SEGOITDE PARTIE. LITRE I. CHAP
aussi est-ce une femme (1). Il reste à désirer que> parmi nous^ les nourrices sachent lire; 4;ar, un grand nombre d'entre elles sont malheureusement encore privées de pouvoir faire usage d'un livre composé pour elles. Elles y apprendront à reconnaître si elles sont propres à bien remplir cet office, comment elles doivent s'y préparer d^avance, les soins qu'exige l'allaitement , les précamions qui doivent l'accompagner, la méthode qui sera suivie pour le sevrage, les recommandations relatives à l'hygiène et à la maladie , soit pour les petits enfans, soit pour la nourrice elle-même. Elles apprendront aussi quelles dispositions morales leur sont nécessaires, comment elles les entretiendront; comment elles ébaucheront l'éducation des enfans en bas â^e. Les nourrices mercenaires s'y instruiront des^ devoirs qui j leur sont spéciaux, et y apprendront la manière d'ennoblir | leurs soins. '
tl reste à faciliter aux familles privées de ressources , les moyens de faire les frais nécessaires pour placer leurs enfans en tiourrice. Celte assistance, donnée à propos, préviendra l'abandon des enfans,. si les parens étaient assez dénaturés pour recourir à cette coupable détermination ; elle )réservera, dans le cas contraire, et les parens d'un sacrifice qui consommerait leur ruine, et les enfans des suites fâ- 'cheuses qu'aurait pour leur santé le démament de leur famille^ en les privant d'une partie des soins qu'exige un âge aussi tendre. Mais, un semblable genre ùfi secours ne doit être appliqué qu'avec beaucoup de réserve, qu'avec le discernement le plus attentif. On doit craindre d'exciterles mères à renoncer trop facilement à la fonction de nourrices ; on doit éviter de provoquer des demandes trop multipliées qui dégénéreraient en abus , de dégager sans nécessité les parens li^'^deVoïrs que leur impose la paternité, d'encourager leur imprévoyance,!
(1) Manuel des nourrices, par madame Gelnart, Paris , Jules Renouard , 1884»i.v,in*1.8.
PLACEMENT BBS ElTFANS PAUY&ES EN KOUREICB. 19
de leur laisser croire qu'ils peuvent se reposer de réducatiou de leurs^nfans sur la bienfaisance publique. Souvent, il suffira de contribuer seulement à une portion de la dépense , en exigeant; de la famUle assistée qu'elle supporte le reste , et cette combinaison aura l'avantage d'entretenir dans la famille elle-même, le sentiment de ses devoirs , en l'appelant à les pratiquer autant qu^il dépend d'elle.
Par suite des dispositions prises pour diminuer le nombre des' enfans trouvés , dispositions que nous exposerons avec les développemens convenables dans les chapitr«*s qui vont suivre, l'administration des hospices de Paris a appliqué depuis quelque temps ce genre d'assistance avec un succès qui mérite d'exciter l'intérêt et l'attention des amis de l'humanité, et qui fait pressentir toute l'utilité qu'on en peut attendre. Pendant l'hiver de 1837 à 1838, et dans le cours d'environ 2 mois, 155 femmes nouvelljement accouchées (1) ont reçu, après des informations exactes, un secours sufBsant pour les mettre en état d'allaiter elles-mêmes leurs enfans , ou de les placer en nourrice ; 57 de ces enfans ont été nourris par leurs mères ; 97 ont été envoyés en nourrice presque tous par les soins de l'administration ; 11 seulement sont décédés dans cet intervalle. Tous ces enfans eussent été délaissés^ sans l'assistance donnée si à propos ; elle a consisté en 67 layettes, et en une dépense d'environ 3000 f., pour frais de voyage , mois de nourrices , ou autres emplois. C'est à peine 20 fr. terme moyen , pour chaque mère ou chaque enbnt. Peut-on à moins de frais rendre un service plus réel? On espère qu'avec uue somme de /i8,000 fr. par année on atteindra le but qu'on se propose. Plusieurs sociétés, établies en Angleterre, se proposent aussi ce genre ^d'assistance, et
(1) Dam le nombre , 29 étaient mariées; une était devenue yenve pendant sa grossesse; 126 étaient célibataires. Ces dernières, en se décidant à garder leur enfiuit, ont contracté une sorte d'engagement d'ériter à Favenir le renou* Tellement de la faute qu'elles avaient commise.