AV£U6LES
M. Dufau annonce qu'à Constantinople même quelques religieux donnent des soins à l'instruction des aveugles, et que, à leur exemple, les imans de certaines mosquées , y recueillent, dans le même but, des enfans atteints de cécité. (1)
Dans une Providence instituée à Lyon par une société de souscripteurs, pour les jeuries incurables, on a. réuni des jeunes filles dont les unes sont aveugles, les autres infirmes. Cette réunion offre un spectacle touchant , et Tapplication d'une idée judicieuse qui peut être féconde. La paralytique est portée par l'aveugle, et guide les pas de celle-H^i. L'échange des services est continuel \ il est par lui-même une éducation bien entendue.
L'art qui préside à l'éducation spéciale desjeùnes aveugles, depuis qu'il a été créé par Haûy, est devenu l'objet des méditations , des recherches et des encouragemens de plusieurs amis de l'humanité. Dans leur nombre on rencontre, avec un respect mêlé d'attendrissement, trois aveugles de naissance: MM. Blacklock , Rodenblach et Roques. Ce dernier, qui cul-, tive la poésie avec goût et succès , a provoqué à Paris un concours, dont il a fait les fonds, en faveur de l'ouvrage le plus satisfaisant sur t amélioration du sort des aveugles indigens en France ; le prix , adjugé en 1836 , a été partagé entre M. Dufau et M^ Niboyet. Quelques années auparavant , la société d'encouragement pour l'industrie nationale, à Paris, avait également proposé sur le meilleur mode d'éducation industrielle pour les aveugles, un prix qui fut décerné à l'Institution des jeunes aveugles de la capitale. M. le docteur Guillié, qui a dirigé cette institution pendant quelques années , a publié un essai sur f instruction des aveugles, dans lequel il décrit les procédés mis en usage (i)-, MM. Leuve et Klein qui
(1) Yoyez V Essai sur l'état physique, moral et intellectuel des aveugles^nés^ ouvrage couronué par la Sociélé de la morale chrétienne, 1837, p. 172. Nous avons emprunté à cet intéressant hùsïi une portion des détails qui précèdent.
(2) Paris, 1817.