SECOHBE PARTIE. LIVEE I. CHAP. TI
le rebut de la société. Nous les transportons dans 1^ campagnes ; nous les vouoi^s aux travaux agricoles ^ nous les disseiuinons au loin. SU y a augmentation de dépejjug, c'est une ^dépense productive. * ï"
Au rester cet accroissement de dépense a son, .terme; çe^ j terme déjà est atteint. Car, la diminution de mortalité parmi tes enfansde nos hospices, qui en est la cause, ne peut elle-||k même être indéfinie -, (lie s'arrête devant leâ lois de la nature,
' devant les limites de la mortalité générale. Lés soins donnés ' aux enfabs recueillis dans nos asiles semblent ne laisser désormais que pea de chose à désirer. Du reste, la jd^ense in-
, dividuelle de chaque enfant dimiipie,1^insL que le prouvent .
^ les relevés officiels, par l'efiet de l'économie apportée par l'ad- ^ Qiinii^ration. A quel propos donc alarmer les gouvernemens-^ et le public, en se créant pour l'avenir des appréhensions chimériques? Pourquoi prédire de^ charges toujours croisantes, quand il deo^eure constant que le nombre des en- * fans admis diminué, que la dépense annuelle ^ur chacun d'eux diminue^aussi, et que la prolongation tlo^eur vie étant, arrivée à-peu-près au point qu'il était permis d'espérer, la dépense de l'éducation de chacun d'eux ne se prolongera pas
d'une manière sensible? f ' J
ARTICLE IV.*
Des projets proposés, et des essais tentés en France j^ur la réformation ou U perfectionnement des hospices d'enfans trouvés,
Vues proposées par divers éciiyaîns.
Pendant que des opinions absolues et extrêmes se pro-jt nonçaienty ou pour proscrire ce genre d'asileS , ou pour les ♦ faire maintenir sous, leur •Tormeprésenfe, quelques*esDrfis sages se sont demandé cependant s'il n'y avait pas^ sys-
.«i^PERFEGTIOimEMCNT BBS HOSlPICBS d'eNFANS TROUVÉS. 227
tème plus vrai et plus utile; si, en reconKaiss^t lé mérite d'un semblable mode d'hospitalité , on ne pouvait pas réformer les abus auxquels il peut donner lieu, et accroître les services qû^on a droit d'en attendre. Des vues ont été .proposées , des essais ont été faits poul* atteindre ce but ; ou lutdt ces essais commencent à Fllëure même où* nous écri-
DIUIOI
^Jons.
Déjà un administrateur d'un zèle éprouvé, qui, da^si^les départemens qu'il a successivement régis , a laissé les plus
^l^norables souvenirs , qui a fait des étâblissemens de charité l'objet de ses principa]|es études, frappé des argumentations contraires qiû viennent d'être analysées , n'osant -pas résoudre la question principale d'une manière positive , incline cepen-
, dant à penser que les incèçvénienis signalés résultent surtout delà facilité des admissions; il invoque des réformes; il propose de créer dans les colonies agricoles un nouveau i;efuge , aux enfans trouvés. (1) *
*XJn' antre administrateur français^ appelé par ses fonctions
Jl éludierlfte pi»ès le serviée des enfans trouva , s'est occupé
de rechercher les réformes dont ce service a besoin ^et les
moyens de l'améliorer. Il a puisé dans cette étude des obser-
valions précieuses. En reconnaissant l'utilité des hospices ,
^ il fiait sentii? l'impérieuse pécessi^ de réduire le nonibre des enfans qui y spnt apportés, il trace l'esquisse d'une législation nouvelle sur cette matière. (2)
Trois écrivains, qui récemment ont traité les questions relatives aux enfans trouvés, avec une supériorité incontestable, SQU6 le rapport de la profondeur, de l'érudition et de la sagadté, ont les premiers introduit une distinction qui donne à ce»
• (1) M. le vicomte Albi^ de Tilleneuve-Bargemont , Economie politique . chrétienne, liv. ly. chflp. 6 et 7 ; Uv. v, chap. 12; liv. Vi, chap, 4 ; liv. v^i» chap;8. ^
(2) M. le vicomte de BoDdy^ préfet de llTonne, Mémoire ntr les enfans trowés et amm'donnés et sur les orphelins pauvres, Auxerre, 1835.
ftSCOirOS V^ATie. UTIB I. QfliP. TI.
qi^tioos up ^spect eotièreineAt nouTeau. En justifiant Tinstitution des hogpicei^en elle-même, MM* Terme, Mopt-r falcon et Bemacle (1), ep oi|t réparé la circonstance des toi^rtj qui n'en e^t qu'un acces|pire /qu'un i&ode «d'admis* sion pôur'les enfans/Ils ont considéré les tours corMÎiela ' véritable cause des j^us qi^entratnent les admissions aveu^ gles et illimitées; ils^onttindiqué* leur suppression commlï>r le Vf ai poyen de ramenep.^le$ hospices k leur destipatioh légitifbe^ et par là^e leur conserver toute rutilita qu'on eift fondé à en espérer. Si, avant eiix, les plus zélés apolofislè^ ' des bospices d'enfaift trouvés ont traité la question relative à l'utilité des tours, c^éttit pour repré^ntar^es tgurs, comme la condition e|9entielle des hospices , c'était pour les consî<t dér^r comme aussi nécessaires qu|f les hdspices ettx4É[kémes. a Le libre dépôt dans le tour, ont-ïls4it^oit étire établi, ce dans tous tes hospices, pour tous les enfans natureHrii^u-* tt vèau-nés. Lors même que, f ai^la suppression^des tov/^ a on pourrai^ 'feSi^e diminuer M' nombre des en%ns trouvés, ce a succès, ^dontion' serait 4si flat!^, userait ptw* funÉM^e qu'on ^c ne le pense-; ^n faisant garder ou reprendre leurs enfans à a tantMe mères indigentes et conrompRes , on mulliplieD| les ce mauvaises mœurs et les crimes \ on créera une foule de. a familles saïUf asile et sâps ressources , et on rendra plus sr « pesante, pour les bospices, la charge dont on avait voulu . a les débarrasser. (1) - "
(1) Voyez leurs Quvrsges ei-dedb citéi. Noua 1« v^éiotis : f'auteur au pié^ fent^ ouvrage u'av^it pu encore coiuiaUte,^or8qtu'U !'<» termyé, lu ^U dej|p trois estimables écrivainSf IX ne s^eu fait pas ^oin^ un devoip et un pUisir d^ l6nr attribuer le mérite d'avoir les premiers produit ^ne tue qui lui paraît '' 9X^1 juste qu'utile, r^ * . ' * - '
X (2) Recherches^ çtc;^ sur les. çn/ans trouvés, pw M, l'abbé Gaillard, p. 370 et 874:
sxquAtbs wt Dnnonojra. .SS9
§ft.
EflA{u4ttt fiùfcs 61 directions ck^nnéea par VadimnistraUon publiqu*.
Oô doit rendre à la haute a^iiUni^ation publique, en ff rançe, cette justice qu'âAe n'a lien négligé pour réunir 1^ doeuifiens propres i éclaircir ces grayes question» , gour provoquer les observations. Elle a publié^ avec ipnè scrupuleuse ûdélité, les inforn^Uoi^s (qu'elle avait rassemblées; elle a dî^donné ou conseillé diverses mesureâ par forme d'essais ; elle a consulté les organes légauii de l'opiAion, les administrationa locales y celles que leurs fondions appelaieAt plus ^éciallment à recueillir et à transmettre les instructions de ' * •rexpérience. D^en 1801, le célèbre Chaptal ,^lors ministre de rjgiérieur, s'exprimait dans les termes snivans :
ce De toiles les institutions, la pKis utile, peut-^étre, est « celle qui acfprd^ des secomte et un asile aux enfls^s abadha donnéAf maïs cette sainte institution 'a- été dégradée p9t a toutes sortes d'abus^ sur lesquels je viens appeler aujouf^ tt d'hui votre attention.
k l)epuis 10 ans, Je nombre des enftns abi^donnés a fait ^ ce plus que doubler dans nos hospices; il s^élève en 66 mo^ a ment à 63,000.
* « Cette progression eff](4hrante a, sans.doote, pojar cause ce principale la dépravation des moeurs , suite nécessaire du a tr^ léttg inlerrèpe des lois , de l'ordre et dcT la morale puoblique. Maîp ce serait étrangejpent s'abuser que de l'im- «c puter à cette seule capse.: il en est d'autres dont l'expécc rience garantit j^ réalité ; il est urgenj^de les rechercher et ce (jH les détruire.
c^l** Dans plusieurs départemens, et à diverses époques , ^ « on a reçu, dans les hospices , des enfans dont les paréos ^ ** « é|^ien^ copius et mariés.
ttis dix ans , on admet généralement les enfans de
éj^ient c( aS^'Mp!
S30 SECONDE PABTIE. LIVBE l.-iMKV, YI.
ce tous eeux qui présentent des certificats d*indigence où ' ce d'infirmités. n •^. *" • ^ »
(c S*^ Les administrations onf ouvert des hospice^ aut ence fans des artisans, que l'ambition ou le-besoin élpîgnaif du ce lieu de leur domicile.
, ce b!* Ici , les admjAîstrateurs ont cru devoir se charger des ceénfansdes défenseurs de la patrie, ^pour indemniser Ips ce mères des secours que la nation leur avait promis. « '
ce 5^ Ailleurs , on a délivré des certificats d'eiQStence pour ce des enfans morts ^ afin < de contiiuier^un salaire qui n^était ce plus dû.
- ce 6° Oh » vu plusieurs fois des jnères obtenir l'inscription ce de leurs enfans sur la liste des eâfons abandonnés', et s'en ce charger ensuite en qualité de nourrices , pour usArper la , ce rétri|2ution4 qu'on leur accorde. , • "
ce Tous ces vices, Jdés du désordre ou de l'immoralité, dftifent ce être sévèrement réf)rîmés. La facilité de fournir aux ce dépenses avec le papier-motinaie , a piicrétr et perpétuer ce des abus pareils^; mais le temps est venu^ùM'œil ^vère de a l'administration doit porter, dans toutes les branches du a service, public, cet esprit d'ordi^e et ces principes d'écono- ' ce mie, qui ^^s peuvent assurep des secours aux vrais «c besoins.
^ ce Mais il ne suffit pas de prendre des mesures pour emce pêcher le retour des abus qvk je vous dénonce, il faut ^ ce aussi détruire les funestes effets de ceux qui ont existé.
ce Ainsi, vous prescrirez aux administrateurs den^concc server à la charge de la nation que les enfan| de parens in- ; ce connus : seuls ils ont des, droits ^x secours du gouvernece ment; la bienfai|^nce des administrsy^ions locales doit ^ . ce prendre soin de tous les autres. » ' - ^
^ Une suite d'instructions ministérijglles, du 27 mars ifllO , 15 juillet 181L, 17 novembre 1813, 27 mars 1817, témoignent de la constante sollicitude du gouvernement poift améliorer ce service. M. Laine, dont le nom rappelle les plus pwesirertus