‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 25 sur 84 · STO la · texte numérisé non relu

STO la

H0SNGB6 »'BN9AirS TllOVVâ8| BH BSFA0KE. 179

' Les enfàn» trouvés des trois provinces de Domodossola, Pallanza et Yalsesia, renfermant ensemble une pq[>ulation de 136,585 habitans, sont portés à l'hospice de Novare ; ceux de la province de St-Remo^ renfermant 61,^53 habitans, à l'hospice d'Oneillei ceux de là haute Savoie, renfermant 39,503 habiuns, à Tbospice de Ghambéi^ ) ceux du Faucignyï (77,856 habitans), à Thospice de Thonon i ceu:i delapro* vince de Cal*ronge (17,960 habitans), à Thospice d'Annecy.

La province de la Manrienne n'a aucun enfant trouvé; elle renferme 53,711 habitans.

On voit que, sur une population totale de quatre millions environ d'habitans , le Piémont coriipte plus de 18,000 enfans trouvés, entretenus aux frais du public^ c'est-à-dire environ 4 et 1/2 sur mille habitans :

Que, chaque année , il eii est exposé 8 et 1/2 environ ^ sur

Que la mortalité est, parmi eux, d'environ 1 sur 9 enfans ;

Que la dépense revient à environ 52 livres par tète, terme moyen.

Enfin, un dixième de cette dépense est employé en frais d'administration. '

Espagne et Portugal,

Avant 1810, on comptait, en Espagne, suivant At. le vicomte de Villeneuve-Bargemont, 69 hospices d'enfans. trouvés. La plupart des enfans étaient allaités p^r des nourrices entretenues dans Tintérieur des établissemens; les autres, placés au dehors dans les campagnes. A quatre ans^ ils étaient ramenés aux hospices, pour y recevoir l'éducation, jusqu'au moment où ils étaient mis en apprentissage. Les sœtirs hospitalières étaient chargées de la surydllaiice. Mais ces établissemens ont beaucoup souffert de la guerre dinvasion, puis, des

180 SECONDE PABTIE; trVEE 1. CSAP. T.

discordes civiles. Leur principale source dé revenus, la dtme, est aijyourd'hui tarie. Cependant, quelques-uns de ces hospices ont survécuou se maintiennent.

L'institution hospitalière de Madrid, en faveur des enfans trouvés, se compose de trois établissemens distincts : l'un , qui porte le nomi de la Ineltua ou Casa de Nmos eapa^iios, reçoit les enfans au moment de l'exposition, et pourvoit à leurs besoins, pendant les premières années ; les deux antres, connus sous le nom.de Collège de la paix; et de Collège de los Desamparados (abandonnés)^ recueillent, à l'âge de sept ans, I'uq les filles, l'autre les garçons, qui proviennent de cette origine, et en continuent Téducation .

L'hospice de la Inelusa continue à admettre encore un grand nombre d'enfans. Il admet tous ceux qui sont déposés au tour. Voici le mouvement de sa population, de 1833 à 1838 , en prenant la moyenne annuelle :

ExifUmt au premier jour de Tannée. .«••••••• 1191

Entrés dans Tannée. • iai6 '

Morts Id. • . . . ' 1202

Rendus à leurs parens 36

Filles enToyées au collège de la paix» 71

Garçons envoyés à celui des abandonnés, • . . • • 72

^ Adoptés par des particuliers .*•.... 8

Envoyés à la maison de Bienfiûsanoe .••• 1'

La mortalité a été dans le rapport de 36, 5 sur 100 enfans existant dans l'établissement,. et de 92 sur 100 admissions annuelles; dans quelques années la mortalité a même dépassé le nombre des admissions annuelles.

Cette mortalité s'est répartie, relativement aux âges, dans la proportion suivante :

Dans le cours de la première année : 48,2 sur 100 décès.

Delà2ans ;.... 88,7 M

De2à8. 6 Id.

De8à4.. 2,1 Id.

De4àff.... 0,7 Id^

Dt5à6 « 0,2 Id.

.DeOà7 • 0,1 Jd.

HOSPICBS B'eNFAICS TEODYÉSy EN ESPAGNE. 181

Le moiorement de la population de Thospice de la Paix, ' pendant les cinq mêmes sumées, a donné les résultats suivans, moyenne année :

Filles existant au 1*' janvier, savoir :

liaiislainaûoii... ...; .278 \\qq

Au dehors , placées àtu des particuliers 290 |

Entrées annuelles. • . • • • i • • • • • • • • • . 74

Décès 32

Mariées • 7

Adoptées 1

Rendues à leurs parons 1

La mortalité est.ainsi de près de 5, 25 surlOO des filles existant à l'hospice, et de &2, 50 sur 100 des entrées annuelles. (1)

Le mouvement de la population de l'hospice des en fans abandonnes^ pendant le même intervalle, donne les moyennes ci-après, par année : .

Garons entrés. •••...•...• . 70

Décès. 88 , ,

Les deux premiers de ces trois établissemens, annexés Ihip à l'autre, sont placés sous la même administration. Une

(1) Le nombre mensuel des admis- Le nombre mensud des décès a

aions a offert Téchdle suivante en présenté Téchelle ci-après , dans

commençant par lés mob où elles Vordre des mois où ik ont été plus

out été les plus fréquentes : fréquens :

Décembre. Août.

Mars. Décembre.

Janvier. Septembre.

Févriers Janvier.

Novembre. Février.

Octobre. Octobre.

Mai. Novembre.

Septembre. Juillet.

Avril. Mars.

Août. ' Juin-

Juillet. * Mai.

Juin. Avril.

182 SÈCOKDE PARTIE. lltlIE I. CHAP. V.

iunte^ coniposéè de dames du premier rang, y préside. Elle est assistée par les sœurs de la charité.

A leur arrivée dans l'hospice, les enfans ti^ouvés sont remis à des nourrices dont chacune en allaite jusqu'à troia* Une partie est confiée à des nourrices du dehors.

Les jeunes fiÙes reçoivent, à rhospioe de /a Paix, Tinstruction élémentaire, y apprennent à exécuter les travaux de Taiguille, à tisser la toile et les chapeaux de paille. Le produit de ces ouvroirs s'élève à près de dix mille francs par an. Elles sont fort bien nourries, simplement, mais, proprement vêtues. Le prix moyen de leur nourriture revient à environ cinquante centimes par jour; leur trousseau à trentecinq francs. La dépense moyenne, par tête et par jour, est, pour chaque jeune fille, élevée dans cette maison, d'à-peuprès soixante-quinze centinoies.

Enjoignant à cette dépense celle des enfàns en nourrice, (m a une moyenne, pour ces deux elasses, de 35 c. par jour.

Lé collège deê Ahandonnéi est régi par là. junte générale de hienfaùance, qui dépend elie-méme de la municipalité de Madrid. On enseigne aux enfans la lecture, l'écriture, le calcul, la grammaire, la géographie, le dessin; à quatorze ans, ils sont placés en apprentissage. La maison est parfaitement tenue. Des soins paternels sont donnés aux enfans ; ils sont bien nourris, bien vêtus, bien couchés. L^ordre, la propreté régnent dans l'établissement. Le silence y est bie6 observé. On évalue à soixante-cinq centimes par jour la dépense occasionée pour les consommations de chaque élève, le chauffage compris. Leur trousseau revient à soixante-quinze ou quatre-vingt francs par an, y compris vingt francs pour le petit uniforme, dont ils sont vêtus quand ils sortent. (1)

Parmi les institutions d'enfans trouvés, on en trouve peu où

(1) L'auteur est redevable de ces détidls à Famitié de M. Ramon de la Sagra , dont le nom est également honofé dans la science et cher aux amis de rhunumité.

V HOSMCBB ÏD'EVFAHt TEOlITÉft. BU VOBTOGAL. 183

les admissions soient aussi nombreuses que dans celle de Madrid, et où la mortalité soit aussi considérable. Du moins, la

destinée des enfans qui survivent y est l'objet d'une généreuse sollicitude.

Une ordonnance de Charles IV, en date du 5 janvier 179& (1), veut que. ccLes enfans exposés, sans pères connus, «c soient considérés comme légitimes, et admissibles à tous <c les emplois civils. Les tribunaux puniront comme coupables <c dMnjnre et (J'offense les personnes qui se permettraient de «donner à un enfant ti^uvé le nom de bâtard, et adultérin ce on autres semblables. Les individus sortis de la classe des <c enfans trouvés, dans le cas d'une condamnation judiciaire, flt ne doivent subir aucune peine infamante, mais seulement « celles qui pourraient être imposées VLUXpersMnei primléce giéet (2) i>. C'est cette loi sans doute qui a donné lieu à quelques éciivains de supposer que, en Espagne, les enfhns trouvés étaient anoblis de plein droit par le fait de leur orfgtne.

On ^ peu dinformations sur lliistotre et la situaticm pré^^ sente des institutions d'enfans trouvés en Portugal. On est seulement fondé à présumer qu'elles sont analogues à celles de l'Espagne. Pendant le cours de cinq années (dé 181 S à 1819), quelques hospices d'enfans* trouvés avaient recuetlli, savoir?

Celai de Lisbonne. • • • > 13,088 en£ans.

Celui de Santarem 54Û ïd.

Celui de Lamego. ..«••..• âlé id,

Gâui èe BragaMe* ^ • • «... lyOMl td.

Celui dTAlcabiii^.....*- f* 33 Id.

14,91« td,

' £Bi»eniblû, moyenne par anaée, environ 3,000.

(1) Voyez la Ibi 4*,liV. vu , tit. xxxvii, de la Î9ùvissîma Recopitafion»

(2) If on si tmpanga a lot ea^posHos ÎMSpénta de f^efgumta ptéUea (f menade sur un âne) , ni la de arotes, inkt df kénaa; titêi afmdkt tfn iguales dMmi se knpimdrÙm tt pewsçnâs pmU$§md9s.. A,

SBOOBI» rAKTIIt. UVKE I. tHA». T.-

Allemagne méridionale et rive gauche du Bhin.

Les expositions d'enfans sont en général fort rares, dans toute l'étendue de TAllemagne. La recherche de la paternité

y est autorisée par les lois, quoique modifiée par la jurispru- ' dençe. Le législateur a\pris soin de protéger le sort de l'enfant illégitime. La fille mère est tenue d'élever son enfant ; elle l'entretient du produit de son travail ; elle est. assistée si ses ressources sont insuflSsantes ; elle épouse ordinairement le père de son enfant ; l'opinion publique ne la.séc[uestre pas de la société, ne la flétrit pas d'un arrêt inexorable. Aussi, l'infanticide est-il peu connu dans cette contrée de FEurope. D-un autre côté, les lois féodales régnent encore dans une partie des états de la maison d'Autriche, et du reste de l'Allemagne. Elles mettent l'entretien de l'enfant trouvé à la charge du seigneur et de la commune où il a été exposé. Le besoin d'hospices spéciaux, destinés à recueillir cette classe de malheureux, s'est donc peu fait sentir.

Cependant, Vienne possède un grand hospice d'eufans trouvés, érigé sous Joseph II, et situé dans l'AIstervorstadt.'Il admet les enfans des malades, traités à l'hôpital, et ceux qui . sont nés hors mariage; il reeueille environ 2000 enfans, , par année, et en entretient à-peu-j)rès 3000. Un récépissé est remis à la personne qui dépose l'enfant, et porte toutes les indications nécessaires pour le faire reconnattre quand il est réclamé. L'enfant est placé en pension dans la ville ou les faubourgs.

Cet établissement forme une sorte d'annexé de la maison d'accouchement, qui lui fournit des nourrices; les femmes l*eçnes gratuitement, dans la maison, s'engagent à servir quatre mois dans l'hospice.

La mortalité est d'environ ft8, sur 100' enfans admis.

HOSPICES D^BITFANS TEOUViS, EN ▲LLEHAGNE. 185

Parmi les circonstances qui distinguent cet établissementi on remarque le dëveloppement ingénieux qu'il a donné au système des pensions, et les restrictions qu'il a apportées à celui des admissions gratuites. L'hospice n'a point de tcur. L'enfant n'est admis gratuitement que dans les trois cas suivans : 1*^ S'il est né dans la maison d'accouchement, et si sa mère consent à servir quatre mois comme nourrice dans celle des enfans trouvés; 2° s'il a été trouvé exposé dans la , rue, ou si sa mère a été surprise par le travail de l'enfante-, ment, s'il apporte un certificat d'indigence délivré par les autorités compétentes ; 3° si sa mère, quoique non reçue à la • maison d'accouchement, consent à servir trois mois comme nourrice dans celle des enfans trouvés.

Les enfans des criminels sont également admis , qu'ils soient ou non nés en mariage; mais, s'ils sont nés en ma-, riage, ils sont conservés dans la maison, jusqu'à ce que leurs parens recouvrent la liberté; s'ils sont nés hors mariage, ou si les parens meurent dans la captivité, ils sont envoyés dans d'autres établissemens.

Il y a quatre catégories d'admissions :

La première a lieu, moyennant une taxe de 100 florins, pour les enfans de l'empire, nés dans les provinces autres que celle de la haute Autriche ; .

La seconde, moyennant une taxe de 50 florins, pour ceux ^qui sont nés dans cette province ou dans la ville de Vienne, mais hors de la maison d'accouchement ;

La troisième, moyennant une taxe de 20 florins, si les enfans sont nés de mères qui ont été reçues à la maison d'accouchement, en payant leur séjour ;

La quatrième, enfin, à titre gratuit, dans les cas exposés ci-dessus.

Après que l'enfant a passé deux mois à rétablissement, il est envoyé à la campagne, où il est payé pour lui, savoir :

Pendant la première année, & florins et 10 kreutzers par ^ mois, ou 50 florins par an ;

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