‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 41 sur 84 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

He l'amélîoratKm des hoipioes d'enfons délaîssés.

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D€ la mortûMté iu enfant trowét.

Si donc nous conservons des établissemens qui se justifient par l'utilité de leur but, c'est sous la condition de les améliorer autant qu'il se poujrra. Ainsi, ils se justifieront encore, en se dégageant des inconvéniens qu'on leur reproche.

Déjà, nous avons vu de quelles réformes le service des admissioi^s est susceptible) et comment, en arrêtant ie cours des abus, l'hospitalité peut être ramenée aux limites de la nécessité et de l'équité.

Maintenant, c'est sur la destinée de l'enfant admis que nos regards se dirigent.

En accordant aux enfant trouvés l'hospitalité, qui leur est due dans certaines circonstances, la bienfaisance publique contracte le devoir de leur rendre ce bienfait alissi profitable qu'il est possible. L'hospitalité est^ à leur égard, une sorte d'adoption au nom de la société. Les droits et les obligations que les parens ont abdiqués sont transportés à l'administra' tion hospitalière. .

Le premier de nos soins aura pour objet la conservation

ÉORTALITÉ DES VIFAKS TEÛITVÊS. S5d

des enfans. Paissent-ils, éehappés à une situation si déplora^ ble, ne pas rencontrer de nouveaux périls dans le refuge qui leur est ouvert!

On a été frappé, avec raison, de la mortalité qui se manifeste parmi lesenfans trouvés; elle est, en eifet, bien supérieure à la mortaljté ordinaire des enfans du même âge. On a cru pouvoir en conclure qu'elle est inhérente à Tinstifution des hospices qui reçoivent ces infortunés; on y a vu une objection contre l'utilité de ces établissemens; ea cela, on a commis une erreur..

De rétude attentive des faits, ressortent deux conséquences qui absolvent ici l'institution hospitalière; d'une part, on reconnaît que la mortalité peut être réduite; de l'autre, on découvre que les principales causes» qui la rendent si considérable, sont étrangères à Feiistence des hospices, et que ces établissemens tendent plutât à y remédier.

L'expérience montre assez que la mortalité des enfans délaissés admis dans les hospices peut être réduite; car, déjà, sous ce rapport, de grandes améliorations ont été obtenues, et le nombre des décès diminue chaque jour d'une manière sensible.

Pour nous borner ici à la France, des documens authentiques nous révèlent trois résultats consolans :

1"* Le rapport du nombre des enfans trouvés arrivés à l'âge où ils Classent d'être à la charge des |iospices, comparé à celui des enfans trouvés existans à leur charge, s'élève d'année en année. Ainsi, tandis qu^ la moyeime de dix années (de 1824 à 1833) n'était que de 1 à 15, environ; en 1834, il y avait un enfant sur 13, arrivés à l'âge de 12 ans;

2^ Le nombre des enfans existans s'est élevé progressivement, depuis un certain nombre d'années, tandis qu'en même temps le nombre des admissions diminue; ce qui atteste que la vie des enfans admis se prolonge davantage ;

3^ Les décès, comparés au nombre d'enfans trouvés existans, diminuent en effet d'une manière progressive. La I. 23

moyenne des dix années précitées était de 1 sur 5 et 6/10^; en i83/i| ils n'étaient que del sur .6 et A/iO^. (i)

Ces résultats sont pris sur la France entière. Ils deviwinent plus sensibles encore, en nous attachant aux départemens où les améliorations ont été accomplies.

Et d'abord, en jetant les yeux sur le service des enfans trouvés dans la. capitale, nous reconnaissons un progrès aussi positif que remarquable depuis 65 années.

Sur $li9H endins admis à Tbospice des enfans troutés de Paris, de 1773 à 1777, il en périt, savoir :

Le premier mois. • . • . . ^ 21»985

^aadtnt le reste de la 1*' année. 3,491 Dans là deittièqM »•••») Mî^

En tout, plus de S& sur 100..

Cette effroyable mortalité s'est heureusement réduite, depuis que le conseil général d'administration des hospices ast entré en fonctions, pendant les 21 dernières années qui se sont écoulées, de 1816 à 1837. Sur environ 108,000 enfans admis, it en a péri seulement près de 82,000 : c'est une proportion dTun peu plus de 75 sur 100. (2)

Mais, pendant le même intervalle , la réduction a été progressive, comme on peut s^en convaincre par le tableau ciaûnex^, relevé sur les registres de cette administration, et d'après les comptes annuellement publiés par elle.

{ï) Toyet ie rapport sur tétat des hâpkatub, publié , en 1816 , par le minîs- Xit dafiDtéiieBry M. bôné, pages 128 «t 120.

(2) Yoyez le -campiç-rendu df ^Mdmmùlruûon dit dépûrUmaU de la Seêne , en lâ39, pge 178 , tableaux a»* a ^ 4.

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