SECONDS PARTIE. LIV&E I. GHAP. XI
parce qu'ils éprouvent un plus grand isolemei^t, une dépendance plus sensible. Il est nécessaire de le combattre de bonne heure, en leur faisant goûter les affections généreuses. On décpuvrira alors, avec satisfaction, à quel point ils en sont capables. Leur tristesse habituelle pourra se dissiper, même au sein de la pauvreté ; il y aura pour -eux encore du bonheur sur la terre (1). Les relatiojas sociales, le commerce des gens de bien, la vie de famille, le travail, quelques distractions douces et innocentés, composeront le régime propre à prévenir ces maladies de Tâme, à rendre à l'aveugle la sérénité d'esprit au milieu des sombres nuages qui l'environnent.
Maintenons avec soin, pour l'éducaiion spéciale nécessairo aux jeunes aveugles, des instituts modèles, où cette éducation soit perfectionnée de jour en jour; multiplions aussi les instituts secondaires qui donneront aux premiers toute leur utilité, qui satisferont aux besoins de cette classe d'infortunés, sur les diSerens points du territoire. Les pensions de ceux dont les familles peuvent en faire les frais, le produit du travail des autres, allégeront cette dépense ; elle créera d'ailleurs une nouvelle source d'activité utile à la société, comme aux aveugles .eux-mêmes.
Mais ce n'est point encore assez faire : l'aveugle pauvre en bas âge, qui n'a point encore quitté sa famille, celui qui rentre en sortant de l'institut, à plus forte raison celui qiii, encore dans l'adolescence, ne peut être admis dans un institut , doivent être pour nous l'objet d'une tendre et vive sol-
(1)' Un jour Fauteur de cet écrit accompagnait dîUDs une visite aux Quinze- Vingts, àùùt il était alors gouverneur, une jeune princesse, qui, à celte épo* que, jouissait de tous les dons de la fortuné. En abordant une aveugle septuagénaire, dans sa petite cellule, die lui témoigna Fintérét que lui inspirait une situation aussi malheureuse. — « Moi, répondit Paveugle, mais je suis heureuse, n — « Heureuse! » — « Oui, vraiment, heureuse. Rien ne me manque ici; on a pour moi fous les soins, tous les égards; je travaille.^ Elle eût pu f ajouter, ce qu'elle ne dit pas, qu'elle trouvait encore le moyen de faire de bonnes actions. Toutes les personnes présentes furent stupéfaites de surprise, et avouèrent qu'aucune délies ne pourrait faire lïiméme réponse que Taveuglc;
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DE L EDUCATIOK INDUSTEIBLLE.
licHude. Le patronage iudividuel des gens de bien aura pour eux un prU de plus , à raison de leur situation. On tâchera de les rapprocher des personnes dont le commerce pourra leur être le plus utile. Nous aimerions à voii^ les jeunes aveuglés vivre dans la compagnie des vieillards. La vie des vieillards aussi est sédentaire, moins occupés, ils peuvent plus aisément s'entre^ tenir avec eux ; instruits par l'expérience , ils rendront ces entretiens plus fructueux. Le vieillard, en guidant Faveugl^, se réjouira de rendre encore un service.
Ce que nous disons du vieillard s'applique aussi à Tinfirme. L'aveugle, à son tour, pourra obliger d'autres infortunés. Voilà pour lui une conipensation d'un grand prix.
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