CHAPITRE X
Bes înstittttîons préservatrices en 'faveur de quekiues autres elasses
d'entans et d*adolesoens«
ARTICLE î*;
Clast{fie4iion des enféns et Jet adaiesce/u tntxquels car initituthité $ùni
destinées»
Les orphelins, les eufans trouvés et abandonnés ne ^ont pas les seuls qui se trouvent privés de protection, et par là exposés à de graves dangers. Des adolescens même peuvent avoir besoin d'un appui qui les préserve à-la-fois de l'indi* gence, de Tignorance et du vice.
Un enfant, un adolescent, dont les parens .vivent encore, sont connus et avoués,* peut quelquefois être aussi à plaindre que Torphelin; sa situation peut même être à quelques égards plus gravement compromise. Ici, il s'agira moins sans doute de conserver leurs jours que leurs mœurs ; cependant en ye* nant à feur secours, on réunira ce double bienfait; on leur rendra surtout un avenir; on servira l'intérêt de la société, autant que leurs intérêts propres.
En Allemagne, on a caractérisé cette catégorie d'enfans ou d'adolescens, par la dénomination d' orpheline moraux.
Elle se divise en trois classes principales :
La première comprend les enfans et les adolescens, dont la situation invoque seulement une assistance momentanée. TelB sont ceux dont les parens sont absens, malades dans les hôpitaux; tels sont aussi les enfans des détenus en prévenlioa ou par suite d'une condamnation, si la détention n'est que 4» courte d^rée.
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Là seconde classe comprend les enfans et les adolescens, dont les parens sont condamnés à une longue captivité ou bannîs,^ et ceux qui, dans leur famille, seraient exposés à- la .contagion des plus funestes désordres.
Enfin, une troisième classe comprend ceux dont les parens, négligeant complètement les devoirs de la paternité, laissent leurs enfans livrés à eux-mêmes, végétans daîis l'oisiveté, errans au hasard; ou même quelques enfans légitimes, que leurs parens ne peuvent conserver auprès d'eux, à cause d'une profession qui ne leur permet pas d'avoir de domicile, et qui ne peuvent les confier siâd^autres mains, à raison d'une pauvreté qui ne leur permet pas de payer à cet effet une pension.
Lecicirconstances, qui rendent l'assistance nécessaire^ ces trois classes d'enfans, peuvent survenir pour eux à tout âge, depuis le berceau jusqu'à l'époque où ils peuvent se conduire et se suffire à eux-mêmes. Toutefois c'est ordinairement vers rage de six à douze ans que commence pour eux le péril, qui naît de la corruption de leurs , parens, et qu'il devient essentiel de les soustraire à une atmosphère empoi-' sonnée. *
Quelquefois, ils sont recueillis par l'autorité de la police locale; quelquefois ils sont désignés par l'administration des secours à domicile; quelquefois ils sont découverts et sauvés par la bienfaisance privée; souvent ils excitent la sollicitude des associations religieuses. En certains pays, dans le royaume de Wurtemberg, par exemple, Ja législation veille à ce que les enfans, quittant l'école, ne restent pas abandonnés à eux-mêmes, et à ce qu'il soit suppléé à l'impuissance ou à la négligence de leurs parens, pour continuer leur éducation, à cette époque si décisive pour la suite entière de la vie.
Les diverses classes d'enfans qui viennent d'être indiquées, sont quelquefois confondues avec les enfans trouvés et abandonnés, quelquefois même avec les orphelins. Il importe cependant de les eu distinguer, comme nous l'avons d^ remar-
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que (1); car, leur éducation demande des précautions spéciia* les, et doit être dirigée par des règles conformes aux besoins de la situation où ils sont placés. La réformation et Tamélioration des mœurs est le but essentiel de cette éducation.
Pafmi les enfans et les adolescens eh faveur desquels ces institutions ont été conçues, lès uns ont seulement besoin d'un asile où ils puissent être abrités passagèrement. Ils sont reçus en dépôt.
D'autres ont déjà respiré , au sein de leiirs familles , Tair contagieux de la dépravation; ils ont contracté le germe des vices; ils ont besoin d'être purifiés, réformés. Us sont reçus dans un lazaret.
Pour d'autres, enfin, il suffit de suppléer au défaut des moyens des parens, sans. rompre les liens de famille.
AKTICLE U.
Aper^ historiques.
Italie.
L'idée d'instituer des établissemcQS spéciaux pour les enfans et les adolescens qui n'appartiennent ni aux orphelins, ni aux enCans trouvés, et qui cependant ne peuvent être élevés par leurs propres familles, s'est réalisée seulement dans les temps modernes; elle ne pouvait guère se reproduire qu'après l'abolition du servage féodal, et lorsque l'administration publique commençait à Régler le régime de la police.
Ce genre d'établissemens s'est fort multiplié en Italie depuis le xvi** siècle, et Rome encore en a donné l'exemple. Hsy sont généralement désignés sous le nom de conservatoires, de maisons de refiêge, de ridri. Us ont été surtout destinés à recevoir de jeunes filles , parce que, pour elles, les dangers étaient plus nombreux, les ressources plus faibles. Aussi le
(1) Voyez ci-devant, ehap. zi^, article 2« p. 112.