‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 59 sur 84 · II · texte numérisé non relu

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A98 SECONDE PARTIE uVrE I. CHAP. XI.

ces ou les enfans s'entretiennent par dialogues; mais ces exercices cessent d*étre utiles, lorsque les enfans ne font que répéter , à tour de rôle, des phrases qui leur ont été données y et que d'avance ils ont apprises.

Les entretiens que les enfans peuvent lier avec des person* nés qui leur sont supérieures en lumières , s*ils sont bien dirigés I contribueront d'autant plus à former leur raison qu'ils auront moins la forme de^ leçons proprement dites. Puissent les instituteurs et les institutrices compi^ndre ce genre d'enseignement , et savoir l'appliquer !

6° Enfin , et surtout, rien ne doit être négligé pour inspirer de i)onne heure aux enfans pauvres Thabitude de l'ordre et l'esprit de prévoyance, deux qualités auxquelles ils devront la raison pratique , l'esprit de conduite , et à Taide desquelles ils apprendront à éviter les périls qui les menacent , à améliorer leur sort dans l'avenir. (1)

De la culture de la sociabilité chez les enfans des familles pauvres.

Destinés à devenir aussi un jour des membres utiles de la société , les enfans pauvres ont besoin d'être formés aux qualités sociales. Il importe de ne point laisser s'établir, dès le jeune âge , entre eux et leurs semblables , une ligne de séparation qui les condamnerait à former une caste à part : de toutes les barrières, il n'y en aurait pas de plus funeste, ni de plus durable que celle qui reposerait dans les dispositions du caractère.

La sociabilité, en ouvrant leur âme aux affections, leur in-

(1) L^auteur demande la permission de renvoyer, pour les développemens que ce sujet demanderait, à l'écrit quMI a publié sous le titre de Cours normal peur les instituteurs primaires, 2^ édition, 1836^ cbez M. Jules Henouard, à Paris. j

cu^Tv:^!: BV ta. sociabilité. A99

spirera le courage le plus utile, celui qui se fonde sur Tespé*^ rance ; elle les relèvera à leurs yeux et aux yeux d'autrui. Rien n'est plus funeste aux enfans des familles pauvres, que de s'aocoutumer dès le berceau à rhumiliation. Qu'ils voient de bonne heure des frères dans les autres hommes, et soient à leur tour considérés du même œil. Yoici encore pour eux un avantage, dans la fréquentation des écoles publiques: elles les introduis sent à la société humaine; chacun d'eux s'y essaie aux relation! qui . l'attendent un jour ^ur un plus grand théâtre ; le com» merce qu'il lie avec ses camarades lui apprend à rechercher et à accorder l'estime et la bienveillance. La distribution des récompenses ou des peines enseigne les notions de la justice» La discipline est comme une image anticipée de l'empire dei lois ; la présence du maître prépare à connaître et à respecter l'autorité. Mais, pour obtenir de l'école ces salutaires effets^ M faut que l'ordre et l'harmonie y régnent sans cesse, s'y an^ noncent même, de tous côtés, par les formes extérieures $ il faut qu'une .équité scrupuleuse y préside à toutes les senten*» ces ; il faut que Tautorité sache s'y rendre respectable, en s'y montrant bienveillante ^ il faut que les élèves soient entrete** nus dans les égards mutuels qu'ils se doivent. C'est ainsi que les enfans pauvres se dépouilleront insensiblement de ces formes sauvages et déréglées , qu'ils contractent trop souvent soit dans leurs propres familles , soit dans l'état d'abandon où ils sont laissés.

Les jeux eux-*mémes, oui, les jeux peuvent devenir, dani l'école, un excellent moyen d'éducation , moyen il est vrai » trop méconnu. Déjà, c'est, nous osons le dire, une chose non^ seulement très douce, mais très utile, que de &ire luire sur 1% front de l'enfant du pauvre quelques rayons d'une joie sereine, que de faire goûter à son jeune cœur quelques momens de félicité, félicité innocente qui épure et fortifie l'âme. Elle di*late le cœur des enfans, elle fait épanouir leurs facultés, développe en eux les sympathies bienveillantes. Laissons jouir ceux que nous voulons améliorer! Les plaisirs bien entendus

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