‹ De la bienfaisance publique; (volume 4)Chapitre 63 sur 84 · II · texte numérisé non relu

II

fcs (i). On pourrait les oi*ganîscir de* manière à' leà rendre plus utiles encore et plus générales. Elles ne sauraient trop se mnltiplier dans les villes, surtout dans celles qui i^enferment un grand nombre d'ouvriers, et des ouvriers nomades.

liCS^ écoles régimentaires que la Russie , û nous sommes * bien informés , a la première introduites dans ses troupes , font vériiablemient PoiBce d'écoles d'adultes , et portent en réalité les mêmes fruits, dans les pays où, d'après les lois sat le recrutement, les jeunes soldats sont i^eildus à leun^ famîUeis après quelques années de service. Admirable résultat des progrès de la civilisatibn ! Lorsqu'il y a 3 ôu /i siè<^Ieà ^ peine , le licenciement des troupes faisait du retour de la pai^ Un* fféau^pour les habitans du pays , en le livrant aux ravagea d^une multitude de bandits , aujourd'hui l'armée rend au pays, dotés d^ùne instruction solide , les sujets qu'elle avait reçus dans l'état d'une grossière ignorance : le séjour sous lës^iJra-

^eau& devient' ainsi une préparation à Ik vie civile.

ARTICLE VI

Dès etàbllsSemeni' spéciaux pour les sourds-muets et pour tes aifeugîes.

Il est deux genres d'infirmités qui , déjà fort affligeantes par elles-mêmes, deviennent ui^malheur plus profond encore pour les enfans) des classes inférieure»: la privation du sens derouïe^quiiorsqu'ellese manifeste dans 1^ premièi^e enfaniié enlève la faculté de là parole , et la privation de la vue. L'une et l!autFej> en < séquestrant les victimeâ qu'elles atteignent du commerce des hommes et de celui- de la nature, en app<H^ tant des obstacles à leto instruction, tendent à-les exclure de l(Mîam^edutravail) et à leur enlever ainsi'lesmoyens de snb» sistance. L'une et l'autre ajoutent donc à ime^indigence inteli^ lectuelle et morale une cause de misère physique. Il y a seulement cette dîfiférencè entre les sourds-muets et les aveugles^

(1) M: le'curé actuel déf Stônt^Paul; cfni les a- fondées,. les dirige luin^éûitf avec un dévo<Unent et un succès reœarqtmbles.

que les sourds-muets conservent lés orgatitis 'qui l^*âppliquent directement au travail mécanique , mais que, «éparés des communications orales y dénués par là des moyens ordinaires d'instruction et d'éducation, ils resteraient presque en dehors de rhumanîté elle-même, et par là étrangers à l'industrie intelligente qui constitue le mérite du travail ; tandis que les aveugles, privés seulement des moyens d'instruction qui s'acquièrent par la lecture et par récriture ^ mais admis d'aillieurs à celle qui s'obtient par les coilimimications orales , manquent du sens chargé de diriger la main ()ans les opérations mécaniques du travail. Ainsi l'infortune du sourd-^ muet est beaucoup plus complète ; il est disgracié dans sa qualité d'homme. Celle de l'aveugle est plus spéciale^ il est frappé dans sa qualité d'ouvrier. L'intelligence de Tun est . paralysée ; la main de l'autre se meut au hasard.

Grâces soient rendues à la science qui^ dans cette circonstance, comme dans tant d'autres, est venue prêter ses découvertes à la bienfaisance. A des époques récentes, elle a doté l'humanité de. deux arts merveilleux, pour suppléer , autant qu'il se peut , à l'absence des deux sens externes les plus né- . cessaires , en remplaçant Fouïe par la vt^ , et la vue par le

tactl

Des sourds'iimKts,

lotag-temps les sourds-ïiiuetà testèrent confondus ^V^c )e& idiots et ifurent traités comme ifels. A peîaé avâ!t-oii istJupçoïiné le nombre de ces ttifortuné*, jusqu'à feeà dferAîers temps-, où la sollicitude xiès çouverûémehà européetts , ^ orgïmî'i sànt des institutions spéciales en leur faveur, à fait faire à cet égard des recherches plus ou moins tomplèteè.

Les derniers relevés obtenus ont donhé les ré^iidtats tnifvans:

/ La vUk de Modèue. . 25 soùrds-mueU &VX SOjOOO hab. Italie. ... 1 Province de Reggio. ..12 — — i4l2,006

( Ville àeROinç , '70 — — lôO.OCTd

516 sscoims PAiTis. hvm i: cbap: xi:

Canton de Zurich. •

— de Taud. • .

Snisse •••{ — de Bàle. . . . ) 1,777 sonrds-mueto sur 895.000

— d'Argpvie . . — — de Berne. • •

Grand-duché de Bade 1,98S — —-.1,108,060

Wurtemberg 1,250 — — 1,660,215

Bavière .^ 2,008 -r —4,037,000

. ,, . Prusse 8,823 — — 12,726,823

Allemagne ^ ^^ ^ j j^g 1,668,168

Hesse électorale. • ; . . 400 — — 660,000

Duché de Nassau. ••• 210 — — 300,000

Duché de Brunswick . 176 — — 206,000

Danemark... ...•• 680 — . — 1,223,807

Belgique* 1,900 — —4,142,267

Angleterre 8,000 — —23.400,000

Irlande 3,600 — — 6,000,000

!>... .-TT«;. ( Blan«« • ' • *»*«* — —10,632,060

EUts-Ums j jj^j^ ^^3 2,328.642

France, environ. 20,000 — —32,000,000

En général, la proportion varie, dans les diverses contrées, de 1 60urd-muet sur 503 habitans, à 1 sur 2180.

Mais elle se modifie singulièrement , dans le même pays, suivant les circonstances locales; elle est plus forte vers le nord, dans les montagnes; ^

Le canton de Berne contient un sourd- muet sur 350 habitans , tandis que celui de Zurich n'en compte qu'un "sur 1000; et cependant, dans ce même canton, la commune de Weyach renferme 11 sourds-muets sur une population qui ne s'élève qu'à 628 habitans, c'est-à-dire 1 sur 63.

Dans la Corse, les sourds-inuets sont dans le rapport de 1 à 666, et dans le départ, du Cher, dans le rapport de 1 à 1&,591.

Aux Etats-Unis, la petite ville de Chilmark, située dans une tie sur la côte de Massachussets , renferme 12 sourds-muets, sur une population qui ne s'élève qu'à 694 habitans.

Partout cette infirmité frappe de préférence les enfans des familles indigentes; elle atteint terme moyen six garçons pour cinq filles. (1)

Ces relevés, au reste , sont encore inévitablement incom-

fl) Voyez les quatre circulaires publiées par Tadministration de Tinstitution royale des sourds-mnets de Paris, en 1827» 1829» 183jli et 1886 (impri«

SOVEDâ-MUSTS. S17

plets. En quelques états, on a négligé de tenir compte des enfans sourds-muets âgés de moins de 5 ans. Il est d'ailleurs difficile de s'assurer de la surdité d'un enfant au berceau» et souvent la surdité ne survient que dans le cours des plus jeunes années.

On voit combien est considérable le nombre des infortunés qui se trouveraient séquestrés , par cette infirmité , de la société humaine , et par conséquent quel est le mérite des institutions j destinées à y remédier. Leur nombre est cepen* dant bien loin de pouvoir y suffire.

On en compte jusqu'à ce jour

, 1 en Portugal, à Lisbonne.

1 en Espagne, à Madrid.

1 à Naples.

0 en Italie, Mvoir;

0 en Suisse.

1 a Eome. ^ en Toscane.

1 à Modène.

2 à Turin, l à Gènes.

I à Milan.

4 dans le grand-duché de Bade.

4 dans le royaume de Wurtemberg.

II enBanère.

0 en Autriche.

19 en Prusse,

68 en Allemagne

7 en Belgique, a en Hollande.

a en Danemark, 1 en Suède.

3 en Saxe.

1 dans le grand-duché de Saxe- Weimar.

3 dans les villes libres de Francfort-s.-le Mein, Hambourg et Brème.

1 dans le grand-duché de Hesse.

1 dans la Hesse électorale.

1 dans le duché de Nassan.

1 dans la principauté de Lippe-Schau«nbourg« 1 dans le duché de BrunswicL 1 dans le royaume de Hanovre.

1 dans le dudié d'Oldenbourg.

merie royale), où Ton a réuni et comparé tous les détails, dont nous n'offrons ici que le résumé sommaire. Ces circulaires ont été rédigées par M. E. MorcH , professeur très distingué de l'institution royale, qui a analysé et comparé avec sagacité tous les travaux relatifs à l'éducation des sourds-muets.

SECOITBE PJUVPIE; l4Wi !• CHAP; Tt:

Pologne, à Varsovie.

W d«is la Grande, I^^J^"^- Bretagne .... I ^^ j^^^^^^^

„ ' . , . 17 aux États-Unis.

8 «1 A«er,<|np. . I j .^Canada.

1 en Asie, iiu Bengale.

32 en France.

147 en tout.

L'établissement de Paris renferme le [plus grand nombre de pensionnaires ; il donne l'éducation à 17$ sujets. Celui de Londres donne l'instruction à 230 élèves tant internes qu'externes. La plupart n'en instruisent guère que M ou AO i en sorte qu'on peut évaluer à 4 ou^ 5000 au plus le nombre des sourds- muets qui sont rendus à la s^ociété par l'éducation.

Dans la plupart des étafs de l'Allemagne et en Danemark, le gouvernement, conséquent avec lui-mépe dans les règles qu'il a adoptées pour l'éducation populaiire, a régularisé, d'une manière systématique et salutaire , l'organisation et le régime de ces établissemens» Il a fait un devoir aux parens de procurer à leurs enfans>ourds-muets l'éducation propre à les civiliser; il a lui-même érigé des^établissemens modèles, provoqué la création de ceux que demandaient les circonstances locales, attaché des écoles spéciales aux séminaires de maîtres d'école, -^ formé ainsi des instituteurs spéciaux, et même mis les maîtres d'école à portée d'étudier les élémens de cet art pour les appliquer au besoin; enfin, il a pourvu à ce que les sourds-muets indigens pussent être admis à titre gratuit dans ces étahlîssemens. Le gouvernement l^elge a également iniprlmé à ses instituts de çourds^inuets '•un caractère légal, stable et régulier.

Dans les autres régions de TEUrope , un petit nombre d'instituts semblables ont été fondés et entretenus aux frais de l'état (1). Dans ces derniers états , la plupart des établissemens se sont formés en quelque sorte spontanément et comme

(1) Ce sont ceux de Lisbonne, de Borne, de Madrid, de Modène, de Oênes

au Jbia^ard , êï ^oi^ restés Uvxés à c^ux-mémes^ De là 4^ ' canstitutioQ.s et des fornies diverses : lej^ un^ se jbornent à Instruire de^ externes ^ d'autres reçoivent les élèves ^ 4eipeure, moyenj^ant un prix de pension , et ^uelqueifois ^ titre gratuit ; Fâge et les conditions d'admis$ion des élèyes , In «a* ture j retenue , Jes méthodes de Fenseigae^ipaeiit ^e yjiri^t pas mpii;is.. .

Il iest permis d'espérer qu'éclairés par l'exemple des états dvL nord et de Test de l'Europe, les autres gouyeroemens donneront une prg^isalion convenable à c,e gewe d'institu-;^ ^ fiojfi&f et prendfopjt les mesures propres à Je3 perfeçtip»-^ })er(i)* L'<^UYre 4é§ori^is est facile^

][Jn grand l^o^}>¥^ de productions estimables^ 4ai?iS }ei» diverses ^contrées ^ l£urope, pnt porté la lumière ;spr l!art àHâdjà et nouveau qui introduit les sourds-muejts k Vv^^'^ ^ ^ des langue^ convieutionnelles et^ par elles, au <)ommèrce social. L'institution royale 4e Paris g proposé ef; a eu le lom^ ^' fa^ur d'obtenir une correspoudance générale et commune/- ^re tous lès inj^tituts semblables , s^r l'éducàtlou spéciale^ ff ment désirable pour cette çlajsejjéièves. D^vieuué le deAtivç 4e ces relation^, el}^ en résuipe périodiquenxept les résultat^ et les publie en iei^ comparant. Heureux coucert.qui| en éta^ blissant l'harmonie des intentions et l'unité dû but, étend et rectifie les idé^s , entretient rémulation ^ progage Ic^^^âméUo»rations, en prg^are de nouvelles! , „ .

Né en Espagne, dani^n monastère de Bénédictins, jan

de Milan, celui de Grœningae, ceux de la Suède, de ia Russie, teux des £4Qts- ^ Unis; la France n'en compte que deux.

Tous ceux de la Grande-Bretagiie sont des étabiissemens privés, mais «nlretenus par des associations de souscripteurs bénévoles.

Il en est quelques-uns qui sont entretenus ou aidés par des villes, des provinces ou des départeniens.

(1) A la demande de M. de Gasparin, alojps ministre de Hnlérieur, le conseil d'administration de l'institution royale de Paris a rédigé, en décembre 1836, tm projet de loi sur l'organisation dé ce genre d'établissèmens en France^ mais ce projet n'a pas encore été présenté aux ^ïhambi^es législatives. *

520 » SBCOKDB FAETIB. UY&E I. CHAF. XI.

XVI* siècle (i) créé de nouYean, au xtii* siècle en Angleterre, avec on caractère phUosophique, par Geoi^es Dalgamo (2), Tart qui rend au sonrd-muet rinstroment des langues conventionnelles, était retombé dans l'oubli, où du moins ne s*était produit que par quelques vues 'incomplètes , quelques essais isolés ; parfois même il s'était enveloppé du mystère, lorsque presque en même temps, à Paris, par le zèle généreux de l'abbé de l'Épée , et à Leipsick, par les travaux de Heinicke et les libéralités de Télecteur de Saxe, on vit naître deux instituts, où de jeunes sourds-muets reçurent une. éducation commune , où l'art se développa d'une manière systématique (3). Uq préjugé, aussi ancien que général, faisait supposer que la parole seule peut conférer aux langues conventionnelles la puissance de représenter les idées ; ce préjugé qui, pendant tant de siècles, ne permit pas de concevoir que les sourds-muets pussent être initiés à nos langues, influa encore sur les méthodes adoptées par les inventeurs de l'art. Ayant remarqué que le sourd-muet n'est muet que par une conséquence de sa surdité, que l'organe de la toîx est encore intact chez lui, ils s'attachèrent à lui faire prononcer des sons, par des moyens artificiels; ils cherchèrent ensuite à lui faire discerner, sur les lèvres de la personne qui parle,

(1) L*iDventeur était Pierre de Ponce, moine de S. Salvador de Ona, mort en 1684. Jusqu'à ce jour^ )e manuscrit qui contenait sa méthode, était resté inconnu. Après d'inutiles recherches, on supposait même que ce manuscrit n'existait pas. M. Ramon de la Sagra nous apprend qu'on vient de le découvrir dans un monastère supprimé, et de renvoyer à Madrid. Il ne tardera pas à être publié.

(2) L'ouvrage de Dalgamo, que Leibnitz et Dugald Stewart avaient §i{;nalé à l'attention publique , était devenu extrêmement rare. Le club Maitland, à Edimbourg, en ayant découvert un exemplaire, en a fait tirer uoe édition réservée à ses membres. L'institution royale de Paris vient de s'en procurer un exemplaire^ et publiera bientôt un extrait du traité intitulé Didascalocophus, ou l'Art d'instruire les sourds-muets.

(3) L'auteur du présent ouvrage a tracé l'histoire de cet art dans son Traité sur l'éducation des sourds^^muets, Paris^ 1827» 2** partie.

. SOU&BS-MUBTS. • 521

les mouvemens et les formes produites par rémission de la parole, et combinant ces deux moyens, ils crurent lui avoir rendu la parole. Cette erreur s'est transmise dans l'institut de Leipsick, et dans l'école allemande formée par Heinicke; elle tend à se reproduire encore aujourd'hui, toujours accréditée par le préjugé qui l'a fait nattre. L'abbé de l'Ëpée eut le mérite de porter sur ce sujet des vues véritablement philosophiques ; il comprit que les caractères de l'écriture peuvent aussi devenir les signés directs de la pensée ; ''que les formes, comme les sons, peuvent s'associerauxjdéêsi^ que, pour le sourd-muet, il n'existe réellement que des formes; que le sourd-muet n'a point la conscience des sons, alors même qu'il réussit à en émettre ; que la voie la plus simple, la plus sûre, pour initier les sourds-muets à l'usage de nos langues conventionnelles, est de faire prendre chez lui, à l'écriture là place de la parole, à la lecture la place de l'audition.

L'abbé de l'Épée joignit au mérite de cette découverte celui d'une bonne action. C'est trop peu dire : il dévoua à l'éducation des sourds-muets sa fortune et sa vie entièrCi et mérita ainsi le titre touchant de Ph'e des sourds-muets. Quelle plus belle et plus féconde alliance que celle que contractent ainsi les lumières et la charité !

L'art, dont l'abbé de l'Épée avait été le nouveau créateur, a fait, depuis cette époque, en France surtout, des progrès remarquables, qui sont dus principalement à l'Institution royale de Paris. D'un côté, cet art a obtenu une action plus directe et plus fouissante sur l'intelligence du sourd-muet; d'un autre côté, il s'est dégagé de formes trop embarrassées, il a simplifié sa marche. On a ttiieux apprécié la' nature et la valeur de ce langage d'action, dont la nature a doué le sourd-muet, dont l'expression est; si vraie, la richesse si étendue, l'éloquence, la poésie même si remarquables. On l'a ramené à son principe, à ses véritables lois, en le délivrant des signes conventionnels. On s'en est servi comme de la langue maternelle du sourd-muet, pour lui enseigner, par une trs^duclion fidèle et

||2!} msomi '^77S« N^f^ f' chap: xi:

(}irçctQ^ fio$ Jaugées artiQcieIIe$, e^ faisant ponjcoaf^ le yeloppen^ent progressif des idées avec Tacquisiiioa de Vit- 4ipi|f e (jui les exprimé. Ou a renopcé ^ eioployer l'étude théorique de la grammaijre comme une introduction nécess^î^re ' i^ l'emploi du langage; on a mis le sourd-miAejt en po^ses^oo de cet ip^tnomenty par la même vpîe (pa^ ^t dès le pefc^fi^ r^nfaqt of dimûre, mais en guidant s^ marche jpar ra^ajypgtej p§r 1^ logique j en 1^ rendant ai^si p^us r^Uère et ^^ lapide. On a ^e la sorte formé son esprit et spp jugen^ei^, en l'exerçant à e^i^pripier sa pensée.

Ces cqnsid/ératipfîs philosophiques, ^>in d'êtrid étxfiffgèie^ ^^ ^ujjet qui nops occupe et au^ injtéréf^ 4e ll^^ jli^ienf^iisanp^ publique, comme on pourrait le croire, s'y ^attac^i)^ îatiini^r meqt. Ç^r Ip plus précieux 4e |:ous les «ervjùces qui pujy^ être rendu au sourd-mue^ cop^isle précisénuewt ^ le nus^re en possession des dçn^ essentiels de l'humanijijé , jk ^tiver §p \w\ jes facilité^ intellecpieUes $ cetle acquisition es(;, pi^ur Ini, le prélude et l'^pstpuipeut de toutes les ^iHf es^ Ce s^m^ aura pour lui d'autant plus i^ prix, qu'U s'op^r^r^ par dec^ juoyeps plu^ simple; et d'i|ne manière plus eoipplèt^, y^if » ^ou§ c^ r^ipport, a encpre des progrès k f^^i il le; oji^tienâltï précisément en découvrant des a^é^g4^ PÙ T^rt jui-n)|i9Ml fe prqduira nio|ns, qiii le mettront dan; la prisitique à 1^ portée des Instituteurs ordinaires , et feronf desi^endp^ $e§ .éiér misns jusque fjaa^f le^ famées. Çap , eulÇ» , 1% niière est finçfituteur qui enseigne )f( l^pgue usuelle ^ renfanlt 0r4i- Uf&ire, ^t, ^i les mères avaient ^u écQU^r ^t ^PfUPri^lKlre 1^« cpfj^ejls du hp» Pe^talQii^i (1), ellfis dpunepaieut ^p^ pffppt ^ ppt epseignemeut uu degré 4e pprfeçtiqfl qu'elles f put loin 49 soupçonner.

Tl y f^i pour les sourds •muptgj une é4ucatipn industrieUet mais nécessairpmpfit spéciale, fort importapte ppur ceux d'entre eux qui appartieui^ent ^ 1^ cl^s^e laborieuse, Ji'iufiruUté 4on!i i}$t çpu^ ^tt^iui^ leur rpu4 fliWçile TexprpiÇô 4q; prQfeir-

(t) XkKOfi 3011 Utm»\ inUtulé; Çomm.i Q^ptfwk. mtmilt w ^Jàw*

«japsqui «xigeflt, de lî^ part de rouvfier,de8 çommiwçiatîqpf puUipliées et rapides avec ceui^ q^i rentame^t, o^ qui, Voir bligent à se guider ps^r raudUiw desi ^Pfls. ]V(ai§» il e^i^^ç, pqur le sourd-muet , ^ne copipensatip^ d^^^^ P^^ doi^ s'c^ttac^^^ ^ exploiter toutes les resisou^ces. Moias distrait, pai: \'çffet 0,è $W iflfirfliité même, le sourd-muet dçut |*(pil çt Ift maift sg^t plu^ exercés, réussit mleu^i; dans^ toi;^ le^ art^ qui ^emande^tt un eiuploi halpiile et sûr de ces deux or^aue^, d^P$ ceux qi^i reposent sur Tappréciation ^t Veiç^éçution des fpriues ; \\ y porte plus depréçisiou et de justesse. A u§si ^xoellH-U ()ans Vart di4 touruèur, jiar eitpinple ; il graye à luef veilje \ i\ po^çf9At avoir le uiême succès daus l'horlogerie, dap^ ]^ C^^iP9* tion des instruPf i^s de mathématiques^,

Loin que Téducs^tlon industrielle contrarie, pour lo WWi' muet, réducatlou intellectuelle, elle Iql apporte de npuye^qx Ii6<i^urs lorsqu'elle est f^len dirigée,

A mesure que Tart, ^n se perfectipunant, §impliQef a ses procédés et ses formes, le sourd -mP^t ser^ retenu moins , long-temps daas les Instituts spéciaux destinés |i son éducation i par suite un plu^ grand nombre d'iudivldui^ pourropt participer aux a^antsigei; de c^s ins|titut§. Leg ^purdu-muçls qui seront appelés à recevoir m plus li^pt degré d'instruction . pourront achever leurs études par les mpyeus ordinaires* Mais ce n'est point asse? d'aveîr f^réé des étahlissemens spéoiaun y si l'on veut que l'éducation des sourds^muets porte tous ses fruits. On ne les admet ordinairement dans les établinsemeus qu'à l'âge de dû ou 11 ans. Déjà un temps précieux est perdu; déjà des habitudes sont contractées, qui deviennent un obstacle 9u développemewt Inifjlpctuel let moral r II opnvient donc que, ces e^fans reçoivent d'avance, ou dans leurs familles, ou par les soins des instituteurs primaires, uh commencement de préparation dont les règles seraient faciles à tracer. Les élèves, à leur sortie de l'instilut, sont exposés à perdre, en peu de temps, tout ce qu'ils y Put acquis» si leur éducation n'est à quelques égards continuée, si les dons qu'ils

S2& BEGOiroX PARTIE. LIVBB I. CHAP. XI.

en rapportent ne sont cultivés avec persévérance. Il convient donc que la protection des instituts où ils X)nt été formés les suive encore, lorsqu'ils sont rendus à leurs familles; que là ils soient encore aidés. Ces deux conditions sont difficiles, il est vrai, pour les sourds«-muets de la classe pauvres Mais, si le patronage de la bonté envers Tindigence était sérieusement organisé, il viendrait, dans son généreux ministère, seconder encore et la préparation et la conservation qui doivent précéder et suivre le séjour dans les instituts.

Il est toutefois des sourds-muets indigens qui, au sortir des instituts, ne trouveraient dan& leurs familles et dans leur domicile, ni les moyens de continuer leur éducation, ni les ressources suffisantes pour se créer une situation indépendante. Cette observation s'applique plus particulièrement aux jeunes filles qui pourraient d'ailleurs être exposées à quelques dangers. Elle a suggéré , aux dames qui composent le comité d'inspiection et de patronage à l'institution royale des sourdsmuets de Paris, la généreuse pensée d'ouvrir pour les sourdes-muettes adolescentes, qui ont fini leur temps d'études dans cette maison, un établissement qui jusqu'à ce jour est le seul de son genre, mais qui est digne à tous égards de servir de modèle. Ces jeunes personnes y trouvent un asile, sont occupées à des ouvrages de lingerie, reçoivent un complément d'éducation , mènent une vie douce , calme et utile. Le zèle qui a créé cet établissement est récompensé par la conduite exemplaire des jeunes personnes en faveur desquelles il a été conçu. (1)

. (I) Il est situé impasse des Feuillantiâes, près de Tinstitutiota royale. U contient, en ce moment» douze sourdes^nuettes. La dépense annueUe 8*élève à environ 444 fir. , tout compris , par élève. Le produit du travail des sourdesmuettes est d'envium l60 fr. par élève. Mais il hni noter que la plupart des élèves ne sont encore que des apprenties.

L'établissement est confié aux soios de MU« Méchin, dont la direction est au-dessus de tous les éloges.

ATsuGiiâ. r .ir 526

'Des aveugla.

Les aveugles ainsi que les sourds-muets sont plus multipliés dans la classe indigente i cette circonstance s'explique par plusieurs causes. Partout où la mendicité est tolérée^ les aveugles figurent pour une part considérable parmi les mendians. Leur infirmité se manifesté d'une manière sensible et, dès le premier instant, elle excite une juste commisération ; Faveugle a, plus que tout autre, besoin de l'aide d'autrui. Souvent , la mendicité est la seule ressource de ces infortunés pour subsister. Elle ajoute , .dans tous les cas , à leur misère une dégradation et des habitudes d'inaction qui aggravent encore leur infortune.

Tandis que les sourds-muets se trouvent plus nombreux en remontant vers le nord, l'inverse a lieu pour les aveugles ; ils se multiplient en allant au midi (1). Le nombre des aveu^ gles tend à diminuer d'une manière sensible, depuis que la vaccine arrête les ravages de la petite-vérole.

Suivant le docteur Julius, qu'on aime toujours à citer (2), on compte en Prusse environ 16,000 aveugles, sur une population d*environ 13,000,000 d'habitans. Il divise judicieusement les aveugle&en deux classes, séparées par la limite de 1$ années; la première comprend les aveugles-nés, et ceux qui ont été atteints de la cécité pendant les quatorze premières années de leur vie, ceux par conséquent qu'elle a privés d'une partie plus ou moins considérable des bienfaits de l'éducation. Ils sont ainsi, dans la monarchie prussienne, à-peuprès dans le rapport de 1 à 1600 habîtans. En Belgique, d'à-

(1) D*après les renseignenieiis recueillis par M. Zeune, il y a en Egypte on afeugte sur cent habitans, et en Norwège un seulement sur mille, L'ophthal^ mie est beaueoup plus fréquente dans les pays chauds, et dans ceux où la réflexion de la lumière du soleil est très vîtc.

(2) Voyez son Annuaire déjà cité, année 1830.

Sid SECONDE PAXtfÈl tfHt I. CHAP; xi:

près un recensement* officiel exécuté £n 1835, on comptait &117 aveugles de tout âge sur &,155,000 habitans, ou environ 1 sur 1000. En Danemark, ce rapport a été trouvé de 1 sur 798. On compte en Angleterre 7400 aveugles, ou seulement 1 l&ur 2000. Aux État^-Unis, on suppose qu'il n'existe que 8900 aveugles^

t^éitôUt oà rhospitallté publique à ouvert des asiles pour i^ indigents infirmes et in^cui^ables, les aveugles y ont été ad'» mis tomtité de t>le{n droit. Mais on ne s'était jpoini occupé sj^dfttefkiékit de lâ detstiAée des jeunes aveugles, jusqu'à là Hh du 'Siècle dernier. Oà n'avait pas songé qu'il fftt possible (iê tetaf procuirer, jKmr leur instruction, les instrumens de la tecttti^ et ide l'éciriture , ni de leur faire fati^e l'apprentisfeagii dei Métiers. La ttiiisique seule leur offrait une pirofessîon Itocrtfi* tive, en même temps qu'une précieuse disii^ctîon. Haûy (1) feonçutle pteititei', vers 1785, l'idée de doter les jeunes aveuglas tl'iin ^ystèm^ ^pédard'éduieation adapté à leur situation i il Alt eh'àbùragé par le suffrage de l'académie d^s sdence^^ kï pak^ celi des plus illustres philantropefs. Quelques années après, en 1791 , une loi rangea sa créatiôù an nombre deS établissemèns H^^ioiiaux. Lui - même, cependant, inquiété, p'otarèùîvi pai» tf injtistes préventions, Jpat des influences dé parti, sfe tètù^lù. eu Russie, où il fonda Un second établissefaitent et t)Ut ikxï^ ïè biien sans obstacte. Eu passant, îL déteï^îhiûâ lâ création déllnstitut de Berrin,'dont M. Zfetare A êé ïé fondateur.

Llhslilùtioll dés jettnés aveugles de Paris tesft le ketd éia-sbUsîg^èment de ce geni»e qui existe eti ÏVatice juSqtfà ce jour. Étiè lie renîerine que 90 âèves . Cést dîi*îe assez combîèii elle est iiisuiiisantë. Les enfans y sont admis à 10 ans et y Âelaeureat i années. I4s y reçoivent l'îastruction du premier et du tieunèHto degré ^ ils «'y exercent ^ par <de& «procééés fie»- Véatt* et ingénieux, 4 l'àpi^retatîssag'e de ^Ittsieurs itnétîers^î

(1) Il élût, coinme on lait, 1^ frère du célèbre na|turali8te.

ils y élifdieiit 19 ftittsUiiie/ fld ètcelleÊft dans cet art, fet leurs èiërdees ptiblici^ excitent le pltis tif iiltërét. bn évalue à 1200 fi^. f)ar ari là dépense de chaque élève.

L'AIIetnfàgfiè s'est prôtnptement approprié cetie institution, et P«l déjà pferfèctiorinée.

Berlin à deux insiitutâ^ de jednës aveugles, mais sëulemeiit de 20 élèî^ès èbacun ; rùn d^ëux est dirige par titi àvetlglé, élève de %: Zetine. Unsiitût de Dresde, formé ^ur lé nibdèlé d^ celui de Bèrifn , a 80 élèves. \A Bavière a érigé ùti étà- Misiientfënt seùilblable à Ratisbôtine ; 6t le grand-duché dé Bade , An autf é à Bruciisal.

M. Kleiiï a' fondé Finstitut de Tieiltië, d'après des viles qui hiî srôût pîop^és. Lé trésor impérial cclhfcouH âVèc les sbiiscriptions privées aux frais de l'établissement. L'institut se côA^jfosè dé dèu* bràftcheè : l'uHe fest l'école t)roprëmënt dite, ^e les élèves lÈfuîtènt d'abord jusqu'à 16 ans- l'autre est lin aitélier ô*u lés éfëvés entrent ensuite, |)our exercer les profeàdons iAdustrïétIés dont ils but fait l'apprentissage à l'écblé. Il est iiitéf é&sant de remartiuer que le vice-rôt ^.de l'Egypte entretient dàtii^ cet institut un élève (}ui reportera cet art eh Egypte, bù il doit avoir une âpplicatioh fort étendue. Lihtz, Prague , Bi^unn , ont Vu former dans leurs murs deià instituts Sti^ le idiême ihbdèle.

k Gmtnfid, dans le i^ûrtétnbèrg, et â Zurich, on à imaginî^, Ifetf titte bbmfbinàison fort hèureiisë, dé rapprocher i'institùt tki jetmés aveugles dé celui des sourds-muets , comihe l'assembfée coiisfituàntè avait projeté de le faire en îfrance. Ces deux élassés de jeunes gens exécutent entre eux un échange comînuelf de services, ei se prêtent réciproquement, si ï'ôn jl^'éut dire àîrisi le sens qui leur manque (î). Cette réûnioii a été depuis peu adoptée aussi à Bruxelles, à Stockholm.

(t)' iiWteur à visité àyec Beaucoup d*iotérèt ces deux instituts; il a vu 1^ soi|rds-muets et les aveugles se promener deux à deux, chaque sourd-muet tenait un aveugte par Ta main, et lui rendait compte de ce qui s^'offcaltà tes regards. ,

5S8 âBCORDB PARTIS. LIVaS I. CHAP. XI.

Les instituts de Liverpool et de Londres sont les plus coiisidérables de l'Europe; ils comptent chacun plus de, 100 élèves. Le premier, fondé dès 1791, avait reçu 871 aveugles en 1832. Dans rétablissement de Londres, chaque souscripteur peut faire admettre un élève, ^n payant une guinée par an, ou dix guinées en une seule fois. Le travail des élèves réunis rapporte envircm 2600 liv. sterl: par an, ou près de &00fr. par élève. SO d'entre eux, sortis de cette maison depuis 8 ans, ont été en mesure, à la fin de leur éducation, de gagner de 9 à 17 francs par semaine. Bristol, Norwich, Edimbourg, Dublin, ont été dotés. d'asiles semblables; Tous, comme on le comprend, sont entretenus par des sociétés de souscripteurs. Quelques-uns servent en même temps d'asiles pour des aveugles adultes.

Trois instituts pour l'éducation des jeunes aveugles se sont formés récemùient aux Etats-Unis ; ils égalent au moins ceux de l'Europe. Ils sont situés à Boston, à New-York, à Philadelphie (1). Ces instituts , comme ceux de l'Angleterre , ont l'usage extrêmement louable de publier des comptes-rendus qui font connaître annuellement leur situation et leurs progrès.

L'Italie en possède aussi plusieurs , entre autres à Rome

et à Naples. Parmi les établissemens qui dépendent du magnifique et royal Jllbergode PoveriyhNsiples^ figure un établissement d'éducation pour les aveugles, le plus vaste probablement qui existe dans le monde. Il compte environ 200 élèves qui y reçoivent l'hospitalité ; ils apprennent à lire et à écrire, la géographie, l'histoire, la géométrie et la musique. Oh ne peut entendre sans émotion et sans admiration les concerts qu'ils exécutent. On les forme aussi aux arts mécaniques; ils travaillent le marbre, ils tissent, fabriquent des rubans, etc. (2)

(1) Un excellent observateur, Af.~Bamon de la Sagra, en rend un témoignage très faYorable.

(2) Voyez PEssai Sul buon gouemo delta mendicita, etc.| par le comte Pe« tiUi divRoreto, ttii, p. 122.

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