‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 55 sur 84 · S CD · texte numérisé non relu

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^ Nota. Dans la dépeuse totale, les écoles de filles enlraient pour seule-

AMÉlIOHAtlOÎÏS AU XIX» SIÈCLE. 477

fans étaient reçus dans ces écoles sous la condition plus oti moins justifiée de la pauvreté de leurs familles : c*est presque deux enfans, terme moyen, par chaque famille indigente. (1) Rome n'a point oublié qu'elle avait donné, il a trois siècles, Texemt^le des améliorations. Aucune ville peut-être ne compte autant d'écoles primaires , et autant d'enfahs qui les fréquentent, proportion gardée à la population. Elle renferme 872 écoles primaires, dirigées par 482 maîtres, recevant plus de 14,000 élèves, distribués comme il suit :

Ecoles infantiles de 2 à 5 ans, pour les deux sexes 4,800 enfans.

Écoles gratuites élémentaires | ^^ }^'^ gj^°^ ; ; ; ; JJSS j ^'«^^

Écoles élémentaires, moyen- | garçons 2,120 | ^ .«.^

nant une légère rétribution j filles 1,600 ( ^^''^^

Total 14/120

Depuis 20 ans, le nombre des écoles régionnaire^deRome s'est accru d'un tiers ; il en existe eu ce moment 55 ; les éco*

ment 88,134 fr.

Celles de garçons, pour 150,150 25.

Ainsi les frais d*éducation revenaient par an, pour chaque

£iïe, environ à 12 fr. 50 c.

et pour chaque garçon , à. • . ^ , 18 10

Des souscriptions et les dons ont contribué pour une part aux frais des écoles de filles du 10» arrondissement.

21,810 ménages d'indigens n'ont pas d*enfiins au-dessous de 12 ans.

L'année suivante, l'administration municipale de I^aris a revendiqué la *di« rection de ces établissemens, et a retiré à Tadministration des secours publics les fonds qui étaient employés i ces écoles; elle leur a ôté de la jorte le caractère d'écoles de charité.

(1) Sur 0,913 familles admises aux secours, à Paris, en 1832, et chargées chacune d'eu&ns au-dessous de 12 ans, on en comptait

2,217 qui n'avaient qu'un enfant au-dessous de 12 ans;

2,700 qui en avaient deux ;

3,284 qui en avaient trois;

1,613 qui en avaient quatre ou plus.

C'est environ 23,400 enfans au-dessous de 12 ans; mais, sur ce nombre, il faut déduire ceux de 1 à 7 aus, pour avoir celui des enfans 'qui peuvent suivre les écoles.

ip% SBGOim PAATIB. LITAS I, CHAP. XI.

les paroissiales ont été ouvertes; 5 ou 6 institutions nouvelles ayant le mémebut, ont été érigées ou introduites. II existe) en ouire^ à Rome, un certain nombre d'écoles primaires appelées ahmvesy parce qu'elles se sont formées sans autorisation, et qui comptent au moins 30 instituteurs et 300 élèves.

Léon XII a' spécialement opéré ou provoqué ce développement de l'éducation populaire, pendant qu'il a occupé le siège apostolique, (i)

La Toscane, riche héritière des trésors de l'intelligence, et toujours digne , par son haut degré de culture , de ce beau patrimoine, laTpscane, qui possède à elle seule deux universités , de nombreux collèges , de hautes écoles spéciales , n'est pas moins abondamment dotée à l'égard de l'éducation populaire. Ses 247 communes renferment 230 écoles primaires; Florence seule en compte neuf , dont six sont or'ganisées d'après les nouvelles méthodes. On évalue que les 2/3 des enfans en Age de fréquenter les écoles y reçoivent Tinstruction.

Le Royaume Lombardo- Vénitien est encore, sous ce rapport , dans une situation plus avantageuse \ les progrès, dans ces derniers temps, y ont été plus rapides. Le gouvernement y a introduit, en 1822, la loi de l'empire autrichien qui fait pour les familles un devoir de la fréquentation des écoles par les enfans. Voici quel a été le résultat de cette loi , pendant les dix premières années de son application :

Écoles appdiées majeures, Écoles mineures

de garçons. «. ?. 3,103 de filles 492

degaj*çon8.

de filles. • i

Élèves dans les deux classes d'écolel. J |^^^ ^

dtBsamBamBsssmssssasssm

(1) y oyez ^ouvrage de monsignor Morichini, déjà cité, pr^£icç» ^ s, p.XjUI et suiv.; partie 4*» chap, 1, 4, 6, 8, 13, 15, 16 et 17.

▲niuoiuLTioics AU xix« jsiici«E. &7^

Mais il faut joindre à ces écoles &8â écoles payantes ^ suivies par 13,750 élèves; puis plusieurs pensions particulier res renfermant 7667 enfans ; et un certain nombre d'écoles particulières dans les grandes villes, qui sont entretenues aux frais de personnes bienfaisantes. Il faut y joindre encore une classe d'écoles qui intéresse plus directement notre sujet , les écoles primaires ouvertes pour les orphelins et les ènfaus prouvés, dans les hospices qui leur sont destinés , et 36 écoles de charité fréquentées par environ 15Ù0 enfans. Nous n'y clouterons pas î^es écoles du dimanche, quixsont déjà fort répandues et sur lesquelles nous reviendrons dans un instant.

Depuis cette époque. Milan a ouvert encore, ou se dispose à ouvrir l^uit écoles primaires nouvelles, destinées à recevoir près de 1000 élèves.^ Venise , Bergame , Crémone , Vicence', Vérone, multiplient les leurs. Près de 200,000 enfans en bas &ge participent ainsi à la première éducation dans les écoles publiques. C'est environ un enfant sur dix habitans. Il n'est presque pas un enfant en âge d'aller aux écoles qui ne les fréquente.

Le gouvernement ne s'est pas borné à des injonctions. Il s'est chargé des deux tiers de la dépense; l'autre tiers est à la charge des communes. (1)

On doit remarquer et louer la disposition par laquelle, dans un certain nombre de ces établissemens, des médecins et des chirurgiens sont institués pour soigner la santé des enr fans. (2^

Turin a confié l'éducation des enfans pauvres aux disciples de Saint-Joseph Calasanzio, à ceux de Saint- Vincent de Paule et aii^x sœurs de Saint- Joseph. Cette ville renferme un établissement qtii lui est propre et qui serait digne d'être imité: h' Œuvre royale de la mendicité instruite. Celte Œuvre dér-

(1) La part de Tétat s'élève à environ 2,600,000 livres d'Autriche, ceUe des communes à 1,300,000.

(2) Voyez les notices insérées à ce sujet, dans les àiyws eemptes-reiMlp publiés par la Société de Paris, po.ur renseignement élémentaire, et par la Société de LoQdre»^ pour les écoles hritaimiques et ètrfogères.

&80 SECOITDE PARTIE. LITEE I. CHAP. XI.

cerne aux enfans indigens qui suivent les écoles, des encouragemens et des récompenses. Elle les dirige, après leur sortie de récole, vers les professions qui leur conviennent le mieux; elle les recommande aux- artisans les plus accrédités; elle leur a[ccorde des vétemens et une petite pension , pour les aider à subsister; elle ne les abandonne qu'autant qu'elle les volt parvenus à une situation indépendante et menant une vie estimable. Cest un véritable patronage pour Tune des époques de la vie ou il est le plus salutaire. (1)

Le Nouveau-Monde lui-même, non-seulement a rivalisé avec la vieille Europe , mais Ta sur plusieurs points dépassée, dans la diffusion de Tinstruction populaire. L'école, dans les Etat^-Unis, is'élève en même temps que le temple et que la maison commune, dans chaque nouveau village ; elle est mise au nombre des établissemens de première nécessité. Là, chaque individu a trop besoin de déployer toutes ses forces, pour négliger d'en acquérir de nouvelles : l'esprit religieux seconde les calculs de la prudence. Les améliorations introduites dans les diverses branchés de l'enseignement ont été promptement et facilement généralisées dans l'Amérique du Nord. Au milieu de leurs tristes et longues agitations , les républiques de l'Amérique du Sud ont senti qu'une bonne éducation populaire pouvait seule rendre un jour leurs citoyens capables de comprendre la liberté et dignes d'eu jouir; ils ont à l'envi essayé d'ouvrir des écoles dans des lieux où régnait encore une ignorance pr^que -sauvage.

La Grèce, affranchie et régénérée, a fait elle-même de généreux efforts pour reprendre son rang parmi les nations civilisées; elle a ouvert des écoles au milieu même de ses luttes glorieuses, et ses enfans y sont accounfs, alors que les familles manquaient encore et d'asite et de pain.

L'Espagne et le Portugal seuls ont seulement ébauché quel* ques tentatives , bientôt interrompues , en faveur de l'éduca-

(1) Yoyez Foùvrage déjà cité de M. Sacchi, p. 39 à 41.

ÉDUCATION BAITS LES ÉCOLES ÉLÉMBATAIRES. 481

tion populaire. Le Portugal cependant se réveille aujourd'hui e( reprend y sous des auspices favorables , celte bienfaisante entreprise. (1)

Ainsi s^est opérée cette douce et paisible révolution , qui n'a pu affliger que les esprits dont elle contrariait les préjugés , qui n'a coûté de larmes à personne , et qui sera énainemmenl salutaire pour le bieu-étre comme pour la dignité des classes laborieuses* C'est avec une joie profonde que les amis dé l'humanité la contemplent , et saisissent les espérances qu'elle autorise à concevoir. Elle a préparé la -

voie , elle a disposé les esprits ; mais combien il reste encore à faire pour que l'œuvre sott réellement accomplie !

ARTICLE ni.

Des vœux qui restent à former dans tintérêt de l'éducation populaire.

De réducation dans les écoles élémentaires.

Si l'on demande quelle est réellement, jusqu'à ce jour, l'éducation que procure, en quelques contrées et même en France , aux enfans de la classe laborieuse et pauvre celte instruction primaire fondée enfin avec tant d'efforts et tant de -%*^

solennité , que répondront les faits ? Sans doute on trou; que les enfans y contractent quelques habitudes d'apj lion, qu'ils s'y soumettent au joug d'une discipline imparfaite, qu'ils y apprennent tant bien que mal à lire , écrire et chiffrer. Mais quelle est d'ailleurs la culture qu'y reçoivent leur raison et leur caractère ? Et alors même qu'ils y obtiendraient, pendant 3, 4 ou 5 ans, cette culture qui seule peut les faire jouir des dons de l'humanité, quels en seraient les

(1) Une société d*encoùragement vient d'être formée à cet effet à Lisbonne, •t sa lumière séance a .été présidée par la jeune reine Donna Maria.

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