‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 26 sur 84 · SieOlIBB 9ARTIB. LIVRB I. CaiAP. V · texte numérisé non relu

SieOlIBB 9ARTIB. LIVRB I. CaiAP. V

De deux ans à six ans accomplis,. S fl. et 50 kr. par mois, M 30 fll. par an ;

De sept ans à dix, 1 fl. et M kr. par. mois, ou SO fl. par an.

Les personnes auxquelles il est confié reçoivent, en outre, une gratification de & florins, à la fin de la première année, si elles Font bien soigné pendant huit mois au moins,, et une de 294 florins après les dix ans révolus.

La véture est d'ailleurs fournie à Tenfant parrétablissement.

A r&ge de dix ans, l'enfant rentre à Thospicle, si ceux qui Tont soigné jusqu'alors ne veulent pas continuer à le garder^ gratuitement ; il suit les écoles, on lé place ensuite en apprentissage.

A quatorze ans, l'hospice a le droit de le rappeler, et ses parens adoptifs celui de le rendre.

Cent trente pls^cès sont réservées, dans Thosplce des orpbe^ lins de Vienne, pour des sujets provenant de la maison des enfans trouvés , âgés de sept ans, et jouissant d'une bonne constitution.

L'établissement fournit aussi des nourrices à des particu-lîers, et perçoit une rétribution pour ce service.

Une société de dames nobles protège cette maison, en à la surveillance, et contribue aux dépenses par ses dons. Elle a, dans une seule année, consacré pliis de 10,000 florins à et généreux emploi.

Le gouvernement autrichien , par une sage dispensatîon , dont nous necopnaissons pas d'autre exemple, a prescrit que, dès l'&ge de six ans, les enfkns soient régulièrement envoyés àPécole, qu'ils .y soient gratuitement reçus; que les livres leur soient fournis par le curé. L'enfant est placé sous la protection du curé de ta paroisse. Ceux qui en sont chargés encourent des peines, s'ils ne lui donnent pas les soins comve^ nables. (1)

(1) Voyez Foutmge ê» M. Anseine Mueûû : DU Uremken- mdP^morgùhgs^Jnstaheri zu fFUn, etc. (Munich , 1813 ^ m M cl màt^

HOSPiCBS tfwnfkJXB nouvAfl, wx aiiLBmâgne. 189

Cet établissement est, comme on voit, destiné aux enftins trouvés de tous les états autrichiens $ on assure cependant qu'il en existe de semblables à Prague, Brunn et Grats.

Les registres de l'hApital du Saint-Esprit à Munich, dont l'origine remonte probablement au xii* ou xiii* siècle, font mention, dès 1A89, d'une salle, qui y était réservée aux en*fans trouvés.

L'électeur Charles-Théodore , ayant, en 1780, rendu aux enfans illégitimes les droits civils, dont ils étaient jusqu'alors privés, le nombre des enfans présentés à l'hospice s'aocrut. Il fallut leur affecter un local distinct, annexé à la maison d'accouchement. Il n'y a pasi de tour dans cet établissement, qui porte le nom de Maison des enfans. En 1832, il entretenait 525 enfans, dont 269 garçons et 256 filles.

La mortalité avait été de huit. La dépense totale s'élevait à environ 25,000 florins, c'est-à-dire à près de 50 florins par enfant.

D'après un rescrit royal du 31 octobre 1802, les enfans. doivent être confiés à des cultivateurs, moyennant un prix de pension qui monte annuellement à ^8 ou 50 florins, indépendamment des mois d'école, et de la yéture^valuée par an, à 6 florins et 30 kréutzers pour Ié9 garons, à 5 florins et 30 kr pour les filles.

Les enfong ainsi placés, sont sou^i la surveillaiiQa des curés «t des magistrats civils. (1)

, Vu ancien hospice d'enfans trouvés existait i Nuremberg. Uest atûourd'bui réuni, à celui des orphelins, et rétablissement porte Ha-fois ce^^ deux titres (2). A la porte est une sonnette destinée à foire Toffice de nos tours. Cependant, U est très rare qu'on y apporte de$ enfansi, et à peine en a-t-ii été présenté 7 ou 8, pendant lea 16 dernières années. (3)

(l) Yoyez un deuxième ouvrage de M. A. Martin : Die Kranhen-Fet' sorgungs-Anstaltm zu 31ûnchen, Munich, 1834, p. 179.)

{%^ Elndel- und Wmaûuuu^

(3) L'auteur, en mitant eet établissement» en octobre 1837t S rocneilU le fait ici rapporté , de la bouche de M. le directeur.

188 fiXGONDB PARTIE. LIVRE I. CfiAP. V.

Les provinces de la rive gaiiche du Rhin connaissent à peine l'exposition des enfans, et n'avaient point d'hospices d'enfans trouvés, lorsqu'elles furent réunies à la Frapce. Des hospices de ce genre furent alors établis, et des tours ouverts à Mayence, Trêves et Coblentz. Un nombre d'enfans^toiy ours croissant y fut apporté. Lorsque ces provinces ont été soumises à la domination prussienne, ou au grand-duché de Hesse-Darmstadt, les hospices ont été supprimés, les expositions ont cessé. Â Mayence, on ne compte plus aujourd'hui par an qu'uhseul enfant trouvé, et 12 enfans abandonnés, tout au plus. (1)

ARTICLE V

Institution^ relatives aux enfoins tromés , dUms les contrées non catholiques,

Allemagne septentrionale; cantons soisses.

Un grand nombre d'établisseméns hospitaliers, anciennement fondés, ont été supprimés dans une partie dé l'Ailemagne, à l'^oque de la réforma'tion de Luther. Les enfans exposés ont été privés ainsi des asiles qui leur étaient ouverts; la réfprmation voyait d'ailleurs cette classe d'enfans avec peu de faveur, comme devant lé jour à un commerce illégitime. L'influence exercée, au xyii"^ siècle, par saint Vincent de Paule, qui multiplia d'une manière si considérable ce genre dliospices, dans les états catholiques, ne pouvait s'étendre dans les contrées qui professaient un autre culte. Dans cette partie de l'Allemagne, la bienfaisance publique s'est dé préférence attachée au soulagement des orphelins; lors-

(i) L*attteur a acquis par lui-même la confirmation de ce fiiit , .en visitant les élâblissemens d'humanité de Mayence et de Gobléntz, an mois de septembre-1837.

HÔSPICI8 DANS LIS CORTRiBa KON GATHOIJQUBS: 189

. que sa sdlicitude s'est portée, sur les. enfans abandonnés , c'est sartout sur ceux qui, ayant déjà quelques annéeSi couraient le danger d'une corruption, précoce ; les institutions dont ils sont devenus l'objet, et qui nous occuperont dans l'un des chapitres suivans, ont été essentiellement cou-, çues dans un intérêt de morale et d'ordre public.

L'un des derniers électeurs de Hesse-Gassel, ayant émbrassé le catholicisme, érigea à Gassel, en 1763, un hospice d'enfans trouvés , qui n'a subsisté que 24 ans, et qui a été supprimé par l'un de ses successeurs, sans qu'aucun inconvénient s'en fit sentir. .

Un refuge pour cette classé d'enfans existe à Berlin, mais comme établissement privé, entretenu par la grande loge des firancs-maçons, tant à sei3 propres frais qu'au moyen d'ime collecte ordonnée dans les loges étrangères.

Schultz a publié une notice sur un hospice semblable érigé, en 1753, à Stockholm, par une société du même genre (1). a La « même année, dit Krunitz^, vit fonder, à Copenhague^ un hos- 4k pice d'enfans trouvés, pendant le ministère du célèbre et ç malheureux Struensée. Mais les abus qui s'y introduisirent, « plus encore que la chute de ce favori, ont été cause qu'il n'a « pas survécu à son auteur (2) ». Le même écrivain indique encore l'existence de trois hospices d'enfans trouvés à Amsterdam, Hambourg et Dantzig. De Hennig a publié, en 1799^ une notice^'Sur le dernier- de ces établissemens; Becker, en ;1800, sur la maison des enfans trouvés de Dresde. (3)

Du reste, les enfans exposés sont assimilés aux autres indigens. Les filles-mères, qui ne peuvent recourir au complice de leur faute, reçoivent en quelques états des secours eii partie sur la caisse d& la province, en partie sur celle de la com-

(1) Inséré, dans le recueil de Sehreber, 1700 » 4" pvt , pag. 1 à 43. ' (2) Yoyez son Encyclopédie allemande , article Enf€uu trowés. U est trà« dut dans le 8* iwl. de la ooUeclion de Duquesnoy, sect. 3 1 page 7,

(3) NazionalIrZe'Uung der Deutscken* Février, 1800^ n« 2» page loa.

mtinè. Led enfens trouvés sont assimilés aux enâuis sans do* micile, aux enfàns dé&ués de ressources , qui sont ^tret^ nus sur le produit des fondations destinées à cet emploi, et^ en cas d'insuffisance, aux frais du seigneur ou sur les fonds de Pétât. (1)

Lorsque Genève fut réunie à la France, un hospice d'en«* fiins trouvés y ftat établi, et le tour fiit considéré comme une . dépendance nécessaire. Près de 600 enfans y furent admis pendant le cours de 15 années, et leur nombre s'éleva jus-* qu'à 77 en une année ; cependant, l'établissement n'en eut ja* niais plus de 400 à sa charge. Genève, redevenue indépen^ dante, supprima l'hospice ; à peine, depui8,,compte^t^on dans cette ville 5 ou 6 expositions d'enfans. Il s'est trouvé réduit à ^ enl886« Du reste, rhâpital de Genève pourvoit, chaque an«née, à l'entretien de 2 ou 3 enfans trouvés, les place à la campagne, et à l'&ge de 15 ou 16 ans leur procure une situation eu leur donnant un trousseau. (3)

Dans les autreà cantons de la Suisse, même dans les can*tons catholiques, les enfans trouvés sont assimilés aux or^ phélins et aux autres classes d'enfans ihdigens \ comme eux, ils sont placés sous l'autorité du conseil de tutelle^ magis^ trature publique, chargée de pourvoir à leurs intérétsi comme ' eux aussi, ils sont le plus souvent adjugés au rabais. Le caneton du Valais vient an secours des comifiunes trop pauvres pour élever leurs en&ns trouvés; et il faut que le nombre de ceux-ci sait considérable ; car, la part contributive dti canton Suffirait pour entretenir 100 ou 150 enfans.

Du reste, plusieurs cantons répriment l'expOsliioti des en* fans par des peines très sévères.

(1) Voyez en particulier, pour le grand-duché de Bade , le recueil de M. de Rettig^ lotts le tilfei dfli 9 pit PoUingaiUpkimg detjGroséhênùg^htmt Bwim. Qtfhrtibe, 1828, panig. 437, 438, 44e^

(2) ¥oyéz Us comptes^rendiift «naiMUenciit pnUiétf par tas 9àswmsàxm^ tèursdictttidifital.

Hpi|f IC9K8 9'wàM9 noviiêf M avsw. Ml

Les enfaDS trouvés étaient, en Russie^ jusqu'à ces derniers temps, sous l'empire d'une législation semblable à celle dont Tempire romain et le moyen âge nous ont d^à offert l'exemple. Le'serVage était le prix de l'assistance qu'ils obtenaient; c'est depuis peu qu'ils en sont affranchis. Leur sort maintenant est plus heureux : il n'est pas de pays où ils jouissent d^une hospitalité aussi généreuse; lesétablissemens où ils les obtiennent sont empreints d'une singulière grandeur ; tous sont de date récente.

On parle cependant d'un hospice d'enfans trouvés, fondé, au commencement du siècle dernier, à Novogorod, par le métropolitain Job. On ne doit pas oublier aussi, que Pierre-le-Grand voulut assurer une protection pour ces enfans, leur ouvrir un refuge auprès des asiles, y annexer une sorte de tour, et charger les villes des dépenses de leur entretien , enfin leur procurer non - seulement une éducation convenable^ mais aussi une situation ou une carrière pour le reste de leur vie. Pierre I fut-il inspiré dans cette création par l'exemple de Novogorod, ou par le spectacle des établissemens qu'il avait visités en France? Quoi qu'il en soit, sa généreuse pensée n'eut pas de fruits durables : 30 ans s'étaient à peine écoulés, lorsque Timpératrice Elisabeth remit en vigueur la loi romaine et celle du moyen âge, et adjugea les enfans trouvés comme serfs à ceux qui se chargeraient d'en prendre soin. Lorsque Catherine II érigea le magnifique hospice de Moscou,il pserut une création toute nouvelle.

Quoique fondé par Catherine II, l'hospice de Saint-Pétersbourg reconnaît pour sa véritable créatrice, l'auguste impératrice douairière Marie Frédérowna, ce modèle de la charité sur le trône. Tous les enfans qui y .sont présentés sont admis sa^s distinction et sans contrôle, et leur nombre dépasse aouveikt

iSt SBCOHDB ^AKTIB. LI?B« I. CHAP. V.

5000 dans une année. La mère elle-même obtient, non-seolemenl; la permission d'être la nourrice de son enfant , mais la préférence pour le nourrir, si elle veut le conserver jusqu'à 7 ans, à la condition de recevoir une pension de 7 roubles par mois, indépendamment des secowrs médicaux en cas de maladie. L'hospice reçoit aussi des pensionnaires, au prix de 100 roubles par an.

A rage de 7 ans, les énfans sont ramenés de la campsigne et reçus dans la maison préparatoire de Gatchina, établissement dont la Russie seule a donné l'exemple juscpi'à ce jour, et où ils restent jusqu'à 11 ans. Là, ils se dépouillent de la grossièreté de mœurs qu'ils ont contractée chez les paysans; Hs sont placés dans des classes où on leur enseigne la lecture, l'écriture (1), le calcul, la grammaire russe, les langues allemande, française et latine. La capacité des enfans des deux sexes est éprouvée, pendant cet intervalle;; ceux d'çntre eux qui annoncent le moins d'intelligence forment une classe indu^rielle, et suivent les professions laborieuses. Les autres reçoivent un plus haut degré de culture. Ils jouissent tous dans celte maison d'une santé parfaite. •'^

Rentrés à l'hospice de Saint-Pétersbourg, les enfans reçoivent un complément d'éducation ; ils suivent des cours réglés, plusieurs d'entre eux les continuent dans l'univecsilé, aux frais de la maison ; ils apprennent même lès arts d'agrémens. . Ceux qui réussissent dans leurs études entrent ainsi dans les carrières libérales; les autres sont employés à l'imprimerie, à la pharmacie, à la manufacture impériale d'Alexandrefsk, à la fabrique des cartes à jouer, dans divers ateliers où se confectionnent les objets nécessaires à la consommation de l'établissement, et qui travaillent aussi pour le dehors. ' ,

Les filles reçoivent, comme les garçons, une éducation très soignée ; elles sont placées ensuite dans les bonnes mai-

(1) Ils sont cités pour la t)eauté de leur écriture, et scfuvent recherchés oomine eopistes.

H0SPICB8 D^BUFAHS TE01JTS8, ES HIISSIE. 193

sons où la surveillapce de l'administration les suit et les protège. D'autres restent dans la maison même , sont employées dans les écoles, dans les ateliers d'ouvrages de leur sexe, ou occupées aux services domestiques. Lorsqu'elles se marient, elle reçoivent- une petite dot.

. On donne à tous les élèves sortant une somme de 25 roubles, pour leur établissemeui, indépendamment de la dot des filles.

La moyenne des enfans admis chaque année, est de 5000. Les dépenses de cet établissement , y compris celles de la Gatchina qui en est une annexe , montent à un million de roubles.

L'immense monument, élevé à Moscou par Catherine II, pour les orphelins et les enfans trouvés, est presque une ville ; il peut contenir 3000 pei^onnes. Son aspect, sa situation, ses èonstructions , sa destination, se réunissent pouriui assigner le premier rang parmi les éiablissemens de ce genre. On doit regretter , seulement, d'y voir réunies deux classes d'enfans qu'il n'est ni juste, ni utile, d'assimiler et de confondre. Il a été érigé, en 1762, sur un plan proposé par le général %etzi; deux groupes représentant la charité et l'éducation sont placés à l'entrée; des jardins l'environnent. L'éducation y est l'obat des soins les plus attentifs : la religion et la liiorale en forment la base ; on applique les enfans au travail ; on les exerce à acquérir toute f instruction dont ils sont capables.

Les enfans qui annoncent une capacité marquée reçoivent le plus haut degré d'enseignement, et sont envoyés à l'université de Moscou ou à l'académie des ans de Saint-Pétersbourg; les autres sont placées dans les ateliers de l'hospice , qui peuvent occuper jusqu'à cinq mille ouvriers. On loue l'ordre et la vigilance qui régnent dans ce vaste établissement. L'administration favorise le mariage entre les jeunes gens des deux sexes, élevés dans la maison, et chacun des époux reçoit une dot de 25 roubles, quand il y est logé, et y travaille pour son propre compte. Des recompenses pécuniaires sont aussi décernées aux anciens élèves qui, étant employés hors de la maison,

in

SEC05DB PARtlte. LtVRC I. (BHAP. T.

rapportent un cenifieat de bonne et honorable conduite. Là

moyenne des enfans apportés à cet hospice, pendant le cours

, de dix années (182S à 18âl), (^ été de 5255, par an, savoir t

2558 garçons, et 2697 filles. Le nombre des personnes dépen-^

dant de rétablissement, qui n'était, en 1824, que de 12,075,

s'était élevé, en 1881, jusqu'à 22,557. Â la fin de 1831, il entrer

tenait 23,788 individus, savoir : 10,885garçons, etl2,903 filles^

On ne s'étonnera pas du nombre prodigieux d'enfians reçus

dans ces' établissemens, en voyant de quels soins ils y soçt

entourés; aussi, a-t*on reconnu qu'un grand nombre dé

paysabs y envoient leurs enfans , dans la vue de leur proctt-^

rer le bienfait d'Une telle éducation.

La dépense, pendant le même intervalle (1822 à 1831), était montée à la somme de 17,223,993 roubles. Cette maisoli admet également des pensionnaires t en 1831, on en comptait, dans l'hospice même, 1409 : dont 666 garçons et 743 fllleSi 512 employés ou gardiens et 539 i^ourrices composent le service de la maison.

De 1776 à 1786, sur 37,000 enfans admis, la mort en û enlevé 35,000. ^La moyenne annuelle delj décès est de 3471. On a vu,' en 1810, périr 1038 nouveau-nés, sur 2517; en Ï812, 1348, sur 2699.

Les enfans sont reçus, aux hospices de Salnt-Péten^bourg et de Moscou, à toute heure, sans condition, comme sans pré^ paration. Frappé de leur nombre toujours croissant, l'em'pereur Nicolas , par uli ukase récent , prescrit que les enfans déposés dans les hospices seront renvoyés au lieu' de leur naissance; que les villages auxqilels ils appartiennent seront tenus de les entretenir, au moyen d'une faible pension payée par les hospices; que les enfans infirmes, devenus adultes, res» teront dans leurs villages ; que les autres seront inscrits comme paysans de la couronne, et, à 17 ans, envoyés aux écoles militaires, ou dans les fobriques de la Russie asiatique. Lés stt-^ jets d'élite recevront une éducation libérale , et seront employés par le gouvernement. En vertu du même nkase,

Hospieis B'BVFiyra tboutâs^ in bussie. 19k

les parens perdent tous droits sur les enfans qulls auraient délaissés.

Aujourd'hui , du reste , d'après la législation russe, les enfans trouvés ne peuvent être rangés parmi les «erfs. (1)

Uhospice des enfans trouvés de Varsovie existait dès 1771 (2) ; il était destiné à recevoir 300 enfans ; il en contient près de &00.

n placé fen outre^ savoir :

En Tille, par an ; 1,600 enTÎron.

 la campagne^ îdem • 922

La mortalité «st

En lOùê s par luk de 700

A la ounpaguei idem ....•.••; 194

Rétablissement est confié aux soins des sœurs de la (charité. Il était SOtittiis k TâHtoMté du (ionseil général de surveillantie, et d'un conseil spécial institué par le gouvernement. Mais les Éoeors s'élÀnt refusées k adopter quelques réfbrmes que ces udministrateurs Jugeaient iâdispensablesy ceux-ci ont renoncé

à leurs fonctions, et les sœurs sont demeurées indépendantes.

Quelques hôpitaux de Pologne reçoivent aussi les enfans trouvés, êii même temps que les orphelins et les enfans iil^ firfnes; On èitê, par exemple, celui de Plock qui admet lli enfons trouvés. (3)

IVéiftè faôtopioes â^efifans trouvés^ y Compris i&ent de SaiÂt^ Pétersbourg et dé Moscou, existent dans lès quarante gouvei^ nemèâsde Russie.On cite deux de Tulo» de Jaroslow, deKassan.

(1) Yoitez réttk dto lA« éi GOurâff^ déjà tetté;

yoje^ aliN WieUflMuin : TahUâu de la momrcftk ru$â$ ; --^ Sdmitekr t La Russie, —Voyez aussi une notice iosérce dans le Bulletin de la société dê$ établistemens charitables, tome iil, n. \, page 76. |

(2) Voyez deux notices insérées dans V IntelUgenzhlatt , publié à Leipzig , l'une, cil i^71, no«8 et 0; l'iutrfe, en llfiTS.

(1) Oes délàiU sottt ixtmiti du (Mmpt6 retidu , )pQ(ur 1889) ^ lé <ionaeÛ lédènil de wrveillasice d«l hôpitaux de Yftrsone. Si'auteur «it nideYable de ^ document à robliiseance de M. De This, noahre des requêtes au coBt^il d'étuf d.e S.M. Fempereur de Russie.

196 ' sscointi vartis. lithe i. cbap. t.

Grande-Bretagne.

L*hospice des enfans trouvés de Dublin a long-temps, comme ceux, de France, admis les enfans, sans condition et^'une manière illimitée. Un rapport, fait au parlement d'Irlande^ vers la fin du siècle dernier, apprend que, sous ce régime, rhospice de Dublin a reçu en 20 ans, 19,6&0 enfans. Ce nom-, bre s'est élevé graduellement dans les années suivantes. Dé 1800 à 1814 il a été, termQ moyen , de 22ft6 par anqée. En 181/i, Tautorité a cru devoir soumettre la réc^tion deis enfans à quelques réserves ; dès-lors, pendant les 9 années suivantes, ce nombre a été réduit à 1537. Enfin, en 1823, le règlement n*a plus permis de recevoir que les enfans porteuirs d'un certificat attestant qu'ils sont abandonnés et en danger dé périr ; ce nomtoe est alors descendu à &80. Le parlement a inéme ordonné la suppression du tour qui existait danscet bospice ; cette détermination a été suggénée par les abus auxquels avaient donné lieu les envois d'enfans, confiés à des femmes, pour être déposés au tour, et que ces misérables sacri^ fiaient après avoir reçu le salaire pour leur message.

La création d'un hospice d'enfons trouvés avait èué prôje^ tée, en Angleterre, . sous la reine Anne; mais, quoique divers legs eussent été faits dans l'intention d'y contribuer, elle ne fut point réalisée. Addison, en 1713, invoquait avec chaleur cette institution, afin de prévenir ^es infanticides, l'abandon et les autres crimes dont se rendaient coupables dès parens dénaturés. Dix ans après, un homme de bien, animé d'un dévoùment actif et généreux, Thomas Soràm, capitaine de la marine marchande, voulut enfin doter la capitale de son pays d'un établissement semblable à ceux

BKÏAK8 TROUVÉS 9 DAKS LÀ 6AANDB**B&ETAGNE. 197

que possédaient alQrs Paris, Amsterdam, Rome, Venise, Madrid et Lisbonne (1). Il obtint, à cet effet, du parl^nenti one charte, en 1739. La corporation érigée par cet acte fut présidée par le duc de Bedfort, jusqu'en 1771 ; les dons, les souscriptions se présentèrent en abondande; des édifices furent achetés ou construits. Le nombre des enfans, admis jusqu'à la fin de l'année 1752 , fut de lO&O, dont 55^ étaient à la charge de Thospice ; à cette époque, la dépense annuelle s'âevait au-delà de 5000 livres sterling. . .

En 1756, un nouvel acte du parlement imprima à Thôsiâce des enfans trouves de Londres , le caractère d'un établisse*ment national. Une allocation de «10,000 livres sterling lui fut assignée ; le roi s'en déclara le patron ; le parlement eX'prima l'intetition d'étendre l'Influence de cette institution à toutes les parties du royaume , afin d'en rendre l'utilité gêné*raie. Il fut réglé que les enfans seraient admis seulement jusqu'à l'âge de 2 mois. Pendant les 18 premiers mois, il ejn fut reçu 5510 ; en 1760, le nombre de ceux qui étaiejat à la charge de l'hospice s'élevait à 6000 , et la dépense moyenne pour chacun de 1 à 7 liv. sterling, 10 sous par année. Pli&ienrs succureales furent ouvertes, dans les comtés de l'Angleterre, pour recevoir et placer les enfans. (2) >

L'adinbsion était, jusqu'alors, illimitée ; aucune condition n'était prescrite ; les abus se firent bientôt sentir. On apportait à l'hospice des enfans incurables ou même expirans , et les enfans des paroisses éloignées qui eussent dû en assister les parens. On crut reconnaître que la faveur accordée aux enfans illégitimes, encourageait la corruption des mcrars. Cesinconr

(1) Cet homme respectable donna ses soin^, jusqu^à Tâge de 84 ans, à Tho»pice dont il avait provoqué la formation, et à sa mort laissa à peine la somme nécessaire pour les frais de ses funéraiUes.

Voyez le Mtpport sur Vhépital des Enjans-Trowés tk Londr^, publié dalis la même vilie^ en 1881, p. 92.

198 ftICQHBl VABTIB. UVAB |. CUAKi V«

yéniens croifisant tûujonra el devenant de plaA ett plu» ^ei^îr blés, Attirèrent Tattention du parlemeni. En. 1799 at 47jSa, 4 ta suit» d'enquéteq qni confirmèrent Ita flcbeusies çojuiQgg^i^c^ du système adopté, et en révélèrent tonte Vétendae, le ImU d§ |7i^ ftit révoqué. Le législateur mit un terme wek vép^piiw^ Indéterminées $ en 1771, il se décida à retirer les subven^^m qni avaient été accordées sur les fonds publies, (i)

L*liospioe des enfans trouvés fut rendu aîiisi an eareeiàr§ d-un établissement looal ; entretenu par de^ doni^ et des sous-r eriptions privés» ses proportions furent considérablcofiiénit réduites; un nouveau système d^admission fut adopté*

Les enfans Ulégitimea août le premier objet de U, leUicitud^

des administrateurs de cet besplee. Uqe pétition doit être

présentée pour obtenir radmission ) le oofi^ité procède ^ up

exanien } la mère est interrogée » en i^'attacbei ^ reç(pnat^e

ai elle est dans la misèrei si eUe est abandonnée du père de

yenJEant) s'il est nécessaire de reeueilUr Teafant y peur sfiuver

la vie de.oelui*ci ou la réputation de eeUe^l^ ^n^i^ ^ l'^un

peut esf^érer de réhabiliter 1% mère eUerm^m^* Cest, dV

parès le résultai de ces infonpatienay que » dans une de^ séan?-

ces suivantes, le comité prononce. L'bospi^^ n'ffi<^ttt pa^

entièrement lés enfans légitimes; U reeneille même, ^aps

«xâmen ceuK dea matelots et dea soldadS) \^ a^Mr#^ ^ut

teçus, lovsque, après une infermaiÂw préalable, U e^ re-

^eonbu que la fuaîUe est abaelmneAt km ^'^ 4Çr 1^

^ver.(s>)

L\sppré^aftioii attentive im f^reon^^ces ftiii ij^erminent kif mèope & se séparer de aii^ enfiM^rt > et qui peuvent, i^dliciter en faveur de Tune et de Tautre l'assistance de la charité pu* blique , est don&le fondement sur lequel repose aiqourd'hui

(1) Les subventions de 1766 à 1941 mmlèiw&l à «ne aasaiim fafiny^ogy^ 4^ '8a,000 Irr. ilerK par «uié» {nmi^ÊKk a2MaO fir.}. UitL p. 42 et 4a*

(2) Yoyez les Règles de VhépUal des Uafam-lmmés d^ lé^mtm, MWfi* niées «a 1880, cbap. 3i $ 1. -

EMFANS TBOUYÉS, I>A)i9 LA G&AtfI>K-*B&£TAGIfE. ^99

le système adopté dons l'hospice des enfans urouvés de Londres. (1)

Le secret est, d'ailleurs, scrupuleusement observé, toutes les foia que l'iâtérét de la uière le commande.

Cette institution , beaucoup plus restreinte que celles des {lo&pices de FraBce , en ce qui concerne ta réception des enfans y exerce une influence beaucoup plus étendue, quant ^ ses effets, parce qu'elle embrasse aussi une assistance en faveur des mères. Elle a ainsi un double objet ; elle préserve l'enfant des dangers qui le menacent, la mère de l'infamie et du vice ; elle restaure le caractère de celle-ci, en lui offran); tes moyens d'exercer une industrie honnête. A cet effet, un . fond spécial de secours est affecté par les gouverneurs de Vbospice» poiu* assister les merçs, dans certains cas d'extrême détresse , pour leur fournir les vétemens , leur procurer une situation. L'institution a donc un but esse^ntiellement moral.

Les enfans sont reçus, jusqu'à l'âge de 12 ans seulement, ïlnvoyés d'abord en nourrice au-dehors , ils sont placés sous la surveillance d'inspecteurs et d'inspectrices qui ont chacun un assistant. Les nourrices reçoivent 3 shillings par (semaine. Celle qui, an bout d'un an , présente son nourrisson ^ vivant et en santé reçoit une récompense de 10 shillings. La . mortalité est t^èi^ faible. Celle des enfaffs au-dessoUs d'nn an ne s'est élevée, en 10 années, qu'à une moyentie d'un sur six, çt elle tend encore à diminuer. A l'âge de 5 ans , ils sont ramenés à l'hospice où ils reçoivent une éducation très soignée. A l'âge de 14 ou 15 ans, ils sont placés en apprentissage, mais avec les précautions convenables. Lorsque, après avoir terminé cet apprentissage , ils justifient de leur bonne condoile, ils i^oivent une gratification qui ne peut excéder 5 guinées, un certificat et un livre de prière. Une fois l'année, ils reviennent ensuite à l'hospice , assister à l'ofiîce divin , rendre publiquement grâces au Très-Haut, pour le bienfait dont

(1; Voyez le fiapport précité, p. 19.

SECONDE PARTIE. hl'SKE I. CHAP; Y.

Hs ont joui, entendre des iDStruciions religieuses (i), dans ane solennité touchante qui attire et édifie un grand concours de public. ,

Lorsqu'une personne réclame un enfant, sa pétition est soumise aux gouverneurs de Thospice ; ceux-ci examinent les droits qu'elle a sur Tenfant, s'assurent qu'elle a la volonté et ' la capacité de l'élever , exigent au besoin une garantie de ftO livres sterling, de la mère ou de sa caution.

Les mêmes formes sont suivies pour les enfans légitimes ou illégitimes. Seulement, dans le premier cas, toutes les demandes doivent émaner du père.

En rendant témoignage aux salutaires effets qu'a produits cet hospice dans la capitale de la Grande-Bretagne, ceux qui ça ont tracé l'histoire expriment, cependant, la crainte que les restrictions apportées à la réception des enfans aient coûté , la vie à un certain nombre de créatures, (â)

Au surplus , les enfans exposés sont , en Angleterre, assimilés aux enfans illégitimes nés dans l'indigence, et, comme eux, mis à la charge de la paroisse pour leur entretien. La législation anglaise , qui s'est fréquemment et longuement occupée des enfans illégitimés (3) ,, garde le ^silence sur les enfans exposés, parce qu'elle les a considérés comme implicitement compris dans cette classe, par le fait même de leur exposition. ,

^ Les Etats-Unis ont suivi le même régime. Les expositionsy sont rares; Qiais les enfans trouvés sont assistés, comme tous les enfans que leurs parens sont hors d'état d'élever. ^

(1) Voyez le Rapport précité, p. 66 et suivantes.—^ Les règles de V hospice^ chap. 3, ^ 5, 6, 7, 8.

(2) Voyez le rapport précité, p. 30 et 40.

' (3) Nour donuerons un aperçu de cette législation dans la 4** partie de cet ' ouvrage.

o(iiri05S SUB LES ucstitutious d'enfahs trouyés. 201

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