‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 46 sur 84 · SECONDE PAETIE. LIVRE I- CHAP, IX · texte numérisé non relu

SECONDE PAETIE. LIVRE I- CHAP, IX

y a même des départemens ou la diminution a été beaucoup plus sensible. Dans le département de la Seine, la dépense a été réduite de 119 fr. 82 centimes, à 85 fr. 64 centimes, c'està-dire d'environ 1/3.

Cette réduction, dans la dépense moyenne pour chaque enfant, s'explique par deux causes également satisfaisantes.

D'une part, le service a éprouvé, dans un grand nombre d'hospices, de notables améliorations. <

De l'autre, la vie moyenne des enfans a été notablement prolongée; le prix de pension payé pour chaque enfant diminuant,. d'année en année, depuis le premier jour de la vie, les ënfans qui coûtent le moins, ou même qui ne coûtent plus rien, forment une portion plus considérable du nombre total,: et dès-lors la moyenne de dépense individuelle, établie sur ce nombre total, se. trouve affaiblie.

L'accroissement de l'ensemble des dépenses a donc été essentiellement le résultat de l'aôcroissement du nombre des enfans élevés aux frais des hospices.

Mais il faut se reporter ici à une distinction qui a déjà été indiquée, et qui est d'un grand intérêt. ,

L'accroissement du nombre d'enfans à la chs^rge des hospices, peut provenir ou de ce qu'il y a plus d'admissions, ou de ce que les enfans admis vivent plus long-temps. Or, nous avons vu que, depuis, un certain nombre d'années, le nombre des admissions diminue, tandis que la vie des enfans admis se prolonge d'une manière fl^ès remarquable.

L'accroissement des dépenses, qui proviendrait de l'accroissement des admissions, trouvera son remède naturel dans les mesures qui auront pour objet de prévenir les admissions abusives.

Si, lorsque ces abus sont prévenus ou réprimés, la dépense augmente, c'est qu'elle représente une prolongation dans la vie des enfans admis; loin d'être un abus, elle atteste l'amélioration la plus essentielle dans le service; loin de la déployer, nous devons nou^ en réjoui^,

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Cette proposition exciterait-elle quelque scandale, parmi les zélés promoteurs de Téconomie dans les dépenses publiques, parmi ceux qui ne voient que des chiffres dans les institutions sociales? Mais alors, nous leur demanderions dans quel but est donc instituée rhospitalité accordée aux enfans délaissés, si ce n'est pour leur conserver Texistence, et pour préparer à la société des sujets utiles ? Â quoi servirait une dépense p1us[moâique, siles neuf dixièmes de ces malheureux enfans périssaient, comme autrefois, faute de soins sufflsans?. Les sauver dés périls .qui menacent leur vie au berceau, est une œuvre d'humanité qui n'est pas subordonnée au calcul de quelques francs, s'ils sont nécessaires. Prolonger leur vie jusqu'à Ji'âgeoù, par leur travail, ils deviendront des instrumens de production, c'est faire une dépense productive. Aussi long-temps que les dépenses faîtes n'excéderont pas les conditions indispensables pour satisfaire à ce double but, les unes seront commandées par des consijdérations morales im7 périeuses pour la société; les autres seront justifiées par les maximes d'une économie bien entendue.

La véritable économie consiste donc, en définitive, dans un mode d'admission qui prévienne les abus.

Le mode d'admission moyennant pension, qui est pratiqué en Allemagne, s'il était adopté daas'les contrées où existent de nombreux hospices d'enfans trouvés, contribuerait à diminuer les frais qui sont acquittés par le3 caisses publiques, en même temps qu'il ne ferait qu'exiger une indemnité équitable.

Ilest juste que les communes contribuent, pour une part du moins, aux frais occasionés par les enfans abandonnés qur leur appartienneni;. Car, pour ceux-ci, on connaît le lieu de la naissance des enfans, le domicile des parens. Il est utile que les communes soient intéressées à prévenir les abandons, par un bon système de secours à domicile, et par les autres mesures que peut concerter une administration sage et prévoyante. *

L'origine des enfans trouvés étant inconnue, on ne peut

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avec équité répartir sur les communes les dépenses qu*ils oc- ' casioHn^nt. Les mettre entièrement à la charge de cdle où ils sont déposés, ce serait la fôire contribuer pour des enfans dont une partie lui est étrangère* Cependant, lorsque les hospices dépositaires sont situés dans de grandes villes, comme il arrive le plus souvent, il est présumable qu'un nombre considérable d'enfans déposés appartiennent à ces villes; dé»lors, il est juste et utile qu'elles concourent à une portion de la dépense.

Le suiplus doit être à la charge de la province ou du dépai^ temènt, soit parce que les enfans trouvés sont présumés pro* venir presque tons de cette circonscription territoriale, soit parce que là province ou le département doivent venir au secours des communes, pour les frais relatifs aux enfans abandonnés, en cas d'insuffisance de leurs ressources. L'adminifr*- Iration locale a plus de moyens pour découvrir les abus auiequeis ce service peut donner lieu, et pour y remédier, il est bon qu'elle soit constamment excitée à les rechercher!

On se demande si, en remontant à l'une des causes qui in^ fluent d'une manière plus iharquée sur le délaissement des enfans, le législateur ne serait pas conduit à établir quelques taxes sur la naissance des enfans illégitimes, à frapper decer-taines amendes les pareds, qui se rendraient coupables de délits relatifs à l'abandon : ces produits pourraient compenser d'autant les dépenses du service des enfans délaissés*

En définitive, la question financière ne saurait ici se sépa** rer de la question morale. L'amélioration des mœurs publiques est le moyen le plus certain, comme le plus efficace de diminuer, avec le nombre des enfans trouvés et abandonnés^ la dépense qu'exigent l'hospitalité qui leur est accordée et ré-> dueation qu'ils reçoivent. £n attendant que cette condition soil . remplie, c'est une dépense utile, nécessaire, que celle qui sauve ces enfans, qui sert à en former d'honnêtes gens, des sujets laborieux, et à leur rendre la vie de famille. .

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