‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 38 sur 84 · DÉPOSÉS · texte numérisé non relu

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. Ces notions préliminaires vont faciliter ta recherche des moyens préservatifs les pins opportuns dans ebt^que bypo** ' tbèse: . .

. 1^ Lorsqu'il est eertaip querefllaet prévient d'ua autre 9tT^ rondisaement que celui de Tbospice, il est teitt Ma^foia juste et indispensable qu'il soit renvoyé au liw d'o^ U esi-^ vraifi ii moine ^s^ V#«âi9i§tra|ion 4o cette loa%ti(é »'inéei»«-

i9â 8B€09ftB PABTIB. LITBfi^ I. GHAP. Tttt:

Dise des frais de Féducation l'hospice où l'enfant est reçn:' L'administration locale peut seule vérifier si, en effet, l'enfant délaissé réunit les conditions nécessaires pour être admis ,*^ il n'y aurait plus de limites aux abus, si chaque localité pouvait, à son gré, imposer à une autre la charge de l'éducation des enfans qu'elle a vusnattre. L'intervention dell'auto* rite' supérieure est nécessaire pour protéger, sous ce rapport^ les établissemens hospitaliers^ et souvent elle ne suffit pas pour les garantir de l'invasion des enfens envoyés du. de* hors. L'autorité des parlemens et celle du roi ont dû interve* nir, dans le siècle dernier, pour réprimer l'envoi qui était fait aux hospices de Paris, d'enfans appartenant aux diverses provinces. Ces hospices réclament en vain , depuis un grand nombre d'années, contre les expéditions nombreuses et notoires d'enfans délaissés , que leur adressent les dépar* temens environnans, souvent par l'organe officiel des administrations, locales.

2** Lorsque Tenfant a été abandonné ovl perdu sur la voie publique, l'hospice ne peut se refuser à l'admettre, sans autre condition que celle du délaissement où il se trouve. Mais ce devoir ne dispense pas d'employer les moyens d'administration et la voie de la publicité, pour découvrir la famille si elle est coupable, ou' pour l'avertir si l'enfant n'a été qu'égaré.

C'est par d'autres préservatifs, que l'abandon des enfans sur la voie publique peut être prévenu; préservatifs. en partie généraux, tels que l'amélioration des mœurs populaires, le développement et le perfectionnement de Téducàtion donné

aux enfans de la classe pauvre, un bon régime de secours publics; préservatifs spéciaux, tels que la vigilance de la police, la répression du délit par l'^iutorité judiciaire.

S® Les femmes reçues dans les maisons d'accouchement ou dans les hôpitaux sont par là même connues ; l'administration hospitalière exerce sur elles une action directe et puis- ' santé. Elle a des moyens pour vérifier si la mère peut ou non élever son enfant, et pour découvrir le genre d'di>stacle$ qui s^'

ADMISSION DlS.nrVÂNS AUX H08PICSS. 298

opposerait. Elle a des moyenç aussi poor éclairer la mère sur ses devoirs, et pour l'encourager à les accomplir.

Plusieurs administrations hospitalières de France (1) ont essayé avec succès d'obliger les femmes qui viennent accouchei|dans leurs établissemens, à allaiter leurs enfans pendant les premiers jours. Après cet essai, les mères oi^t demandé eUes-mëmes à conserver les enfans que, dans le premier moment, elles eussent voulu éloigner d'elles et 'faire déposer à l'hospice. Ainsi s'est trouvée confirmée cette seconde et intéressante observation, que l'accomplissement d'un premier devoir maternel dispose à accomplir les autres. La mère s'attache à l'enfant , en proportion de ce qu'elle fait pour lui et ne lui retire plus son sein après l'avoir donné. Ainsi, en obtenant un résultat précieux sous le rapport moral, on a obtenu un soulagement considérable pour les établissemens publics 'd'enfans délaissés ; car près de la moitié d'entre eux ont vu le jour dans les maisons d'accouchement ou dans les hôpitaux.

D'autres administrations ont essayé , - également avec fiuccès, d'engager les mères qui accouchent dans les hôpitaux généraux ou spéciaux, à élever leurs enfans, en leur assurant à domicile, après leur délivrance, le secours nécessttre pour lès mettre en état de pourvoir elles-mêmes à l'éducation de ces petites créatures (2). De cette manière UB douloureux sacrifice est épargné à celles que la détresse seule eût portées à délaisser leurs enfans. Ceux-ci conservent une famille; le secours est appliqué directement au besoin;

(1) Nous pouvons citer en particulier celles des départemens de la Seine- Inférieure et du Pas-de-Calais, d'après les informations que nous avons eu occasion de prendre sur les lieux mêmes.

(2) Cest ce qu*a~foit, notamment, Tadministration des hospices de Grenoble. G>mme nous Tavons vu, depuis le 1*' novembre 1837, la même mesure a été tentée à . Paris ; mais , dans la capitale , on devjait rencontrer plus de difficultés. La plupart des femmes reçues à la maison de la Maternité se trouvent dans des situations qui ne leur permettent guère de conserver Imirsenfans.

J'admiotetration «st soumil^e à use responsabilité motus éteii^ 4ue, à une dépense moins forle.

Une olyection cependant a été filile eonire l'emploi de ce dernier mode de prooéderî on a cj^ainl de Toir mnltfpUi»* indéfinimeni; le nombre des femmes qui ae prébentaratent pour faire leprs couchei dans les agiles puUica $ elles y seront ^ttiréeS) a-t-on dit, par l'espoir d'obtenir en sortant un ae^ cours périodiqiiei pédant le premier lige de leors epteis. Cette crainte a peu de fondement, à moins que Ton &e sup^ pose très peu de discernement aux administrateurs et aux agèns qui seront cbargés d'èxéouter la mesure dont il s'agit. C'est à eux de s'assurer si la mère est réellement dans on état de détresse. Il n'est pas une application des secouiv pu*blics qui ne soit siiyette au même danger et qui ne prête au même abus , si elle est livrée à des m^ins incapablel^. Il y a même ici des circonstances spéciales qui, en ce qui concerne les maisons d'accouchement, atténuent c0 danger. Ainsi le nombre des lits dans les maisons est limité \ les femmes pauvres , mais honnêtes^ répugnent généralement k venir faille leurs couches dans ce genre d'asile»

Ces observations s'appiiqnent à- la- fois et aux femmes re* çues dans les malsons d'jàçcouçbementi et à celles qui sont délivrées dans les hêpitaux ordinaires de maladest CependWlt la seconde classe se copiposci dans une proportion beaucoup plus forte, et presque exclusivement, de mères inariées, honf nétes, contraintes par }a misère se^le ^ faire leurs cotiç^^ dans un établissement public. Ces mères dé famille n'ont pas besoin d'invoquer le secret qui enveloppe les maisons spéciales d'accouchement^ Cést donc à cette classe que peut être appliquée avec plus de succès la mesure du sf cours à dor micile. /

Parmi les femmes admises dans les màitons <l'flCcouclie^ ' ment, il en est qui ne sont pas, dépourvues de ressources et qui viennent précisément y chercter Tabrl du mystère. Sans contraindre célles-cî à allaiter leurs enfans, ce que leur Jà^

>BMI«8I0|r 98S BNFAJfB AUX UO&PlQJLS, MS

.tttation personnelle ne leur permettrait peut-être pas^ on peut leur faciliter les moyens de faire élever leurs enfans^ en payant une pension modique: nous en indiquerons les moyens dans un instant.

4^ Lorsque les enfans arrivent accompagnés d'un acte dé .jiaissance, il convient de les admettre au moins provisoire^ inenti ne fut-ce que pour leur assurer la conservation de leur .état civil, et pour se donner les moyens de vérifier les causes . qui les ont fait ainsi délaisser.

La vérification alors est facile ; elle est sans inconvénient, puisque la famille s'est fait connaître spontanément, et n'a point eu besoin ] de s'envelopper du secret. Si , dans ce cas , la cause du délaissement des enfans est la misère des parens et le décès ou le départ de l'un d'eux , un secours à domicile, accordé dans une juste mesure et prolongé pendant le temps nécessaire , engagera les parens à reprendre ces pauvres victimes, évitera la rupture des liens de famille, imposera ^à l'administration publique une dépense .moins forte, moins durable, et lui épargnera beaucoup d'embarras.

En adoptant ce parti, comme dans tous les cas où les enfans sont l'occasion d'une application de secours à domicile, gardons-nous de croire que de tels i^ecours puissent se borner à une distribution d'argent ou d'objets matériels ^ joignons-^ . toujours l'assistance morale et les conseils propres à faire jouir ces enfans des bienfaits d'une bonne éducation.

5^ Lorsque l'acte de naissance , ou les renseignemens qui accompagnent l'enfant, l'annoncent comme enfant légitime, on a tout sujet de présumer que 1& misère a été sinon la seule, ' du^ moins la principale cause ^vA s^conduit les parens kle délaisser* Sur 6774 enfans légitimes admis dans les hospices ' civils de Paris, pendant le cours lie M années (de 1816 à 1826), 532 ont éié plus tard retirés par leurs parens^ un nombre au moins égal a été redemandé et n'a pu être rendu, parce que les enfans avaient péri. C'est presque 1/6% ou plus

296 SBCOHDE PA&TIB. UTEB I. CHAP. VIU.

de 15 sur 100. Au contraire, sur 96,&i5 enfans présumés naturels et admis pendant le même intervalle de temps, il n^en a été retiré que 1680, et en supposant ausài un nombre égal de demandes auxquelles il n'a' pu être satisfait, c'est environ 1/30% ou un peu plus de 3 sur 100. Il y a donc, proportion gardée, dans la première catégorie, cinq fois phis d'en-* fans dont les pères ne les ont déposés qu'à regret, et désirent réparer le délaissement qu'ils ont eu le tort de commettre. -

' C'est donc surtout à l'égard de cette classe de personnes qu'il convient d'adopter la mesure du secours à domicile, et qu'on peut en espérer le succès. Xa famille est connue, on peut apprécier ses besoins. On est fondé à croire que, assistée convenablement, elle se réjouira de conserver l'eniànt qu'elle avait exilé dans un moment de désespoir. iC'est, dans tous les cas. Une démarche qu'il est nécessaire de tenter dans l'intérêt de la morale publique, comme dans celui dés établissemens charitables.

6^ Voici maintenant un enfant qui arrive sans acte de naissance, mais accompagné de renseigpjgmêns*

Si ces renseigneinens indiquent à-la^fois et le père et la mère^ on est autorisé à espérer que l'un et l'autre ne seraient ' pas éloignés de reconnaître l'enfant auquel ils ont donné le jour; que tous deux, étant libres, peuvent être amenés à s'unir par le mariage. Car ils n'ont pas craint de révéler et leurs relations et l'origine de leur enfant. Des moyens de persuasion peuvent^être employés auprès d'eux ppur les engager à remplir un double devoir ; on peut leur en faciliter l'accomplissement : et n'est-ce pas aussi un bienfait que l'administration publique , lorsqu'elle peut l'accorder , doit à un enfant placé dans une situation si malheureuse,que de l'aidera en Sortir par la voie naturelle ^t légale? Si les renseignemens indiquent la mère seulement, alors il est probable qu'elle est elle-même délaissée par le père^ que ce n'est pas une femme dépravée ^ puis, qu'elle ne craint

ADHISSlOir DES ElfFAHâ AUX HOSPICES. 297

pas d'avouer son enfant et la faute qui l'a rendue mère. On est donc fondé à présumer ou qu'elle est à-la-fois frappée par la misère et par l'abandon, ou que la profession qu'elle exerce, la' situation dans laquelle elle est placée, ne lui permettent pas d'élever son enfant elle-même.

Dans les deux cas, il y a encore quelque chose d'utile à tenter: dans le premier, la faute qu'elle a commise né doit pas empêcher de venir à son secours ; ^eut-être alors se chargera-t-elle d'élever son enfant elle-même ; dans le second, on lui facilitera les moyens de l'élever en le mettant en pension, sans révéler sa* faute.

L'enfant sera encore admis provisoirement, comme dans l'exemple qui précède.

7^ Voici un enfant qui arrive, avec des renseignemens ou 'des indications qui ne font pas connaître ses parens, mais qui doivent servir à le faire reconnaître lui-même un jour. Cette circonstance annonce que les parens nourrissent quelque désir de le retrouver et de le reprendre parla suite; qu'ils n'ont point abdiqué vis-à^vis de lui tous les sentimens de la nature. Il est peu probable que la mère soit dans la misère ; car alors elle fût venue faire ses couches dans un hôpital. Mais, peut-être par un calcul d'égôïsme, les parens ont-ils voulu s'éviter les frais de son éducation, et échapper en même temps aux poursuites judiciaires. Peut-être au contraire quel-

ques nécessités de leur situation les ont conduits à éloigner momentanément leurs enfans, mais en regrettant cette sépa-» ration. Laquelle de ces deux hypothèses s'applique à l'enfant qui nous arrive? Nous l'ignorons : les vêtemens qui le couvrent peuvent seuls fournir quelque indice, suivant qu'il porte ou non les haillons de la misère. Nous l'ignorons : mais il serait précieux de le découvrir. Dans la première hypothèse, nous engagerions ses parens à le conserver; à défaut de leur consentement, les lois nous prêteraient les moyens de les y contraindre. Dans la seconde hypothèse, nous rencontrerions chez les parens des dispositions favorables; il ne s'agirait que de

91!^^ ttCOVDB PIATIS. UTHB i; CKAP. VUI. I

jècoodar cet dispositions » en suidant les parens à lever ies .iP^lacles qui les eoipécheot de remplir leurs devoirs. Si nous ne pouvons découvrir imni<$diatement la famille, force sera à i'b<)spiae de garder Fènfant jusqu'à ce qu'on obtienne à cet égard quelque lumière.

8^ Enfin , voici un enfant qui arrive sans aucune espèce de reoseignemens } le linge et Jes vétemens qui le couvrent peurvent fleul« devenir un jour un signe propre à le faire reconnat- 4re* Le lien qui unissait cet infortuné à sa famille a été complè- (emeni rompu, jj^ous sommes mallieureusement fondés à supposer chez ses parens un cœur dénaturé et une immoralité profonde. Un abandon aussi complet n'est jamais l'effet de la misère seule. Il n'est pas même à présumer que la misère y contribue) car si la mère était indigente, elle eût recouru à une maison d'accoucbement pour éviter les frais et les embarjras de la délivrance. Il y a certes p^u d'avantages, pour la victime, à lui faire découvrir les barbares qui l'ont immolée, etàla rejeter dans leurs maisons. L'intérêt de la morale.pu- Uique demanderait sans doute que les auteurs du. délit fussent connus et poursuivis ; l'intérêt, des établissemens hps- .pitaliers demanderait peut-être que l'administration fût en mesure d'exercer une action contre les parens aisés , pour foire indemniser ces établissemens des frais qui leur ont été imposés* Cependant une extrême prudence est ici comman-' dée, dans l'intérêt des mœurs publiques» et par égard pour i'bonneur et la paix des familles. L'administration des asiles bospitaliers, en provoquant des poursuites judiciaires, se détournerait de son but, s'exposerait à éprouver des regrets. Elle devi*a, suivant nou^, considérer dans ce cas le délaissement de l'enfant comme une sorte d'exposition. Si l'on ne peut, sans danger, procéder à la recherche des parens, ou si les parens ne peuvent être découverts, l'eûfant doit rester à la charge de l'hospice.

Des observations qui précèdent jaillit déjà une conséquence très importante ; ié^ nous avons fait un grand pas dans la

AIWIWOBr pBS KffARt AUX BOflFIOlr MS

^çlutioii 4ii diflicite problème qui nous occupe» On toil en effet que^ lorsque les parens de Tenfent présenté à rhùspiee

sont connus ou peuvent ^tre découverts, un bon système d'informations, des efforts tentés aveQ discernement ^t perse* vérance auprès de la famille, des secours distribués à propos fournicont les moyens de faire conserver par les parens une partie des infortunées créatures quHs délaissent. De la sorte, l'administration sera du moins en mesure de distinguer parmi les enfans qui lui seront présentés, ceux qui ont quelque droit

* Il

^ être admiSf et cew qui ne seraient reçiw qti'abusiyemeât. . Puisque l'abus est couvert par le nuage qui environne l'o*^ ligine de l'enfiint et la sitoation de sa bmillei la lumière qui percerait ce nuag^» qui révélerait cette origine, qui expli* quenait cette situation serait le vrai remède. ; £t qnW ne dise pas qu'un tel remède serait sans application réelle ; qu'cm ne suppose pas que la condition inhérente à l'enfant trouvé i^u dans nos hospices est le mystère de son origine ; les faits sont là pour l'attester. Sur 108 mille enfans l-egus pendant 21 ans à l'hospice de Paris^ 3800 seulement y mx été déposés sans renseignemens» On possédait des renseitnemens positifs sur rorigine de 81,f Afi, savoir :

iproYenant ou de la maison d^accoachement ou des liôpitaux de Paris , enfkttâ dont la mère toujotirs et le père quelquefois étiûeot oomiiii»

/ afec actea de naissance en bonoe forme, eafans ï 8,7^0 I dont^ paria même, la mère toujours, et le père ( presque toujours étaient connus.

A. ces 61,545 enfans, il convient de joindre encore uà bon

nombre de ceux qui sont présentés avec des renseignemens, quoique sans actes de naissance en règle.

Yoici donc les deux tiers environ des enfans appelés irùw^ v0tp supposés trouvai, et qui ne sont point trouves, qui spnt seulement délaissés par les auteurs de leurs jours ; l'administration est suffisamment informée du nom et du domicile de leurs parens, ou tout au moins connaît leurs mères.

aOO . SBGONDB PAUTIX. UtEE I. CHAP. VIII.

Arrétons^nous ici un instant, et, à l'aide de cette donnée, examinons maintenant tes deux modes de réceptions. usités dans nos hospices: l'un, le bureau intérieur d'admission i l'autre, le tour placé à l'extérieur,

AKTICLE V.

Du mode de réception des ènfans trowés*

Lorsque l'enfant est présenté dans un bureau intérieur d'admission, la personne qui le dépose se montre; elle peut s'expliquer; elle peut être interrogée; on prendra note de ses réponses. Si elle refuse de répondre ou si elle ne fournit pas les explications désirées, on peut la renvoyer avec l'enfant.

Dans le mode de réception qu'on appelle le tour^ tout est combiné pour favoriser le mystère, pour offrir à la personne qui dépose l'enfant les moyens de rester ignorée, et de priver d'informations l'hospice qui reçoit le dépôt. . Voilà donc deux modes diamétralement opposés. Lequel fiittt-il adopter ou repousser? Faut41 les combiner ensemMe?

Ces questions dépendent de celle de savoir si l'enfiint doit être admis sans condition, ^ans limite, si l'administration publique doit autoriser, favoriser le mystère absDludans le délaissement des enfans.

Là, il faut le dire, là est véritablement le nœud du grand problème.

SI-

Des tours.

L'administration publique ne peut, ne doit point admettre les enfans sans condition et sans limites; elle ne doit ni favoriser, ni même tolérer, en ce qui dépend d'elle, le mystère absolu dans le dépôt des enfans délaissés ; elle doit i au con« traire; exercer sur rorigiae de ces en&ns toutes les investiga-

DBS TOUBS.

tiens qui d^ndent d'elle, toutefois avec une âiiscrétîon convenable. Celte règle n'est que Tapplication du principe fonda* mentalqui préside au système entier des secours publics, comme à l'action de la charité privée, à savoir, que ra^is-* tance doit toujours être éclairée; qu'elle ne doit être accordée qu'avec discemement;en un mot, que nul n'est admis à invoqiier le secours, s'il ne justifie du besoin qu'il en a. -

Cette vérité enaporte avec elle la condamnation des tours; caries tours^nt pour les enfans, ce que Taumône, donnée aux mendians, est pour les valides : c'est un secours donné les yeux fermés; c'est l'exercice d'une bienfaisance apparente,' mais dé la bienfaisance la plus dangereuse, parce qu'elle se prodigue à l'inconnu.

Qu'est-ce qu'un tour? c'est un avis donné au public, une affiche apiposée dans la rue, et portant : Quieonque veut ié débàrroêêêr du saind^élever son enfant^ pour en donner la dtarge à la société, e»t invtié à h déposer iei^ei sera . dispensé de toute justification.

l\ importe, au contraire, qu'on dise au public : Toute per^ sonne qui est réellement hors d'état d'élevet son enfant \ peut entrer ieij Justifier de la^néœssité où elle se' trouve, en seconfiant dans t équité et dans la discrétion détadmir nistraUon ho^itaKire.Cest le bureau d'admission. ^

Pour ceux qui ne conooivent pas l'hospice d'enfans trouvés sans un tour, et telle est, peut-^-être, la préoccupation gêné-: raie des esprits,^ la condamnation des tours semble être la condamnation des hospices d^ enfans trouvés. Mais,' pour détruire d'un seul mot cette idée, potir bien faire comprendre combien ces deux choses sont distinctes et séparables, il nous aoffira de rappeler que l'hospice qui, en Europe, reçoit le plus d'enfans trouvés, celui de Paris, quoiqu'il ait un tour, n'en fait jamais usage ; que le tour n'y existe que pour la forme ; qu'aucun enfant n'y est déposé.

On conçoit, en effet, que si, dans le bureau d'admission, on reçoit sans difficulté tout en&nt qui a droit à obt(^ir l'hospr-

90S SECONDE PARTIB. UTBB 1. GH^P. Vm.

taUté, U n> %tien à regretter daiia rabsence d'an toUr exté^ rieur. 11 y a plus ; la personne qui apporte reafaut préfère uatttreUemeut le remettre aux mains d'une servante et le voir couclier sous ses yeux dans une barcelonnette fort propre^ pour recevoir, dès ce moment, tous les soins posSiUes. Elit reviendra fendre à la famille un cbmipte satisfoisant de st .mission; les parens y trouveront une plus grande séeorité* L^ bureau d'admission pourrait donc suflOre, même aux ymx de ceux qui veulent que Tenfant soit reçu sans condition et s»ia réservoi si| comme jusqu'en novembre 182(7, le bureau ao« cepte l'enfant apporté, tons difficudté et sans examen. À Paris^ le iimtn» donnerait pas un enfant de plna et ne serai! qttfwK luxe inutile. ' \

Toutefois les partisans du système ont oritiqué les réductions opérées; Us ont:Oontesté les avantagea que l'admimstvK tioA pensait avoir obtenus par celle mesure. Us éàt oité^deik exemplies d'après lèsqueb le nombre des ei^na trouvée, lésé de diminuer, se serait accru ,. à la suite de la réduction det* tours, m oi|t représenté que cette mesure avait uniquement pour résultat de faire faire un plus long, voyage aux enfonar. déposés 'y ils ont signalé les dangers d'un tel voyage pour ds^ faibles nouveau-nés, surtout dans ta saison rigoureuse (1). D'après ces représentations , on a vu des a^ministrationt. abandonner cette mesure après en avoir fait l'essai* (2)

Une observation fouimie par l'administraiion puUique eiim: même a ^em^lé venir à l'ai^ui de cette critique. D'après lasi tableaux qu'elle a récemment publiés^on voit que dans dea départemens o4 le^ tmr$ d^mfim tromfA âont fhts nom^ brmVf Uyamoim ^ enfant irouiféê, êiréeiproquûmwâ (flX Cette observation est confirmée par les r^cberobas de VL ke vîocHpte de Bondyi préfet de l'Yonne. • ^^

(f) Becherehes sur tes en/ans trouais, par M» Fabbé éaillardi p. 2Q$. : (a) Dans le Tarn, par exemple. ^

(S) Toyvk le Bjapport du ttîiilflt» ée Viiitérlear sur lés ttôpittcu et hoi^i-

0M,mfliaiV|^e4. i

Mais, on ne saurait logiquandent tihnr de ce rapprocheÉieill la conséquence qui parait en réiulter. D'une part les tours n'excèdent jamais dans un seul département le nombre de 5p 6 ou 7 ; et, dans ce cas, la plupart des hospices dépositaires sont placés dans de petites Tilles; d'un autre côté lemasimum des tours se rencontre souvent dana les riions où, par Vefet naturel des mosurs locales/ il y a le moins de dispositions à délaisser les enfàns, comme dans le Hant-Hbin, riUe-et^Vi* laine, les Vosges, la Meuse, etc. D'aiUeurs, le fiiic n'est pu exact ; car sur les dou^e départemens qui comptent le plat d'hospices dépositaires, il en est quatre cpii figurent paraii ceux qui renferment le plus d'enfans trouvés, et d qui exeè« dent peu la moyenne (1). Enfin en cherchant à établir ce parallèle, on a commis l'erreur de confondre le nombre dea hoi^ pices dépositaires avec le nombre des tours. (8)

On représente encore, en faveur de la muUiplioation dee tours, que les parens, assez dénaturés pour délaisser complet tement leurs enfans, ne redoutent pas de les envoyer à qoel^r ques lieues de plus, et quelquefois espèrent mieux cacher eiH core leur délit à l'aide de cette distance. Les enfiins ainsi en** voyés au loin sont plus rarement revendiqués. Arrivant fati^ gués à l'hospice, ils doivent être transportés de nouveau dans

(1) Départemens qui comptent 6^ S ou 7 hoipioes dépotilaires.

Cal^dos.,

Cbamite,'

Charente-Inférieure.

Gèt«Mlii-NonL

Dordogne.

Hérault.

tlte^WTiliiM*

Maine-et-Loire»

Manche.

Pift-de-CalAis.

Haut-ahin,

Vosges.

Numéros d'ordre de ces département d'après bBoad)» des enlm Iroirréik

(2) La Meurthe, par exemple, a im bosinoe déposluire «C lAi psfaitdU

20& SEGOIVDE PABTIE. LIYBX I. CHJLP; VIII. «

• des localités plus éloignées, où la surveillance est plus difficilCk Si Ton conserve le système des tours', il s'agit seulement d'assigner à chacun un rayon d'une étendue convenable, de saisir un juste milieu entre le danger de tours trop rappro* chés, et les inconvéniens d'un périmètre trop étendu, •

Cependant les tours, dans l'opinion même de leurs parti-* sans, ne doivent être ouverts que dans les grandes viUes. En général, il est plus dangereux d'ouvrir un tour d^s une petite ville, au milieu d'une population rurale; d'offrir la facilité d'y placer les enfans déposés dans le voisinage des lieux où ils sont nés; car rien ne facilite autant les collusions entre les mères et les nourrices.

Le même danger se présente pour les hospices qui ne recevraient qu'un petit nombre d'enfans. Rien n'égale Tardeur et l'habileté d'une mère à suivre la trace de son enfant; elle, peut obtenir de la complaisance des agens subordonnés Quelr quës renseignemenis qui lui servent de .fil conducteur; on voit des ïnagistrats municipaux se prêter à leur rendre ce service. Lorsque les enfans déposés sont en petit'nombre, il est facile, en connaissant le jour du dépôt et celui du transport, ' de découvrir .à qui l'enfant a été remis. C'est ainsi qu'une mère réussit à se faire remettre son propre enfant, en se présentant comme nourrice, après l'avoir déposé^ ou qu'au moins elle lui fait donner pour nourrice une autre femme avec laquelle elle se concerte. Ce manège rencontre moins de' difficultés, quand la sphère desservie par l'hospice est fort circonscrite.

Voici donc un nouvel inconvénient des tours : s'ils sont multipliés, ils favorisent les abus; s'ils sont rares^ ils compromettent la vie des enfans.

On échappe à cet inconvénient, si au système des tours on substitue celui des bureaux d'admission, tels du moins que nous proposons de les constituer; on ne s'expose plus alors au même péril, en rapprochant l'hospice qui reçoit l'enfant du lieu de sa naissance, en plaçant le secours auprès du besoin. L'admission étant subordonnée aux informations recueillies.

^XS BUREAUX D*ADMIS$I05. 3.05

rhospice a moins à redouter les. admissions frauduleuses; Tadministration obtient même plus de moyens de s'éclairer sur les causes du délaissement, lorsque l'enfant délaissé provient d'un li«u moins éloigné; car les informations sont plus promptes et plus sûres.

Frappée de ces inconvéniens, l'administration française , s'est appliquée, depuis quelques, années, à réduire le nombre des tours. De 1834 à 1837, 67 tours ont été supprimés dans 38 départemens. Dans 8 départemens^les tours ont entièrement disparu. Quelles ont été les suites de ces mesures ? Les rapports oflSciels l'attestent : il n'y a pas eu plus d'expositions; il y a eu moins d'abandons.

§ 2. - Des bureaux d*fedmisflion«

La bienfaisance éclairée réprouve les tours, comme un système de secours donnés sans discernement; dès-lors , si elle institue des bureaux d'admission, elle ne saurait consentir à ce que ces bureaux reçoivent les enfans sans condition, sans contrôle, sans limite. Ils feraient alors l'office de tours , sous une forme 'plus' commode encore ; ils mériteraient la même réprobation. Une sage et juste bienfaisance .ne consentira à ouvrir des bureaux d'admission, qu'en leur donnant le caractère et la destination essentiels à toute réception dans les asiles ouverts par la bienfaisance, c'est-à-dire qu'en les faisant servir à reconnaître le titre des admis, et à constater leui*s droits à l'hospitalité.

Ici doiic, toutes les objections vont se reproduire ; elles ne sont que déplacées : car, le but que se proposent les créateurs et les partisans des tours, c'est la faveur du mystère absolu, de l'admission sans contrôle.

ce En contraignant la personne qui apporte l'enfant à se ce montrer au bureau d'admission, vous allez, s'écrient-ils, « vous allez violer le secret des familles ! »

306 SECOirfil »&ATttl. IITBB I. CBAP. YIIl.

Maiè^ avant tout, quel est douo ce secret que Toii réetame ?

Est-ce le secret nécessaire à là Cemmè qui a cominis unô fiame, pb\kt échapt^er à .rignominie ^ pour conâerver^ avec sa Imputation ^ la bienveillance de sa famille, la situation qu'elld occupe, la profession qu'elle exerce? Oh! ttn^tel secret | HôUSterel^pectonâ^ mais sous la condition qu'il sera confié à radtnintstration hospitalière.

Eh quoi! <îëtle toiiditiôn Vous élonne, vous blesse! vous n^y tôUteÉ pas eôiisentir! et pourquoi?

Ôseri@Ê>-voUs hësitei* à vous fie)* à l'administration hospiia* lièré 4ut) en se chargeant de vous remplacer auprès de l't»* faut, vous promet la discrétion la pittë entière? Ne lui eonftea-^ vous pas un dépôt aussi précieux , plus précieux que celui de votre réputation, votre erifant lui-même? Ce secret, ne le lui confiez-vous pas vous même, mère de l'enfant , lorsque vous venez franchir le seuil de la maison d'accouchement , vous môhtHèi' aux employés-, àui gehs de ismitié, aux téompaghes dtô vôtre malheur 1 Jàmat* aveÉ-Vous eu lieu de vous ôft W)[Jêntir? Voti^ cottftamie â^t-ette jamaîé été trompée? Chaque àttnéô MU femmes sont Véttueiyfaîf ë léxifs touches à Fhbsplee de !a Maternité de (aHS; ti^haque année lOOOenfàns entité déposées à l'hospice dès enfons trouvés de la même ville, àvéc dés àttt^ de nàtssàûc^ , ou dés !i^nsetgnemei)S sufiî^ans pont* îttdîqUeîP leur tomille. A-t-on cité un iseùl exemple d'une indiscrétion commise ? Les pferàonne^ éÈlîmàbles qui régîiisehl lei» maisons hôs|)itàlière]s mériteraient-élles moins de confiance qiié M mercenaires aux mafes desquelles les mères remel^ tenl leurs enfans pour les déposer?

Né faut-il donc consîdéi*er ici que Tembâh^s et la honte iÇûé penvent causer à quelques femmèè faveti d'une faute, Wt vous té sCéan au secret? Est-ce îcî îeur seul, leur premier Intérêt? Ah! certes! il en est un, d'un ordre bien plus ï^etevé, et qUfe i*e5tamén préalable, fait par le bureau d*admissîôn , dontfera Je moyen de servir. L'infortunée qui a failli , digne dte j)itié même après sa fauté , obtiendra nue protection Met-

DSt BURIAIÏX D'ADKItSIOH. B07

pérée i elle reoeyra des conseils ^ des eKhoriaiions salalaires, un appui eflScace. Si elle n*a étë qu'enlratnëe , viclime de la séduction et diè la surprise , elle sera encouragée à se mettre en garde contre le retour du përiL Si elle est plus coupable, elle entendra des paroles qui pourront la rame- ' ner au sentiment de ses devoirs. L'espoir de la rëbabiliiation morale nattra pour elle dû secours qu'elle aura reçu. Noos verrons bientôt, dans l'un des^çhapitres du m* liv^e ci-<iprèi, que cet espoir n'est, pas une illusion i nous verrons quels immenses services , attestés par de nombreux exemples, peu^ vent éfre rendus à la moralité d'un sexe, qui exerce un si • grand empire sur les mosurs publiques.

Cet examen préalable, qu'une molle indulgence pour des écarts répréhensibles accuse d'être une vexation, devienl, au contraire, une assistance d'un grand prix.

Cependant, on insiste : on veut le secret.

Vous voulev la secret I mais le secret que vous desirez, le •eid que vous puissiez légitimement solliciter, c'est le seerec vis-à-vis des étrangers, vis-à-vis du public $ celui qui est nécessaire pour ne pas vous comprometure. U vous est assuré si , ea effet, il mérite d*étre respecté.

Vous voulez le secret ! Eh] n'avesÉ-vous pas déjà des eonflk dens, et des conidens moins dignes d'en être ies dépositaires?

Vous voulez le secret! mais, il est dans votre iptérét même que ce secret ne soit pas absolu, qu'une administration dMi*> ritable en soit confidente. Car, un jour, vous regrellenei volfe hxAe; vous redemanderee ji voir cet enfant que vous a^ez répudié.

Vous vouiez te secret, dites-vous! Oh! soyez vrai : vouf voulez plus, vous vouiez commander à radmsnistratioa hos«pitaii^e ; vous exigez qu'elle adopte votre enfant, à la eotHdittOB qu'elle ignorera de quel àroit, à quel titre, par quel motif vous lui eu imposez le fardeau; vous prétendez vous «Mstîtuer juge, j«ige suprême, seul juge, d$ la légitimité de oedélaîMenent$ voua ose« interdirece jugeweot, préciaément

308 SECONDE PABTIE. LITBE I. CHAP. YIII.

à Tautorité compétente, à rétablissemeot qui doit en subir les conséquences ! encore une fois, soyez vrai : ce secret peut-étre, vous ne voulez le confier à qui que ce soit, parce que vous n'avez pas, en délaissant l'enfant, de motif que vous puissiez avouer. Le mystère peut-être couvre iin crime. Et, en effet, il n'est que trop de motifs criminels qui conduisent au délaissement desenfâns, motifs qui ne sauraient être accueillis par l'administration hospitalière. Si de tels motifs vous conduisent à envoyer votre' enfant à l'hospice, la porte ne peut s'ouvrir; l'administration ne deviendra pas votre complice.

Le mendiant, lui aussi, prétend s'imposer à la charité publique, sans justifier de la réalité de ses besoins. Mais, lui, du moins, montre sa personne, répond à qui l'interroge, étale ses haillons ; ses cheveux blancs, ses infirmités frappent les yeux de tous.

Il est vraiment impossible qu'on oppose rien de raisonnable au désir d'une administration charitable, qui, en consentant à adopter un 'enfant, veut savoir au moins pourquoi on lui demande un tel service.

Cependant, dans le cas où le secret absolu serait nécessaire, il peut aussi être accordé , dans le régime des bureaux d'admission. Si la personne qui y dépose l'enfant est elle-même Connue ; si elle exercç un^ profession qui donne des droits à la confiance publique , comme un médecin^accoucheur ou une sage-femme ; si, par la nature de ses fonctions , elle est tenue de conserver les secrets dont elle est dépositaire, sa déclaration, reçue sous sa responsabilité, pourra suffire : l'enfant sera admis, làur ce témoignage. Telle est la marche suivie à Paris» de-

. puis le l''' novembre 1837. Il y a moins d'inconvéniens à être trompé de cette manière, qu'à repousser un enfant, lorsque la

. probabilité est acquise que cet infortuné est dans une situation

qui commande d'exercer envers lui le bienfait de l'hospitalité.

Si, en portant jusqu'à ce point la condescendance, l'admi-

nistration charitable ne parvient pas à contenter les exigen-

c es des personnes, qui veulent délaisser leurs enfans, , c'est

DKS BUKBAVX D*ADHI8SIOir. 309

on a?ea tacite, de la part de ces personnes, qu'elles n'ont aucun motif plausible pour obtenir, en faveur des enfans délaissés, le bienfait de l'hospitalité.

«Mais, disent les partisans de l'admission sans examen, ce vos interrogatoires effraieront les personnes qui sont charce gées de déposer l'enfant. Les forcer à se montrer, les quesa tionner, c'est les repousser : autant vaudrait fermer la porte a de l'hospice ». y

Nous ne fermons point la porte; mais, nous ne l'ouvrons qu'à bon escient. Nous sommes dans notre droit, et nous agissons dans l'intérêt même des familles qui nous invoquent.

'Sans doute, il se trouvera quelques personnes qui répugneront à remplir l'office de présenter un enfant au bureau d'admission, et à s'y voir interroger. Ce sera un bien ; de tels intermédiaires sont toujours trop nombreux; les personnes qui , ordinairement, conseillent et favorisent le délaissement des enfans, qui ont à leur disposition des messagers habitu^s à déposer le nouveau-né, ou qui fort souvent s'en char-* jgeùt elles-mêmes, auront moins de facilité à exécuter une spéculatioi^ aussi honteuse $ . elles s'imposeront plus de réserve.

Sans doute, il se trouvera des personnes qui, en présentant l'enfant, se refuseront à fournir les informations exigées, et qui seront ainsi contraintes de remporter la victime qu'elles allaient sacrifier. Mais leur refus prouvera que le délaissement dont elles s'étaient rendues les ministres, n'avait pas d'impérieux motifs.

Sans doute, il y aura des enfans qui, par suite de ce silence, ou qui, d'après les réponses faites, ne seront pas reçus, parce qu'en effet ils n'auront pas droit à être admis. Mais c'est là précisément le but auquel il faut tendre.

Ici, on nous arrête: il est une dernière objedtiion que pliisl d'une fois nous avons entendu faire. On nous dit : te Toutes oc ces prélcautions sont inutiles : les personnes qui appiortent» « l'enfant donneront de fausses indications, et l'administra-

MO . SEGOITDl tABTIS» tlYEV I. CRA». YIII.

tt lioB n*aura obtenu que d^étre trompée } ou biéui TeufaDt que ce vous aurez refusé d'admettre, sera exposé sur la voie pu-- <c blique, et vous sefez contraint dé le riacevoir; Tenfant vous (( arrivera seulement d'une autre manière, après avoir couru « des dangers et éprouvé des privations; »

L'adminbtratîon se tiendra sur ses gardes ; elle vérifiera les indications qui lui auront été données ; elle n'en sera pas moins exposée, il est vrai, à se voir tromper plus d'uâe fojsf c'est pour elle un danger inévitable ; mais serait-ce un motif pour agir aveuglément, et pour vouloir être trompée to^jours? ^inconvénient sera bien moindre que si elle recevait sana condition et^ans contrôle.

D'un autre 'côté , considères les immenses avantages que la bienfaisance publique va recueillir des^nforlâàiîoiDM^ viennent d'être indiquées , si elles sont conduites avec prudence et sagesse ! Combien d'enfona conserveront leur état civil qu'ils eussent perdu ! Combien de mères pourront remplir les devoirs de la maternité i Combien de douleurs s^ roat consolées! Combien de dissensions domestiques se* nmt calmées ! Combien d'unions légitimées I Combimi de familles restaurées ! Combien de malheurs, qui avaient causé les délais<seniens , réparés ! Combien de lumières obtenues sur les besoins de l'indigence, sur les intérêts de Is^ mo*rtle, vu 1* 8it«iatioo «Im classes malsûséâsi

Ht Tii^CkieMe ^gm le régioM des admwwiim peut*eiMoar sv lesinfontîcidek

De tous les motifs qui ont été allégués pour justifier l'éta^ blûtementet le maintien des ton», 0 n'en est pas de plus grate que çdni <pu se fonde sur le désir d'éviter les infapti-» ddes et tes éxpositimia d'en£sns.

La Éiéme motif peut aussi être opposé au régime qui, dans.

1m bureaux d^admisuoD i ^nigQ d^s iaform^tionii pN^lls^Mes.

Nous avons réservé, à dessein, cçu^ qua^tiopi ppw V^anil^ qer avec la sérieuse atleution qui \ix\ est dU9*

Xrtitons d'abord des infanticides,

iJeipérienoe a prouvé qui! n'eKistOi 9Q fait, aU69P FAppart entre i'eusteace des tam^j et le nombre d^s infantieid^i.

Ainsi, par exemple, en Angleterre et dans I0 pays de6all«s, eà il n'y a point de towrê, la moyenne des aequsatÎPPS d'infanticides n'a été, en 80 années (de iSlOàlSSO), gl|^ d'environ une sur plus d'un million d'babitans, et elle a été ip déçroîssapt; tandis qu'en Irlande, où il existe des tourSi #Ue a été d'une sur 987 «9ifY/tf ( L ),

En Allemagne, qù il n'existe point éa tours, à VeueptiOU d'un petit nombre de villes, les infanticides sont très rarf^s-

La Belgique, peuplée d^environA,300,000babitans, no possédait, en 1834, queiS tours, et comptait une aocusgtiQn d'iQfanticide, sur 618,000 babitans. La France, qui, sur unepppqlation huit fois plus considérable, possédait iS fpis plus d^ toiirs (971), comptait une accusation d'infaptiçide sm*

S26,00P babitans; c'est-à-dire que, entre gos deux pay^, te rapport du nombre des accusations d'infanticides à fieluî des tOttf^ était précisément en raison inverse de celui qu'on supposa* II, y ayait, alors, le doublé d'accusations d'infanticide en Frsmi, avec un nombre de tourê deux fois plus nonsidéraMei . Si Ton compare entre elles les provinces belges, on voîtqu^ la moyenne des infanticides «st aussi plus élevée daPS les provinces oà les touri sojit le plus multipliés; quo (SMiW moyenne est plus faible dans les provinces où les tours sont le plus rares, Depuis 4.824 , époque dis la suppression des tours à Maastricht, il y a eu comparativement moins de poiip suites pour infanticide, dans la province duLimboupg, que

pendant les années précédentes. (2)

(t) Des modijlcations à iiUtaduin dam^ Iq légnhHtHi f^M^ fWi V^ftP^* (2) Ibid,, ihîd. p. 19. .

, 812 SSCONBB PARTIS. LltHS I. CtlAP. VIlî.

En France , d'après les calculs publiés par M. le vicomte de Bondy, on voit que, parmi les 15 départemens qui comptent le maximum des infanticides, il en est 5 qui appartiennent à la classe moyenne quant au nombredes tours (1). Depuis 183&, époque à laquelle les suppressions de tours ont commencé en France, sur 8 départemens dans lesquels ils ont entièrem^t disparu, 5 ont obtenu, dans les années suivantes, une diminution dans les accusations d'infanticides, un mÀ les a vues augmenter; sur 2& départemens, dans lesquels là simple réduction des tours a eu lieu, 13 ont vu diminuer les accusations , 9 seulement les ont vues croître. (2)

Du reste,' nous n'accordons point à ces résultats des recherches statistiques une valeur absolue que, d'après les motifs que nous avons eu déjà l'occasion d'exprimer, eUes ne nous paraissent pas comporter. Mous ' chercherons un guide plus sûr dans les lumières de la philosophie morale, dans l'étude du cœur humain, dans l'expérience acquise par l'administration des secours publics, ou par les informations judiciaires. Or, ces différens ordres d'investigation s'accordât à nous révéler ici une vérité positive qui résout la question dans ses principes: c'est que les motifs qui poussent une ^ère à commettre le crime de l'infanticide, sont des motifs d'une nature toute spéciale, sur laquelle l'existence ou la non-, existence des tours destinés aux enfans trouvés ne peuvent exercer aucune influence. '

Il est reconnu, d'une part, qu'une mère ne se porte à l'assassinat de son propre enfant, qu'au premier moment de la

(1) Voyez le mémoire déjà cité, publié par M. le vicomte de Boody, en 1835, tableaux nf* 1 ,et 2.

(2) Voyez le i^apport déjà nilé, du ministre de rintérieur, publié en 1837 et les comptes-rendus de la justice criminelle en France, publiées par le mî* nistre de la justice^ pour 1836 et 1836.

Depuis que le présent ouvrage est terminé, M. Remade, dans son excellent )xney a donné à ces recherches une beancpnp phu (prande étendue et a été conduit aux mêmes résultats.

IKFLVlir€K DBS ABMIflSIOVS SUR LES IIIFAIITIGIDBS. 811

naissance; ety d'un autre côté, qu'elle ne commet ce crime, qae loi^u'èllen'a aucun témoin, aucun confident quelconque de son accouchement. C'est seulement lorsque ces deux circonstances se trouvent réunies que la mère se dëtertninie au meurtre, dans le désir d'ensevelir à jamais dans l'ombre la faute qu'elle a commise.

On le conçoit : l'infanticide est, de la part d'une mère^ un véritable délire, qui s'explique par le désordre de ses idées, par l'effroi, les émotions de tout genre, au moment de Taccouchement. Son enfant lui est encore en quelque sorte inconnu ; elle ne voit en lui qu'un fardeau accusateur. Mais, l'a-t-elle tenu dans ses bras , l'a-t-elle considéré , a-t-elle repris ses sens? Oh! alors ^ elle redevient mère, son âme se soulève à l'idée d'un abandon; elle se demande si elle ne peut conserver son secret, sans commettre un crime atroce (i). Dès qu'elle a un

(t) Yoiei, sur ce sujet; le témoignage d'un magistrat belge, qui a rempli long-temps les fonctions de président du tribunal à Maestricht et à Tongres:

« Tayais moi-même, diuil, été long-temps pénétré de l'idée que les hospices « d*enfans abandonnés deviûent essentiellement tendre à conserver les nou- « Teau-nés. J*ai donc cherché à me rendn; compte de cette espèce de phéno- « mène ; j*ai tAché de découvrir comment il se faisait que les infanticides ne « s^étaient pas multipliés dans la province du Limbourg, en proportion inverse « da nombre des enfahs déposés^ et les recherches que feus occasionde faire, • à cet égard, an' parquet de la cour d'assises de la même province, ne doue « Bfrent la solution de ce problème.

« Je découvris que le crime d'infanticide ne se commettait point sur des « enfiins qui avaient vécu quelques jours.

« Que, dès que la femme avait éprouvé les premières jouissances de la ma- «« temité, elle n'attentait plus à la. vie de son nouveau- né ;

« Qne la mère ne se portait à cet acte de barbarie que dans les premiers « emlNUTas de son nouvel état et lorsqu'eUe était encore placée entre le senti- « ment de la honte et les sentimens les plus naturels; ,

« Enfin qi^e l'enfant était sauvé^ dès qi|e la mère pouvait croire que son ac- «( couchemeut était connu d'^ine seconde ou d'une troisième personne ;

« Et conune j'avab remarqué^ d'autre part^ que lesenfons, qui étaient porli tés à l'hospice, étaient nés depuis plusieurs Jours, que parfois ils comp« M talent i{iieIqQ^ mois, j'ai été conduit à tirer de la c(Hnbinaiioii de cette

(Wifiâent/le moyeo «st trouvé, £Ue peut faire remettra sqp wftmt en d'autres mains. La pauvre petite créature sera exposée, peut^'ètre. MaiSi euftui la mare se persuade que sou wfant est sauvé > qu'il sera reeueilU pap quelque pèrsouue eompatissaute.

Que fait l'existence d*UD tour à tout cela ?

Dans la double couditio» qui doone lieu k riufautlcide , Tenfaut ne pourrait arriver au tour. Au moment où la mère 9M SOU eniant au jour , elle n'est pas en état d'aller elleméme le déposeri et de franchir à cet effet la distance qui la sépare de Thospiee. Il lui &ut un intermédiaire, pour transporta» ^enfant. Alors, elle a donc un Confident; elle ne eommettra point l-inC^nticide. £lle acceptera , elle sollicitera peut-4tre un complice poup l'aider à délaisser son enfant , «lie le trouvera : ^I)e n'en acceptera point pour l'infautieide ( elle n'en trouverait peut-être pas.

L'infanticide n'est commis que par des femme§ qui n'em-^ ppuntent point le ministèrâ d'un accoucheur ou dWe sage* femme.

Pour que le tour pût prévenir un infanticide , il faudrait que le tour lui-même fût à la portée de la mère, précisément à l'instant où elle çst délivrée de son fruit.

Il ae faut donc pas s'étonner si les infanticides sont quel*quefbls plus- nombreux dans les pays qui possèdent des tours. La sévérité de l'opinion, qui flétrit les filles-mères, y fait commettre plus d'infanticides : elle suggère^ sans doutei aus§i !'i*

« double observatim hmméf^fim qu'«a géW#l 1^ mki^ qvtti 1*99 9^ftpit « m»% hoifiei» iitvmi 4^i h r«i)ri du crip^^ H que |e« mèp^ q«i l§$ y /ai-

■4f mm d«p9«#v ii'«taifi9ftt jplii» (epf«i4$is ^ porter «ur mi ^m vmm hmi^% « qge c'était le* plus souvtol, f^^ur m Hiimm^ fw &rd^w qyi tfd^^mM'

« défaisMMt.

nrvLVEjffCfr Q18 ADMis8iai98 8m iM iirv4inn€ii>Bs. su

dée d'ouvrir des tojars pour y apporter un préservatif; mais, cet espoir ne peut s'y réaliser.

Les règles que nous avons proposées, pour l'admission des enfans dans le bure£(u des hospices , exerceraient-elles plus d'influence sur les causes de l'infanticide? pas davantage. Le bureau d'admission fait l'office du tour , avec cette dif-

. férence seulement, qu'il ne procède pas à l'aveugle. La mère aura un confident de plns^ mais un confident dont elle a tout à espérer, dont elle n'a rien à craindre, et qui res* pectera son secret avec une inviolable fidélité. Si elle a em-

' prunté le ministère d'une sage-femme ou d'un accoucheur, elle pourra encore , par leur organe , faire receyoir son enfent , sans qu'on Tinterroge même sur son nom, sur sa demeure. Si; elle est réellement dans une position qui ne lui permette pas d'élever elle-même son enfant, Tenfant sera élevé par l'hospice. N'a-t-elle aucun titre pour obtenir cette faveur? elle pourra recourir à deux moyens , coupables sans doute, mais bien moins criminels que l'infanticide, à la fraude ou à l'exposition. Elle n*hésitera pas. En faisant exposer son enfant, elle se flattera de le conserver ; en employant le mensonge , elle le fera recevoir. ♦

^ Telles sont les diverses combinaisons qui s'offriraient à sa pensée si, lorsqu'elle est assaillie par Thorrible pensée de 14nfanticide, elle était capable de réfléchir. Mais une si atroce barbarie n'est point le fruit de la réflexion. La malheureuse

qui , dans son désespoir , viole les plus saintes lois de la nature , ne consulte point les réglemens de nos hospices , ne s'informe point des formalités qui y seront remplies. Sa raison est égarée. L'aveu de sa faute, voilà, après la faute, lé vrai moyen de la réparer. Encourageons cet aveu! Quel moyen plus efficace, que le bienfait qui lui est offert, avec le mystère qui lui çst promis?

SBCODDI tàXtat. UYM I. OU». VUI.

De llnflaenoe que les règles «Tadmission penrent avoir sur rexpontion

des cnfinis»

Deux classes d'enfans peuvent être délaissés par la voie de Texposition: v

Les enfans auxquels l'hospitalité est due à quelqu'un des titres çi-dessus déterminés (1) ;

*Geux auxquels elle n*est due à aucun titré.

Si Thospitalité était refusée à la première classe , ou s*il n'était pourvu par des moyens sufBsans et convenables à ce qu'elle puisse leur être accordée, les enfans ainsi repoussés pourraient être exposés, et l'administration publique en porterait la responsabilité.

Rien de semblable n'est à craindre , dès que la porte des établissemens hospitaliers s'ouvre pour tota's les enfans qui se trouvent dans les conditions requises. L'examen préalable, loin de fiiire nattre ce danger, sert précisément à le prévenir. Le tour ne ferait .rien de mieux. Le tour n'est donc d'aucune utilité pour éviter les expositions qui appartiendraient à cette

première catégorie.

Dès-lors, le but n'est-il pas atteint? Le but pour lequel les hospices odt été fofndés, le seul but qui soit légitime?

Reste la seconde classe d'enfans, celle à laquelle l'hospitalité n'est due à aucun titre.

Pour celle-ci, il est vrai, et pour celle-ci seule, le tour est utile; il lui assure l'admission d'une manière illimitée et indéfinie. .

Le bureau d'admission suffit à ce qui est utile ; le tour facilite l'abus, et même le provoque.

(1) Toyez rarlicle 1^*^ du présent chapiUv.

INFLUBHCE DES ADMIflSIONS SUR LBS BXFOSITIONS. St7

Prétendrait-on que les devoirs de Padministration publique vont jusqu'à l'obligation de prévenir l'exposition d^enfans qui n'ont aucun droit à l'hospitalité , en leur accordant cette hospitalité les, yeux fermés, et sans vérifier leurs titres?

Il faut le reconnaître : l'enfant exposé n'est pas complice des parens qui l'exposent. Aussi, considérons-nous le malheur dont il est atteint par la barbarie de ses parens, comme un titre àll'admisslon. Ce titre lui est personnel; quant à sa fa^f ille, elle n'a pas même d'excuse. L'enfant exposé n'avait aucun droit, antérieurement à l'exposition; cette circonstance seule le lui confère; dès-lors, les portes s'ouvrent pour lui. ' Que pourrait-on faire de pius, sans dépasser les bornes de l'équité et de la prudence?

Cest un grand malheur pour l'enfant que d'être exposé aussi, par l'admission, on répare ce malheur. Faut-il le prévoir, le supposer d'avance ; ef, pour l'éviter , admettre des enfans qui n'eussent point couru le danger; les admettre autant qu'il plaira à leurs familles d'usurper cette faveur?

En supposant qu'une mère, dans la vue de se soustraire à un iBxamen préalable, expose un en&nt qui n'a point de titres à être admis , cet inconvénient serait-il comparable à celui d'admettre sans examen l'enfant présenté à l'hospice ?

L'enfant exposé est presque toujours, placé dans un lieu public et dans un lieu fréquenté, afin qu'il soit recueilli le plus promptement' possible. D est recommandé à la pitié publique; elle ne lui manquerait pas. La police mun icipale est portée aiyourd'hui à un degré de perfection, qui ne permet pas que l'exposition se prolonge long-temps. Il n'y a de péril pour l'enfant , que si on l'expose la nuit , ou sur la voie publique, daus la saison rigoureuse.

Une autre cause qui multiplie les expositions, c'est qu'il est plus commode d'ei^poser l'enfant, que de le faire voyager pour l'envoyer à l'hospice. Mais , comme les bureaux d'admisûon peuvent être beaucoup plus multipliés que les tours , le voyfige sera moins long dans le système .que nous pro-

318 neoiiBB pkwnB, unn i. olâp. viti.

posottt , que dans celui des tours» Le motif qui concoun à produire les expositious , par la crainte ou l^embarras d'un transport loincaiii de l'enfant, aura donc moins de force. Pealil ètr», d'ailleurs, mis en balance avec les funestes cons^ quences d'une admission aveugle et illimitée? Les enfans portés aux tours ne courent-ils donc aucun péril? Quels que soient les soins de l^administratîon publique, combien de lances ne menacent pas leur vie ? Et ce danger est-ii le Mttl? Ne tiendrons-nous aucun compte dé la perte de leur état civil, de la rupture de tous les liens de famille^ des ttleinles portées à la morale, de la faveur accordée à la violation des lois de la nature? Pour empêcher une mère d*exposek* son enfant, faudra-t-il en provoquer cent, pettt^tre,ilesdépo^ ^ £0^, en les délaissant pour toujours?

Laquelle donc est la plus digne de notre intérêt et de nôtfe ' pitié) ou la femme qui expose son enfant, parce que cet tmfant tte réunit aucune des conditions qui peuvent lui mériter l'hospitalité, ou celle qui laisse connattre sa situation, et dont la situation motive Tadmission de son enfant?

La première, qu*est-elle? Une femme dépravée, qui ne songe qu*à se débarrasser de sonihiit; une femme cupide, qui a les moyens d'élever son enfant, et qui trouve plus uvatntageux de le fiaire élever aux frais du public, même en le per dant pour toujours ; une mère dénaturée, profondément Iftf différente au sort de son enfant, et qui ne consulte que les lionteux calcuis de l'égoisme .

La seconde, quoi(|iie coupable d'une faute, nVst point en^ core entièrement pervertie; c'est peut^-èo^e une persomie qui ft cédé avec une facilité déplorable à la séduction; me personne légère qui est tombée dans un piège; une personne trop crédule que 4}e fousses promesses ont m>mpée ; une personne capable de repentir, qui peut être ramenée à une cM^ duite honorable, «t préservée d*une faate nouvelle.

Or, quel service rendeï-vous à la première? Vous falfranf laissez dTune oUigatlcm qu*«lle poirrait uocompKr^ voué Pà

iirFLUBMfiË Btê ÀDMimORI «V» li«6 W»Oftt¥ioirs. Slt

oStèt m fidoyéti commode de se débarreiMer de son enftnt, el d^ftccotnplir son coupable desseliii Vous récompenses sofi crime^ Voilà tout ce que voud faiteft pour elle» eu lui ouvrant le tour^ -

Quels services ne rendek^vous pU6 à la seconde, par rexameif préalable? Vous lui ofTret lei& moyens de se réhabiliter^ det^ cevoir des secours utiles, des directions salutaires; vous lui accordez un patronage que sa position^ bêlas! ne lui rend qa« trop nécessaire. Vous la rendes peut-être à la. vie morale* SupprlmeM Texamen préalable, vous supprimes cette assis*'' tance. Car l'infortunée , cédant au sentiment de la honte , prë^ férera déposer l'enfant dans le tour et se taire.

Mais lÀ supposition que nous âvionftun instant admise, ést- «Ue en effet réelle? EstHl vrai que les tours placés dans le& hospices pHviennent tes expositions d'enfans ?

Dans les pays où existent des tours, ne vott^on pas chaque jour des expositions? ¥ sentinelles moins nombreuses que dan^ les pays où les tours n*e^istent pas? Où sont les fsiits authentiques qui signalent à Cet égard quelque influence de^ tours?

Le nombre des expositions la-t-il augmenta dans les contrées où le nombre des tours a été réduit? À-t-il augmenté du moinâ dani^ les lieux où les tours ont été entièrement supprimés? Nullement. Il est constaté au contraire que les rêduc^ tiens où suppressions de tours n^ont entraîné aucun changement dans le nombre des entons exposés . (1)

Un fait éclatant vient confirmer Cette observation danâ fe capitale elle-même. 'Depuis que fexamen préalable a été introduit dans le régime d'admîssioU dès enfans trouvés de Paris, on à comparé le nombre d'expositions qui ont eu lîèU

'fl\ Yèyee ie t«|ppiort chi vàm»^ de iliMériMnr, «n 1M9, fag^ «8 : « âli « Swrpkts, et en £dt, «st-il 4^t dans ce decumeat «ffickli depuis lei sttpjprefisîetts ** de toivs qui ont eu lieu dans plusieurs départemens » depuis 1894 , on m^ « constaté nulle part ni plus d'infanticides, ni plus d'al>andons sur b TÎepii- • blique. » ' . y^

ï ^ OCT 1959

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avec celles' qui s'étaient produites aux époques correspoudantes, pendant les années antérieures, sous le régime de Tadmission aveugle, et il a été reconnu que le nombre des expositions ne tend point à s'accrottre, sous le nouveau régime. Ce, qu'il y a de plus remarquable encore, c'est que, dansl'hospice de Paris, le tour n'a pas été supprimé; il continue à être ouvert, concurremment a\ec le nouveau mode qui soumet les autres admissions à l'examen préalable- Cependant, le tour, depuis cette époque, n'a pas reçu un enfant de plus, Comment donc supposer que l'examen préalable puisse réagir sur les expositions , lorsqu'il ne réagit même pas sur les dépôts dans le tour?

C'est que, ainsi que nous venons de l'indiquer, l'exposition d'un enfant sur la voie publique a ses causes particulières» lorsqu'elle a lieu en présence d'asiles ouverts pour les enfans auxquels, l'hospitalité est vraiment nécessaire. On dépose rénfant au tour, quand, en vertu d'une opinion répandue, les familles se persuadent aisément qu'il est permis de faire ^ élever son enflant aux frais du public ; on croit le placer en quelque sorte dans une pension gratuite. On n'envisage pas du même œil l'exposition. Elle ne se présente que sous l'aspect d'un acte barbare. Les parens ne s'effraient point de l'idée de voir leur enfant entrer directement à l'hospice pour y être bien traité , spigné, élevé jusqu'au moment où il leur conviendra de le reprendre ; cette perspective leur sourit peut-être ; ils se disent que l'enfant n'eût pas eu entre leurs mains un meilleur sort ; qu'il y a même avantage pour lui d'être confié aux mains des sœurs de charité et des agens de Thospice. Ils se persuadent qu'ils prennent un moyen économique pour le mettre en nourrice , en sevrage ; qu'ils s'épar- ' gnent seulement des embarras et des frais. Ils calment ainsi leurs scrupules. Mais exposer l'enfant ', c'est toute autre chose ! L'âme \2l plus insensible s'en effraie , en frémit : c'est livrer l'innocente créature à un danger; c'est le perdre à jamais de vue , c'est s'eq séparer sans retour !

IHFLUBirCS DSS ADMIMIONS .S17& LBB BXPOSITIONS. 321

Un enfant présenté au bureau d'admission , qui aura été reconnu comoie ne remplissant aucune des conditions prescrites, sera rendu à sa mère. Qu'ârrivéra-t-il? La mère, sans doute, sera mécontente de n'avoir pu tromper l'administration, usurper Fassistance; mais, le plus souvent, elle en sera quitte pour faire les frais de l'éducation, comme elle en a peut-être les moyens, et pour accomplir ainsi son devoir. Que si, par un calcul insensé,' par Une cupidité forcenée, elle allait cependant jeter le nouveau-né sur la voie publique, osera-t>on prétendre que Fhospice en devient responsable ? Autant vaudrait dire qiie la bienfaisance, lorsqu'elle a refusé des secours à qui ne le méritait pas, est responsable de tous les délits auxquels pourraient se livrer ceux qui ont vainement cherché à la surprendre. L'administration ne devient-elle pas responsable, au contraire, du délit commis par les familles qui abandonnent les enfans sans nécessité, lorsqu'elle favorise ces actes coupables, en leur offrant un appât, en, les couvrant d'un voile? La société est-elle donc ténue de provoquer une foule de délits, pour en prévenir quelques-uns? On parle beau- . coup des infanticides, des expositions d'enfaos, qui sont heureusement assez rares ; on ne parle guère des avortemeiis qui cependant sont fort nombreux. On pourrait, sans doute, en prévenir quelques-uns, par des faveurs analogues à celles que la loi du 20 février 1792 prodiguait aux filles-mères. Qui cependant oserait le proposer?

Abandonner le système des toui^s, y substituer celui des bureaux d'admission avec examen, en d'autres termes , sou^ mettre cette branche de secours à la règle générale qui "doit gouverner tout le régime de la bienfaisance publique, accorder l'assistance partout où éjle est nécessaire , ne l'accorder que là où elle est nécessaire, par conséquent, qu'après investigation et avec discernement,* tel est le mode, le seul mode qui paraisse propre à conserver, dans l'institution des hospices d'enfans trouvés, ce qu'elle a d'utile, en prévenant lés abus auxquels'elle peut donner lieu.

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