ORGANISATION DES BUREAUX D ADMISSION
nauX) ne pourront devenir les élémens d une instruction judiciaire : une seule exception sera faite à cette règle -, c'est le cas où le mensonge aurait été employé en présentant un enfant. L'asile du malheur ne saurait être le théâtre de l'action de la police, et la rigueur des lois criminelles ne doit point se combiner avec les actes de la bienfaisance : mais une sem- ' blable protection. n'est pa^ due à ceux qui, loia de la mériter, par les témoignages d'une juste confiance, chercheraient à obtenir l'impunité àj'aide de la mauvaise foi. Une déclaration expresse fera bien connaître ces conditions à quiconque voudra déposer .un eûfant: on lui tiendra ce langage : Enirez ici sans crainte de voir vos secrète trahis / vous pouvez tout dire, pourvu que vous disiez vrai.
La déclaration étant reçue, consignée par écrit, il reste à en vérifier la sincérité, mission délicate et qui exige autant de perspicacité que de sagesse! C'est parmi les dames de. charité, parmi les commissaires .chargés de la distribution des secours publics, qu'on rencontrera, suivant nous, les ministres les plus propres à s'en acquitter, et ceux aussi dont les Investigations exciteront le moins de défiance ou d'alarmes.
Le troisième mode consiste à ne recevoir les enfans à l'hospice, que sur un procès-verbal ou une déclaration des magistrats ou des oiBciers publics qui auront soit constaté l'exposition, soit reconnu la réalité des circonstances qui peuvent justifier l'admission. Ce système est fondé sur les principes qui avaifent dicté l'arrêt du 21 juillet 1670 , la déclaration du 10 août 1779, et la loi du 28 juin 1793. C'est celui quia été adopté pour Paris, par l'arrêté du conseil général des hospices, de janvier 1837. Les' mères qui veulent faire admettre leurs enfans à l'hospice, s'adresseront alors au magistrat ou à l'oiBcier public dans le ressort desquels elles habitent, ou les feront prévenir par une personne intermédiaire.
Les'mêmes investigations, les mêmes mesures qui, dans le premier des trois modes, ont lieu à l'hôpital où la mère vient faire ses couches, seront observées dans le second etle troi-
sième mofte, au domicile de la liière. DaiDs le second mode, le soin en sera confié aHX dames ou ai» commissaires de charité à ce délégués ; dans le troisième, aux magistrats ou oflSk^iers publics.
Le troisième mode peut avoir. riDConvénient d'effipayer le« mères, en leur folsant craindre des poursuites judiciaires, ou du moins une intervention de l'autorité publique qui les exposera à voir découvrir leur secret ; mais, le second a l'inconvénient d^xposer Tadminislration de TJiospice à recevoir souvent de fausses déclarations. Car, lorsqu'on apportera l'enfant à Thospice avec une déclaration non encore vérifiée, , on se trouvera dans la nécessité de le recevoir provisoirement en dépôt, jusqu'à ce que la vérification soit consoçi*mée. Alors, si la déclaration se trouve fausse, les dames ou commissaires de charité feront des recherches inutiles, et, Fenfiint restera définitivement à Thospice. La sagesse, la
prudence des magistrats, des officiers publics , peut prévenir cependant , ou atténuer du moins , les inconvéaiens du sys^tème qui leur confierait cette difficile mission (I). Mais, on se flatterait en vain, dans une telle matière, d^échapper à tontes les chances d'erreur; il n'est permis d'aspirer qu'à des succès Incomplets. L'option entre lés deux derniers modes devra â^)endre surtout des instrumens qu'on aura sons la main et des circonstances locales. '
(1) L*aiiteiir avoue qui^ aan&t préffiré le second des dewt. niûdes %m vîmili€8t (TèOwiii^liquésyCl qa*il n'airà pas propaaé le troisièaie. Mais il deit rendre lM>nmage à la vérité, et déclarer, diaprés uoè expérience de huit mois, que MM. les commissaires de police de Paris ont procédé à ces- investigations de la manière la plus satisfaisante , et qu'ils ont parfaitement atteint le but , dans une opération si neuve et si cBfficile. Ils ont été gnidés parles instmetuAls de M» k oonseiller d'état diar^ de la potiee de la capitale. En y Usant leitfs devoirs, ils se sont pénétrés, de l'esprit dans lequel ces devoirs deiiiandent à éise remplis. Ils ont su joindre l'indulgence nécessaire, à un ministère qui a quelque chose de rigide; ils ont souvent obtenu, par la persuasion, ce que n'eussent pu produire des poursuites judiciaires et la erainte des peines égales.
ClABSBMmT «ES KMVAirs tun Uti nOBtlCES. 8)7
Du classement des enfans admis dans les hot^kices d'énfebâ ttxMâvéi ttt
Il serait à désirer que^ indépendamment de iGi distinction entre les enfans trouvée et abundonnég^ on formât deux catégories distinctes des enfans reçus an bureau d'adfnis*^ ston : l'une se composerait de ceux dont ia famille serciil connue, et dont Tadmlssion aurait été accordée par des motife légitimes $ la seconde comprendniit ceux dont on n'aurait pu découvrir les familles , soit qu'ils eussent été expo» ses , soit qu'ils eussent été reçus d'après des indications mensongères y ou par l'intermédiaire de personnes dont le secret mérite d'être respecté. Tout fait présumer , en effet , que les ^ parens des enfons de la secqnde classe méritent beaucoup moins d'égards ; que les liens de famille ont moins de prix pour les enfans eux-^mémes; qu'il y a, pour cesdernierSi un moindre intérêt à être rendus aux auteurs de leurs jours. Cette distinction aura , par la suite , des conséquences qu'il sera bon d'appliquer.
Les informations «prises pour reconnaître la légitimité At motifs de l'admission auront , comme nous l'avons vu ^ deux objets essentiels : s'assurer du dénûm^t des parens ; juger de ilmpossibilité où les parens se trouvent d'élever eux^ mêmes leurs enfans. Or, il arrivera souvent que ces deul conditions ne seront pas réunies. S'il est des familles aux* quelles il ne manque qu'un secours suiïisant pour conserver leurs enfans en leur donnant l'éducation , Il est des parens qui, sans être réduits à la misère, ne peuvent garder leurs enfans auprès d'eux , par des circonstances plus ou moififs impérieuses* On a donc eu, à Vienne, à Strasbourg, une idée heureuse et juste^ en prenant lé parti d'admettre aussi des enfans trouvés moyennant un prix de pension. De la ',
1^28 SBCONDB PAKTIB. LIVBB I. GHAP. YlII.
sorte, il a été satisfait apx nécessités de certaines situations ; on a conservé le secret qu'elles exigeaient, sans mettre à la charge du public les frais d'une mesure qui est prise dans riotérét privé des familles. •
Nous proposerions de généraliser ce système , en créant dans les hospices d'enfans trouvés, une troisième catégorie : celle des enfans admis moyennant pension.
Ce serait encore , sinon précisément un secours , du moins un service rendu, {flutôt à l'enfant qu'à sa famille. Ce serait surtout un soulagement considérable pour les etablissemens qui supportent la charge des enfans trouvés. Ce serait un moyen de distinguer parmi les enfans délaissés, ceux dont le délaissement n'a point la misère pour cause.
Les bureaux des nourrices, tels que ceux qui existent à Paris, à Lyon, etc., peuvent rendre aussi, en partie, le même service! Mais ils ne placent . l'enfant que pour le temps de l'allaitement, et les causes qui privent lès enfans illégitimes des soins directs de leurs parens se prolongent ordinairement, pendant j^resque tout le temps de l'éducation.
En adoptant cette mesure, on enlèverait le dernier prétexte aux mères qui font exposer leurs enfans , quoiqu'elles aient le moyen de faire.les frais de leur éducation; on ferait disparaître jusqu'à l'ombre, de-l'objection qui peut s'élever contre le système d'admission, qui a été exposé il y a un instant.
La seule difficulté (}ue présente cette combinaison, natt de la crainte quie la pension promise ne soit pas exactement acquittée. L'exemple du bureau des nourrices de Paris qui subit, dans ses recouvremens , des non-valeurs si considérables, confirmerait cette crainte. D'un autre côté, l'exemple des hospices des enfans trouvés de Vienne, de Strasbourg, etc., où les recouvremens s'opèrent assez ré^Uèrement, semblerait propre à la dissiper. Sans doute, l'hospice sera exposéii quelques pertes; mais il pourra prendre des précautions, exiger des garanties; il trouvera surtout une puissante fpr rantie dans riqlérét qu'auront les parens à maintenir le se-
GAUSBS OB hk AÉDUCTIOir DBS BBVANS TBOUVÉS. S39
cret dont ils s'enveloppent, et à éviter des poursuites en paiementy qui aliéneraient la révélation du mystère.
L'admission des enfans , moyennant pension, offre encore d'autres avantages. L'enfant est rappelé périodiquement à la mémoire de ceux qui soldent le prix convenu ; ceux qui Font faitadmettre sont intéressés à le retirer, dès qu'ils peuvent l'élever eux-mémes; l'expérience fait connaître, d'ailleurs, qu'un grand-nombre deparens, loin de vouloir se séparer, pour toute la vie, des enfans qu'ils délaissent, seraient disposés à ne les abandonner que d'une manière momentanée , pendant . le ba&-àge ^ qu'ils conservent le désir et l'espoir de les reprendre ensuite.
On stipulerait donc, en recevant un enfant à titre de pensionnaire , le temps pendant lequel il serait confié à l'hospice.
Le même but pourrait aussi être atteint en partie , par la fçrmation d'un bureau public pour le placement des enfans en nourrice et en sevrage , comme il en existe dans quelques grandes villes , ainsi que nous l'avons proposé dans le cha^ pirre premier de ce livre.
De quelles causes dépend essentieUement la réduction du nombre Ses enfans
trouvés et abandonnés.
Les divers ordres de mesures qui nous opt occupés jusqu'à ce moment peuvent, jusqu'à un certain point, mettre obstatacle à ce que l'hospitalité publique soit indéfiniment prodiguée aux enfans qui n'ont aucun titre pour l'obtenir; mais ils ne vont pas plus loin. Ils n'atteignent point les mobiles qui déterminent le délaissement des enfans. Us ne ^remontent pas jusqu'à la source du mal. Nous ne saurions donc y voir que des préservatifs imparfaits.
Ce serait une erreur de croire qu'en cette matière, comme dan& toutes les branches de la bienfaisance publique , des combinaisons administratives sufiisent pour prévenir les
ktO 8Kj!^ro« »âATtfi. htWHL t. CHAP/Vllt.
WMx ipA aflligMl rhummité. N'en négligeons aucune ; mais n'en attendons pas plus qu'elles ne peuvent produire.
L'amélioraclon des mœurs , voilà la grande et puissante cause que nous devons invoquer pour réduire 'effecitvetnei^t le nombre des enfons délaissés. Elle n'agira pas seulement en diminuant le nombre des naissances illégitimes ; elle rendra aussi, dans Tâme des parens, plus d'énergie aut sentimens de la nature } elle fera mieux comprendre au père la protection q*'il doit et à la femme qu'il a trompée et à l'être qui est né d'une faute dont il est le principal auteur; elle don^ nera , chez la mère , plus d'empire aux devoirs de la maternité ; elle les disposera . tous deux à réparer, par un lien régulier, le tort dont ils se sont rendus coupables. Elle arrêtera une partfe des égaremens; pour ceux qu'elle q'aura pu empêcher, elle fovorisera le repentir. Mais, plus les moeurs se corrompront, et plus nous aurons d'enfans délaissés, sous une forme ou sous l'autre. '
Il appartient à resprit'de famille d'exercer surtout cette salutaire influence : il entretient et développe les affections domestiques, il en fait connaître tout le prix. Non-seulement il resserre les liens du sang, mMs il agit encore sur ceux qui sont témoins de sa douce et vivifiante manifestation. Ses effets se transmettent de génération en génération. La pecsonnB qui| dans ses jeunes ans, aura répondu, par l'amour filial,. à la tendresse d'un père et d'une mère , héritera mieux un jour du sentiment dont elle a recueilli les bienfaits. L'amour filial e^t un noviciat de la vertu.
Favoriser les mariages , en levant les obstacles qui les empêchent, lorsque , d^ailleurs, la sagesse les autorise, entretenir le respect et la reconnaissance des parens envers les auteurs de leurs jours, c'est préparer, dans la génération à venir , des préservatifs réels contre les funestes dispositions qui multiplient le délaissement des énfans. L'institiition des salles d'asile, nous l'espérons, aura, avec le temps, cette efficacité. Elle contribuera aussi, déjà même elle contribue sensi-
GA178B9 6e U. miBU«9lM HtS ÉttBÈJfê VMVVis. Hi
Mement à accroître l'intéHt que Teafettoe iaspire ^ le regp«ei même qui est dû i cet âge si tendre. On craiadra daTamage d'immoler ces pauvres créatures , en les voyant si aimables; les pàrens évalueront à un pUss baut priic le bonheur de les possédera leurs côtés. Les sociétés de charité maternelle, ea aiéme teaips qu'elle» eatretlendroiii l'esprit de famille, feront pénétrer sous le toit domestique, au sein des classes mal- «isées, d'utiles «i«eîgneBi«MS, des e&coongi^neiis propices pottf r«ceoffiplissem^3t des devoirs réciproques iaiposés par le soprésie législateur aux membres d'usé ménie fonûlle.
Nous essaierons, dans l'iiii des chapitres du troisième livre tMivants, d'exposer les moyens qui nous paraissent les plus firopres à améliorer les mœurs populaires. Sous le rai^rtidfl fiijet qui nous occupe an ce moment , nous nous bomeroos à recommandi^ d'avance les înstttutîoiifi qui ont pour but 4e protéger, contre les dangers 4e la séduction, les jeunes filles travaillant hors de leurs familles,' et de ramener dans lu benne voie celles qui s'en sont écartées. Le patronage bienmUeet exercé, par les personues vertueuses et éclairées qui appnriienttent aux classes aisées , sur les classes inférieures ^ en concourant utilement i ce doublebut , répandra aussi , daas les Êinilles pauvres, wie instruction qui eu dissipera les préjugés, un sentiment d'honneur qui les détournera des ai^tîbns honteuses. De Ja sorte, cette opinion fatale et si gêné-ralenient répandue , qui fait considérer aux personnes é'mKB condition gênée , les hospices d'enfans trouvés comme une eflhi €pA lemr est ikite d'élever gratuitement leurs «ifaus , de les soulager de tout embarras de famille , qui les dispose à user de e^te faculté comme d'une chose, simple et naturelle, fera place à des notions plus jasâtes, et ce qu'il y a de criminel dans le dél^aissement des enfans sera mieux compris.
Un bon (Système de secours et de sages institutions de prévoyance éviteront aussi une partie des délaissemeus qui ont leur origine principale dans la détresse des mères. C'est ainsi que tout se lie dans les oeuvres de la bienfaisance
MS 8IC01I1IB PAETIB. UTBS I. GHAF. tlll.
publique. Les préservatifs et les remèdes opposés à an ordre de maux réàgissèot utilement sur tous les autres.
ARTICLE Yl.
De la recherche etdeia restkuiîon des enfans trouvés admis dans les hospices»
Justement frappée des abus auxquels donne lieu l'admission aveugle et illimitée des enfans trouvés, Tadministraticm publique a tenté diverses mesures pour les prévenir et les ré* primer, du moins d'une manière indirecte. • Cest ainsi que, par des régiemens déjà anciens, elle a interdit de donner aux parens des nouvelles de leurs enfans, ou . n'a permis de leur fournir des indications qu'à la condition de payer une rétribution assez élevée, sous^le nom de DroU de recherche; c'est ainsi qu'elle a interdit encore derendre ' les enfans à leurs familles, à moins, que celles-ci ne remboursent la totalité des frais qu'a occasionés l'éducation.
C'est dans le même but que récemment l'administration a exécuté sur divers points de la. France: des échanges ou des • déplacemens d'enfans, et réduit le nombre des tours. . Mais, telle est la triste fatalité qui semble attachée à lin- ' stitution des hospices d'en£ans délaissés, que chaque effort pour y produire le bien, ou pour arrêter le tiours du mal, entraîne quelque nouvel inconvénient à sa suite. Veut-on être gépéreux? on risque de provoquer les déliaissemens. Yeut-on être sévère? on risque de devenir barbare envers d'innocentes victimes.
Rien ne parait plus nécessaire, plus légitime, plus naturellement commandé, que de priver les. familles qui ont délaissé les enfans, de toute relation avec leurs victimes; que de ne pas leur permettre d'en suivre la trace, d'en découvrir le sé- . jour, d'en connatlre la destinée. Les familles elles-mêmes n'ont'-cllcs pas rompu le lien, abdiqué le droit, renoncé à la jouissance? Quel frein arrêterait l'empressement des parens à
RBCHBaCHB BT EESTITOfFIOlf DS8 BNFAKS THOÛVÉs'. 3S8
profiter de la faveur qai leur serait offerte, s'ils pouvs^ieiity à leur aise, conserver les jnémes rapports avec leurs enfaips, et se trouvaient seulement quittes des frais ? Ne faudrail-ii pas alors effacer^ du frontispice des asiles publics, le titre d'hospice d'enfatis trouvés.pour y substituer celui-ci : Maison où les familles sont admises à faire élever gratuitement leurs enfans, sans les délaisser?
D'un autre côté, .l'administration, en adoptant de telles mesures, ne s'expose-t-elle pas à de justes reproches? Ne lui dira-t-on pas : a Quoi ! sous prétexte de prévenir le décc laissement de l'enfance, vous le rendez encore plus ab- <c solu ! Ces relations de famille que nous gémissons de voir « rompues, vous achevez de les briser! A la cruauté despaa rens, vous joignez la barbarie de Thospice ! Sous la forme « d'un bienfait, vous opérez une séquestration complète I Une « mère recherche celui auquel elle a donné le jour, et c'est « vous qui lui opposez l'obstacle ! y>
La faculté accordée aux familles d'obtenir les informations, moyennant le paiement d'un droit de recherche, n'est-elle pas une injustice de plus ? Cette faveur est accordée à qui peut payer, et par conséquent refusée au misérable. Elle est accordée précisément à celui qui y avait le moins de dr6it, parce qull a eu des torts les plus graves;, elle est refusée à celui que le malheur pouvait excuser, et qu'il rend plus digne d'intérêt. Si le motif qui porte les familles à solliciter des renseignemens est légitime, l'hospice doit-il épéculer sur ce désir ? Si le motif n'est pas légitime, comment y accéder pour de l'argent ?
On est contraint de l'avouer : si la sévérité ne préside pas à l'admission des enfans, au moment où ils «ont présentés à l'hospice, la rigueur devient indispensable lorsqu'une fois ils sont admis. Mais, dans le premier moment, la sévérité eût été dirigée par le discernement; plus tard, la rigueur est aveugle. 11 eût mieux valu éviter l'erreur, que d'aggraver le malheur de la victime, pour réparer là faute commise. On s'épargnerait donc ces difficultés, ou du moins elles deviendraient moins
m 9Ê€oj(MPkvm. tma i. chàp. vin.
iiécessâires ^ si , par le mode dVxameii préalable que mm ayons proposé, PineoBvéïiieiit qn'on veut réparer, était arrêté dèsPorigine.
Alors, en demeurant fidèle au système adopté et ao pnaàp^ qni le régît, la mare|te à sni^re vis-à-*vis des familles, s^ait iiafiireHemeBt tracée. Oq exigerait d'abord de ceux qnt réchn ment des renseignemens, qu'ils justifient de rintérél qu'ils iM à les obtenir. Si la demande des renseignemens a pour objet éd retirer l'enfant, et si elle émane de ceux qui ont es eSst te droit de le reprendre, on satisferait à toutes les questioM^ mats sous cette condition expresse et sous des garanties svffi^ santés. Dans tout antre cas^ on se bornerait à faire eonnattre si Fenfont existe on non, et cette information serait domié» gn^tuitement à ceux qui auraient justifié des motift qui le9 porteut à la demander. De la sorte, on compléterait, on ccm* frôlerait au besoin les yérifieations propres à éefeirer swr 1» véritable origine de Tenfant, et snr la situation de sa famiHe.
Lorsque Fenfant est revendiqué, le môme embarras se reproduit, et ici se complique même encore de difficultés noiN veHes.
Rendra-t-on Tenfent ? La certitude de pouvoir te retîrerll volonté encouragera encore les délaissemens. Le refusera-l* ôn?On deviendra barbare envers Tenfantet sa femille^ e» prolongera le délaissement contre le vœu même (tes parena^ en laissera peser sur l'hospice le fardeau d'une dépense iiitt* lîle. ' •
En restituant Fenfant, exigera^-on une in^fennité pow Fïtespice qui a fart jusqu'alors les frais de son éducatio», ou la restitution sera-t-e!le gratuite ?
Il semble, au premier coup-d'œil, qu'aucune diffieuHé sa ' se présente, lorsque la famille offlre, en redemandant un tiet^ faut, à remboursa les frais que son éducation a causés. D^uM part, en effet, rétablissement est soulagé d'une cbarge pour l'avenir. Indemnisé de ses avances; d'un autre cAié, on pe»! présumer, chez ceux qui offrent de fiiire ce sacrifice, Fintm^
AECHEUCn KT USTITOTION HBS «VFijm nOUYÉS. 3S&
tion de réparer un tort, le retonr an sentiment do deivoir. Mais ne faut-il pas s'assurer^ ayant tout^ de la qualité de ceux qui forment cette revendication, et des droits qu'elle leur donne? Or, Gomment reconnaître qu'ils sont réellement ou le père ou la mère, ou du moins Tun des asc'endans de Tenfant délaissé, surtout lorsqu'on admet sans condition et sans contrôle, comme dans le système des tours? Si la qualité du réclamant est incertaine, et leur titre douteux, peutH>n livrer unenfaht à des mains inconnues, impures peut»dtre, et, a|Mrès Favoir adopté, le délaisser uiie seconde fols à prix d'ai^ent? A quels dangers né peut^oD pas Texposer ! L'hospice qui Va recueiUI n'est«il pas responsable de^sa destinée?
D'ailleurs, la certitude de pouvoir -retirer un jour son enfant, même en remboursant les frais, n'encourage«-t*-elle pas aie délaisser dès le berceau ?<}uiconque commet une faute se fait aisàment illusion, sur les espérances qui peuvent lui servir d'excuse, et se laisse entraîner avec moins de peine, lorsquHl peut en renvoyer la réparation à Tavenir, Sur les en* fans mis à l'hospice, dans cette pensée, 1/i^, i/S aii plus peui*^ être atteindront l'âge auquel ils sont redemandés par leurs familles. Ainsi, en r^anboursaat les frais de Téducatlon J^ur l'enfant que l'on retire, on laisse à la chaire de l'hospice les frais faits pour celle de l'enfant décédé. On retire l'enlknt saîn, celui qui annonce d'heureuses dispositions, odni dcmt on espère tirer un parti plus avantageux i les antres sont répu^ diés.
Pourquoi d'ailleurs accorder aux gens aisés une tatrewr qu'on refuserait aux pauvres? Les premiers ont'Hs i^us de droits que lesrseconds, siir les enfans quils ont délaissés? Ne sont-ils pas au contraire présumés plus coupables, puisqu'ils n'ont pas été portés à commettre ce délit par les nécessités de la misère? Pourquoi encourager ainsi de préférence le délais* sèment des enfans appartenant aux famiUes aisées ?N'est*^ce pas précisément, au contraire, celui auquel il ikut opposer le plis d'c4>stacles ?
336 SBGOHDB pXRTIE. LIT&B I. GHAP. TlII.
Que si lliospice restitue l'enfant gratuitement et à la première réciuisitiob , voyez le rôle étrange et scandaleux que jouerait alors Tadministration publique ! Ne vaudrait-il pas mieux, ne serait- il pas plus juste^qu'elle annonçât hautement l'inientionde se charger d'élever gratuitement tous les enfans sans distinction, sur le simple désir de leurâ familles? On rend ce service aux familles qui en sont le moins dignes; ne seraitil pas mieux de l'offrir à une foule d'artisans honnêtes, qui se condamnent à de rudes privations pour procurer à leurs enfans une éducation convenable? Si l'hospice rend l'enfant gratuitement et à la première demande, il ne reste plus le moindre scrupule à ceux qui veulent le délaisser; ils ne le délaissent plus ; ils le confient; ils le remettent en de très bonnes mains; l'hospice est un mandataire officieux qui leur évite tous les embarras , en leur offrant toutes les garanties.
Aussi les hospices d'enfans trouvés n'ont-ils pu accepter nulle part une telle mission dont les conséquences eussent été sans bornes ; après avoir recueilli les. enfans de ceux qui les délaissent, il a fallu les ravir à ceux qui les redemandent. Contradiction singulière ! Pour remédier aux abus du principe , il a fallu violer le principe ! nous déplorions de voir les j[>arens délaisser la pauvre créature à laquelle ils ont donné le jour, et voici que nous la retenons de vive force, malgré les parens eux-mêmes ! Hier nous condamnions leur cruauté, aujourd'hui nous sommes sourds à leurs prières !
Yoici une malheureuse mère, qui avait déposé son enfant parce qu'elle redoutait le courroux de sa famille; elle a avoué sa faute ; elle en a obtenu le pardon ; l'enfant sera reçu dans la famille. Le lui reAiserions^nous ? Voici de pauvres gens qui vont contracter un mariage après avoir donné le jour à un enfant et l'avoir déposé; ils désirent lereconnattre; désormais ib mèneront une vie honnête; repousserons-nous un vœu si légitime?
En France , où l'on a adopté comme règle générale de rendre les enfans, moyennant le remboursement de la dépense
DÉPLACEMENT DES ENPAN9 TBOX7VÉS, ÉCHANGES. So?
faite I on s*est VU dans la nécessité de permettre aussi, par exception, des restitutions gratuites; maison a réservé à Tautorité supérieure le pouvoir de consentir des restitutions de ce genre. Elles ne sont jamais refusées, quand la demande est reconnue légitime. La décision est subordonnée à une information régulière sur la qualité des personnes, sur la situation des familles.
Ainsi, en France , par la force des 'Choses, on est revenu à la marche qui seule peut prévenir les abus ou y remédier : on a cherché à s*éclairer. On a employé, pour se diriger dans les restitutions d'enfans , le moyen qui eût dû diriger aussi dans leur admission. Mais, pourquoi serait-on plus réservé à rendre les enfans, qu'à les recevoir? Pourquoi aurait-on plus besoin de lumières, dans un cas, que dans Tautre?
AKTICLE Vn.
Du déplacement des enfans trouvés et des échanges.
L'échange et le déplacement des enfans placés* au dehors de l'hospice ont été recommandés, en France, par une instruction ministérielle du 21 juillet 1827. Xe ministre prescrivait d'opérer un échange général, soit entre départemens voisins, soit entre les divers arrondissemens d'un même département , de tous les enfans trouvés en âge d'être, transportés sans inconvénient. Us devaient être rendus aux parens, en cas de réclamation, ou laissés aux personnes »qui offriraient c|e s'en charger gratuitement. L'annonce seule de cette disposition fit retirer un grand nombre d'enfans qui étaient à la charge de» hospices. Cependant, les difficultés de l'exécution la firent suspendre quelque temps. Reprise plus tard , elle a été essayée, de 1834 à 1837, dans 31 départemens. Sur 36,493 enfans ainsi déplacés, 16,339 ont été retirés, et une économie de plus d'un million a été obtenue. Dans' plusieurs départeinens, le nombre des enfans retirés s'est élevé à la moitié^ II. 22
Zi9 8B0OKDB PàXttté tIVAE I. tHAF. TIII.
atit ^S i 6t jusqu'auiÊ 5t9 deii enfàns déplacés. Autôi/des at*ticles officiels, insérés danâ les feuilles publiques, nous anuoucent-ils périodiciueinent combien l'administration se fétidité d'avoir imaginé et eiécuté cette mesure.
A-t-elleliètt, en réalité ^ de s'en applaudir ?
Il est pertnis d'en douter , lorsqu'on roit quelques ôon-* seils généraux, après avoir fait l'essai de cette mesure, coiùnie celui d'IUè-et^'Yllaine^ en 1639 $ y rendlicer, dans là conviction qu'elle est inÉmoTale et illusoire ; lorsqu'on recueillie le tënkdignage des comâiissions administratives des hosf^iéës , ai intéfesèées à voii* allëgétf^ le fardeau qu'elles supportent, éé affligées cependant d'une dpératlon dôut elles sotit les méll^ lënrS juges ^pah:e qu'elles en apprécient leâ etfetsde plUs près.
L'économie , momentaUéé du .moins , qui ^i obtéUUë pâf les déplacemens, ne saurait être contestée; mais, s'il est vrai, comme quelques faits semblent aussi l'annoncer , qu'une partie des enfans retirés ,sônt de nouveau déposés à l'hospice ; est-il bien certald 4uè, en définitive, on obtiéiiiie iin résultat durable? D'ailleurs, la mesure du déplacement, en se répétant,* perd son prestige; les filles iiièi*es , les pârëns misérables , ëffl^ajrés d*abord de l'idée d^Un exil lointain pour lèUfs enfanS , lorsque l'échange est annoncé p6Ur là première foià, àe râSsUrent lorsqu'ils apprennent que cë irâhsport n'a eu auëuu ré^. sultat f&ëhéiii; il^ oublient seulement avec plu^ de facilité tiës pauvres créatures, placées désornlais dans Un plus gràhd éloignëmëut; ils SOttt inoins accessibles àU désir de les rëpi'endi*é.(l)
La mesure du dél^laCemeht et de l^échàngé est àaiiS objet poUtles hoSpiées qUt, (dominé celui de Paris, s6nt contraints dé placeMës enfahs, dès les premiers jours, dans d^àutrés départe-^ mens, et à dé grandes distancés (â). Oiytel est le feas dès hos^ plcèà quî ont le plus grand nombre a'ènfans IréUvés â létîf
charge.
(1) Recherches sur les enfans trouvés, par M. Tabbé Gaillard, page 268.
(2) Les enfeDs UotiYés des hospices de j?aris sont placés dans un rayon, «pu
Quel est le but réel que l'adminlstrsltioâ s'ei&t proposé par ee déplacement ? Elle a voulu déjouer les collusions, à l'aide desquelles les mères se font attribuer la rétribution des nourrices , ou se concertent avec les nourrièes ; elle a espéré qu'en faisant perdre aux mères la trace de leurs enfans, elle détournerait quelques-unes â*entre elles de la pensée du dé* IMsftenient , et engagerait quelques autres h reprendre les enfans délaissés.
L'abus auquel radmlnistratloti a voulu iremédier est téti ; mais la mesure qu'elle emploie ponr le réprimei* ne fefnôntë point à la source , et, comme le remarque justement M. lé vicomte de âondy«^ elle est transitoire de sa nature (1). Elle répare des erreurs ou des négligences que l'administratiofl eût pti éviter, en s'armant d'une vigilance plus active, au momeni de Tadmission et du placement. Faites en sor^ que les mères ne puissent avoir$ auf le séjour de leurs enlkns, d'uii^ très informations que celtes qui leur seront fournleè par ràOBpice lui>4n6me j en cas dé nécessité ; et vous n'aurez pail besditt de recourir & des déplacemens dispendieux et embar^» îassans , pour leur en foire perdre la trace. Si, dans quelques localités , la mesure du déplacement à fait redemander , de 1884 à 1881, un si grand nombre d^enfans, o*est que Icé înaires, d'une part, et les personnes employées dans les hospl* tes, d'une autti5 , avaient, sciemment toléré , ftvortsë te ma* nége des mères (î). Que l'administration dirige et survelfté (tent ses ptoptes agens *, die sera dispensée de fâlf e tan< dé frais, pow remédier à leurs foutes.
i^% nul «la Pa»4MMaii> d« N«l>é , ds U «Mtko , 41MBn^4êêm^ éè l»€ôte^'Or» d0 Saôaé-eM>oife<
(1) Mémoire sur Us enfans trouvés , page 127> etc.
(2) C'est un fait dont l'auteur du présent ouvrage s'est cônVainc^ par luimême, et dont il à reçu la cohfidence des ailministratèurs eux«mèméSy sur
ptUBiéufS poiotl éb Ift Ihhanee.
SSO racoiniB paetb. utbb i. cbàf. vm.
Qoe si nous observcMis de pins près les effets produits par le déplacement , si nous pénétrons dans lenr natnre , noné Toyons s'affaiblir encore les avantages qu'on s'en promet , nons Toyons naître des résidtats funestes.
Parmi les eoliuis qui cessent, à la suite du déplacement , d'être à la chaire de llioq>ice , les mis sont retirés par leurs parcbs, les autres sont gardés (^tnitement par leurs anciens nourriciers.
Les enfiins retirés par leurs parens forment à peine le tiers de ceux qui cessent d'être alors à la charge des hospices. Parmi eux , il en est un certain nombre que les parens eussent spontanément retirés plus tard ou l'année même , si la mesuré n'ayait pas eu lieu. Aussi, après le dqilacement, les demandes des familles pour obtenir le retrait des- enfons diminnent-elles d'ime manière sensible. On attribue donc, en partie, au déplacem^it ce qui serait arrivé sans lui.
Quant aux deux autres tiers , ceux que les anciens nourriciers conservent gratuitement, a-t-on réellement siqet de se réjouir et de se glorifier d'en avoir soulagé l'hospice ? Supposerait-on que ces bonnes gens , en gardant Fenfant qui leur fut confié , ne font aucun sacrifice , et qu'ils sont suffisamment indemnisés par les services qu'ils en retirent ? Mais , alors, . on a eu tort de prolonger le paiement de la pension au--delà du temps où il était juste et nécessaire de l'acquitter ; il n'est pas nécessaire d'ordonner un déplacement génëralpour réparer cette erreur. Admet-on au contraire que ces bonnes gens font un sacrifice, qu'ils s'imposent des privations, pour ne pas se voir arracher l'enfant qu'ils élèvent ? C'est là , en effet, ce qui aura lieu généralement. Qu'est-ce alors que l'économie obtenue, si ce n'est un impôt levé, au profit de l'hospice, sur de pauvres cultivateurs ? On fait subir un sacrifice précisément à ceux qu'on devrait récompenser. On fait expier aux parens adoptifs l'afifèction qu'ils portent aux infortunés qu'on leur a remis. Ce sont eux qui paient pour l'hospice ainsi dégrevé, et ils paient pour avoir trop bien répondu à la con-
DÉPLACBMEBT DES KNFAITS TROUVÉS, ÉCHANGES. 3ftl
fiance de radministration ! Une telle disposition est non*seulement injuste , mais odieuse y révoltante.
Ohl s'ils venaient, ceux qui ont conçu et recommandé cette mesure, s'ils venaient dans l'humble cabane où le jeune enfant délaissé a trouvé un asile, où il grandit confondu avec la famille, s'ils assistaient au moment où I9 nouvelle du déplacement prescrit sera annoncée^ s'ils étaient témoins du spectacle déchirant qui va s'offrir! ils verraient couler les larmes de celle qui l'allaita; ils compatiraient aux angoisses que la famille éprouve, partagée entré la douleur de se voir ravir l^ pauvre petit enfant, et les tristes nédessités que lui imposent son indigence et la rigueur de l'administration. Us verraient l'enfant lui-même, s'il est déjà en état de comprendre Je sort qu'on lui prépare, pousser des cris, fuir la présence des aigens de l'autorité^ se jeter dans les bras de celle qu'il considère comme samèroi! Qui oserait alors prononcer leur séparation? et si cette famille, malgré sa misère, a ei\ le courage de &ire une belle action, a préféré renoncer au prix de la pension qu'à la jouissance d'élever l'orphelin, qui poui^ . rait s'applaudir de l'avofk* condamnée à celte épreuve ! Où est ici le mérite? où est la charité véritable?
Certes, voici du moins un service qu'aura rendu l'essai tenté en France de la mesure du déplacement! Nous lui devons une découverte consolante , la révélation d'un fait Important, honorable pour la nature humaine! Elle nous apprend que, psprmi les eçfans délaissés confiés à des familles pauvres, il s'en est trouvé plus d'un tiers (1) que ces familles, malgré leur pauvreté, ont pris* dans une telle affection, qu'elles ont voulu les élever gratuitement, plutôt que de les laisser passer en d'autres mains! que de belles actions cette mesure
(1) D'après le tableau publié par le ministre de rinlérieur (Rapport de 1837, page 69), le Dombre des en&ns retirés est au nombre des entos déplacés , comme 45 est à 100. Le nombre des enfans gardés par les anciens nourriciersy formant le& 2/3 du premier^ est au second comme 30 est à 100.
a fkU 4clorel quo de généreui^ f^eritim^n» ella d Mt coQQgt*^^ tre, au sein des plu$ bnmbla» cb^mmiàresl ^ Caue révélfiUon, au re^t^, n'a fmt que confirmer» pour le publia f ce qua savent trà» bien ceu^ qui ont «u occasion de y'mt^r le« fiimilles ou ^om placét lei^ enfans dQs boH>iaeSi la puiùatiee de§ ufS^aiùm qui m fermant, au aaio daca^OiniU'r lasi antra aeox qui adoptent et aaux qui (lont adaptéa, afiae*' tiom qui reçoivent une aorte de eonaécration par le bienfait des uns et le malheur dea autrea.
Vanona aux en&mi déplacés, transplantas dans pne autre eont^ée, confiéa à dea mains^nouveUes^ Ici, ce n'est pins auf asciena nourrioieps, e- est aux enfana cux^^mémes que le sacri» 6ce est imposé, et quel sacriSoQl
Un nouveau-néy r^udié par isa famille oatureUA, racneilU par Tbospice, avait retrouvé une famille nouvelle; il y avait paasé les années de cette première enfance cpii exige tant de soins; des liens s^étaient formés, qui se fortifiaient cbaqiia joart la charité avait rétabli ce qu'avait détruit le crioia i bientôt la dette de la reconnaissance allait commencer à s'acquitter; les bienfaiteurs allaient recueillir le fruit des services r^udos 5 la mesure du déplacement survient, trouble cet ordre da dmses si salutaire. Le délaissement avait brisé, pour le malheureux enfaint, les lîeni d'une première famille; la mesure administrative brise les liens de la secMide. Les père et mère avaient exilé leur enfirnt) un établisseinent hospitalier qui lai avait ofert son appui est contraint de le raviràd^parensd'sr doption. Ce qu'il y ayait de plus utile dans l'institution das asilsf pour tes enfons trouvés, est détruit dans son eieenee. La nourr riee qui reçoit le nouve^iHié ne pourra le conserver; l'enfant est promené de lieu en lieu, passe de main en main, n'obtient une situation que par la spéculation de ceux qui s'en chargent. S'il était mal dans la' maison où vous Taviez placé d'àbord; rien ne vous empêche de lui chercher un meilleur pla*c&maui 9 maia ;S^'il y était bien, quel est donc cet arrêt ineito^ rable qui l'eu arrache, qui le condanme à. dir» un éternel
giilm à ca^x qui l6 soignèrent de» ftoo b^rca^u? Vous o^te^uai m^U diïe$-yoi)3, upe économie par la retrait de que)»qua$ ^utre^ enfans l m^is c'ast aux dépens de cel^i que ^on^ fai(a^ changer da séjour ! Tout le mérite das institution^ d# bienfaisance aon»ste^t-ii dçfîc à diminuer las firgi^i milma Pdr d§8 9)«suras barberas ?
MncLB vm.
Arrivés au terme de ce pénible mai9 cOD^ciencieui; ej^tman, nous éprouvons M^-foii^ une double çrainta ; nous craignons d'avoir abusé de I^ patience du lecteur } pous çrai " gpons cependant de u'avpif pas 4puisé ça difficila ^ujat. Ce n'est qu'après de longue^ hésitations, <}U'aYec imajuita dfifiaoce, que nous pous sommes hag^rdé^ à proposer h i^lutîQo qui nous est suggéréa par une patienta étude da§ feits.
Qu'où nous permette de la résumer ici dans son a^S^lpb}^.
En cherchant h »e rendre compte das difiQçuUa^ Presque insurmontables du problème, on le^.voit |;Qu(ei$ dérlvar â'uue
commune origine,
P'una part^ la condition fondamentala (ia touî bpu gysjèwe de ^aapivs est da subordonner l'assistance g da§ iufgrm^JÏP»» pr^é^isai^ et certaines à l'égard des assisté;^,
P'm» autpejoôté, la çirconsiauce spé/çiale quii^cQmpagi^le déJdissenobçnt des eni^u^ an bas âge, m }e mystéra dont teiv* nikissanaa as* environuéai de grayej^ mpjiifs apmm.andawt de yaspeiçter, et même qualquef(»s de protagar ca myWèra.
JDa là résulta une coniradiction inévitable, antra 1a règle .que prescrit une sage bienfeisance, et la matière ^ l/S^UvOlle il ^'ôgit de l'appliquer. L'une ejtiga la lumi^e, Vautra ^'anyçïoppe de ténèbres.
De Ik ^t né aussi Ja partage des opinipns ; las m^^ m ^n- ^suUant qua la tbaa?ia, vaulent à tout prijt^viter la^ mo^ifé-
944 ncoHDs pabtis. uv&e i. ghajp. vni.
niens de secours distribués d'une manière aveugle, aune multitude indéfinie d'enfans; les autres, ne se préoccupant que de la situation des enfans, atteints à4â-fois d'un double malheur par l'abandon et par la misère, repoussent des investigations qu'ils jugent impossibles ou inconvenantes.
Si cependant vous appliquez la règle dans ses conséquences absolues, si vous repoussez l'enlànt dont la famille est in ôonnue, vous devenez barbare. Si, au contraire, vous acceptez tous les enfans qu'on vous présente, sans vous enquérir d'où ils viennent et pour quelle cause on vous les apporte, votre libéralité devient abusive, prodigue; elle n'a plus de bornes, elle détruit les familles.
Lequel sacrifier, ou le discernement nécessaire dans l'asr sistance, ou le secret dû à l'assisté?
L'asile ouvert par saint Vincent de Paule, n'a-t-il pas recueilli l'enfant de l'auteur de l'Emile?
Remontons plus haut encore. Pourquoi celte cruelle alter^ native? Pourquoi ce secret obligé? La cause première est dans les mœurs. Le secret n'est invoqué que pour voiler les désordres ou les écarts. Mais, en le voilant, il les favorise; et ici la contradiction fatale se reproduit encore.
Ah! si les vœux que nous ne cessons de former pouvaient être exaucés; si TaméHoration des mœurs populaires, que nous invoquons avec t^nt d'ardeur, pouvait enfin devenir le but essentiel des institutions sociales; si elle pouvait suivre les progrès des lumières et de l'aisance, alors la bienfaisance publique serait soulagée des perplexités que lui fait ressentir le délaissement des enfans. Le seul moyen de fermer les hospices d'enfans trouvés, serallt de restaurer le régime de la famille, au sein des classes laborieuses. Mais tant que le vice 'Conserve son empire, la bienfaisance publique est appelée à en réparer les désastreuses inûuences, et sa tâche est proportionnée à l'étendue de ces ravages. ,. ',
Toutefois, en se résignant à subir .cette conséquence, n'çxist^t-il donc, pour 1^ bfepfaisance publique, aucun moyen
SÈBOttÈ BT CONCLUSION DU GHAPITBB. '3&&
de concilier les deux conditions opposées en apparence, et d'accorder le secours, en évitant Tabus?
Nous avons cru le découvrir, dans une combinaison qui soumet le délaissement des enfans à toutes les investigatioits qui peuvent avoir lieu sans des inconvéniens trop graves, et qui conserve le secret de la naissance des enfans, lorsque ce secret est respectable ou nécessaire.
Nous proposons, de supprimer lé tour, parce que le tour fait disparaître cette distinction, cette limite^ parce qu^il promet indistinctement le secours et le secret à-la-fois, parce qu*il le promet à quiconque le désire, pour quelque motif que ce puisse être. '
Nous conservons l'hospice, et le bureau d'admission à l'hospice, parce qu'ils subordonnent le secours à l'investi* gation possible.
En partant de ce principe, voici les règles que nous pcQ«posons de suivre.
L'enfant délaissé est-il légitime? le secret serait sans objet, ou n'aurait qu'un motif coupable ; le secret n'est pas dû; il ne saurait même être consenti. L'investigation ici est sans danger; elle est utile, nécessaire.
Si les parens de l'enfant légitime ont voulu déguiser sa filiation, rester eux-mêmes inconnus \ alors, ils sont criminels : c'est une suppression d'état. Le premier intérêt de rendant lui-même, est que des investigations sagement conduites prér parent sa réintégration dans ses droits. , Si les parens sont connus ou découverts, on vérifiera leur situation; on examinera lés circonstances qui ont pu les conduire à délaisser l'être auquel ils ont donné le jour.
La misère seule les a-t-elle entraînés? alors, qu'ils conservent leur enfant, qu'Us soient assistés à domicile, aussi longtemps que le secours leur sera nécessaire; que leur enfant soit conduit tour-à-tour à la salle d'asile, à l'école, et qu'il y soit admis gratuitement. Il ne sera reçu à Thospice, que par forme de dépôt, dans le cas ou lés parens seraient ou absens,
au ^ l'faApttal, ou ea ppi«oa. Il leur ^eva r6mlu« dè^ qu'ils eer ront en état de le recevoir, de l'élever.
L'eaftnt déUi^sé est-il ili^giiime? alors la secret peut être ^lelqiiefois eommandë dans riutérét de la Hière, dans Fintër rét de la fiaipille de oette mère, dans ('intérêt même des .boi|r nés qu»iirs. Quelquefois il n^est pas néisessaire, même alix yeux des parens. La plupart des mères qui fbnt di^oser leu» «nfims à l'liospi(;e de Paris, déelfipent spoîntanëpoient ou fbnt déclarer iqur nom, leur profiessioii« leur domicile.
XiOrsqua le père et la mère, ou lorsque bt mère seide dç l'içnfimt ill^igitime se sont 6dt qiontaoément eoùnattre, qu'une investigation ait lieu. Que cette investigation soit eoBr fiée à des personnes d'une mpralite, d'une prudence, d^une diserétion éprouvées. Qu'elle conduise à déeouvrîr et à eour stater la vraie situation des parens et spécialement de li^ mère. ' '
S'il résulte de cette investigation que les parens, s'ils sont joiis deuK connus , ou que la mère du moins, sont réellement bore d'état d'élever l'enfant, alqrs l'enfant sera admis à Vho^ pice, Jusqu'à ee que la situation des parens soit changée et leur permette de le reprendre.
Or, quelle est ta situation qui ne permet pas aux païens, à la mère spécialement, de conserver et d'élever imip enihnt? Lu lâisère seule sufflt^^^ pour les condamner è c^te dure nécessité? Ce serait ope erreur de le croire, ConvenAMenent
assistés ils peuvent, dans plusieurs oas, reynpiir encore 4^ 4evofr.
1^ Peut-être |^ père ot la mère, après la faste qslls ont commise, seraient disposés à è'unir par le mariage. Peu^ être du moins, par de sages conseils, par de pressantes ^hortacions, les décîderaH*on 6 sortir du conoubinage, à contracter des liens légitimes, et à reconnaître, en même (eaqis, ]eur enfant $ alors, combien n'auraHH)n pas à s'^pploudlv! Que d'heureiHL résultats on aura obtenus à4à'-lbis l Voilà «ne fumiUe entière régénérée ! ¥oilà une mère, un enfant saaTés !
èl la misère cassepa peut-être avee le dësordpa. Des seeours bien entendus fourniront, dans tous les cas, }es moy^i^s de procurer à Tenfont une bonne ëduoatioft $ la présence df l'enfant contribuera à déterminer cette résolution, et àcooir server l'harmonie entre ceux qui lui ont dpnné le jour.
â^ La mère, abandonnéq par celui qui Ta séduite, est peut-être, après tvoir commis une faute, capable de revenir à une vie bomiéte. Mais ce moment est pour elle une cin^ Constance fi9rt critiqua. Accablée sous le poids* de la honta et du raàUieur, repousse par sa famille, par ses mattres, dé* eouragée, eile est peut<«ètre à la veille de se laisser, aller aut lud)itndes (la vice. Peu^étre n'attend^Ue, pour se relev^er, qu'une main /lecourable^ c^est-^vec une* pr^rfonde douleur qu'elle s'est séparée dé soil enfant ^ elle dspire à réparer ses torts par une vie honnête et laborieuse; en ce noLoment, ^e«s acconreB , vous l'arréti» au bord de Tabime , vous la forti* ie^ dans le désir de se réhabiliter, vqus la recoocitietf avec sa famille, avec las personnes qui peuvent hii être utiles^ elle fivouera sa maternité, son enfant f elle raliakera, si sa profession le lui permet^, vous lut donneress un secours meneuel pour l'encourager dans cette, résolution ; si elie ne peut l'allaiter, voûà, l'aiderez à payer les mois de nourrice ; dans les deux cas,Vous l'assisterez de vos conseils, de votre protec- Uon et de secours pécuniaires pour faire élever son enfant. Dans cette hypothèse encore, quels services n'aurez-vdtis f>as rendus, et à moins de frais que si l'enfant eftt été -reçu à l'hospice?
d* Il arrivera mémequisiquefois qu'une fllieHnère, bien que eentrainte à cacher cette situation, pourra, assistée de quelques seci^urs, Ihire allaiter, puis élever son enfant, sans fe perdre de vue) si elle revient à une vie honnête, vous vous lélioiteraa de l'avoir secondée dans cette détermination. La pensée de sou enfant lui sera plus présente, lui deviendra utile, tandis que l'enfant déposé au tour est bientêt oublié, et qoB la mère, dans ce dernier cas, ne sent plus les consé* t|uences de la fatMe qu'elle a commise.
SAS SECOSBB PAETIB. LTVEB ï. 'CHAP« TIU.
TransportOBs-nousmaintenant dans une hypothèse contraire.
Supposons que la mère indigente ne paisse avouer sa faute, que la situation dans laquelle elle est placée ne lui permette pas d'allaiter son enfant, de prendre soin de lui; qu'elle soit ou indigne ou incapable de l'élever ; alors, loin de fermer à QSt enfant les.portes de l'hospice, hâtonsHious de les lui ouvrir. L'hospice sera un vrai port de salut pour cette victime que , dès le berceau , menacent déjà tous les genres de dangers. Si l'enfant n'eût pas péri de faim, il eût végété dans la fange du vice. Dans cette circonstance, l'institution des hospices d'enfans trouvés prend un caractère éminemment moral. L'hpspice admettra l'enCamt, non-seulement quoique ses parens soient connus, mais précisément parce qu'ils sont trop bien connus. Mieux vaut le recueiUir aujourd'hui comme ^lÊmt délaissé, et le faire élever dans une vie honnête, que <f avoir à l'enfermer un jour comme vagabond, ou comme criminel, et que d'attendre qu'il ait été corrompu .pour essayer ensuite, peut-être sans succès, de le corriger.
Yoilà, à nos yeux du moins, la vraie destination de ce genre d'asiles. Us rendent à la population saine, utile, honnête, de la société, les rejetons du vice, qui fussent devenus des éiémens de désordre.
Lorsque l'ehfant ainsi admis est issu d'une mèrç méprisable, le secret de sa naissance est facile; il évite un scandale; il est utile à l'enfant lui-même. C'est un bonheur pour l'enfant que de trouver, un refuge sous la tutelle d'une administration charitable ; âl est heureux pour lui, que cette administration soit autorisée par lès lois à le dérober aux regards de celle qui lui donna le jour, et à en refuser, si elle le redemandait, la restitulion, avant qu'elle méritât de l'obtenir.
Il se peut faire, au reste, que les paréns ne soient pas dans l'indigence; c'est ce que l^s investigations nous conduiront à découvrir. Alors, quel secours pourrait leur être dû? irionsnous leur porter le tribut de la charité, pour favoriser leur égoïsnie, pour le;» encourager dans le désordre? Nous rer
RB&VHé ET GONCLUSI017 DU CHAPITRE. S&9
fuserons donc Tadmission gratuite à tout enfant, dont les parens sont en état de faire les frais nécessaires à son éducation.
Fci se présentera seulement une distinction : Les parens consentent-ils à payer pension ? Se trouvent-ils dans une situation telle. qu'ils ne puissent révéler, sans les plus graves inconvénienis, le mystère qui enveloppe la naissance de l'enfant? l'avenir de cet enfant lui-même serait-il compromis, dans le cas où il re&^terait placé sous leur influence? Noiis n'hésiterions pas, après en avoir reconnu la nécessité, à accueillir le nouveau-né, moyennant un prix de pension suffitant pour indemniser l'hospice ; nous promettrions le secret, et l'observerions. De la sorte , nous éviterions aux parens, la tentation d'un crime; à l'enfant, un péril; et à l'hospice, une dépense.
Dans ce système, un hospice d'enfans trouvés admettrait donc gratuitement:
1^ Les enfans abandonnés et exposés sur la voie publique ;
2® Les enfans illégitimes dont les mères seraient indigentes, et dont les parens seraient reconnus être incapables, sous les rapports moraux et économiques, de soigner leur éducation i
Les hospices admettraient, moyennant pension :
1° Les enfans illégitimes issus de parens qui, par quelque circonstance impérieuse et constatée, seraient hors d'état de les soigner et de les élever ;
¥ Les enfans délaissés qui leur seraient confiés, sous cette condition, par des administrations municipales, par .des établissemens ou des associations charitables.
Aucune autre admission ne serait accordée.
On assisterait à domicile :
< 1** Les parens indigens, unis en mariage, lorsque ce secours serait nécessaire pour les aider à élever leur çnfant, soit en engageant la mère à l'allaiter, dans le cas où elle pourrait le faire, soit en fournissant les moyens de le mettre en nourrice, et lui faire ensuite donner une bonne éducation ;
iêù sfio^fMte i^Aâtis. tnmi t. tHkf. tilt.
î? Lès paretis indigeûs, non encore nuis eii mariage, lôr$^ c|a*on pourrait les amener à se marier et à reconnaître létir enfant, avec te même genre de secours que dans le oaS pré* cèdent;
3* Les filles-mères elles-mêmes, lorsqu'elles n^atiratebt pài eôntr&cté encore Tbabitude du vice, lorsqull serait possible de lés sauver dti de les rëbablliter, en leiir accordant aussi lé
metne genre de secôUni.
L'admission ne serait accordée qu^après les invei^tigatloni convenables, loriSqu'clles Seraient possibles.
Les restitutions d'enfans auraient lieu sous les méméS côttditloUi^ et avec les méme^ formes que les admissions, c^ést-&diré ài^rès des informations positives sur la situation des i%^ ttllHeS.
C'est sur les investigations, comme on voit, que repose tOtlt
ce système: Sou mérite dépend du mérite des Investigations ;
ce mérite à son tour consiste en ce que Te^tamen Solt fait aveC
iôut le SôtA possible, pour éclairer sur la situation et la conduite des parens, et, cependant, avec toute la âlscràion et la
prudehfee nécessaires , pour ne point compromettre le repôS ou I^honneur des familles et l'extstenee des mères.
-Trois principales objections ont été présentées eohtré ce système.
On à dit, tf abord, que les investigations êffràyèrâîeUt lêt familles, compromettraient les mèreS. Mais, confiées àUx pèf^ SOUUes que nous Venons dMndi^Uér, suivies àVèô prudence et diStrétioU, elles né peuvent aVôîr lés înconvénîèttS qu*on rédoute. Il est d'ailleurs, pour les familles, pour les mères, qui s'en alarmeraient à tort. Un moyen de ^y soustraire : c'est de faire admettre l'enfant, en payant une modique pension, llnëOnvéniëUt, ^ut-il réel pour un petit ûombrè de cas, ne toueheràil que eeux qui l'auraient accepté d'avance. Ënàn, il Serait beaucoup moins grave que ceux auxquels donne lieu l^âbus des admissions aveugles.
On a dit ensuite quejes investigations ne conduiraient a
EÉ917]ldl BT CenCLUSIOlV 9V CHAtFlTBB. fit
rien 9 que les tnères y échapperalem, toutes les fois <|u'ëU«8 Toudraient y échapper ; ' qu& les enfaos repousses par une porte rentreraient par une autre* Mais, oomment prophétiser cl*avanc6 Tinutilité d'un système ^ qui n'a encore été ép^oUvé que par quelques essais incomplets, et eependant couronnés de succès? De bonne foi, peut-on supposer que l'administration, en s'éclairant par des recherches, ne puisse obtenir de meilleurs résultats qu'eu agissant à l'ayeugle? J^eut-on assez désespérer de la nature humaine, pour croire que les démarches faites auprès des familles, auprès des mères, ne puissent concilier^ convaincre, ramener au sentiment du devoir?
On a dit encore que les secours à domicile accordés, dans ce système, pour engager les mères à allaiter leurs enfans, pour aider les parens, lesipères surtout, à les élever, provoqueraient une foule de sollieiiationsi attireraient à l'administration une chargé nouvelle et illimitée. Suppose-t-on que l'administration délivrera ces secours, les yetiK fermés | qu'elle les âcèôrdera hors des cas où ils seront réellement nécessaires? Cette objection ne retomberait-elle pa$ sut* le système entier deà secours à domicile?
Il y a une objection plus Vraie^ qui n'a pas été exprimée) mkkis qui du moins a été sentie eonfasémeiit^ et c'est elle peut'^titi qui, jusqu'à ce jour^ a retardé l'ââcfption du systèdië que noofe proposons. Ne le dissimulons point : ce système^ dans la pfm tiqne^ est d^ûne exécution difficile ; il deihande beaueouil de soins, d'activité, de discernement, de vigilunee. Cette dtjjeo* tlon lui est commune âvee tout bon système ^ fteeours^ On n'ose guère se l'àvottër s mais oh prévoit ^es âiffloultés, mi reëttle devant elles; il est di agt'ëâble et 91 doiiK àe Mrë Id bien sans efforts !
La tâche est difficile, sans doute. Mais edmbién éii ^età récompensée Une adniinistt*atiDh qtti aarU le i^ourage de l'âtt» complir! Est-il un but plus noble, plus utile que isettli ^ d'effre ft elle ikài iû m^kthb que àoAs venoâs â« ^Mef? U
352 SBCOÏDE PARTIE. LITkE I. CHAP. IX.
ne s'agit pas seulement d'obtenir une économie dans les dépenses publiques, de sauver la vie de quelques enfans, il s'agit de procurer une amélioration importante dans l'intérêt des bonnes mœurs, et cette considération fait à nos yeux le mérite essentiel du système que nous proposons ici.