‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 6 sur 84 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

llef éoolet pour lef petits enfans , on f aUei d*asîle pour l'enCuioe.

Parmi les créations auxquelles le génie de la charité a donnée le jour, en est-il une plus ingénieuse et plus aimable que celle de ces réunions, où se trouvent rassemblés une muilitude d'enfans en bas âge, sous une surveillance protectrice, où ils reçoivent en se jouant les soins les plus tendres, et se préparent, 1 sans le savoir, à une édt^cation sérieuse ! Là, jamais le regard' n'est affligé par le tableau du nialheur, déjà souffrance, des maux irréparables, que la bienfaisance doit contempler partout 'ailleurs, fin venant soulager ou consoler. Là, jamais le spectateur n'est consterné par ces images honleuses>du vice, que trop souvent on rencontre à côté d&lamisèret Là, il ne voit pas couler les pleurs, il n'entend pas les géniisseuiens, r» les cris du désespoir. Là, nul doute, nulle appréhension pour

la bienfaisance ; elle ne couri point le danger d'élre trompée dans l'emploi de ses dons, de les voir dégénérer en abus, ou d'en être payée par l'ingratitude. JTisiiez ces établissemens : leur aspect seul vous fait éprouver une agréabie surprise; tout vous y sourit ; la présence de ces enfans dans l'âge le plus tendre, le spectacle deleui* allégresse et de leur bonne santé ;

SEGOITDE PA&TIB. LITRE i, GHÀP. II.

Tordre et la propreté qui régnent de toutes parts ; ces exercices accomplis avec tant de précision et d'ensemble, où déjà Fintelligencè et la^ sensibilité de ces petits êtres prennent l'essor sous de si favorables auspices. Les traces de la misère disparaissent pour faire place aux images dubonheur ;. la religion et la morale elle-même apparaissent au sein de, ces réunions, enfantines, pour y faire entendre leur voix auguste dans des accens attendrissans et pleins de charme. On dirait une aurore gracieuse qui répand sur toutes ces vies naissantes les rayons de Tespérance ; on dirait un parterre émaillé de fleurs qui viennent éclore sous les pas de la bienfàisance^^Si la peinture eût retracé l'histoire des œuvres de la charité, ce siyet eût appartenu à l'Âlbane.

ARTICLE \^\ Origine et premier essor de ces établissemens.

Un tel établissement doit nattre et vivre sous les inspirations de l'amour maternel. Il fallait qu'il fût l'ouvrage des femmes; ce sont-elles en effet qui l'ont conçu et créé; ce sont elles essentiellement qui l'ont dirigé, propagé. .

. Cependant, on doit le rappeler, la première pensée appartient au vénérable pasteur du Ban de la Roche, à Oberlin, qui, dès le siècle dernier, avait, de concert avec son épouse, rassemblé les petits enfans sur ce sommet des Vosges," sous la direction de eonduoiricès j et qui fut si bien secondé dans cette création par Louise Scheppler, sa servante (1). Cet exemple était resté presque ignoré. Plus tard, au commencement de ce siècle, une dame bienfaisante (2) en fit un nouvel essai à Paris. Quelques années après, il se forma en Angleterre, sous le nom d'infants schools y un certain nombre de créations semblables, auxquelles les dames anglaises prirent une part active. Le premier exemple fut donné à New-La-

(1) Yoyes la notice "mir Oberlin dans le Recueil des hommes utiles.

(2) Madame la marquise de Pastoret ; pendant plusieurs années, elle réuiiit

OBIGINE DES SAIXSS d'aSILB. 23

narck^ dans le célèbre établissement tenté par M. Robert Buchanan, vers 1819. En 1820, M. Bucbanan fut appelé à Londres pour ouvrir une infants «eAoo/,parune réunion de douze souscripteurs, à la tête desquels figuraient M. Brougbam^ le marquis de Lansdowne, etc.(l). Des philantropes français signalèrent ces beureux essais ; une dame alla visiter les infants sehools, en rîipporta le modèle au milieu de la capitale, en le perfectionnant et Tadaptant à nos usages (2) ; d'autres, bientôt après, recommandèrent à-la-fois cette création, et par leurs propres exemples, et par des écrits où l'éloquence du cœur s'unit aux charmes du style (3). Un côr mité de dames a organisé et dirigé le premier établissement formé sur ce nouveau type à Paris (4.) Il ^ continué de présider à la direction de ceux qui chaque jour se sont multipliés, sous ses auspices, pendant dix années, sur les divers points de la capitale, sous la dénomination de salles d'asile pour l'enfance (S). Elles ont trouvé successivement de dignes émules dans les provinces. On doit leur en rendre des actions de

au fasbourg Saînt-Honoré un certain nombre de petits enfansde4 à 6 ans, sous la surveillance de sœurs chargées d'en prendre soin. r^ Les infants tchooîs de 1* Angleterre , ont été décrites dans plusieurs ouvrages parmi lesquels ont cite particulièrement ceux de Wilderspin et Wilson.

(1) Les' intéressàns détails de cette fondation ont été donnés par l'un des membres de la réunion , M. Zachary Hacaulay, dans VAm de V enfance, nor membre 1836; page 176.

(2) Madame Millet, inspectrice des salles d'asile.

(3) Qu'il soit permis à la juste gratitude des amis de l'humanité do lever ici le voile de l'anonymQ dont se sont couvertes mesdames Bfau de Ghamplouis et Julie Mallet.

Voyez : Delà direction morale des salles d'asile , et des comités de siuveillance,- in-8°. — L'instruction élémentaire pour la formation et la tenue des salles d'asile, in-S**.] — Chants pourries salles d'asile avec des notes, Paris, Hachette, 1833, 1834. ' ' ^

(4) Il fut formé en 1826 dans la rue du Bac , à l'aide d'u^e souscription , et a été depuis transféré rue de Varennes.

(5) En acquittant ici la dette de reconnaissance que le zèle de ces dames a imposée aux amis du bien, nous devons aussi exprimer leur gratitude envers

Page 1