en 16U , il élève 80 orphelins, est doté de 2&0,000 florins. Celui de Bamberg en élève 60, pour la modique somme de SOO florins par tète et par an. Celui de Nuremberg reçoit les enfans trouvés aussi bi^ que les orphelins ; mais, les premiers ne sont que de rares exceptions ; du reste, les enfans (d) y sont très bien élei^s, y jouissent d'une santé parfaite (A). Sur la rive gauche du Rhin, rhpspice de Mayence élève 80 enfans pour la modique dépense de 80 florins (168 fr.), par an et par tète, et cependant la nourriture y est saine et suflSsante ; aucun soin , aucun enseignement ne leur manque (5). L'institut de Cologne renferme plus de 230 élèves, dont l'éducation et l'entretien coûtent environ 68 thalers par tète et par an (environ

(1) Yoyez les oomptet-rendus amuieU, publiés à Ralûbonne^ par IIM. Bieck et Gollher. Il en a déjà paru 13.

(2) Voyez Rettig, die Polizey^ Gesetzgebwig des Groshinogduau* Saden,

CaïUnilie, 1828, $449.

(S)AQiioin]irade84.EnU6aiis,àpelnes'e8Ulpré8enté7à8eniaii«trouyéi«

(4) Leur tenue est fort bonne ; ils exécutent en cbœur des ebants délicieux.

(6) Le local nom a paru seulement beaucoup trop étroit, à Tépoque où nous

Ti 8fie01d»B PARTiV. tPTKÊ 1. GBk». III.

265 fr.). Il a reçQ, depuis I8269 tons les perfectionnemens désirés par les bons esprits. Il fournit aux familles des ser» vantes fidèles ; à Findostrie, de bons ouvriers; il laisse à chaque élève le choix de sa profession (1). On cite avec éloge l'institut d'Âix-ia-Ghapelle. La plupart de ces établissemens font imprimer dès programmes offrant le tabteau des étifdes el des exercices. Les gouvememens ont pris, comme on le vdt, la part principale, non- seulement à Torigine, dans leur fon-^ dation, dans leur dotation, mais aussi dans la réforme de leur organisation et dans les salutaires améliorations qu'ils oiit réa^ Usées. Les gouvememens ont été, du reste, eiBcacementsucoib dés par le concours des souscriptions et des dons privés. Plus d'une fois, en Allemagne, de simples particuliers ont àîgé, par leurs seules forces, en faveur des orphelins, des institult considérables. C'est ainsi que Jean Falk, à Weymar, «yant perdu ses quatre fils dans la guerre contre la France, se dé* Voua pour élever les enfans des soldats qui avaient péri à la même époque; déjà, en 1622, plus de 500 avaient joui de ce bienfait. On pourrait citer plusieurs autres exemples non moins remarquables. Noble et touchante émulaticm de sollicitude en faveur de la classe d'infortunés qui ont le fivÀ besoin d'appui ! (2)

L'histoire ' des institutions des orphelins en Ali^nagne semble pouvoir se résumer en quatre périodes distinctes : La première, qui comprend le x vu"" siècle, les voit nattre $ La deuxième, qui comprend la première partie du xviii* siècle, lès voit se multiplier de toutes parts ;

FaTons Tisité. L^instruction est fort supérieure à celle des écoles primaires de prenier degré en France; le chant j est fort cnltité; les élètes suiTcnt. les exercices gymnastiques; nous en atons remarqué un qui possédait plusiesrs langues et a^ait tn talent marqué pour le dessin.

(1) Le prince héréditaire de Prusse Fa visité plusieurs foift tneo satîs&e» tîon. Yoyes F^nniMÂ^, publié à Berlin, par le docteur JUlius, oe((^re 1883, page 271.

(2) Yoyec k BMogrepMe mMoe^que du docteur ïriedlaoder, page l2.

OBPHEinrs BABS LE NORD ET L'EST DE l'eITEOPB. 79

L'a troisième, qui commence vers 1780, est marquée par une^ étude plus approfondie de la direction qui doit leur être donnée, par des discussions sur le choix du meilleur mode à suivre relativement à réducation des orphelins; recherches et controverses qui amènent quelques inceriuudeseîplusieurs réformes. *

Enfin, de 1816 à ce jour, améliorations générales, régiemens organiques : l'éducation des orphelins obtient son plu§ haut degré de perfectionnement, prend'rang parmi les intérêts de Tétat, occupe la sollicitude des gouvernemens les plus ^cHifSr*^

^ Suisse, Hollande et Russie,

Les lois des cantons suisses ont compris généralement le^ orphelins au premier rang des indigens qui ont droit à être secourus; elles ont même , dans plusieurs cantons, institué une eammùston de tutelle des orphelins : cette commission

a le droit d'assimiler aux orphelins les enfans indigens qu'elle

juge nécessaires d'éloigner de leurs parens. Depuis un temps immémorial, on était dans l'usage jd'ouvrir, une fois par an, des enchères publiques pour placer ces enfans chez les personnes qui oflOraient les conditions lés moins onéreuses ; cet usage cependant a été depuis peu aboli dans quelques cantons. On y a substitué un mode de placement chez des particuliers qui offrent -les garanties suffisantes pour la bonne éducation de ces enfans (1). Plusieurs villes helvétiques- ont aussi érigé des aMles, où un certain nombre d'orphelins sont élevés avec soin. La plupart de ces créations sont dues h, des dons col-^ lectife, faits par de généreux particuliers. Quelquefois, comme à Schaffouse, les orphelins y sont réunis avec d'autres enf^nS pauvres. A Zurich, ils occupent un des édifices les plus élégans de la ville, placé dans une situation délicieuse. A Bàle, on a eu rheurease idée d'annexer à l'hospice un jardin et une petite

(1) Eésolution du petit conseil de Luceme» du 19 décembre 1810.

80 ^ 8BC0HBB PAETIB. UVBS I. CHAP. ni.

«ferme rurale, où les enfans sont éxerdës aux travaux des cbamps; les orphelins au-4essous de & ans sont placés dans des familles particulières avant d*étre admis à l'hospice de cette dernière ville; à Thospice, on a joint pour eux des exercices militaires aux exei^cices gymnastiques.

L'hospice des orphelins de Berne est fort bien tenu ; il est réservé aux enfans des bourgeois; une partie d'entre eux y est entretenue nioyennant un prix de pension. Par une combinaison fort bien entenduci une maiton d.*orphelins est annexée aux écoles de charité fondées dans cette ville, en 1726, par des dons particuliers. Les familles contribuent pour une très modique somme aux frais de l'édjacation de ces enfans. L'établissement, oii respirent l'ordre, le bien-étce , la paix, qu'animent le travail et l'étude , ne laisse rien à désirer. (1) * L'hôpital de Genève admettes orphelins, comme les enfans trouvés ou délaissés à un titre quelconque. On ne peut visiter sans une vive satirfaction deux]écoles d'orphelines ouvertes et entretenues dans la même ville par des associations de dames genevoises. Les dames fondatrices ne se bornent pas à fairô Jouir ces jeunes filles d'une excellente éducati<m, à leur donner le goût et la capacité du travail y elles les dotent à leur sortie d'un petit trousseau ; elles leur procurent une situation, et leur continuent même leur patronage» leurs conseils et leur bienveillance ; elles visitent assidum/ent les

asiles qu'elles ont créés, et coopèrent elles-mêmes à l'instruction religieuse.

La Suisse a vu éclore dans son sein, vers le commencement de ce siècle, une institution toute nouvelle en faveur des orphelins , institution éminemment salutaire : ce sont les écoles rurales. Hofwyl, dont l'illustre phi-

(t) Voyez une notice très intéressante, publiée sur cet établissement» dans le n* 40 dala feuille du canton de Yaud (1816) , par M. Cbavannes Rens^ propriétaire à Lausanne, justement honoré pour, son zèle en fsYeur des établissemens d'humanité. L'établissement conserve les orphelins de 6 à 12 ans. n en renferme plus de 120.

0KVHIUK8 A aAKBOU&O. 81

lantrope M. de Fellenberg a été le créateur,est leur berceau et leur modèle. Nous aurons bientôt occasion d'apprécier le mérite ac ces établissemensT^sous le fàpporPSe^ r édfucaïÏOT" morale et industrielle. Il suflSt de les signaler ici comme des asiles dont les orphelins des deux sexes partagent les bienfaits avec les autres catégories d'enfans panyre5^J)es écoles ^^ ^-^f] rurales fondées sur ce modèle parKegénéreux souscripteurs ont obtenu le méme^succès ; dans le canton de Genève , à Carra et à la Yillette ; dans le canton de Yaud, à Eclichen et à Nyon. (!)

La Hollande passe pour avoir donné à rAllemagne le pre-^ mier exemple d'établissemens destinés^ élever en commun les orphelins.

Pétersbourg renferme deux maisons d'orphelins, Tune pour les enfans de soldats , l'autre, pour ceux qui appartiennent à des familles de Tordre civil. On leur enseigne indépendamment de la lecture et de récriture, le calcul, la géographie, l'histoire, le dessin et le J[atin.' Les orphelins sont admis également dans les vastes hospices d'enfiins trouv^^ oui siélèvent dans les deuxXtapilateiie-l'empire moscovite, comme de magnifiques monum^s de la bienfaisance des

Institut dès orphelins de Hambourg.

L'institut de Hambourg est renommé à-la-fois pour l'antiquité de sa fondation, qui remonte à plus de deux siècles et pour son étendue : il peut contenir de 600 à 1000 orphelins. Vers la ftn du siècle dernier, plusieurs imperfections lui étaient reprochées ; des doutes graves s'élevaient sur la question de savoir s'il ne vaut pas mieux placer les enfans au dehors, chez des particuliers, que de les réunir et de les élever dans un

(1) Voyez sur les élaUissemens A*orplielins en Suisse, des notiees publiées dons le Bulletin de la société des établissemeas ckaritaèles , tome i«r y 09* 3 et 4i par Tauteur du présent ounvge.

SI SEGOKDl PA&fSl. UYBB I. CSUP. III.

établissement pablic. Uadminiscratkiii bésita loàg^empsi examina avec maturiié, prit des informatioas, et se décida pour le second système; mais^ elle fit construire un nouvel édifice mieux approprié à cettedestination. Depuis lors, Hor stitttt n'a mérité que des éloges. Il passe aujourd'hui pour le modèle de ce genre d'établissemens dans le nord de TEurop^^ U peut donc être intéressant d'en tracer le tableau avec 4u6l^ ques détails.

Les orphelins entreteaua par l'institut de Hambourg for** ment deux classes. La première comprend les entkns en ba^ âge s oéux^i Jusqu'à Tàge de 6 ou 7 ans, sont placés m pension à la campagne chea des cultivateurs ; les paysans aux* quels on les confie les traitent fort bien ; la présence de l'or-* phelin est considérée par eux comme la bénédiction d'une chaumière ; pendant ce séjour aux champs » lesienfaùs suivent â<^àles écoles de leur village ; ili^sont régulièrement visités par les directeurs de l'institut. La seconde classe comprmid les enfàns de l'âge de 6 ou 7 ans, jusqu'à 16, 15 ou i^t ceux-ci sont rappelés de pension, et résident dans la maison qui a été construite pour eux à Hambourg. S^iS'' à'-peu-^près composent la première classe. 7/42" lia seooude. Voici leur mouvement depuis le commencement de œ siècle :

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OBPHSI.an A, HAMBOUEG. 8)

En 1S38, l'institut compte 5S0 orphelinat

Au mois de décembre i81â| Thospioe des orphelins fût con- Yerti en hôpital par rautorité militaire française^ les orpt^elins furent renvoyés hors delà Yille. . .

Lorsque l'hospice leur fut de nouveau ouvert , sa population se trouva accrue de ^76 orphelins dont les parens avaient succombé au typhus, pendant le siège, et il put suffire à les élever.

Les exercices gymnastiques, leseiercices militaires, la na*nation» des bains fréquens, la promenade, une nourriture saine et sttfiSsante , un soin parfait des malades forment l'éduca^ tion physique.

Des ateliers de divers genres (1), compatibles avec les soins hygiéniques, pour les garçons ; les ouvrages domestiques.^ las travaux de l'aiguille, pour les filles, composent l'éducation professionnelle. On consulte, pour le choix de la prp^fiessiofi , la capacité individuelle et ie pencbaiit de chaque iMphelin»

, ' L'institut embrasse, outre lu lecture ^ la calligraphia^ la re* ligion et l'écriture sainte , l'arithmétique et la géométrie , !• Jangue allemande > la géographie , la physique, rbisU)ire oat tiirelle i Thistoire générale et celle de TAUemagne en psirti* julien

L'éducation morale est l'objet d'une attention loiUe spé» mie. La discipline est régulière^ la surveiUance^ asmlue^Bei entretiens particuliers sont joints aux leçoniS^ religieuses ) dai encouragemens bien entendus, aux punitions nécessaires.

A l'âge de 1& , 15 ôa 16 ans , les enfans sont mis en appren^ tissage, mais restent sous la surveillance et le patronage des directeurs de l'institut; ils reçoivent alorsi un trousseau. Ils

(1) Les prétentions exclusives, nées des jurandes «t des maîtrises qui subsistent encore à Hambourg , ont mis pendant long-temps obstade au dé- -veioppement de ces ateliers. On vient récemment d'en triompher, et d'acquérir les moyens de porter Téducation industrielle des orphelins à la perfection désirable.

8& SEGOimC PARTUB. LIVHB I. CHAP. III.

possèdent de plus un petit pécule formé pendant leur séjour dans rétablissement, et placé pour leur compte à la^calsse d'épargnes. La somme ainsi mise en réserve, et qui s'élève quelquefois presqu'à 200 thalers (environ 900 fr.), leur est remise à la fin de leur apprentissage et sert alors à les établir.

Quelques-uns decesenfons entrent dans la marine. Les plus distingués deviennent commis chez des négocians ou des marchands, sont appelés aux fonctions d'instituteurs, ou suivent la carrière des études littéraires et scientifiques.

Le respectable M. Kroeger, Tàuteur de Thistoire des institutions relatives aux orphelins, que nous avons euxléjà occasion de citer , est lui-même l'un des élèves de cet institut. Il le dirige, depuis 25 ans, avec autant de zèle que de succès, en ijualité d'instituteur en chef.

Cette institution jouit au plus haut degré , à Hambourg de la faveur publique, faveur fondée sur l'appréciation des services qu'elle rend. La ville ne contribue à ses dépenses que pour une somme de 20 à 30 mille fr. Le surplus est fourni par les revenus de la dotation de l'établissement , par des dons spontanés, par des legs, par des collectes qui ont lieu tous les 6 mois. Les enfans font, chaque année, dans la ville une procession solennelle , et sont très fêtés des habitans. Les citoyt&ns les plus distingués de Hambourg aspirent à l'honneur d*exercer les fonctions de directeur, fonctions qui ne sont pas seulement gratuites, mais coûteuses, et qui demandent beaucoup de temps ék de fatigue à ceux qui les remplissent. (1)

(1) L'auteur est redevable de ces informations à rasoitié de Titlustre docteur JuliuSi qui lui-même les a recueillis sur les lieux de la bouche dé V« Kroeger.

O&PHRURS EN AireLBTE&AE ET AUX ÉTÀTS-DHIS. 85

/ insûtuâoTU enjiweurdes orpheline en An^tetene et aux Etats-Unis, > '

Les orphelins indigens sont placés, en Angleterre et aux Etats-Unis, sous un système dont les principes diffèrent entièrement de ceux que nous venons de voir adoptés, dans la plus grande partie de TEurope.

La législation anglaise a placé les orphelins indigens au nombre des personnes qui ont droit à être assistées et entretenues sur le fonds de la taxe de^juUYr^Si sans d'ailleurs s'occuper d'eux d'une manière spéciale. Ils sont ordinairement mis en apprentiiàsage aux frais de la paroisse , lorsqu'ils ont atteints l'âge convenable. Avantcette époque, s'ils ne sont pas recueillis, par un membre ou un ami de leurs familles, ilssont placés dans la maison de trapqil^ genre d'établissemei\t mul- ^^ tiplié dans toutes les localités, qui devrait plutôt porter le titre de maison de secours. Là, ils sont réunis avec des vieillards, des infirmes', des enfans illégitimes , souvent iiyec les mères de ceux-ci , et il est reconnu que ce commerce est loin de . leur être profitable (1) ; ils reçoivent l'instruction à l'école* commune. Voilà la seule protection qu'ils obtiennent de la bienfaisance publique; à son défaut, la charité privée s'est occupée de leur destinée avec une vive et généreuse sollicitude. De nombreuses et puissantes associations se sont formées, au sein des villes, pour remplacer envers eux les soins paternels et maternels ; en outre ils trouvent appui, sous divers rapports, dans ces innombrables institutions que la bienfaisance collective a semées sur la surface de l'empire Britannique. C'est ainsi, par exemple, que Y École de travail

(l) Report from his Majesty's commUsioners for^ eiQ*^ thepoor laws^ 1834} pages 166 et suiv. Toyez aussi le nouveau bill passé en 1834» portant le tilre jie Statuts 4 et 5 (fe Guillaume IP", chap. 7fl.

SBOONDH ^AHTIB. LITHB 1. €HAP. III.

pour les orphelins, érigée à Londres, en 1760 , élève des enfans des deux sexes, pris dans cette dasse, les entretient et leur donne l'apprentissage de professions avantageuses (1) ; que V Asile des orphelins, Aq la même ville , ouvert en 1816 sous la protection royale, a reçu, dès son origitfe, 130 enfans, chol: flis de préférence parrhî ceux qui appartiennent à des familles respectables , et tend à s'étendre encore ; il le» dote à leur sortie d'un petit capital de 10 Uv. sterl. (^). Un établissement semblable a été érigé en faveur des filles , dès 1800 , sous la protection du duc de Cambridge (3) ; d'autres ont été réservés spécialement pour certaines catégorièsd'orphelins, dont les pâ:' rens avaient exercé des professions déterminées, comme les enfans d'ecclésiastiques, de ministres des cultes dissidens (4), de médecins (5), d'avocats (6), de marins (7), et de gens de lettres (8). Une dame anglaise a fondé, en 1820, un asile spé^ cial pour des orphelines adultes, choisies de préférence dans (](es familles du clergé ou de Tarmée : elle s'est proposé de

(1) Les dépenses annaelles de VOrphan Workmg Sehool^ sûnt de IdOi^ Irr, st. Il contient ettfiron 100 enfans.

(2) Les eafans ne sont adj|iÎ4 dans Ifi London arphan asyhan , cpie lor&* qul|s ont 7 ans au moins et pas plus de 10.

(3) Elles sont admises de 9 ans à 12 ; & 16 ans elles sont placées en ap-7 ju'entissage ou en senrioe.

(4) Sons of cîergy, dtrgf orphan corporation sont demt sociétés formées, dans la première moitié da denier liède, en laveur des enfans indigens des ministres de l'église anglicane ; une troisième assiste spécialement les Veuves et les enfons de ces ministres dans Londres et le comté de Middlésex.

La société, qui porte le titre de protestant dissent'mg ministerSf rend les mêmes services au clergé des ccmimunautés dissidentes.

(5) Fondée en 1787, sous la protection du duc de 8tis5ek.

(9) hÊHMûss^daiiony ele., /«idée «& 1817. C'est une sorte d'assooîatiett de secours mutueb.

(7) Il en est de même des deux sociétés formées, dans le siècle dernier, en fiiveur des marins. Tune sous le nom de London marine institution, l'autre de Society for the relief of seamen,

(8) Liiteratyfond society^ foAdée, «eu 17S8 , sous la protection royale.

OEPHBUHS MB AMBtVtOmMXm » AUX ifBATIrUHIS. S9

fliire }oair ees jaunes penonnet de l'ëducation qu^eUea aa*^ raient pu recevoir chea leors parens, etde leur donner ensuite âne situation convenable. Par une heureuse combinaison^ analogue à cette que nous avons déjà vue réussir en Italie, les jeunes orphelines donnent elles-mêmes des leçons de dessin, de musique, à des élèves extenies (i). Une louable émulation a propagé les établissemens de ce genre, sous diverses formes, et avec une sorte de luxe> dans les trois royaumes.

Les divers états de TUnion, dans rAmérique du nord, ayant conservé les traditions * de la l^slation anglaise sur les pauvres , n'ont assuré , comme celle-ci , aux indigens orphelins que les secours ordinaires destinés aux indigens et fournis par les paroisses respectives. Aux Etats-Unis, 0 s'est sussi formé spontanément des sociétés, pbcu* ouvrir un . asile à cette classe d'Infortunés. Un sentiment profondément religieux a présidé à cette œuvre, et lui a imprimé son caractère ; les fondateurs se sont proposé de soustraire les orphelins aux dangers de ta contagion des mauvais exemples, dé former leurs mœurs, de leur inculquer de bons principes, en leur enseignant des connaissances utiles. H suflQra de citei* là société des orphelins de Philadelphie, qu! existe depuis 23 ans; et qui élève 100 jeunes enfans. La dépense annuelle pour là nourriture, Tentretien et ^instruction de chacun d'eux île revient guère qu'à environ 3& dollars (2). Indépendamment des souscripteurs , des actionnaires concourent à soutenir

(1) Cet établissement est dû à madame So]^hie fFilliams, Les orpheliaes ^ sont admises de 14 à 20 ans, en sortent à 22, y rentrent lorsqu'eUes ont perdu la place qa^elles occupaient jusqu^à ce qu'elles soient placées de nouveau. Elles s'entretiennent en partie par le produit de leur travail et de leurs leçpM. En 1824,rétabUs8en»eRt même a dépensé ISOD liv. st., pour 27 orph^ lines qui y étaient entretenues (environ 60 liv. st. par tête}. Voyez la notice, publiée à Londres» sons le titre' dé jén aecetmt of t/w mdttit opphttn ùuiitution, ete*

. (S) Yoyei \»Aimiuâ wtferU of tka Pf^êddphùm mphtm sêéie^y mtihe mimvantaj meetmfftf «te», publiés % Pbibdelpbie.

88 sxcouds WAwm. uiws i. ckap. iu.

ces établissemens , et acquièrent par là le droit d'y placer des orphelins. Des solennités religieuses accompagnent les réu-r nions annuelles, dans lesquelles, en rendant compte du progrès des établissemens, on provoque la continuation des libéralités qui les alimentent.

Des inslitutions pour Us orphelins, en France, et des modifications quelles

ont suiies.

Dès 1362 , il existait, à Paris, une confrérie ayant pour but de secourir les enfans pauvres, et spécialement les orphelins; ses membres les recueillaient dans leurs maisons , ou les plaçaient dans une maison commune, (i)

Vers la mé^e époque, il existait aussi à Toulouse un hospice d*orphelins, dont l'existence nous est révélée par un monument de la législation française, l'ordonnance de Charles Y, qui investit cet établissement des privilèges accordés aux autres hôpitaux. On voit, par cette ordonnance, sous la date du mois d'août 1379 , que cet asile ce recueillait de pauce vres enfans orphelins , leur fournissait des nourrices , les ce préparait jusqu'à l'âge de 14 ans pour les professions mécaa niques (2) ». Dès le milieu du xiv* siècle, Fhospiçe du Saint- Esprit de Paris se chargeait aussi des orphelins indigens , pourvu qu'ils fussent légitimes , pour les faire instruire, leur donner des métiers, les établir ensuite et même les marier (3).

(1) Celte confrérie fut approuTée par une ordonnance de Térèque de Paris, et confirmée par le roi , en mari 1862. Voyez le Codé de l' hôpital gé^ néral de Paris, 1786, p3ge 378.

(2) Mecufiil des ordonnances du Louvre , tome 6 , page 480.

(3) On Ut, dans les lettres-patentes du 4 août 1445, que cet hospiee atait été fondé 90 ou 100 ans auparavant, pour y reoevoir des lemmes et des filles, et aussi des pauvres orphelins de père et d^ mère nés en lojpal mariage et

OUPHSLIlffS BN FBAITGE. 89i

Cfaaries VU lui conféra quelques privilèges par lettres païen- ' tes de mai 1U8 (1) , et en confirmant, par celles du & août lft&5 , la fondation et confrérie du Saint-Esprit, rappela que ce les pauvres enfans orphelins et orphelines sont audit «hôpital couchés, levés, vêtus et chaussés, alimentés et a gouvernés de toutes choses à eux nécessaires , introduits « et appris à Técole,' tant de l'art de musique q,ue autrement, « et après mis à aucun métier pour savoir gagner leur vie « honnêtement ; et encore quand lesdites filles orphelines « sont en âge de marier , on les marie du mieux que Ton peut ce selon leur état, aux dépens dudit hôpital , il reconnatt que a ladite règle a éfé bien maintttiue et gardée ; il en donne <c pour preuve que plusieurs bons valets et compagnons de mé- « tier sont venus audit hôpital pour demander les filles or- « phelines dudit lieu, et quant aux orphelins màles , que , a quand ils ont âge d'avoir la tonsure, on les mène par devant « l'évéque de Paris qui la leur baille et les Amure pour la-c diie'eauêèp. Cependant on tentait, par divers moyens, d'in« troduire dans cet hospice des enfàns illégitimes et des enfons trouvés ? Charles YII , en déterminant l'expresse destination de l'hôpital Saint-Esprit , interdit formellement le mélange et la confusion de ces deux classes d'enfaus , ce qui serait directement contraire, dit-il, à la volonté des fondateurs, et ne pourrait avoir lieu qu^au grand grief et pr^udice deeditê ptnwreê orphelins et orphelines nés en loyal mariage (2). Un siècle plus tard, la reine de Navarre, sœur de François I^, érigea à Paris Thospioe des Enfans-Dieu. Destiné d'abord aux orphelins des malades étrangers décédés à THôtel-Dieu, ses *

ressources. permettant d'en étendre le bienfait ,*on y admit peu ^ \

non ayant aueunsparent ou amis qui les pussent ou eussent de quoi les nour-» ^ *

rir.{Code de thépiiul général de Paris, ^^angdZSU)

- (1) Recueil des ordonnances du Louvre, tome 6 ^ page 264. Voyez aussi ^ *

TJSistoire de Paris, par D. Felibieo , tome i , page 648. - « ^

(S) liCttrea-palentes du 4 août 1 446 ; Code de ^hôpital général de Paris , pagoi 881-383.

M SECONDS PiJvriB. hr9M I. WhJf' in.

après les orphelios de la yille, de la bsmlieue , en de tout le diocèse de Paris jusqu'à l'ège de 10 ou i2 au». lie v^i joignît quelques dons persannela à ceux de sa wwtf el perQut4e fdre an besoin certaines quêtes aux églises de» villages dâê^ fuelê it y aurait d0$ enfims arphelmê nmrrii aydUhàpUah afin de contribuer à ses dépenses* (1)

Quelques antres créations, teUea par exemple que thipikU de la Trmké^ fondé en 15Afi; celui des Orpheline d^hmi^^ rieorde (â) ou des iOO filles, fondés en 1683; les orphelmee de la rue du Fieua^ Colemiier, fondés en 1678 n la fihiure de la paroisse de SainlrSulpiee ; les orphelins do Pim^ passe des Fignes, en 1700y thospUse Bea^on, en IVSft^ FEnfani Jésus de la rue de Sèvres i en 1751/ téo^ d'or^ phelins, du comte Pawlet, réservée aux orphelins vûUtaires» en 1773, achevèrent dé procurer de nombreux agiles aux or* Iihëlins dans la capitale; des institutions semblables se repro^* diuisirent à l'envi dans les principales villes d6 France. Mais l'administration publique n'était intervenue quQ pour donner à ces établissemens une existence légale y et pcmr aoumettr/9 leur régime à certaines règles»

(1) Les lettres-patentes données à Chantilly, en janvier 1636 ; la déclaration datée de Fontainebleau , 18 janvier 1640 , l'édit de GMtellerauIt du 27 mai 1641 , la déclaration de Briénne du 20 mai 1642, confirment !«. ftinds^ lion de la reioe Blarguerltt de Ntvaire, at portant das régkmei» pour Vidini* niatratioa et I« régime de oat liospioa.

Cette institution» dit^Tédit de GbàtelleraïUt » était destinée à «oigner Uà orphelins étrangers « et leur faire apprendre la loi de Dieu , bonnes mœurs et « conditions , afin qu*its soient gens de bien pour Tavenir^ et que Dieu pre^ « mièrement ^ nous (le rei) et la chose publique, en puissions étM servi* M ^ « plusieurs manières ci-aprèa..... « • On lit dans le même édit, « que les bons bourgeois et bourgeoises de Paris

• en tiraient beaucoup de sujets, tant pour a'en servir qiia pour laur apprem» « dre leur métier, et quelquefois en don quand ila B*ont point d*anfana» pour

• • 9 « les nourrir pour^'amour de Dieu. »

# ^ (2) La déclaration da 81 mara 1666 acoordâ aux; ùtmpmgmmiy fui épou* ^ senmt des orphelines de thdpital de la Uiséricordep là privilège d'être nn^us

^ maîtres de leurs métitrs à Paris,

OBPSIfUllS EH FIMUBICB* 9|

Le célèbre édit de jiihi 1662 Tint, pcoir lapreinièiïefoii»^ créer en, faveur des orpbeUns indigeDs m nom de Tétat» we kistUuUo& légale ; cette insiitvUoQ tut en même temps univer* selle. Elle se lia à la création deab6pi(aux géniaux» danslesr quel» lK)ai$XIY réunit toutes leabranohes de rbospitalitépu-» blique en faveur des pauvres, et à Taide desquels il espér$^ éteindre en France la mendicité (I)* Mais les orphelins y fu* rent réunis et confondus avec les enfana des mendians et les autres classes d'infortunés. Aucun moyen d'instruction n'y fut organisé pour eux. L'asile qui semblait leur être offert leur fut plus dangereux que profitable. Les hospices spéciaux destinés aux orphelins continuèirent donc à subsister; toute-^ ficus y ils ne parurent plus jouir d'une aussi grande faveur. Les hospices d'enfans trouvés, nouvellement érigés et, qui pre-^ naient chaque jour un plus grand essor, attiraient davantage l'attention publique. Les soins donnée à l'éducation des orphelins se ral^tirent dsms quelques éiablissemens , et le rapport fait à l'Assemblée constituante signale des imperfections dans leurrégime«

La condition des orphelins subit un changement considéra-: ble, par la loi du 28 juin 1793. £n leur faisant des promesses libérales qui ne purent être accomplies , elle les plaça dans une situation fâcheuse, dont ils ressentent encore aiyourd'hui les effets. Par cette loi, l'état prit à sa charge tous les en^ fons, qui ic ne vivaient que du produit du travail de leur père , « si leur père vient à mourir ou devient infirme de manière à if ne pouvoir plus travailler, jusqu'au moment où ils pour^ « ront eux-mêmes se livrer au travail. S'ils ont un domicile , « ces ^fans jouiront d'une pension réglée sur le prix de la « journée de travail , mais qui ne pourra excéder 80 liv. par « an; s'ils n'ont pas de domicile, ils seront reçus dans un

(1) Edit rendu à Saint-Germain , en juin' 1062, ttporiftnt qu'il fera ékijbU wt hépitql en çhofuc vUk ^t lourg du royaume pour ks pauvres malades^ mendians et orphelins.

92 SECONDE PAJtTIE. LIT&E I. CHAP. III.

« hospice. A l'âge de 12 ans, ceux qui auront montré du goût ce ou de l'aptitude pour une profession mécanique seront mis <c en apprentissage aux frais de l'état. Ceux qui préféreront se « livrer à l'agriculture recevront un capital de 200 fr. (i). » Mais, en même temps, la qualification d^arphelins leur est retirée ; elle est transportée aux enfant abandonnai. Ceux-ci sont mis en nourrice, aux frais de l'état, et jouissent ensuite des avantages promis aux précédens , sans aucune distinction (2). Dès-lors, ces deux classes d'infortunés demeurèrent entièrement confondues dans le régime des secours publics. Les orphelins retrouvèrent leur titre par le décret impérial du 19 janvier 1811 ; ils formèrent de nouveau une catégorie à part , distincte de celles des enfans trouvés et des enfans abandonnés. Mais leur destinée, loin d'en être améliorée, en ressentit les plus fàcheusies conséquences. Ce décret, sous une apparence de sollicitude philantropique, avait essentielleikient pour objet de régler une branche de dépenses publiques, et de lui assigner des limites, à une époque où elle devenait toujours croissante. Quoiqu'il établisse quelques règles communes pour le placement des enfans indigens des trois catégories, il n'assigne de fonds qu'en faveur des enfans trouvés et abandonnés. Il gardé un silence absolu sur les ressources qui devront servir à acquitter les dépenses relatives aux orphelins (1). Il est résulté de là que, tandis que les frais de l'éducation des enfans trouvés et abandonnés sont restés à la charge de l'état et des dé^artemens , on n'a pu^ dans le silence du texte, recourir pour l'éducation des orphelins, qu'aux ressources propres des hospices et aux subventions des commîmes. Mais les hospices n'çnt pu prendre à leur compte

' 0 (1) Loi du 28 juin 1793, titre l""', sect. l''^ art. 11, 14, 15, 16, 17 18,

(2) Même loi, tit. 1«', sect. 2', art. 2,^9 à 24. ' (a) Décret du 19 janvier 1811 , tit. 1 , art. 1 ; tit. 8i art. 6; tit. 4 ,

art. 7 à 10 5 tit. 6, art. 13 , page 1 .

OHPHlUirS EU VIAHCI. 93

rédacation des orphelins , que daas le cas où les foodatiôns leur en imposaient le devoir, où leurs revenus leur en laissaient les moyens. La plupart des communes et leurs bu* reaux de bienfaisance n*ont pas de ressources suffisantes, pour fairç élever les orphelins qui leur appartiennent. Les administrations locales se sont trouvées dans un extrême embarras, pour venir au secours d'une infortune si digne d'intérêt , et se sont vues souvent réduites à faire délaisser les orphelins , pour les faire recueillir ensuite au titre ^ahandonnéê (1). Cependant, on n'avaitpoint à redouter, pour ceux-là, de voir le nombre des individus assistés s'accrottre indéfiniment comme

■mi >"■» III' '• , ■^ ■

»ur les enfansjroqyés^ (2)

Lorsque, au commencement de ce siècle, le vaste système des établissemens hospitaliers de la capitale fut réorganisé sur dé nouvelles bases , les 9 ou 10 asiles, qui existaient en 1789 en faveur des orphelins, furent réduits à deux, dont l'un fut affecté aux garçons, l'autre aux filles. On donna à tous deux une étendue assez considérable pour recevoir un nombre à -peuprès égal d'enfans , en simplifiant la gestion et obtenant plus d'économie. Plus tard, on les a réunis en un seul, où les. deux sexessont séparés (5). D'après un règlement du 18 vendémiaire an X, on destinait cet établissement aux orphelins de père et de mère, et aux enfans délaissés, sans les séparer, sans les distinguer, sans fixer entre eux aucune proportion. Qtt'est-il arrivé? L'administration, de la ville de Paris en*

(1) Ces administrateurs éclairés nous ont souvent confié leur incertitude et leur douleur à ce sujet, dans le cours des visites que nous avons fiiites pour explorer les établissemens charitables de Flrmce.

(2) C'est précisément pour ce motif que le décret du 19 janvier 1811 ne s^est occupé des orphelins, que pour les nommer. U n'avait pas besoin de cher* cher des garanties pour en limiter la dépensé.

• (a) Les enlms y étalent reçus de FAge de 4 à 12 ans.

L'hospice 'de la rue Saint-Antoine, où les établissemens furent réunis , change en ce momfent de destination, et rhos|Mce appelé des Ofpfielins passe dans un nouvel édifice annexé à celui des Enfons-Trouvés,

M SBCOUDB f AATIS. LITH t* GHAP. III.

toyail ft cet hospice^ qui portait encore alors le titre ^élevée de la pairie, tons les enfans pris vaguant dans la capitale, sans qu*on leur connût de domicile : les parens, qui voulaioit feire de leur enfant «m «?««« de la />alrîé / renvoyaient vaguer autour de la maison d'un commissaire de police pour le faire arràter ^ et 169 enfans fiirent admis par cette voie dans te cours de la même année (1)* Aujourd'hui encore , quoique riiospice des orphelins soit <t principalement destiné aux enr e, fans qui ont perdu leur père et leur mère , quoiqu'on y ad«- €c mette même ceux qui n'ont perdu qu'un de leurs deux p^ '«c rras, les enfans délaissés par des parens inconnus y ont cctoiyoursun refuge ouvert (2) )». L'administrattim de la police ne néglige rien pour retrouver leurs familles ; mais, très souvent elle n'y réussit pas. Aussi, ce genre d'admissions «urpaBse<^il de beaucoup en nombre celui des orphelins véritad)les, et ce dernier n'est^en quelque sorte qu'une exception. Les orphelins eux-mêmes, amenés à l'hospice des orphelins au^dessouil de â ans^ sont conduits i celui des enfans t^on«vés , pour y être placés dans la même forme que ceux de cette dernière catégorie^ les enfans trouvés, devenus infirmes à la campagne et ramenés à Paris, sont reçus pour être soî^ gnés aux orphelins.

Dès la fin du siècle dernier , l'administration avait préféré placer les orphelins de Paris, soit à la campagne, soit chez des manufacturiers ou des artisans. À l'époque de la réorganlsatidU des établisl^emens hospitaliers de 1^ capitale , cette règle est devenue absolue.Jj'hospice n'est; pour les enfans, qu'un lieu de passage où ils sont déposés jusqu'à leur envoi au dehors, ou un lieu de séjour momentané , lorsqu'ils sont ramenés pour étro traités de quelque infirmité^ ils ne sont reçus que Jusqu'à l'âge de 12 ans.

(1) Voyez le Bappwrt au 9oiue'd ginénUdti kospi»e§f fu U. Omus. (IViutidor ^ xi), pages lai à 114.

(a) yi3i$u,U Bappwt 4m eanM gMnd tUs haqtkes 9 ptf ii»P«ltoMtt M ISUe, pages 130» ISl.

O&PtStlIIft BIT flÛJICB. M

Le& e&fans, qui séjournent dans l'hospice et qui sont en Age de suivre les écoles, y reçoivent rinstrucilon élémentaire, telle qu'elle se donne dans les écoles primaires (1). Des traités réguliers sont passés avec les personnes qui se chaînent de ceux qui sont placés au-dehors. Des inspections périodiques sont établies pour constater leur conduite et les soins qu'ils reçoivent. Quelques encouragemens sont accordés aux sujets adultes placés à Paris, et sur lesquels on obtient les résultats les plus satisfaisans.

A répoque où le duc de^Liancourt visita Fhospice de. la Pitié, en 1790, il y trouva 1396 enfans.

En Tan x (1802), le nombre de ces enftitis étftit encore de 1220, dont 1S6 malades. La mortalité cependant n'était pas très élevée à cette dernière époque; elle variait entre 1/60 et 1/120*. te régime de l'entreprise était adopté pour les fournitures, et pour les ateliers qui existaient alors dans cette maison. La dépense totale annuelle s'élevait à près de 300,000 fr., dont 275,000 pour la nourriture et Tentretien des enfans ; c'est-à-dire 227 fr. par tête et par an. A la même époque, la maison des orphelines renfermait 327 filles, dont 16 malades. La mortalité y roulait entre 1 sur 38 et 1 sur 70. La dépense annuelle s'élevait à environ 90,000 ft*. dont 73,000 pour la nourriture et ^entretien des orphelines (environ 138 f. par tête et par an) (2). Aujourd'hui ce grand établissement entretient plus de 1300 enfans, distribués comme il suit :

A lliospice .' 141 17^ 916

Alacampagneouen apprentiss. 626 302 1018

fl) Slles flottt dirigées , «elle des fîUes, par ks sttiuii de Miit-TlMittt«de- Paule; celle des gar^s , par les frères des écoles chfétieaAes. (2) Rapport précité de M. Camuâ , pages 123 et suivantm.

96 SEGOUDH PA&TH. LIVaB I. CaLLV. III.

La morlalîté est, à rhospicci d'environ un sur cent ; à la campagne ou en apprentissage, de 1 sur 70«

La dépense s'élève, par tète et par an, savoir :

Pour les enfans habitant l'hospice , à environ 420 fr.

Pour ceux qui sont au dehors, à environ 100 francs, par an (1). Un tiers environ de ces derniers est placé chez des

(1) Voyez les comptes-ienduB publiés par le conseil général des liospioes.

Yoici la décomposition de la dépense , pour les orphelins qui habitent lliospice et pour ceux qui sont placés au dehors.

10 L'hospice des orphelins de la rue Saint-Antoine de Paris réunit ordinairement 800 orphelins euTiron. La dépoise annuelle , de rétablisseflpient s'élèfe à plus de 100)000 fr.

Le prix de la journée se compose comme il suit : »■. o.

Béparations •••.« » 7 62

Administration » 13 81

irotTRRiTUBK, Savoie:

Pam 2S 60 ]

Vin • " ( KA nA

Viande 16 63 j ®* ^o

Comestible 6 61 /

Traitement de maladie* ..••••••• 1 80

Chaul&ge , éclairage. •••.•••••• 8 00

\ MOBXUIB.

^biUemens et couchers. 12 23 |

Meubles et ustensiles. •• • 4 18 | 18 00

Buanderie. .•••••••••. ,2 68 )

Culte •• » » 66

Dépenses diverses .••••••,#••••• » 6 03

Mois de nourrices •••...• » 6 06

V L*orphelin est placé à la campagne moyennant une modique pension de 6 fr. par mois. On y joint une vélure, pendant l*intervalle Ue 2 à 7 ans, et une pension de 4 fr. seulement, de 7 ans à 12. A Page de 12 ans, on trouve à le placer gratuitement, moyennant la fourniture d*un trousseau.

Cest à ces conditions que radministration des hospices de Paris place ses enfims orphelins au dehon; elle y joint une somme de 60 fr., payée lorsque renfânt atteint rage de 12 ans.

La dépensé totale de l'éducation dé Forphelin, ainsi placé, ne «*élève pas à 700 fr. ; son séjour à l'hospice, pendant 2 ans seulement, eût coûté, comme on vient de le voir, 840 fr.

OBPRBtiNS BN VEAKCB. 97

paysans OU chez des artisans, de manière à ne pas élre à charge à l'établissement.

Un grand nombre d'hospices , dans les villes des départe* mens, ont continué à recueillir des orphelins, suivant la destination que leur assignaient la volonté de leurs fondateurs on leurs propres traditions. Quelquefois, ces intéressantes créatures sont élevées dans la maison même ; quelquefois elles sont disséminées au dehors. Il est des hospices où l'on conserve quelques-uns des sujets après leur éducation , pour les occuper aux services intérieurs, ou dans des ateliers. Da reste, on apeu d'info^mgUgn&ûffidelLes sur l'assistance que reçoivent l^'orphelins : c'est seulement en visitant les étgjjAiSfteoMA^ hospitaliers qu'on découvre ce qui est fait en feveur de ces infortunés. En général, les enfans recueillis à ce titre sont en fort petit nombre. L'hospice de charité de Lyon, par exemple, en a &0 tout aui plus à sa charge. Celui de Rouen eii admet, terme moyen , 5 par année, en place 4 au dehors ; car, la mortalité est d'un sur5 ; il en conserve 15 dans la maison. L'hospice

de St-Brice près Chartres en élève 20. On ne reçoit guère dans^ ces maisons que les orphelins qui appartiennent aux villes dans lesquelles elles sont situées ; on place au dehors tou^ ceux que l'état de leur santé permet de laisser chez des particuliers, eron pourvoit à leurs besoins jusqu'à leur majorité. Cependant , on voit avec un vif intérêt à Nancy le bel hospice d'orphelins fondé par le roi Stanislas : il renferme 101 orphelins des deux sexes; il est aujourd'hui pour la France un établissement modèle qui serait digne d'être imité. Les garçons y sont élevés jusqu'à quatorze ans, et sont ensuite mis en apprentissage. Les filles y restent jusqu'à 18 ans. Des primes de 150 fr., données en récompense, sont comprises dans la fondation du généreuse princç. Des prix sont distribués aux élèves. Marseille aussi possède un établissement considérable qui reçoit plus de cent orphelins par an, et en contient près de 300.

Il n'existe pas^ en France, un seul règlement qui détermine sous quelles conditions les orphelins seront admis et conser* lu 7

SECONDE PAUTIB. U?|UI |. flHA.P. III.

vës, ni qui prascrive te mode de leur éducation $ il n'existe uo& plus ni instructions parties du centre de l'administration publique} qui donnent à cet égard quelques directions utiles i ni relevés généraux qui fassent connaître le nombre des enfao3 de cette classe recueillis dans les maisons hospitalières, la régime auquel ils sont soumis» la mortalité qui règne parmi eux, I^ dépense qu'ils occasionnent. Un sujet aussi intérea^ sApt n'a fourni I4 matière d'aucun écrit livré au public, qui pût, soit rappeler les titres d'uue telle infortune auprès de la bienfaisance publique, soit porter des lumièrei^ dans le^ questions qui la touchent, soit enfin guider lâ charité dans le choit Am moyens les plus convenables pour la soulager (i)- Funestes conséquences d'une erreur de la législation s elles se prolongent alors même qm la loi est abrogée, que son texte est oublié ! L'prphelin ne sait à qui recourir) ceux même qua touche sou sort ne savent ce qu'ils, ont à faire pour lo servir. Et pendant ee temps-1^, Venùmi qui conseï^^ encore son père e( sa mère ^st adopté, élevé par l'élsft , pourvu que ses parens alept voulu s'eQ débarrasser : U ue reste à l'orpheliuque de se gMsser à la suite de celai-ci , afin d'eu partager les privi*lèges.CS)

A défait de dispensatioipus générales et prévoyantes, fixées par radmix^istratioA pud^lique , des assQpiations fibaiitables opr, dans plusieurs villes de France , eopçu et exécuté plusieup» nM)d^ d'assistance en faveur des orphelins*

A Paris seuleiooent, quatre établissen^ens principaux sont an ce m^mmi destinés aux garçpns de ceae plasse :

(1) Du m^t >MM fuiimtuk 1^ jum eq ont fait décimwir aucun jusqu'à GBJour.

j(2} L*aliteur du présent écrit était un jour au moment d^adresser quelque^ , jconaeik et quelques paroles de consolation aux enfans de l'hospice des or- / plielins, à Paris, en leur distribuant de petits encoùragemens, lorsqu'il fot ararli par les t^neh de t'ét^iiisseinent d'éviter é^ leur donner le nom à^orplte- Iku, iiqi^l i)s ^ tînuiai^ (uiiniliés.

OBPHBLIird EN VRA9GE. ^ 90

Sa

Celui de SainhNieolaê(i), celui des ^mia de Fenfbnee(ï) élèyent, nourrissent et entretiennent un certain nombre d*oppbelins, moyennant une très modique pension, et à Taide de souscriptions.

La maison tenue par les frères des écoles chrétiennes (S) les place à Paris même ou à la campagne, pour leur assurer un état, en donnant d'ailleurs à leur éducation les soins convenables.

Le comité des orphelins, affilié à la ioeiété de la morale , ehre'tienne , qui publie chaque année le résultat de ses louables travaux, exerce vis-à-vis des enfans qu'il adopte un patronage fort bien entendu, joint une surveillance^ctive et éclairée aux soins qu'il prend pour leur procurer un appren-

(1) M. le vicomte de^Noailles , qui avait dévoué son existence entière Wf orphelins de Sainl-^Nicolas, qui s'était établi au milieu d'eux, vient de leur être enlevé ; mais sa mémoire sera toujours conservée et bénie dans rétablissement.

lia maison peut contenir 100 enfans. H y sont reçus de 8 ans- jusqu'à l2. Us apprennent la lecture, l'écriture , le calcUl ; ils sont occupés, 6 heures par jour^ à des travaux manuels. L'instruction religieuse leur est donnée avec un soin particulier*

A l'âge de là ans, ils sont rendus à leiurs familles; mais l'administration concourt avec elles pour leur procurer des placemens avantageux , et ses k'elatiens avec des chefii d'ateliers choisis , lui offre les moyens d'obtenir pour ses protégés les garanties désirables.

Les enfans sont reçus moyennant une pension de 225 ft*., payée par les lEunilles ou par les bienfaiteurs. Mais cette somme ne représente que lès 2/3 envircm. de la dépense à laquelle ils donnent lieu.

(3) « Lebnt de la société des amis de Penfahce est de procurer aux jeunes m garçons pauvres (orphelins ou non) le moyen d'apprendre un métier. Elle « les reçoit dès l'Age d^ 8 ans^leur ftdt donner gratuitement l'instit'uction né- « «essaire aux professions industrielles , et, lorsqu'ils sont en état d'entrer en «t apprentissage, les place chez des maîtres choisis par elle, où ils sont entre- « tenus à ses dépens et surveillés par les membres du conseil.

» La société entretient aujourd'hui 80 enfons en pension ou en apprenti»» • sage.

« La souscription ordinaire est de 66 cpar mois ou O/r. par année; ^

(3) EUe est située rue du Faubourg-Saint-Martin.

100 SfiCÔnBE PARTIE. LITRE I. CHAP. III.

tissage (1). Il est heureusement secondé par une asioeioMon auxiliaire d'ouvriers qui s'Unit à ses vues, en côntrîbuaàt à ses dépenses. (2)

Les orphelines aussi ont été, dans ta capitale, l'objet de plusieurs fondations, ou ont obtenu la protection de plusieurs sociétés composées de damés charitables. On remarque; dans le nombre, la maison d'orphelines située au passage Saint- Paul (3); celle du passage Saint-Roch ; celle de la rue de Vangirard; celle dite de* orpheline de la Croiw; l'établissement de Saint-Louis, rue Saint-Lazare; celui de SaininFinceni-de- Pauie; celui de la rue des Brodeurs (&). La société' des jeunee économes et celle de Sainte-Anne, placent chez des ouvrières ou dans des maisons particulières de jeunes orphelines, en même temps que de petites filles indigentes^. Quelques-unes de ces institutions sont spécialement formées pour l'une des paroisses delà capitale (5), etc., etc.

: La plupart des établissemens charitables fondés et entretenus h Lyon , sous le nom de Providences, par des associations de

(1) n entretient de la^ sorte 89 enfiuis; la dépense moyenne anouelle est ^'environ 50 fr.

(2) Vassodation auxiliaire a reeaeilli en 1837, de 686 souscripteurs;

2620 fr. 20 centimes.

(3) Elle contient 48 élèves, les reçoit de 6 à- 17 ans; le prix de la pension

est de 160 fr. pour 12 d'entre elles; de 309 fv. pour 12 autres. 24 sont, élevées gratuitement.

. (4) Maison de la Providence^ rue des Brodeurs, fondée par M. Desgenettes, ancien curé des Missions étrai^ères, en 1820, a prospéré d'une manière re^ marquable; il est parfidtement dirigé; il élève 207 internes, et reçoit en p^tre, pendant le jour 60 jeunes filles externes. La dépense ne s'âève qu'à 86 ou 40,000 fr., c'est-à-dire seulement à 41 fr. par tète et par an. On n'y emploie aucun domestique; il n'y a pas de frais d'administration. Les dons des bienfaiteurs et le produit du travail des élèves, suffisent pour entretenir cet asile. Sur 613 jeunes personnes qui y ont été élevées jusqu'à ce jour, 6 se sçnt engagées dans les communautés religieuses, les autres ont été employées comme sous-maîtresses dans des institutions d'orphelines, ou out été placées comme o|ivrières, ou se sont mariées et sont devenues de bonnes mères de famille. (6) Celle de la paroisse Saint-Roch est située rue Tra^eisière SU-Bonori,

ORPHBUirÇ EN F&AlfGE. 101

souscripteurs du par des fondations privées 9 donnent Téducation gratuite à des enfans orphelins des deux sexes, en même temps qu'à des enfans de familles pauvres qui conservent encore leurs parens. Dans le nombre on aime à citer la Providence de Saint-Joseph (i) , qui présente un caractère spécial : elle est entretenue en grande partie parle produit du travail des enfans; le fondateur a voulu leur donner pour mobile un sentiment de charité envers leurs compagnons d'infortune , le désir d'associer ceux-ci à leur destinée ; mo* bile d^une haute moralité, qui exerce , en effet, sur ces jeunes cœurs un singulier pouvoir : faire du bien à leurs camarades devient leur récoinpense.

Des institutions semblables ont été formées dans un grand nombredecit|^y par le zèle et les soins de dames charitables

qui se.dévonentj)oiH*-l^^ f!Jf!!gP'' H suiBt de citer ici, comme exemple, celle de Grenoble qui est en effet bien digne de servir de modèle. La maison fondée dans cette ville entretient environ 70 orphelins ; on les reçoit de 8 à 10 ans ; on les couserve jusqu'à 18. On leur apprend la lecture, l'écriture, le calcul, et tous les ouvrages de lingerie dans une rare perfection. Les dames fondatrices ne peuvent jamais répondre à tontes les demandes de sujets qui leur sont adressées ; rien ne prouve mieux le mérite de l'éducation qu'elles donnent aux orphelines. (2) '

La même viHe possède aussi , pour les orphelins , VimtUui iSatit/'/o^^A, également soutenu parles dons de la charité

(1) Elle est éul>lie à la Groix-Roiuie-et doit son eiListeuea à M. Tabbé Collet; elle est destinée à reoeToir 100 enfims.

(3) La dépense pour chaque élève est, savoir :

Nourriture, par jour, 83 centimes 4/10 ; par an. f. 121 *

Vétemens, linge et chaussure 58

Dépenses générales . ....... ^. 71

mm

Ces jeunes filles assistent aux convois funéraire des personnes aisées, et reçoivent à cette occasion de petites gialiiîcaiions. ,

iOa SECOITDB PARTIE. LIVRE I. CHAP. III.

privée. Il place les o|[pheli%is.en apprentissage^ veille surtout à leur donner et à leur conserver de bonnes mœurs, les assiste . dans leurs besoins, leur assure un bienfaisant patronage.

Ces établissemens ont, par leurs résultats, dépassé les espérances qu'ils avaient fait nattre.

La France entière a connu lès touchantes circonstances du secours porté , en 1835 , aux orphelins de la Teste , 'sous Timpulsion du cardinal de Cheverus et par les soins de son digne organe (1), Feutrée de ces jeunes enfans à Cordeaux, la création spontanée des asiles qui les recueillirent; elle y a applaudi , et ce souvenir appartient aux annales de la bienfaisance. D'autres orphelins de la ville même ont , à cette occasion, excité la sollicitude des généreux fondateurs, et partagé le bienfait. Le désastre qui avait frappé les familles de . pécheurs ^ dans un port voisin ^ est devenu ainsi pour cette grande ville Toocasion de joindre deux nouvelles institutions à celles dont une charité éclairée Favait déjà dotée*

Parmi le grand nombre d'institutions érigées , en France , ^ par des fondations privées, pour des orphelines, la maison Sainte-Ânne , de Dijon , mérite une mention spéciale. Fondée par le président Odebert ^ elle admet l&O jeunes orphelines, de l'âge de il à 17 ans : sous ce rapport elle a un but éminemment moral. Grâces à Texcellent esprit qui préside à sa direction, au régime de vie qu'on y suit, cet établissement produit des fruits qui en font le meilleur élogç ; les ouvrières et le» filles de service qu'il forme sont généralement recher-chées. (2) " '

Diind d'autres villes, à Avignon, à Rennes, par exeniple, il

(1) M. Tabbé I)i^uch alla lui-même chercher .cette colonie, la conduisit à réglise métropolitaine, recueillit les dons, organisa Icji deux établiwemens.

( 2) Cette maison est dirigée par une congrégation religieuse; elle jouit d*im revean de 60t000fr., qui est accru de 4000 fr. enTiron par le produit du travail des'^èves. L*auteur, qui a eu occasion de la Yisiter, a inséré une no« lice à ititï stffet dans le SUffètin de fa société des établissemens charitabies, tome 1<", n® 2 , page 226.

OUHBtllfS EN tHAKCl. 109

s^ëst (bnné des associations de jeunes demoiselles , qol s'oc« cupent d'élerer de jeunes orphelines , de pbiirrolr à leuf entretien , et qui les munissent encore d'une petite dot quand elles se marient.

On aime à voir que ces institutions se propagent depuis quelques années. En 1837, une association de 800 dames a ouvert, dans la ville de Ciermont, un asile pour les orphelines sous la direction des dames de la Providence (l). Récemment encore^ une demoiselle de Saint-Amand a légué 4 cette ville une somme de plus de 20Û,000.fr., pour ériger un hospice d'orphelins qui doit être confié aux soins des Sœura de la charité. (2)

Nulle cirponstanoé peut-être , dans les temps récens , n'a mieux fait éclater toute la puissance et l'héroïsme de la charité que l'invasion du choléra. Les orphelins , que le fléau n'avait épargnés que pour les laisser dans l'abandon , ont eu aussi leur part dans les bienfaits* qui sont venus lutter contre les désastres. Paris, frappé d'abord, Paris si cruellement décimé, a encore donné l'exemple à cet égard; une association spontanée, sous le litre d'œuvre de Saint-Vincent-de- ^ Paule, a réuni rapidement un grand nombre de souscripteurs, et recueilli des dons assez abondans pour soutenir plus de liOO enfans des deux sexes. Une grande partie, les filles principalement, a été placée dans des pensionnats choisis; une autre a été mise en apprentissage; un certain nombre dWfans, conservés au sein de leurs fomillés, ont été assistés à domicile, en attendant leur placement. L'assistance est contl-t nuée aux orphelins, jusqu'à ce qu'ils puissent se sul&re à éut-j mêmes. On évalue à 200 fr. par an , terme moyen , la dépense qu'occasionne chacun d'eux. Cette institution n*est que temr

(1) L*atiteur a eu occanon de la visiter 4 mois après; elle contenait déjà 24 orphelines.

(2^ Mademoiselle Renique Delatour est la fondatrice. Une ordonùanœ royale du 24 mars 1838', a autorisé Tacceptation du legs évalué à 226)000 fr.

SBGONDE PAETIE. LIVRE I. GUAP. III.

poraire ; mais , on suppose qu'elle devra subsister dix années pour accomplir la belle mission qu'elle s -est donnée. (1)

Des rcgiemeas relatifs aux orphelins en Belgique.

Les hospices des Pays-Bas , comme ceux de France , étaient dotés de diverses fondations en faveur des orphelins. Ces» provinces possédaient aussi, comme rAUemagne, des caissea spéciales en' foveur des veuves et des orphelins ; on en comptait 26 dans le royaume des Pays-Bas , au moment de la séparation de la Belgique et de la Hollande.

Les orphelins devaient être assistés à leur domicile de secours. Ceux dontledomiciIe.de secours ne pouvait être déterminé , ont été , par arrêté royal du 6 novembre 1822 , assimilés aux enfans trouvés. En vertu du même arrêté, les orphelins ont été admis dans les colonies de la société de bienfaisance , dont nous aurons occnsion de parler dans la suite , aux frais des hospices, des communes ou des provinces $ les conditions de* Tadmissiôn ont été réglées , par le même acte. •

Depuis que la Belgique est séparée de la Hollande, la silua-

(1) L'œuvre de Saint-Ymoent-de-Paule de Paris a été formée sur Tinvitation de M* rarchevèqoe de Paris ; des dames y sont attachées en qualité de trésorières et 8e quêteuses. La distribu^on des secours fournis à domicile est confiée aux sœurs de Charité; les enfiins n*y Stont admis qu'autant ^u^ils suivent les exercices des salles d'asile ou des écoles ^ suivant leur âge.

En mars 1833 , année qui a suivi l'invasion du choléra , ' on coniptait 423 enfons admis; savoir :

Gà^RÇOVS. vitiLB^. TOTAl^,

;£n pension. . « • . * 12 208 218

.' En apprentissage. ...;.. . n 17 2é ^

Secourus À domicile 160 17 177

Voyez une notice sur cette œuvre , dans le BuUetin de la société des étO" blîssemtns charitables , tçme 11 , n® 4 > V%^ 340.

COIfPITIONS BT AHlfcLIORATIOIÇS. iQh

tion des orphelins, dans le premier de ces deux royaumes a été définitivement fixée par l'article 2 de la loi du 30 juillet 1854. Les frais doucette classe d'indigens ont continué d'être mis à la charge des ce hospices et bureaux de bienfaisance

te du domicile de secours , sans préjudice du concours des ce communes (1) ». Aucune règle d'ailleurs n*à institué pour les orphelins ua régime d'éducation.

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