‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 49 sur 84 · POUVANT · texte numérisé non relu

POUVANT

COlTTBinK.

Ces maisons sont destinées à recevoir :

1* Les orphelins soit de père et de mère, soit de père ou de .mère seulement ; ,

2® Les enfans naturels qui ne peuvent être éleyés par leurs parens ;

3"* Les enfans de soldats que le service militaire empêche de pourvoir à Féducation de leurs familles'; . ;

&** Les enfans de pauvres pâtres, ceux des journaliers que

de ces établMMUMDS, et ae fidt un detoir de rendre ici un sincère témoigiM^ de kur bante utilité el de Teiceilent etpvil dans lequel ils sont dirifés*

tM SEGOIfDB fAWriSi JUVfMM Is GKAl^. X.

leur profesflioti eoatraitit d'ftUei^ 6bercber de Tenfit^loi h6n de leur domicile ;

6"* Les enfans des mendiaDs» des vagabonds ;;

6° Les enfans des déienas ;

T Les orphelins moraux dont les parens vivent encore, Oiais qu'^, par une coupable indifférence, ou par une extrême misère, ne prennent aucun soin de iëducatlon de leurs en^ &ns; *

S"* Les autres enfans négligés, sous les rapports phy&iques, intellectuels et moraux, et qui pour cette cause ont besoin d'une surveillance particulière. (1)

On tie reçoit d^abord, dans ces maisons, 'au moibéût o& elles prennent naissance, qu un fort petit nombre de sujets ^ leiau* très admissions n'ont lieu ensuite que successivement, de ma^* Bière à ce que les premiers admis destinés à former oo Âoyatty aient déjà contracté d'assez bonnes habitudes pour pouvoir servir de modèles à leurs camarade*^ On reçoit les enftiM del deux sexes ) en général^ les garçons sont, parle fait^ uapeil plus nombreux que les fille»; on les admet à l'âge de ^ ^ 6, oii 7 ans ; jamais après l'âge de 1 2 ans, slls sont déjà corron^us | en les conserve jusqu'à celui de iU ou 15 ans. Pour l'admission, on considère moins le degré de pauvreté des parens qaê le degré d'abandon auquel les enfans sont exposés. Le prin»

cfpe fondamental est de considérer ees malsMs comme tm moyen de salut pour les enCans, cûmme un asile desliaé à les préserver de la corruption f et à empêcher ^'m jour jlene deviennent oaéreux ou nuisibles à la société comioe CaiiiëaBs« mendiaxijs^ vaifabonds^ malfaiteurs. Bes documeus doivent être produits, des informations prises, pour s'assurer qf» le» eafons reu^plisseut les conditions exigées* (2)

(t) Voyez Fouvrage précité cïe M. Schlnidîm, ï'*sect., $ 3.

^2) JBid. 4 sect., 55 14, 18, 19, 2Ï, 22 et 23.

\vsn suMîVwiTOgc de IL. Sddipf^ ^ùmMnr àà rUriillMMiSBi dsWMWfc

ALLBHAOIVS ET »UIftaB.

Gonfonnément aux intentions expriniées par le roi» les élèves sont exercés aux travaux de.ragriculture» dans les propriétés rurales qui dépendent de Tinstitut, ou à défaut, dans celles qui appartiennent à Thospice du lieu , ou dans d'autres louées à bail. On les occupe aussi aux ouvrages domestiques, à l'apprentissage de quelques mét^iers. Ils reçoi-* vent , d'ailleurs ^ l'instruction* élémentaire du degré inférieur^ Chaque jour, dans l'intérieur de la maisûD, des instruelions religieuses et morales leur sont données; ils sont soumis à de fréquens examens et à une ooiistante surveillance. Leur tenue, leur régime sont conformés à leur condition ; pauvres, on* les dispose à savoir vivre dans la pauvreté^ on les prépare surjtout à bien vivre.

On calcule le capital nécessaire pour la fondation d'un semblable établissement, à 3 ou A mille florins pour 20 élèves, et à mille florins de plus par chaque 10 élèves en susf U dépense annuelle est estimée , en moyeiine , par élève, à environ 60 florins (1), ou 129 francs*

On fait face en partie à ces dépenses, par des rétributions que paieat les familles lorsqu'elles en'ont les moyens^ et par les dons volontaires qui sont toujours abondans. Du reste, la caisse de Fétat, celle du cercle, celle de la commune, celles des fondations pieuses, celle de la société centrale de bien-* fAlsanoe concourent pour assurer à ces établîssemens im re*' VMHi régulier et suffisant*

(1) £lle se décompose comme il suit :

Frais d'instructiou 2 fl.

Sâttlé 1

Ifomritsre* é • *»*«^«. «•••««•« 24

YêtemeDS 14

linge et chaussure 1

Chauffage et lumière 6

Mobilier 2

Local • 5

Frais d'administration et de surveillance. 6

/^tiL iMl « 4^ 4^ 1«3 «t 104.

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SECONDS >A&TI£. LIYKÈ I. GHAJ». X,

Les résultats obtenus jusqu'à ce jour de cette institutiou, répondent complètement aux espérances qu'on en avait conçues. La santé des élèves s'est notablement fortifiée; les maladies y sont rares/ la mortalité très faible. Les enfans acquièrent le goût de rinstruction et du travail. <c La plupart d'entre enx, « même ceux qui avaient déjà contracté des habitudes brutace les et déréglées, et dont on redoutait le commerce pour leurs «camarades^ ont été réformés; généralement en peu de temps; <c ils se montrent dociles, sociables, pacifiques, sincères ; ils ce paraissent contons ; ils aiment l'ordre ; ils s'occupent avec a plaisir. On n'a pas^ seulement Heu d'être satisfait de leur ce conduite extérieure ; on remarque aussi une amélioration <c réelle et considérable dans les dispositions de leur caracce tère. On est arrivé ainsi à la conviction consolante, que les ce causes, qui avaient jusqu'alors agi d'une manière dé&voce rable sur ces enfans, provenaient essentiellement des circe constances où ils étaient placés, et que le germe du bien, ce quoique étouffé , pouvait encore être développé en eux par ce une direction bien entendue. » (i) -

Du l'esté, l'institution ne se borne pas à réunir ces enfans dans des établissemens où ils reçoivent une éducation corn-* mnne; elle en place aussi une partie dans des familles pri* vées, mais en les confiant à des personnes choisies. Elle a le bonheur de trouver des particuliers assez zélés et assez gêné* reux pour s'en charger gratuitement ; elle paie de modiques pensipns aux autres. (2) '

Le grand-duché de Bade n'a pas tardé à suivre l'exemple du royaume de Wurtemberg, mais en se restreignant à une classe d'enfans moins étendue. En 1833, une association a été fortnée, des souscriptions ont été Tecueilliés; le gouvernement grand-duc^l a applaudi à cette institution et Ta secondée (3);

Cl) l6Ui.»ects6, %in k 121.

(a) IhUi. hecl. l-^S^Ç 7 et 8.

(3) "Voywt 1« programme publié en 1S33> toai le litre 4e

VtfH

AtLBVAQHB BT S17I88S. 4lS

elle embrasâe le grand-diicbé tonl entier. Son but est Tamé- IteatîQn et la réforme des enfans qui sont sur la voie du dé* régiementy et en particulier de ceux que leurs parens ou tuteurs ont vainement cherché à corriger, de ceux que leurs fa-milles pourraient corrompre, et même de ceux qui ont subi quelque condamnation judiciaire.EHe emploie cpricùrremment les deux modes : Féducation commune dans des ëtabiissemens spéciaux ; le placement chez des particuliers.

Les maisons spécialement destinées à l'éducation de cette classe d'enfans se sont multipliées âans toute TAUemagne; elles y ont été, en général^ rœuvrè d'associations bienfaisantes. Il suffira d'en citer quelques exemples.

Celle de Nuremberg , érigée vers 1826, compte un grand nombre de dames dans la société qui Ta fondée et qui la soutient ; elle est aidée aussi par la caisse du cercle. Elle n'admet les enfans à titre gratuit, que sous la double condition de. l'indigence et de l'absence de protection morale ; elle ne reçoit ni ceux qui pourraient être recueillis dans les autres établissemens de bienfaisance, ni ceux dont la famille chercherait à s'en débarrasser par pur égoïsme. Elle les reçoit de l'âge de 5 à 13 ans. Elle élève aussi, moyennant une pension^ ;de 60 florins, les enfans dont les parens sont en état de foire t cette dépense, et qui' ont besoin d'être soumis à un régime de réformation. Elle les prépare pour des professions laborieuses, et cherche à les placer avantageusement, au moment de leur sortie.

Berlin possède deux maisons : l'une pour les garçons, ouverte en 1825 ; l'autre pour les filles, ouverte trois ans plus tard.

La maison des garçons est composée de deux divisions, l'une . de 60t, l'autre db^O enfans. La première division est destinée à l'épreuve, la seconde au développement des élèves.

Hettungs-Jnstalten^ etc. Les statuts ont été imprimés à Carlsruhe, en 1836.

Près de 6000 florins ont été versés par les sonscripteurs, dés les deux pnmières années* .

414 sECôifDB rAmTis. unru i. ohaf. x.

Le trftTail de cfaflcan d^eux prodaitpar an jusqu'à IS tkul^si^ -ternie moyen. On loue leur applieaiion à Fëtude |ils se portettt aveo joie au travail.

La maison des filles est moins considérable ; elle n^en ren*ferme guère que 40 ; la plupart en sortant se placent, comme servantes ; quelques*-nnes^ rentrent dans leurs familles*

L'état sanitaire des deux maisons est excellent. Sur 187 enifans reçus de 1825 à 1S33, il en est déeédé ââ seulement. Sur le même nombre on en comptait 17 dont les mauvaises dispositions ne laissaient plus d'espoir de réformation. Sur. 69, sortis jusqu'en 18^0, 43 tenaient une bonne ccmduite, attestée par des certificats.

Formée d'abord comme établissement privé en 1820, la maison de Quedlimbourg^ dans^ le cercle de Magdebourg^.a été, dix an» après , adoptée et étendue par une société 46 souscripteurs. Elle contient de gO à 70 élèves venus de Magdebourg et do quelques autres villes. Quoiqu'ils arrivent presque tous assez déréglés , en général on ne trouve pas chez eux une dépravation aussi profonde que.cheales eur &ns admis dans les deux m|iiso|is de Berlin ci<-dessu8 indiquées. Toutefois , il en est quelques-uns sur lesquels les moyens de réformation ont échoué. On \^x avec satisfaction quç le plus grand nombre deviennent de fort bons sujets, grâces aux directions, à la discipline qui président à l'étar blissement, à l'esprit qui y règne; et, ce qui est très remarquable , ces résultats s'obtiennent sans qu'on soit d'ans la nécessité d'employer des punitions plus nombreuses ou plus rigoureuses que celles qui sont appliquées aux eofans du même âge, dans les maisons d'éducation ordinaires.

L'ancienne ville libre et impériale de Mulhausen, eu Saxe, est, depuis 18S8, redevable à une semblable soeiété d'une osaison formée sur le même plan, et annexée à une école d'industrie, genre d'établissemens dont nous parlerons dans le çhapitre suivapt»

La maison érigée en 1830, près de Stettin, en Pomérani^^

a reçu dte gotnrerneinent pitigsieB ldtpi*4rogatlvat dvjlts d*ttne eorporfttiOQ légale (1). Ouverte d'abord avec 6 élèves «eulement, elle a été bientôt portée à 30 ; dei bienfatu privés ont sud! pour eouvrîr les dépenses; et, dèsl88S, eHe obtenait les ëlog(^s d*un Judicieux apprëoiateur. (i)

L'étaMissemem formé à Hambourg, en 18d&, est cité comme un modèle par le même juge , témoin çoulaîre desrrésultats qu'il produit. «Ce n'est, disent les statuts, ni une maison <f d'orpboUns, ni une école de pauvres, ni unQ maison do cor*' « rection pour les jeunes criminels, oi un.simple bospiee pour « des enfsns mendians ou vagabonds ; son but est 4a sauver « des enfans des^dangers, que font courir à leur moralité « les.clreonstances où ils sont jetés, par une éducation sé«a rieuse, chrétienne, bien ordonnée, non avec la sanction des « peines, mais dans ua esprit de charité, et de leur inspirer <( la résolution d'une amélioration progressive » (S). Cet iu" BtUut a été , dès Torigine, libéralement doté. Vu simple particulier (4) lui a légué i5,0(H) marcs Banooi il se maintieiit exclusivement par les souscriptions bénévoles et par qual^ ques pensions qu'acquirent les ftimilles. La moyenne de la dépense annuelle de chaque entant est d'environ i7â marcs (Sfft fr.) Le nombre des élèves des deux sexes est de 56. (I)

L'établissement privé que Falk avait, dès l8iS, érigé et sour tenu par les seuls efforts de son zèle, eût succombé à sa mort, si le grand-duc de Saxe-Weimar ne Feùt heureusement con^ irerti en un étabUss<»nent public (6)^ il Ta annexé ccfime nne

(1) Qr4r».4u ealÛDCt du 16 avril iaSd« y4Ul)U$sement est situé «i Ziillchow.

(2) Le docteur Julius. Voyez ses Annales, année 1833, lO* n«, p. 24j5.

(3) Art. l*'' des ÂUtuts délibérés le 12 septembre 1833.

(4) M. Gerckens. L'institut possède un capital d*environ 10)000 marcs, pl'ovenant de ce legs.

(6] Toyez les trois premiers tomptes-rendus.qu*a publiés cet institut, en 1836, 1836 et 1837.

(6) Toyez la notification du consistoire suprême de Weîmar, du 10 nan 1829, citée par le docteur Julius : Jrchîpàs, septembre IdSO» p. 168,

ttS 8BCS0HD1 »ABffIl. LITBB I. CHAP. X.

dépendance à rin&litat des orpheline, mais avec sa destination propre et distincte, celle d'une maison de. préservation pour les enfans négligés ; il lui a en même temps conservé le nom du généreux fondateur, offrant ainsi à la mémoire de Falk le juste hommage de la reconnaissance publique. .

Indépendamment des nombreuses maisons érigées en Allemagne pour réunir les enfans négligés et leur donner une éducation convenable, on voit souvent des commnnes/l\ des baillis (2), des pasteurs (3), sauver les enfans des périls auxquels les expose le manque absolu d^éducation, les adresser et les recommander à des« personnes honnêtes , quelquefois payer une modique (tension pour les faire ainsi recevoir et entretenir; quelquefois. même obtenir que <ce sei*vice leur sôit rendu gratuitement.

Dans le royaume de Wurtembei^, plus de ùOÙ enfans sont amsi placés en apprratissage, aux frais dés caisses publiques.

Les établissemens préservatifs de la Suisse sont conçus ^ms le même esprit, exécutés suivant le même mode, revêtus des mêmes formes. Une pensée éminemment religieuse les a tous inspirés et les vivifie. L'évangile a été le guide des fondateurs $ il est Finstrument' principale de la réformation et de Tamélioration des enfaùs. Quelques communautés chrétiennes qu'anime la ferveur du zète évangélique y ont spécialement concouru à cette œuvre dans certaines locar lités.

Quoique situé sur la rive droite du Rhin, dans un château appartenant au grand-duc de Bade, l'institut de Beuggen a été fondé et est maintenu principalement par de généreux citoyen deBâle; l'association qui le dote compte aussi des souscripteurs

(1) Celle de Bartenstein, par exemple, royaume de Wurtemberg.

(2) Ceux d*Aalen et de Lentkirch, même royaume, etc.

(4) M, le pasteur Scfatieider, à Leinzell, cercle de Gmund, a donné ce bel exemple eu'jfilaçant delà sorte 100 enfans, dout moitié dans les campagnes^ et SO comme apprentis ou compagnons. Un exemple analogue a été offert par It euré do Neùenhaus, même royaume.

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