‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 58 sur 84 · SECONDE PARTIE. UVEB I. CHAP. XI · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. UVEB I. CHAP. XI

Le bon sens se cultive par les exercices, par lés bonnes habitudes de l'esprit. Appreûons aux enfans à fixer leur attention, à appliquer leur esprit, à comparer les objets, à les classer; à observer les faits : à remarquer les rapports qui unissent les effets aux causes : apprenons-leur surtout à rentrer quelquefois en eux-mémes; entretenons surtout Tordre dans leurs idées, le calme dans leur intelligence. Toutes ces choses se peuvent faire, pour les enfans les plus pauvres, comme pour ceux des riches ; elles sont même plus faciles à proportion que les enfans restent mieux dans les voies de la nature.

" La fréquentation des écoles publiques sert elle - même à commencer cette éducation intellectuelle ; les plus simples études fortifient, captivent, règlent Fintelligence. Le penchant qu'ont les enfans à l'imitation y est mis à profit pour les porter à réfléchir. Mais, c'est surtout aux méthodes suivies dans l'enseignement qu'il appartient de former leur raison.

I On, a beaucoup écrit, beaucoup discuté, dans ces derniers temps, sur les méthodes et sur les procédés d'enseir gnement; quelquefois on a accordé à certains procédés un mérite trop absolu ; quelquefois on s'est engoué de formes nouvelles, exagéré leur importance ; peut-être, à force de proposer des procédés de tout genre, a-t-on contribué à accroître la confusion, plutôt qu'à seconder les vrais perfectionnemens.

La même forme d'organisation ne convient pas à toutes les écoles. Les plus nombreuses , appellent une plus grande sous-division de classes et de section^ ; elles la rendent possible ; c'est un avantage qu'elles trouvent dans renseignement appelé mutuel. Les écoles moins nombreuses ne comportent pas une distribution semblable, ne se prêtent pas au même fractionnement ; l'enseignement appelé simultané leur convient mieux. Mais l'un et l'autre réclament également et peuvent également admettre ces procédés ingénieux qui tien-

CULTURE INTEI.LECTUELLE DES ENFANS PAUVRES. k^l

nent les enfans constamment en haleine sans abuser de leurs forcés , qui les font profiter tous du travail de chacun , qui graduent les difficultés, qui soutiennent les efforts, qui animent la scène de renseignement, y répandent l'intérêt, la sérénitéetla joie même; qui la convertissent en une sorte d'exercice gymnastique continuel , où les sens sont exercés aussi bien que Tesprit, où les mouvemens du corps sont réglés comme le jeu de Taitention. (1)

Toutefois ces procédés n'embrassent encore l'organisation de l'école que dans sa forme extérieure.

L'éducation intellectuelle a pour but essentiel de former, le jugement ; six maximes nous paraissent devoir guider cette culiure de la raison, pour des enfans encore peu capables de réfléchir :

l*" L'étude doit s'offrir sous des formes attrayantes, être , animée , variée , sans cesser d'être un effort , et devenir une sorte de gymnastique intellectuelle qui peut avoiî aussi son charme ;

2*" L'enseignement élémentaire doit se fonder autant qu'il est possible sur le principe de l'intuition , c'est-à-dire sur la contemplation des choses elles-mêmes, et imiter la marche de la natura;

3o L'enseignement doit exciter la spontanéité de l'inteUigence ; il ne doit pas réduire à un rôle simplement passif, des esprits déjà légers ou indolens ;

k^ L'enchaînement des objets enseignés doit être tel qu'ils s'expliquent facilement les uns par les autres ; * 5** Les enfans doivent être exercés à- rendre compte de ce qu'ils ont appris ou observé , à s'exprimer avec clarté et convenance. ■ t '

Dans quelques écoles populaires, on a introduit des exerci-

(1) C'est à renseignement mutuel qu'appartient principalement le mérite d'avoir introduit ces procédés. Les écoles dirigées d'après l'enseignement simultané commencent à l'emprunter au premier,

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