‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 45 sur 84 · S8& 8BC0NDB PA&TIB, UVEK I. CHAP. IX · texte numérisé non relu

S8& 8BC0NDB PA&TIB, UVEK I. CHAP. IX

soient les auxiliaires dont ils s'entourent, se persuadent bien qulls ne peuvent déléguer entièrement à des tiers une surveillance aussi importante. Cest en l'exerçant les premiers eux-mêmes , qu'ils imprimeront à toutes les parties du service l'exactitude et l'activité nécessaires. Qu'ils prennent donc la peine de parcourir, de temps en temps, les lieux où les enfans sont placés ; qu'ils entrent dans les chaumières ; qu'ils voient de leurs propres yeux l'état des choses; qu'ils s'entretiennent avec les familles; qu'ils consultent les témoignages propres à les éclairer. Leur présence seule sera, pour les enfans, une protection efficace^ pour les nourriciers , un puissant encouragement ou un avertissement salutaire. On aime à dire que ce devoir est senti, accompli avec un dévoùment digne d'éloges par plusieurs administrations charitables. (1)

M. le vicomte de Bondy, qui a traité en administrateur éclairé les questions relatives à- la législation des enfans trouvés, propose de déférer au gouvernement la tutelle de ces enfans, tutelle qui Jusqu'à ce jour appartient aux administrateurs des hospices. Il suppose qu'une semblable fonction ne peut être pleinement et efficacement exercée par ces fonctionnaires. « La tutelle, dit-il, exercée, par les commissions « des hospices, se borne à deux actes éventuels : à placer les « jeunes enfans en nourrice ou en pension; à les confier grâce tuitement à des particuliers, quand ils ont atteints l'âge de « 12 ans.... Ces actes, continue-t-il, sont toiqours accomplis, « et presque sans aucun contrôle, par le receveur de l'hos- « pice, ou par l'une des hospitalières chargées de ces dé- « tails (2)». Il se demande quelest l'hospice où l'on pourrait

(1) Bf. YaUrucbe, membre de la commisiion.admimfbtitiva des liospieii, depuif trois ani qu'il a été chargé de ]a directioD du service des enfims trou- Tés, a visité par lui*4iiéme plusieurs milliers d'en&ns, dans 16 arrondissemens, et près de 300 communes, dans un rayon de plus de 60 fîeues.

(2) MémMn tur la nécessité de réviser la législation eoneemani les enfims tnmés, etc.; 1866, pages 86 et suivantes.

SU&VBIllAKCS ET fUTKLIiB BSS SNfAIfS «TEOUYÉS. 885

montrer vm régimede tutelle régulièrement tenu, faurnir des renseignemens sur toutes les .circonstances qu'un tuteur n^ doit pas ignqrer à Fégard de son pupille, et même désigner exactement le séjour de ces enfans à Tâge de Tadolescence. «

S'il est en effet des hospices où la tutelle soit ainsi comprime par ceux auxq\]i^Is elle est déférée, c'est que les administrateurs ne se sont pas pénétrés de leur mission; le tort est aux personnes; le tort est aussi à ceux qui les ont nommés. Choisissez alors des administrateurs plus capables; mais ne leur enlevez pas les attributions qui leur appartiennent.

Heureusement, il s'en trouve qui ont une plus juste intelligence de leurs devoirs. On les voit, animés d'un sentiment vraiment paternel, se. faire rendre compte du placement des enfans; visiter périodiquement eux-mêmes les familles aux- . quelles ils sont confiés; surveiller, avec une sollicitude constante et éclairée, la destinée et la conduite de leurs pupilles. £h 1 pourquoi manqueraien^ils, après Favoir acceptée, à la . mission qu'ils ont reçue? qui pourrait prendre un intérêt plus vif au sort de ces innocentes créatures? qui serait mieux disposé à les servir, mieux placé pour en connaître les besoins, plus habitué à les protéger? Craint-on qu'ils niaient pas la possibilité de s'acquitter convenablement des obligations de la tutelle? Un exemple suffira pour rassurer : l'administration des hospices de Paris exerce à elle seule cette tutelle sur près de 20 mille enfans; ses registres, tenus dans un ordre parfait, attestent qu'elle est exactement informée tous les trois mois de la situation de chacun de ses pupilles. La feuillfs d'information qui lui est envoyée, revêtue du certificat de l'autorité locale, montre jusqu'à quels détails s'étend sa , prévoyance. Comment des administrateurs, qui n'ont à exercer les devoirs de la tutelle qu'envers quelques centaines de pupilles placés à une bien moindre distance, ne pourraient-ils remplir les mêmes soins? une vive et paternelle affection pour les pauvres et l'exercice habituel de la bienfaisance sont donc la meilleure garantie pour l'accomplissement

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ftM SICOHDB VAETIB* UVU I. CHAF. IX,

d*ime fonction semblable. Et l>daiinifttratioki des établissemens charitables qu'est-elle autre chose en elle-^mémei sinon une véritable tutelle généralement exercée sur Timpuissance qui naît de Tinfortune?

.Un dernier motif est allégué pour faire réserver au gou- ^vernement la tutelle des enfaiis délaissés. On demande quel moyen d'action reste au gouvernement pour diriger et améliorer ce service, si la puissance paternelle lui est refusée. On peut répondre que le gouvernement possède ici, comme dans tous les établissemens charitables, les moyens d'action qui lui appartiennent naturellement ^ ceux qui consistent dans les mesures générales, dans Texercice de sa suprématie, de sa surveillance ; que la tutelle est réellement exercée en son nom et sous sqn autorité, par des administrations qui lui sont soumises. -C'est à lui de régler, de prescrire^ de se faire obéir. Mais une réponse plus satisfaisante nattra, nous ai^ mons à l'espérer, des améliorations qui pourraient être introduites dans les rapports entre les administrations hospita^ lières-et le gouvernement de Tétat, améliorations qui seront indiquées par la suite.

Du reste, quels que soient le zèle et la vigilance des administrations hospitalières, quelles que soient l'activité et l'intelligence des agens qu'elles emploient pour l'inspection des enfans, le but qui a été indiqué pour l'éducation de ces pupilles ne pourra être véritablement atteint, si on ne s'aide encore d'im autre ordre de moyens* Un patronage local permanent peut seul remplir les vues que doivent se proposer les administrations hospitalières. La surveillance, en effet,, a besoin d'être continuée, non^-seulement à l'égard de l'eni^nt, mais aussi à l'égard de la nourrice, de la famille où il est placé, et du maître qui remploie. A chaque instant, l'enfant peut avoir besoin d'appui et ceux auxquels il est confié, de conseils. Les enfans sont ordinairement placés chez des gens dénués à-la-fois de lumières et de ressources; comment espérer que ceuxHsi, s'tlH ne sont guidés, sauront bien comprendre et remplir les d^

gURVEILLAKCB IT TVTlllE DIS B1IFAH9 IHOUTÉS. 887

voirs de la (maternité? Le patronage relèvera ces pauvres pe* tits infortunés, de l'espèce d'abjection où ils sont tombés, leur rendra la confiance et l'espérance. L'administration hospitalière retrouvera dans Iqs patrons, les intentions qui l'a^ niment elle-même; elle verra par leurs yeux, parlera par leur bouche, agira par leur organe. Elle s'adressera à des personnes aisées et charitables qui habitent dans le canton du placement, et, autant qu'il se peut, dans la commune même. £n supposant, ce qu'on ne saurait croire, qu'elle ne réussit pas dans ses démarches pour obtenir ce bienveillant cou-* cours, des principaux propriétaires,- elle s'adresserait aux administrateurs locaux chargés des secours publics, aux maires, aux curés, aux instituteurs et institutrices, aux mé-^ decins, aux notaires ; cette mission de bonté serait certaine-' ment acceptée par l'un d'entre eux. Nous désirerions y voir appeler des particuliers pris parmi les principaux pro-* priétaires, d'abord parce que ceux-ci ont plus de liberté, ensuite en raison des avantages que promet le patronage de la richesse sur la pauvreté, de la propriété sur le dénûment.

Nous ne croyons pouvoir mieux expliquer l'p^^prît dans lequel ce patronage pourrait être institué, qu'en reproduisant ici quelques passages d'une instruction adressée, il y a peu d'années (1), aux patrons ou patrones, par l'administration hospitalière de Paris.

« Disséminés dans des villages, loin des regards de l'admi^ « nistration qui les a recueillis, loin des regards de ses agens^ a qni ne peuvent être partout à-la-fois, les enfans délaissés a ont besoin de trouver sur les lieux mêmes une protection « bienveillante, assidue, active, qui puisse à chaque instant c( leur tenir lieu de père- et de mère. Le conseil général des a hospices civils de Paris a espéré qu'il trouverait des ftmes « assez généreuses pour accepter cette belle et touchante mis* « sion : son espoir n'a pas été trompé. C'est avec une pro^

. (1) iDitraetioii du ad février 1894.

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<£ fonde reconnaissance que, en tous désignant pour ce noble «patronage de la charité, il vous transmet sa délégation, il « vous associe à ses devoirs. Vous vous féliciterez sans doute (c de vous voir ainsi appelé à remplir un ministère ausd bien- <c faisant, et d'être chargé d'une fonction (|ui, par les fruits (cque vous obtiendrez, vous promet de si pures jouissances.

(c Le malheur est un titre au respect : celui dont les enfans ce délaissés ont été frappés dès leur naissance commande de ce justes égards. Cependant leur infortuné même peut les exa poser à des cruels dédains de la part de la légèreté, de la <£ grossièreté de ceux qui les entourent ; d'injustes prévence tions peuvent s'attacher à eux, et peuvent être l'objet d'une « sorte de défaveur : on les considère trop quelquefois coma me des étrangers. Les autres enfans quelquefois sont dis- <£ posés à s'éloigner d'eux et les regardent d'un œil de froi- (c deur; ils peuvent à leur tour, en se voyant ainsi repoussés, (c se sentir humilias à leurs propres yeux, rougir de leur si- (c tuation. Cette nouvelle adversité serait pour eux plus face cheuse encore : c'est pour la prévenir qu'a été en partie ce institué le patronage dont vous êtes investi ; votre protec- « tion doit les prémunir contre ces fâcheuses impressions, d les relever dans leur propre estime comme dans celle des ce autres.

ce £n acceptant vos services, nous n'aurions garde d'abuser ce de votre bonté. Nous ne vous demandons auc|in travail, ce aucune fatigue; nous ne prétendons vous laisser supporter ce aucune responsabilité. Un regard d'affection, dirigé habi-* ce tuellement sur notre enfant adoptif,i voilà la seule coopérace tion que nous vous demandions. Plus il est à plaindre, plus ce vous aimerez à lui servir d'appui au besoin ; et pour nousj ce notre sollicitude sera soulagée, en pensant que vous' nous ce remplacez auprès de lui. Veuillez vous considérer comme ce un gardien placé près de lui par la Providence.

ce Le livret, qui est remis pour chaque enfant par l'admi- «c nistration, et dont nous vous prions de prendre connais-

' SURYKILtAJEfCB ET TUTELLE DBS SNFAH8 THOUYÉS. S8S^

« sauce, vous fournira tous les renseigneinens que vous poiiic vez désirer pour vous éclairer dans votre surveillance. Vous . <ic y trouverez tous les détails relatifs à là personne de l'en- . <c fant; vous y verrez, à la page 6, les devoirs et obligations a des nourrices.

ce La protection que nous réclamons de vous doit étendre tt sf>n influence tutélaîre sur Tenfant qui aura le bonheur d'en (c jouir, depuis le moment de son arrivée jusque Fàge de sa (c majorité : elle l'accompagnera dans toutes les périodes de « son éducation. Cette protection doit aussi s'étendre jusque <c sur la nourrice et sur lès personnes qui se chargeraient de a l'enfant pendant bà minorité, lorsqu'elles auraient besoin de « votre appui ou de vos conseils.

ce Elle a pour objet de veiller à ce que l'enfant obtienne, et a, au moral et au physique, tous les soins que sollicite sa poccsition.

ce Vos yeux, seront ouverts sur la santé de la nourrice, sur ce celle de l'enfant, sur la conduite que tiennent, soit la nour* cc rice, soit, dans un âge plus avancé, les personnes auprès ce desquelles il est placé; siir les traitemens qu'il en reçoit; ce sur ceux qu'il éprouve de la part des autres membres de la ce famille et des enfans du voisinage av ec lesquels il peut en-^ ce trer en relation. Vous remarquerez comment l'enfant est ce vêtu, nourri, couché ; quelle bienveillance on lui témoigne: ce vous ne négligerez rien pour exciter et pour entretenir cette <c bienveillance, qui sera pour lui la source de tous les autres <c avantages. L'intérêt que vous prendrez à lui sef a bien procc pre à l'inspirer à chacun. • . -

ce Lorsque l'enfant arrivera à l'âge où il peut commencer à <c acquérir quelque instruction, votre sollicitude vous portera a à recommander qu'il soit conduit à l'école, et à encourager « ses progrès ; elle se dirigera ensuite sur son instruction relice gieuse ; elle l'accompagnera encore après l'ëpoque delà prea mière communion, pour le soutenir pendant les années de c( l'adolesc^ce ; elle embrassera toi]|s les iatéréts moraux de

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« son éducation, qui sont pour lui les premiers intérêts de la a vie. Qu'il n'ait jamais sous les yeux que de bons iexemptes! a qu'il ne contracte que de bonnes habitudes! que tous les a dangers de corruption soient éloignés de lui ! Un éloge, ce une réprimande sortis de voire bouche, auront une grande « et heureuse autorité, soit sur l'enfant luinnéme, soit sur M, ceux qui l'entourent. JVe permettez pas que jamais la dure- «c té, le mépris, en lui rappelant le malheur de' sa situation, ic viennent encore l'aggraver! Arrétez*le sur la pente du vice ; a^ arrachez-le au péril auquel il pourrait être exposé! Soyez ce pour, lui une seconde providence! De tous les services que «c vous pouvez lui rendre, celui-là est le plus important; de ce toutes les obligations que nous pouvons contracter envers «L vous, la plus douce est celle que vous nous imposerez, en « le préservant de toute influence funeste, en le préparant «c à connaître et à remplir ses devoirs. S'il devient vertueux, « comme nous devons l'espérer, sa vie un jour sera votre plus a belle récompense.

a Ces pauvres enfans sont ordinairejoient confiés à des per** a sonnes qui sont peu en état de les. élever, parce qu'elles» (Qc mêmes ont reçu peu d'éducation. C'est essentiellement pour ^ y suppléer que l'administration publique recourt à votre «c patronage. C'est à vous qu'il appartient tout ensembie~13t0^ K guider, de veiller et de redresser ces personnes. Vous <c ne dédaignerez pas d'entretenir vousr*méme quelquefois ces 4c petits infortunés , d'obtenir leur confiance : il leur suffira « de se sentir protégés par vous, pour être armés d'un cou-* «c rage tout nouveau; ils supporteront mieux leur destinée; « ils trouveront auprès de vous un appui, un refuge au be- « soin.

a Si quelque accident venait à leur enlever subitement les « personnes auxquelles ils sont confiées, nous osons espérer « de votre bonté que vous chercheriez à leur procurer immér <c diatement un asijie provisoire.

<t II est bien entendu que l'administration n'a point llndît»

SUaVElLLAirCB BT TVTBLIiE BBS BKFAffS TBOUYÉS. 391

<c crëtion de vous appelBr à foire en faveur de ces enfans lé <c plus léger saorifice, ni à vous imposer pour eux aucun em* ^ (f barras, auoune gène. Voir, entendre, conseiller, encoura- (( ger, voilà tout ce qu'elle sollicite de votre zèle..

ic En même temps qu'il vient de créer les fonctitons de paa tronage dont vous êtes investi, le conseil général des hos-

« pices de Paris a institué des encouragemens et des récomce penses, soit pour les personnes auxquelles sont confiés les ce orphelins et les enfans délaissés, soit pour ces enfans eux- V"^ a mêmes. C'est essentiellement d'après votre témoignage et (c sur votre proposition que ces encouragemens et ces récom- <K penses doivent être décernés et gradués. Rien ne serait plus a doux pour l'administration que d'avoir de fréquentes occa* ce siens de les accorder; cependant vous sentirez que, pour CL conserver leuiyprix, ils ne doivent être distribués qu'avec ccmesure et réserve, et doivent, avant tout, être bien mérités ,• a ils ne doivent être donnés qu'aux personnes qui ont foit au (€ bien-être des enfans confiés à leurs soins des sacrifices (c notables ; qui ont réussi ou à sauver la vie de ces enftms de a quelques périls, ou à en faire d'excellens sujets ; et aux enet fans qui, répondant pleinement à notre attente, auraient a fait des progrès remarquables dans la carrière deTlnstruccc tion, du travail, et surtout dans la pratique du bien. y>

A ces directions générales, l'administration joint quelques recommandations spéciales pour les garçons et pour les filles.

Relativement aux garçons elle s'exprime ainsi : <c Ce^t « avec une vraie satisfaction que nous voyons ces enfans res- <c ter attachés aux cultivateurs chez lesquels ils ont été mis a en nourrice, et auprès desquels ils ont passé leurs plus ce jeunes années. Cette espèce d'adoption nous donne une douce . « sécurité, en même temps qu'elle commande notre recon- <c naissance; elle rend à ces enfans une famille, et de nom* ce breux exemples nous prouvent chaque jour qu'ils peuvent, « dans ces familles, retrouver toutes les aflfections qu'ils eus- « sent pu espérer dans la leur propre. Vous rendrez donc m

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ce service essentiel aux jeunes garçons, si, par vos conseils et " <c par votre intervention, vous pouvez concourir à les faire <c conserver dans les maisons dés cultivateurs qui les ont re-^ <c çus. Si, cependant, il est nécessaire de chercher pour eux à « 12 ans une nouvelle situation, le moment où il s'agira -de ce faire pour eux le choix d'un placement et celui d'une proc( fession exigera une attention et une sollicitude toute partice culières, parce qu'il est celui qui iuflue le plus sur leur ce avenir. Nous osons espérer que vouis ne refuserez. à M. le a préposé aucune des lumières qui doivent le guider dans le « choix du meilleur placement; que vous aurez la bonté de « lui indiquer les personnes qui peuvent ^mériter notre concc fiance, de lui donner votre opinion confidentielle sur un «c choix aussi important que délicat, afin que, si l'enfant c£ quitte, la maison où il a^té nourri, il n'entre que dans une ce famille.honnéte,. ayant des ressources sufiisjantes, capable (c de lui donner une bonne éducation et de lui procurer im ce état. Il est à désirer que cet état soit en rapport avec ses ce dispositions, ses facultés, et* conforme à ses vrais intérêts. »

Enfin, relativement aux filles; l'administration donne les directions suivantes : «

ce Si les jeunes filles sorties de la classe des enfàns délaissés ce venaient malhegareusemeiit à courir le danger de quelques ce séductions, l'expérience a fait reconnaître que la cause ce de ces égaremens était bu dans la fatale influence des perce sonnes auprès desquelles elles avaient été placées, ou dans ce l'état d'abandon dans lequel elles s'étaient accidentellement ce trouvées. Le bienfaisant patronage dont vous êtes revêtue ce concourra à les garantir de ce double péril. Vous nous ce épargnerez à tout prix la douleur de voir nos enfans exposés ce au souffle de la corruption, aux entrainemens des mauvais ce exemples, à l'abus que peuvent faire, de leurs rapports avec ce eux, les personnes auxquelles elles sont remises. Vous serez la ce protectrice de leur innocence ! Vous leur conserverez, au sein ce 0ç Idi, p^\(vrçté, Iç^ir^o^ dfes t>Qmfe$ mœurs! Dès que voiis

d£s bépbusbs. â93

« découvrirez pour elles le commencement d'un danger, véuilce liez y remédier, s'il se peut, par vos averliftsemens ; et, s'il «c est nécessaire, les faire changer de situation.

ce La position des jeunes, filles frappées à-la-fois par le malcc heur de l'indigence, et par celui de l'abandon, les expose ce plus particulièrement à des dangers de plusieurs genres. Il <c est plus difficile de leur procurer une profession qui leur <c offre deà ressources suffisantes ; il est'plus difficile aussi de ce leur trouver une situation qui réunisse toutes les convenance ces et offre toutes les garanties : elles ont donc un besoin tout <c spécial d'être dirigées^ protégées, soit pendant le cours de (c leur éducation, soit au moment où elles sont placées. Moins ce propres aux grandes fatigues des travaux agricoles, il est <c nécessaire qu'elles apprennent les travaux- de l'aiguille, « qu'elles s'insrruisent dans tous les détails du ménage et <c des soins domestiques 4^ i^ vie ordiïiaire dans les cam* ce pagnes. »

f ARTICLE yn.

Des, dépenses.

Nous finissons ces recherches par la question qui, le plus souvent, en a été foccasion première et le point de départ. Mais, èr nos yeux, la question économique est subordonnée À la question morale, et l'on ne peut s'occuper utilement des dépenses qu'après s'être fait une idée juste de l'emploi au*< quel elles doivent être affectées.

En France, on s'est beaucoup récrié sur l'accroissement progressif des dépenses auxquelles donne lieu le service des eufans trouvés : en effets leur montant, qui, en 1811, était calculé à k millions, s'est trouvé porté en 1830 à la somme énorme de près de 10 millions, et elle a continué à s'accroître, en 1831 et 1832. Les mesures employées par l'administration publique, vers cette époque, et dont il a été rend pompte plus haut, en diminuant le nombre des enfans qui

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sont à la charge des bospices, ont réduit graduellement la dépense. En i83A, réconomte obtenue était déjà de près de 3 millions. Cette économie a porté principalement sur les mois de nourrice et les pensions des enfans sevrés. (1) . Ces aceroissemens et ces diminutions n'ont pas d'ailleurs suivi à beaucoup près la même marche dans les diflërens départemens du royaume. Il en est où la dépense est restée àpeu^près stationnaire ; il en est ou elle a diminué, dès 1827 et 1838; il en estoù'^elle a continué d'augmenter même depuis 188S. Il en est où l'augmeiitation a été vraiment prodigieuse ! où) en dix ans, elle a été dp moitié en sus; il en est par conséquent où l'économie obtenue a été aussi beaucoup plus considérable. Elle s'est élevée dans quelques-uns jusqu'à la moitié et même aux 3/5*. Presque tous les départemens, où cette économie a été obtenue, appartiennent à la catégorie de ceux où lés tours oiit été soit réduits, soit même supprimés. Il en est, cependant, plusieurs dans cette caté- «gorie, où les dépenses ont, au contraire, continué de s'accrottre (2). Mais la réduction ou la suppression des tours sont une mesure trop récente, pour que ses effets aient pu se produire déjà d'une manière très sensible. •

fji {1) "Voyez le rajfport du ministre de V intérieur^ sur les hopitaj^, etç^^ d*avrîl 1837, pages 46 et 60.

La ^moyenne des mois de nourrice et pensions pendant une période décennie, de 1824 à 1883, a été de f. 8,813,271

Cette dépense ne s'est élevée en 1834 qn*à , 8,886,209

Diminution , , 420,976

La moyenne des autres dépenses a été de 964,290

Elles ont été en 1834, de 1,054,709

■iWF-

Au^fmentation • • . . t ,...,..,....«.•..,, 90,419

(2) Parmi les départemens qui ont obtenu .Féconomie la plus sensible figurent : les Suites et' Basses- Al^ , rAriiège, le Calvados y la llaiite^Oaroiuie , lQftÇptM4ii^or4, la OMefWi ]«G«r«, It );«wrHofèri0iir8il«ift,hMiliT

BBS BÉfKNlSS. 395

Mais, on ne saurait se contenter de ce coup-d'œil général jeté sur l'ensemble. Avant de hasarder quelques théories plus ou moins spécieuses sur les abus qui pourraient exister, sur les réformes propres à arrêter les progrès des dépenses et à les ramener dans de plus étroites limites, quelques considérations demandent à être sérieusement étudiées.

Il convient d'abord de distiller dans l'accroissement ou la diminution des dépenses, deux ordres d'élémens : celui qui correspond à l'augmentation ou à la diminution du nombre des enfans ; celui qui correspond à la dépense occasioniée par chaque enfant.

En appliquant cette décomposition aux onze années qui se^ sont écoulées de i82A à 183&, on trouve que la dépense moyenne pour chaque enfant a diminué d'année en année : de 83 fr. 93 centimes, elle est descendue à 76 ft*. 31 centimes, c'est-à-dire qu'elle est diminuée d'un dixième environ (1). Il

che , le Pas^le-Calais , le Bas-Rbin , la Sarthe , la Somme , le Tar , Yaucluse. I<e Bas^-Bhin ii*a pas de touri; les tours n'ont été ni supprimés , ni réduits dans la Loire-Inférieure, la Sarthe et yauduse. Ils Font été daiia ton» loi autres.

Parmi les départemens où la dépense a le plus augmenté figurent : l'Ain i FAllier, TArdèche, les Bouches-du-Rhône, la Charente, Ja Charente-Inférieure, risène, la Loire, le Loiret, le Puy-de-Dôme, le Khéne, la Seine-Inférieure, la "Vendée, \jtii 2 premiers, le 4*, le 6^, le 6*, le 8*^, le 0", sont du nombre d» ceux qui ont vu réduire du supprimer leurs tours. (1) En 1824,.,. 83f.eac,

1828.... 83 es ,

VoytE la rapport précité , page 47.

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