SECONDE PARTIE. LIVRE I. CHAP. XI
peuvent devenir encore des moyens indirects d'instruction. Dans une partie de FAllemâgne, on a coutume de célébrer, chaque année, au mois de mai, la fêle des écoles (1). Cette fête parait remonter à une époque fort ancienne, avoir une origine religieuse; elle se. confondait avec la fête de la Pentecôte. Elle se célèbre, sous la direction de Tinstituieur et sous la surveillance des ministres du culte; une commission prise parmi les parièns préside aux dispositions nécessaires et procure les moyens d'exécution. Des places sont réservées autour du théâtre destiné aux amusemens des enfahs, pour leurs familles et pour les amateurs qui désirent être témoins de leurs innocentes joies. L'autorité protège ces solennités : des réglemens ont pourvu à ce qu'on n^éxige aucune taxe , à ce qu'aucune dépense irrégulière n'ait lieu , à ce qu'mi juste respect environne ces plaisirs de l'enfance. Le jour tant désiré a lui : voici les enfans; ils arrivent en ordre, proprement vêtus, couronnés de fleurs ou de feuillages, ornés de banderoles; ils s'avancent sous la conduite de leurs maîtres, précédés de la musique, chantant des hymnes .Cette belle journée s'ouvre sous . les auspices de là religion ; une cérémonie , une prière , une instruction paterneUe du curé ou du pasteur, la commencent; des prix sont distribués , des éloges décernés à la bonne conduite, à la diligence : les jeux succèdent ; ce sont des courses, des exercices gymnasliques ; mille plaisirs variés et animés; un repas commun les suspend et repose les élèves. De petits présens de toutes sortes pleuvent, comme une sorte de rosée , sur ce parterre de fleurs. Ne verrons-nous pas aussi en France cette fête des écoles, ne viendra-t-elle pas se ranger parmi nos solennités villageoises et les embellir (2)? Qu'on nous excuse
(1) Maientag est le nom de cette fête. Voyez le tableau ^u*eu a tracé Mûl< 1er, dans Vlntelligtnz-BlaU, V^ partie, page 07.
(2) C'est un \œu que Fauteur de cet écrit a saisi toutes les occasions d'exprimer, et qu'il a expressément reproduit dans le rapport' qu'il a remis, le %i octobre 1833, à M, le ministre de Tinstruction publique, sur la demande de ce ministre.