‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 20 sur 84 · SECONDE PARTIE. LITEE I. CHAP. IV · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. LITEE I. CHAP. IV

apprendront à de ven ir les serviteurs des pauvres; ils acquerront les qualités nécessaires à ces fonctions; on cultivera dans leur âme les sentimens qui doivent les ennoblir.

Pourquoi les établissemens formés pour Téducation des orphelins sont-iiSy presque universellement, érigés au sein des villes, et de préférence même dans les grandes villes? Pour- <Iuoi y construire de vastes édifices, y entretenir à grands frais tous les services nécessaires, au lieu de transporter ces asiles dans les cainpagnes, où, sous une forme plus simple, avec bien moins de dépensée, ils porteraient des fruits plus abondans? La supériorité de cette dernière combinaison est suffisamment établie par les modèles qu'ont créés le respectable Fellenberg, et les instituts formés d'après ses exemples. Là, les orphelins respirent un air plus pur, acquièrent une constitution plus robuste, deviennent meilleurs en se trouvant plus heureux ; le spectacle du luxe et des vices ne se déroule point sous leurs yeux ; la vie dei^ champs leur conserve les trésors de Tinnocence et cette joie de Fâme qui l'accompagne ; les scènes de la nature nourrissent dans leurs jeunes ^cœurs les sentimens religieux. Les travaux mar nuels, dans les occupations champêtres, ont pour eux plus de charmes; l'étude même leur offre plus d'attraits. On économise au moins la moitié sur les dépenses de logement et de nourriture; et, si l'exploitation rurale à laquelle ces enfans sont attachés est habilement conduite , une portion potable des dépenses sera couverte par les produits (1). Alors, on peut les conserver dans l'établissement à l'âge de l'adolescence, et leur continuer ainsi, de 12 à 20 ans, les soins d'une bonne direction morale; car, à cet âge, ils ne sont plus une charge sensible. Nous aurons occasion par la suite de revenir plu- 4sieurs fois sur ce sujet, et d'autres considérations nous ame7 neront à renouveler le même vœu.

(1) M. de Fellenberg assure que les frais de son école des pauvres à Hofnrjrl, lont couverts par le produit du travail des élèves, dans son exploitation agri* cole.

KÈGLES StR l'ÂDUCATIOIT DBS ORPHEUHS. 133

Un tel genre d'ëtablissemeûtréclome, il est vrai, dans ceux qui le dirigent, beaucoup d*habilété, de sagesse et une rare activité. Mais il faut se persuader que le bien se fait toujours difficilement : plus il est complet, et plus il devient difficile; pré tendre créer et conduire des institutions utiles, sans efforts, est une chimère. On ne peut avoir les honneurs du zèle, sans en subir les fatigues. Signalons le but, quelle que soit la distance qui nous en sépare, et espérons des amis du bien le courage nécessaire pour le poursuivre et l'atteindre !

En considérant, ainsi qu'on doit le faire, les instituts d'orphelins, bien moins comme des maisons de secours, ouvertes à des nécessités présentes, que comme des établissemens de noviciat et de préparation pour l'avenir; en consultant les intérêts de l'orphelin, pendant le cours entier de la vie, on ne peut assez applaudir aux mesures qui ont pour objet de munir les orphelins adultes, à leur sortie, d'un petit pécule qui les aide à acheter un métier, à s'établir avec quelque indépendance. Fournir aux jeunes orphelines une dot au moyen de laquelle elles puissent contracter un mariage, ou bien s'engager dans une congrégation religieuse, où leur destinée est fixée pour toute la vie, est un bienfait plus grand encore. Les oiphelines pourront ainsi faire choix d'un genre d'existence et d'une situation durables et honorables; ce choix les garantira de plus d'un danger. Les établissemens qui sont en mesure de compléter ainsi leur bonne œuvre, doivent seulement s'ar* mer d'une plus grande vigilance contre l'abus des admissions trop faciles; car, l'appât des avantages offerts pourrait exciter l'avidité de plus d'une famille, et la détourner de prêter aux orphelins qui lui appartiennent Tappui qu'ils avaient droit d'en attendre.

 défaut de dotis constituées par les fondations, on doit former aux orphelins des deux sexes, pendant le temps qu'ils passent aux ateliers d'apprentissage, une petite épargne, proportionnée au mérite de leur travail, et qui leur est remise

à leur eortie. C'est un puissant encouragement ; c'est aussi une manière de les mettre en état de se placer avec plus de fiicilité et d'avantage s c'est enfin une bonne habitude à leur faire contracter. (1)

En général, il est deux choses dont on ne saurait être trop libéral envers les jeunes oi^helins adoptés par la bienfaisance publique t ce sont les bons conseils, et les encouragemens. Lorsqu'un certain nombre d'orphelins a été disséminé en placement chéa des ouvriers dans une même ville, il est bien de les convoquer de temps en temps, comme dans une réunion de ftimille, pour s'entretenir avec eux , et leur donner de sagea directions ; des primes et des récompenses graduées seront décernées à ceui qui tiennent la meilleure conduite. On pré* viendra ainsi l'abattement auquel ils sont exposés $ on excitera entre eux une louable émulation j on leur donnera un gage de l'affection qui continue à veiller sur eux.

Un manuel de torphelin a été dernièrement composé et publié en Angleterre. Il renferme d'excellens conseils à l'u*' sage de cette classe d'infortunés ; c'est un guide, un ami, pour la vie entière; des exercices religieux, des hymnes^ ap-* propriés aux besoins du lecteur y sont joints. Un pareil ou-* vrage manque à la France : à défaut, on devrait remettre à chaque orphelin, un bon choix de livres à son usage ; espèce de dot qui suppléerait à ée qui lui manque sous tant d'autres rapports^ qui prolongerait pour lui les effets d'une bienveil^ lance éclairée, et qui consoliderait les résultats de l'éducation qu'il a reçue.

(1) C'est ce qu*on pratique , par exemple, à rétablissement des martînettt de Milan; dès que les enians sont en état de gagner quelque chose par leur trnwil» on réserro tiae parti* des produits ponr aider à les établir quand la dwrf^d* l«v séjour, qui est do â an», diiBs cet ipile» mH apirée.

INSTITOTIOHS UL4TIVSS AVX WJfidM 9BOUVÉS. 18{

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