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SBCOHftB PAMTIB. IsVH» I. GBAP. XII.
dorée. Cependant , il conTient de chercher , avant tout y les professions qui offrent un emploi plus assuré, plus génâral , plus constant, et d'éviter celles où il y aurait déjà une surabondance de sujets. Or , la concurrence des sujets augmente, en raison de la facilité avec laquelle s'acquiert l'aptitude au métier qu'ils exercent. Il convient ensi|{te de consulter les dispositions de l'eniànt lui-même, sa capacité intelleotudle , ses forces physiques, d'avoir même quelque égard pour ses goûts.
y Le choix du maître. — Il ne suffit pas de trouver un maître habile ; il n'est pas moins nécessaire de. rencontrer en lui la bonté', ta patience , l'indulgence , la complaisance ; d'éviter, de livrer l'enfant à un maître avide et dur ; d'obtenir pour lui une affection sincère. L'enfant doit retrouver dans son maître un père adoptif, et aussi un guide qui sache s'en faire respecter. L'enfant doit rencontrer surtout, dans la famille où il est introduit les exemples d'une vie honnête. Il doit y respirer des influences salutaires , y recevoir de s^ges conseils.
3"* Les conditions du contrat. — Ce contrat est synallagmaUque : il est placé sous la protection des lois (i). La durée de Tappreutissage est relative, d'une part à la nature de la profession, à l'étendue, aux difficultés de l'instruction qu'elle exige ; d'une autre^ part, à la nécessité où se trouve Télève d'acquitter envers son maître par son travail, le prix.de l'instruction reçue , lorsqu'il ne peut s'en acquitter, en tout ou en partie, par une rétribution pécuniaire. Le maître s'engage à enseigner complètement son industrie, à loger , nourrir, entretenir l'élève, sans l'employer à des offices étrangers à son instruction; à surveiller sa conduite et ses mœurs; à lui faire remplir ses devoirs ; à le représenter chaque fois qu'il en sera requis ; à le faire soigner en cas de maladie , à moins que les bienfaiteurs ^le se réservent ce genre de protection.
' (1) £ii Franoe, le titre m de la^loi du 22 genninai an xi régit cette matière.
Il est bien d'exiger que le mattre laisse à Télève la facnlté de suivre les écoles d*adultes et celles des dîmancbes, là où il en existe, et de faire, hors des heures du travail , des lectures uti^ les. Il est indispensable d'obtenir du mattre rengagement positif qu'il n'abusera pas* des forces de l'élève, ne lui imposera pas un travail excQgsif, et de régler au besoin , par un article des conventions, le nombre d'heures qui sera le maxi* mum de la durée du travail , afin de prévenir ces abus trop fréqnens que nous avons signalés dans la première partie de cet ouvrage (1). L'élève s'oblige à son tour ; 11 promet obéis'^ sance et fidélité ; il s'interdit la iàculté de quitter son matbre; en cas d'absence non autoriséë^, il doit remplacer le temps perdu. Ordinairement, l'élève apporte son lit et ses vétemens. Il est essentiel d'exiger que l'élève couchera seul. Si un prix de pension est convenu, si la rétribution doit élre an* nuelle , elle devra être décroissante , jusqu'au jour où l'élève est censé s'acquitter par son travail. Il est bien de stipuler qu'à l'époque où l'élève quittera son mattre, il recevra de çelùi-ci un petit pécule déterminé, qui lui servira pour s'établir à son propre compte. (2)
4^ La garantie de l'exécutiotf. — Le contrat doit prévcnr et stipuler les cas de résiliation ; la faculté en sera mutuelle. Il doit prévoir le cas où l'enfant s'échapperait , celui où il serait renvoyé pour inconduite , celui où il serait retiré par ses pa- ' rens. Il doit prévoir l'hypothèse où lé mattre ne remplirait pas exactement ses obligations. .Des indemnités seront donc d'avance stipulées en faveur de celui des contractans dont les intérêts seraientlésés. L'une des plus efficaces garanties sera
(1) Tome 1% livre r% diap, 3, arL 8. ,
(2) Le comité, formé à Paris pour Tapprentiasage dés jennes orphdiiis, a rédigé pour ses protégés un modèle de contrat d^apprâitissage, qui ne laisse rien à denier, et que nous recommandons aux bienfaiteurs des enfims pauvres. On le trouve à la suite du règlement de œ comité, en date de février 1831, et dans le BuUeiin de la société des étaàlissemens eharUabUs^ 1. 1*', n» 4. " ' . - '
5M ' 9BG01IBB tAATIB» UtlS I* CSAT. tll.
da reste dans le droit, réservé an protecteur de Tenfant, de smv veiller habituellement la conduite de l'élève et les procédés du mattre , et dans le devoir que ce protecteur s'imposera d'exercer cette surveillance avec une entière sollicitude» Cette inspection a pour olyet de reconnaître et de constater la conduite et les mœurs de l'élève y la manière dont il rem-^ plit ses devoirs de diSër^s ordres , sou travail , ses progrès^ dans sa profession , l'instruction qu'il acquiert , l'état de m santé I ses besoins i le traitement qu'il éprouve de la part de son mattre, leur attachement réciproque. Les résalttitt de ces inspections , consignés sur des tableaux, réunis et conservés ) serviront à établir d'utiles comparaisons, et de*» viendront des renseignemens qu'on pourra consulter* par la suitOf en difierentes circonstances.
ARTICLE lU.
De Remploi des ehfans dans les travaux de la tûmpagne.
Il est naturel que les enfsms des familles pauvreà, qui babi^ tent dans les campagnes , soient placés chex des- fermiers , des métayers , ou de petits propriétaires , quand leurs parens ne peuvent par eux-mêmes les occuper aux travaux des champs. MaiS) souvent aussi , on à eu l'idée de placer de la même nianière les énfans des familles pauvres qui habitent les villes; c'est ce que nous voyons pratiquer ehaqué jour, en France^ pour les orphelins et les enfans trouvés. Dans une grande partie de l'Allemagne , notamment en Autriche et m Prusse^ des dames chariiable^se ifont réiûiies en assoeiations, pour placer de cette manière, auprès de paysans choisis, les jeunes filles pauvres. La re^ectable duchesse de Saxe^Wéymar» dont le souvenir excite tant de regrets et de reconnaisftanee , avait érigé une société de ôe genre, dont elle-même faisait partie , et qui élevait mille jeunes filles suivant ce mode d'éducation. Les essais qui ont été faits ont donnéjiêulaux membres de la société de s'applaudir d'avoir concouru à cette
TAATAUX DB I<A CAMPAGIfl. M7
œuvre de bien. Les mœurs des jeunes enfans se sont con"seryées pures, et leur santé en général a été florissante.
Ce mode de placement est beaucoup plus simple que le précédent; sur les quatre ordres de conditions auxquels le mode des apprentissages est soumis, il n'en est que deux, le second et le quatrième, qui s'appliquent à ce placement des enfans pauvres à la campagne. Il réclame cependant aussi quelques précautions particulières» Il est à craindri^ que les enfans pauvi:es confiés aux paysans^ soient relégués par cent* ci dans des' occupations trop monotones, qui', loin de leur ^rvir de noviciat pour les travaux champêtres, les iaisseraient languir dans Fisoiement et Tinertie, et qui les einpécheraieat de pouvoir fréquenter les écoles. On voit souvent ces pauvreti petits enfans \;ondamnés à garder tout le jour des porcs , ft errer à la suite des bestiaux, oli à remplir les offices les plu» insigilifians et les plus vils , sans que jamais ils se trouvent admis au commerce dé leurs semblabl.es^, aux opérations va^ riées de. la culture. De la sorte , ils s'abrutiront au lieu de dévelq)per et de fortifier leur intelligence par des applications utiles; la stupidité, l'indolence deviendront leur partagei Laissés à eux-mêmes du matin au soir, il pourront contrao* ter de mauvaises habitudes. Déjà la société continuelle de^ animaux qui est alors leur seul partage, ne tend que trop à leur donner des mœurs grossières; Il ne suffit donc pas d'eni" voyer au hasard dans les villages les enfans des familles paiï» vre9; il est nécessaire de s'assurer qu-'ils recevront la vraie éducation rucale , et qu'ils s'y rendront propres à tous les triH vaux de la campagne.
La surveillance sur les enfans ainsi placés n'est pfts moini indispensable ; mais l'éloignement des lieux la rend plus diffl* cile. Il est dont) à désirer que l'on obtienne, dans le village même, le concours éclairé et bienveillant ^ d'un propriétaire généreux , du curé ou pasieur , de quelques-uns des fonctién-^ Baires municipaux, de l'instituteur ou de l'institutrice, pour que cette inspection soit faite avec le soin qu'elle réclame.
SECONDE PAETIE. LIYBE I; GHAP. XII.
ARTICLE IV
Des écoles d'industrie.
Origine de ces étâblissemens.
Le désir de procurer aux enfans pauvres une éducation in* dttstrielle plus étendue, plus complète, de suppléer le mieux possible à la négligence des familles pauvres , a faft concevoir et créer un second ordre' d'institutions, de véritables écoles où les enfans reçoivent en commun, sous des niaîtres habiles, l'éducation du travail, et dont ils sortent, sinon en état d'exercer sur-le-champ une professionindépenda'hte, du moins dej>ouvoir se, présenter pour le noviciat de professions plus avantageuses , et de n'avoir plus à subir un apprentissage aussi prolongé.
Il' ne faut pas confondre les e'coles d'industrie avec tes établissemens hospitaliers, qui ont fait le sujet de quelquesuns des chapiti^s précédens. Les écoles d'industrie n'enlèvent point les enfans à leurs parens , ne rompent point les liens de famille ; elles ne reçoivent les enfans que pendant le jour , comme les écoles ordinaires ; les enfans n'y, sont pas même nourris. Ces écoles diffèrent en même temps des apprentissages proprement dits. L'enseignement de la lectuce, de l'écriture, du calcul, et des notions, élémentaires les plus utiles s'y allie au travail manuel , alterne avec lui ; les élèves reçoivent ^ussi des directions morales et religieuses. Quelquefois l'école d'industrie est séparée de l'école élémentaire ; mais alors les deux écoles.concertent leurs opérations , de manière à ce que les élèves puissent passer dQ l'une à rau*tre. Toiyours les ^nfans y sont soumis à une discipline régn^ lière, à une surveillance continue et active : l'émulation les anime , diverses espèces de récompense les encouragent.
La première idée de ce genre d'institutions paraît être née
O&IGIIfE DES ECOLES D'iNDUS'Ç&IE. 5U9
en Angleterre ; elle s'y e^t produite à une époque où Tindustrie manufacturière n'avait point encore pris, dans cette lie, Feàsor qui depuis a eu un si prodigieux développement. Les écoles d'industrie y furent, dès l'origine de la législation sur les pauvres , considérées comme un des préservatifs le$ plus utiles contre4a mendicité et l'indigence. Lord Haie, dans un traité, publié vers la moitié du xviie siècle (1), en recherchant les améliorations qui'pourraient être apportées à la célèbre loi de la reine Elisabeth sur les pauvres, proposa d'établir dans chaque paroisse, une maison ^industrie, où les enfans seraient instruits en divers genres de travaux. Les juges de paix devaient choisir un maître, dont les fonctions dureraient au moin;5 trois ans, dont le salaire serait pris sur les revenus de ladite maison ou sur le produit de son travail. Deux inspecteurs devaient surveiller la distribution et l'emploi des matières premières, recevoir par mois ou par quartier les comptes rendus par le maître, soit en matière soit en deniers. Peu de temps après , Firmin (2) faisait rémarquer aussi que (c si <c une paroisse qui abonde en pauvres prenait le parti JPéta" « blir une école étindustrie, pour montrer à travailler aux (c enfans pauvres qui errent dans les paroisses, mènent une a vie misérable et passent leur temps à mendier et à voler, il <c en résulterait bientôt de grands avantages, non-seulement « pour les enfans, mais pour lès parens euxwnémes. » Il ajoute qu'il y a des exemples de ce qu'il propose autour de lui; que d'après, ce qu'il a entendu dire, cela se pratique dans d! autres pays avec tant de pruit, quil y a peu d' enfans de là% ans qui Éoientà charge à la paroisse ou à leurs parens. Il voudrait qu'on occupât les enfans non-seulement à la filay
(1) Ce traité est cité avec des grands éloges par Tliomas Ruggles , dans son Histoire des pauvres (lettre vi'); Texemplaii'e qu'il en possédait ne portait, pas de date; mais il fiiit remarquer que Lord Haie étant mort en 1670, l'ouvrage est nécessairement antérieur à cette époque.
(2) Par deux lettres publiées en. 1678 et 1681.
kSft SBCOHDS IijLILTIKL LIVRE 1. CHAP. XII.
lure du chanvre et de la laine, iqals aussi au tricol^, au âëvi* dage de la $oie, aux ouvrage^ en dentelle ou à Fatguille , et à beaucoup d'autres jde la même espèce.
- Le même projet a été reproduit, peu de temps après, par un philosophe illustre qu'on est peu accoutumé à ranger parmi les promoteurs des établisseméns de charité, mais dont ou "eonnatt les judicieux travaux sur Téconomie politique, par Locke (1). a La multiplicité des pauvres et Taugmentation « de la taxe qu'exige leur entretien (c'est Locke qui parle) 5 «t fixent tellement les regards et excitent tant àe réclamations, « que l'on ne peut douter que ce ne soit un grand fléau pour ce la nation. Ce fardeau s'est appesanti sur le royaume entier «I depuis plusieurs années, et les deux règnes preeédens l'ont f[ supporté comme celui-ci. En examinant les causes de ôe « mal, on reconnattra, nous aimons à le croire, qu'elles B'ont tt prooédé, ni delà rareté des provisions, ni d'un manque d'oc^ a eupation pour les p£(uvres. L'accroissement du nombre des « pauvres ne peut donc provenir que d'un manque de discia pUue et de la corruption de& n&œurs. La vertu et tindus-^ <♦ irh ^ont totij<n4^0 ^^mpâgne» d^ f ardre, et ia pareise ^ aimi que h débauche sent tovjeurs eempagnes de tim^ <s moralité. » «
Ces paroles d'un observateur aussi habile^ d'un philosophe, A*un économiste aussi distingué , sont précieuses à recifeillir 9 elles jettent une vive lumière sur les causes de l'indigence; elles montrent que ce n'est point d'aujourd'hui que le fléau de la misère pèse sur la société^ nous y retrouvons , à un siècle et demi de distance, les mêmes considéraiions qui nous ont frappés nous-mêmes , en é>ludiap( \e» faits dout nous som-^ mes témoins.
Locke, d'ailleurs, avait eu une mission spéciale pour recher-
(1) Dans Vintroduction du présent ouvrage, nous avons eur, déjà roccanon d'indiquer cette intéressante drconatanœ comaae Vun des fiiits les phis curioux I de THistoire des établissemons d*kumauté.
OBionn BBS icoLBfl D'nmvsnn. 6ti
c^er ceux qui existaient de son temps.(cll était placé, eommele a dit Thomas Ruggles, dans une situation convenable pour rett cueillir les documens nécessaires sur unp matière aussi im-tf portante; il y a employé toute retendue de ses facultés, et Vn. « environnée de tout Téolat de ses lumières d. Les clameurs qu'excitaient le nombre des pauvres et la taxe imposée pour venir à leur secours avaient fixé Tattention du parlement. La chambre des communes chargea les commissaires du bureau du commerce de rechercher les causes et les remèdes. Locke, Tun d'entre eux, et secrétaire de ce bureau , fut chargé, en cette qualité , du travail et du rapport qui fût mis sous les yeux des grands Juges du royaume. Il établit comme foit, que a plus de la moitié des pauvres qui recevaient akiirs des auk mdne8 gratuites, cuient en étatde^avalUer x L-^ de.
' priitcipaux moyens qu'il propose, est l'établissement dans chaque paroisse, d'une effila. iie travail. <sc Les enfâins des « pauvrç^, depuis l'âge, de 3 ans jusqu'à 1&, seraient logés , c( nourris, entretenus, et mis à Touvrage dans cette école. 41 Les ouvriers de métier, habitans dans le comté, seraient « tenus de prendre en apprentissage la moitié de ces enfisms tt et de les garder jusqu'à l'âge de 33 ans ; les propriétaires « de fernïe et les fermier^ devraient prendre le reste, en la
, « même qualité et pour le même temps ». Locke calculait que les travaux de ces enfons , jusqu'à l'âge .de 12 ans , couiiriràient, la dépense qu'ils auraient occasionée à l'école. Ce projet fut rédigé en forme de bill , et présenté au parlement en 170$ , mais il ne fut pas adopté. (1)
Le mémoire de Locke était resté dans l'oubli ; cependant plusieurs écrivains estimables avaient , en Angleterre , pen-
' dant le cours du xvii' siècle, insisté sur l'utilité des écoles d'industrie..Dans leur nombre on remarque Richard Lloyd, qui
(1) On trouve cet extrait du rapport de Locke, dans l'ouwage de Sir llorton Eden, intitulé: ^tat des paunres , ete., 8 vols. in44., Londres, 1797 Liv. 1^', chap. m.
552 SSCOHDB PAATIB. LIT&B I. CflAP. Zll.
coordonnait ces établissemens avec les écoles d'instraction intellectuelle, et avec les écoles du dimanche , et qui faisait concourir Tensei^ement du travail avec les influences religieuses. Il se fondait sur cette réflexion, que les pauvres sont peu en état de bien diriger l'éducation de leurs propres enfans; que ces enfans sont bien mieux élevés dans de grands étaUissemenSy sous une commune discipline. ,
Il parait cependant qu*à cette époque une inslitutidn si vivement recommandée n'avait encore été réalisée avec une étendue considérable que dans le comté de Lincolnshire.
On est frappé dé voir que les mêmes vues se sont encore présentées à la pensée d'un grand homme d'état, du' célèbre Pitt (1), qui avait fait aussi une sérieuse étude des moyens de prévenu* l'indigence, parce qu'il y voyait un intérêt du premier rang pour la prospérité sociale, et pour l'ordre public. Le premier article, en effet, du plan qu'il présenta au parlement, en 1796, ^m\e litre de Bill pour améliora' tassiêtançe et Fenr iretien des pauvres, avait pour objet Rétablissement itune école de travail, dans chaque paroisse ou dans chaque district incorporé dans t intention d'instruire les enfans au travail. La lil^rté eût été laissée aux paroisses d'entretenir leurs pauvres dans les écoles de travail, de les y loger ou de ne les y tenir que pendant les heures de travail, et alorsde les y nourrir, ou de leur donner de l'ouvrage dans leurs maisons; de profiter d'une partie du gain obtenu, pour diminuer d'autant la somme des secours, sauf à donner des récompenses.à ceux qui auraient été ainsi employés. Les administrateurs des secours publics^ dans les paroisses, eussent été chargées d'instituer ces écoles et de les diriger; ils les auraient approvisionnées de matières premières et d'ustensiles. Tout pauvre en^ état de travailler, et refusant de venir à ces écoles, eût perdu les droits aux secours publics. Les parens, chargés d'enfans en
(1) Sif Morton Eden a donné aasâ Tanalyse du bill de Piu. Thomas Ruggles afvait coopéré à sa rédaction.
OEIGCnS DES ÉCOLES D'ilfBUSTBIE* , 55S
bas*âge| et comme tels admis aux secours publics, aurait été tenus d'envoyer leurs enfans à l'école de travail, dèsTâgede 5 ans, pour y être instruits et entretenus. Diaprés le règlement, les pères et mères, qui auraient voulu garder leurs enfans chez eux, auraient été astreints à'ies élever et à les eikiployer suivant la prescription des administrateurs; à cette condition ils auraient été assistés jus<|u'à ce que ces enfans fussent en état de gagner leur vie. Upe partie du gain des enfans eût été réservée pour l'école ; des récompenses eussent été décernées aux élèves; les enfans pauvres eussent été, d'ailleurs, placés par le^ administrateurs comme domestiques , ou mis en apprentissage aux frais, des paroisses.
/ Tel était le plan de Pitt. Diverses objections avaient été dès l'origine opposées à ce système ; on craignait surtout que les écoles d'industrie, formées comme établissemens publics, ne. fassent naître une concurrence nuisible aux entreprises privées ; qu'elles n'occasionassent un encombrement de produits. SirMorton Eden^ en particulier, critiqua les vues de Pitt. Il appréhendait qu'en abandonnant l'éducation industrielle des enfans pauvres à la-volonté des ofiScier§dé paroisse, l'arbitraire, l'incapacité ne vinssent présider à l'éducation de ces enfans: que leur véritable intérêt fût méconnu ; que l'autorité paternelle ne fût pas consultée ; que 1 administration publique ne se chargeât d'un€f entreprise trop compliquée et trop difficile; que les dépenses du seryicedes secours publics, déjà si énormes, n'en fussent encore accrues, La proposition de Pitt n'eut pas plus de sujcpès que celfesqui, avant lui, avaient déjà occupé le^p^rlepent. Sir Peregrme Courtenay a reconnu que le plan de Pitt, dans son ensemble^ n'était pas pratiquable. Il a fait , relativement à l'appel des enfans , dans des écoles de travail, une dîstincti/>n judicieuse, suivant que la vie de fa- , mille est favorable ou défavorable aux enfans, d'après la conduite des parens et les dispositions des enfans' eux-mêmes/ « Quelquefois, dit-il, on rendrait un mauvais service aux enfans en rompant leurs liens de famille ; d'autres fois, au con-
6A4 SBfiQWB BAB.TI&. SJVU 1. CITA». XIl.
traire, en les recaeillant d^v^ un établUsemenl public, on le» soustrairait à un danger .d Mais, dans tous les cas, iljae voudrait pas qu'on a^stàt, à raison du nombre de leurs enfaus en bas Ikge, 1^ parens qui refuseraient d'envoyer ces enfans k Vùk 'eole où les ofiiciors de paroisses offlriraieni de les rece*» voir. (1) . '
La pensée que Look^ avait conçue comme ^eyaAt servir de base à un bon système de préservatif» ûontre l'indigenoan'en ft«pas moins continué à trouver, en Angleterre ,, de nombreux apol(^istès)deno&jotirs, encereM. William Davis a montré combien les écoles d'industrie seraient utiles aux eni^ de. la classe pauvre, alors même qu'elles ne aéraient aucttne<* nent productives ^ il a réfuté les objeetions tirée^i de la e^aint^ d'opposer aux mantifaotures établies une rivalité fà^ çheuse ; il a indiqué en tlétail le genre de. travaux auxquels, dans ces éooles , jes enfans pourraient être utilement ,em* ployés (2). Si la législation anglais^ n'a pas prescrit l'établis^ sèment de ce gëiâ*e d'écoles, elle a du moins laiesé aux admil^istrations locales la faculté d'en ériger;^ ui^ grand nombre de paroisses en on{ vu former dans leur sain, aoit par leurs administrateurç, soit par des associations charitables et libres ; el ces écolea^oni prospéré.
es ééohf amawtrtie ont pris naissance, en Allemagne « à cette époque remarquable ou, dans tous les étsrts de cette belle région , l'esprit puUic se portait avec tant d'ardeur aux améliorations pbilantropiques, et en particulier au parfectiannement de l'éducation populaire. * • • • •
La Bohême donna le premier signal et le pj^mjeç. exemple de la création dea écolea dHndustrie, dans cette porjtion de l'Europe. Le prévôt de Schulstein , que -ce royaume honore comme le restaurateur de ses édoles populaires, &t entrer
(1) Theaiise upon the foer JUiws }hy Th. Peregriïie Couftcnay,' Ewj, Londi»!^ 1818 ; aeeU v, p. SI » 00.
o&ioim BBS ieoLss B^iiranuni* Ml
les écoles industrielles dans son plan de régénëratioB , les lia aux écoles intellectuelles, et consacra dix aphëea dd sa vie à Texécution de sa bi^faisante entreprise^ Dans un écrit publié à Prague, en 1779 (1), il traça le tableau de ces établîsr semens,en raconta Torigineet la propagation dans la Bohême» rendît compte des motifs qui ravalent dirigé et des résultats qu'il avait obtenus. Le chanoine Lenhard, directeur de l'é-* cole normale de' Prague , y organisé une classe dindustria et exposa le plan de son organisation intérieure (i). Plus de tOft écoles se formèrent, en peu de temps, sur ce inodàle.
Vers le même temps dans le nord de IXur^pe , le pasteur Wagemann réunit aussi le double mérite, de propeser Pamé^ lioratlon , et de la justifier par ses propres essais. SêO enfans pauvres. étaient alors entretenus à' Fécole de Gcpttingue , par
l'administration des secours publics de cette ville : sur ee
nombre, 60 seulement étaient occupés utilement ehes leurs parens, dans rintervalle dès classes $ Técole d'industrie Ait érigée pour donner de Toceupation aux autres. (S) . L^administration de Félectorat de Hanovre, après avoir constaté le succè», recommanda et encouragea la propaga** tion de ces établissemens ; et contribua à leur^ dépenses sur lesXonds publics. (4)
Les écoles d^ndus^iese répandirent d'abord aux enviriMQS de Gœttingue, et réussirent dans les villages, comme dans la capitale.
Le pasteur Martin et le conseiller provincial de Grebens-* tein introduisirent à leur tour cette aiy>élioratiin dans la Hesse électorale : le premier à Wilhemshausen , le second aux environs de Gassel. La société des arts et d'agriculture de ;
(1) Voyez son écrit allemaud, intitulé ; Descnption de l'ongiim et de la propagation des écoles ttincbutrle en Bohême,
(2) Magasin de Gœttingue, 1780, t. i^,, p. 280 et 301. (8) lèid. p. ISI^ "
(4) Grculaire du Consistoire royal de 1 790.
556 sicoims pamib. uvu i. chap. xn.
cette dernière yilte distribua des prix- aux élèves les plus laborieux. (1) '
Alors régnait à Wurtzbourg UQ prince évéqne que l'AUemagne était accoutumée à renccHitrer toujours le premier dans la carrière des traVaux utiles à llinmanité, qui y employait à-la-fois et Tinfluence du ministère évangélique et les ressources de la puissance temporelle. Dès 1789 , on le voit recommander, par Torgané de la commission administraUve des écoles, la création des écoles Unduslriey et donner les directions convenables pour atteindre le but (2). Magdebourg, à la même époque , voit s'ouvrir, par les soins de son collège des pauvres, un école d'industrie pour 200 enfàns. Berlin et la Prusse s'empressent d'adopter l'institution (5); en Saxe, Gotha suit cet exemple. A Hambourg , le gouvernement , la société de secours qui venait de se former dans cette ville , et le zèle individuel de ses citoyens , concourent à ériger les nouvelles écoles qui obtiennent bientôt One juste célébrité. On avait admis à Hambourg, comme une règle fondamentale , que ce les secours ne seraient accordés à aucune famille, pour un c enfant au dessus de 6 ans^ que les enfons de cet âge seraient « envoyés à l'école d'industrie où ils recevraient et le prix a de leur ouvrage , et une rémunération de 16 à 20 sous par « semaine, en raison de leur assiduité, de leur conduite, de « feur application , et indépendamment des récompenses exce traordinaires. » Trois espèces distinctes d'écoles furent ainsi établies, suivant l'âge, le sexe et le genre d'occupations. Dès 1790 , 397 jeunes garçons , et 236 jeunes filles suivaient l'école de filature. (&)
;1) Magasin de Gœttingue, t. i, p. 404.
(2) Instruction du 26 mai 1789.
(3) On compte actuellement environ 600 enfiuis dans les écoles d*indastrie de cette capitale.
(4) Voyez le Tableau historique de l'institut pour les pauvres de Hamhwrg, Paris et Genève, 1800, p. 35,
VkrKLOVPËHBNXT BIS ÉGOLBS B^ViOSTaiB. 557
Dans le royaume de Wurtemberg , les éeeleê dinéiùirie ftarent inm>duites, en 1795, par le pasteur Kohler, à Bir* kach, dans le cercle deStuttgardt. En même temps, on ouvrait à Marbach un établissement public , où le^ travail était offert aux enfans pauvres en même temps qu'aux adultes. En 1808 et 1810 , les ordonnances du gouvernement pour le régipne des écoles publiques , prescrivirent d'associer une école de travail à l'école d'instruction ^léo^ntaire i. bi^atôt on commença, sur divers points, à réaliser cette combinaison.
Développement ipi'ont pris les écoles d*iiidiistrie depuis le oonunenoeneiit
de cesiède.
Nulle part en Europe, le système des écoles d'industrie n^a pris'un développement aussi rapide, ni aussi étendu que dans le Wurtemberg, où nous venons de le voir introduire.
Sous le règne du roi actuel, et depuis 1816, leslécoles d'industrie ont acquis , dans ce royaume , un développement si rapide et si étendu , qu'au l""' mai 1830 , on en comptait , dans 80 villes de ce royaume , et dans B78 bourgs ou vUlages (1); en 1832 , le nombre en était potté à ft68, doigit 173 protestantes et 295 catholiques. Le nombre des enfans ({ui les fréquentaient à cette époque s'élevait savoir :
Painres.
Non pauvres.
Isolai.
Garons. • •
FiUes.....
Totaux. 11,263 9,403 iK0,666
On remarquera que le nombre des garçons, dans ces établis-
(1) Voyez l'ouvrage de M. SebmidUn, intitalé: Cm^-d'c^ général sur Vadm mnutmtwn des pauvres dan^U Wurtemberg, OzlfAat'AzO,
S<8 noMM Éuumii iiTBi i« isba», xn.
lemenS) tolvie teldenieiit te i/Oh deâ ëlètes, et que Iqi fiUeâ en formetit lea 9 autres. La société de bieiifaisaooe du rojMm/t de Wartemberg) fidèle à son principe fondainental^ etiui qui considère cotumè le meilleur système de bienfaisance les moyens de prévenir l'indigence par le développement da travail, a puissammept secondé cette création^ par tous les moyens tf eneonragement et de persuasion qui scmt èù Bob pouvoir. .^
Les écoles de travail ne se Sont pas moins multipliées daas le grande-duché de Baden , par le concours des mêmes encouragemens. On aime à entendre attester, par ceux qui surveillent ces établissemens, que les énfans s'y rendent avec joie, y accourent quelquefois dès Tfaube du jour , y travaillent avec ardear^ en sortent aveo une habileté remarquable pour l'ei^ercice de divers métiers; que leurs mœurs i^en améliorent ; qu'ils y contractent un plus grand respect pour Tordre et la régularité t qu'ils réussissent mieux dans leurs études. (1)
£n Allemagne^ les écrivains philantropes se sont empressés à Tenvi. de recommander cette amélioration dans Téducatioû populaire. A leur tête réparait encore le pasteur Wagemannj,^ il réclame, en faveur de renseignement et de ^industrie, une alliance étt*oite avec les autres branches d'instruction (â). Dans son intéressant recueil périodique sur les établissemens d'humanité (3) , il rassemble et compare les faits rehâtifs aux écoles d'industrie peur les {pauvres ,* et s'efforce de propager leur adoption. Campe ^ à qui son amour pout* l'enfance a valu une gloire si pure, Campe s^assQcie à, ces généreux efforts ; un ooncours de gens de bien y applaudit et
(1) yofH l^ôù^ragejedlenàaild de M. Schmidlia^ intitulé : Sut ùs établisse^ mens pubUùi d'Industrie pour les en/ans, StuUgardt» 1821» i 90, etc.
(2) Ueèer die Bildimg des Folks zwp Industrie (sur la manière de former le pettpk à riadttfliriti). OoBttinguei 1791^
(3) Gcsttingisches Magazin Jur Industrie und Armenpflege (jMagasm de Oœttiligue^^r rindostriA et i'ainataiiMdes pauvreA), 1780^ i*^ Tal.« l**" cahier, p. ly aSy 44^ ^<t.«
l'enoonnige s Sextro (1) ^ Sachmâna (ï) ^ Knunts (à) « Rie* iiiaiiii(ft)) Bener(5), Gotomuth (6); Wangerow (7) i Blach (S) , tracent des plans pour ces écoles , en écrivent l'histoire^ en préconisent les avantages. De nos jours ^ le digne secré^ taire de la société de bien&isânoe du royaume de Wurtemberg) auquel il appartenait, par des titres tout pariiculiers , de traiter un semblable sujet ^ résumant les ^flexions de ses prédéoesseuïS) les résultats des faits observés» a, dans un écrit qui mérité de devenir élémentaire (9) , considéré les écoles d'industrie sous tous les aspects» dans tons leurs élémens $ et 41 présenté spécialement le tableau de celles qui existent dans le royaume de Wurtemberg.
la Suisse s'est empressée de participer à ce genre d'insti*^ tùtiùns. On voit à Bàle » dans la maison appelée le ÂUngen*ih^l^ 70 enfiBins des deux sexes occupés â divers travaux ma* nuels» dans l'intervalle des leçons de l'écQlei à Ye^ey» lil^ enfans sont réunis dans une école d'instruction et de travail, oi ces deux exei^cices sont heureusement associés. A Lausanne >^ à Berne » à Nyon, de jeunes filles sont rassemblées pour se former en commun aux travaux de leur sexe<
Un grand nombre d'écoles d'industrie ont été ouvertes, en Angleterre, parle zèle des associations de bienfaisance. J)ans la seule ville de Londresi on en compte six au moins con-r
(1) SiO^ là mmktèir^ dé former U jtwkeèsé à findiatrU» GiBttiagtte^ 1906 (eu aHemand)»
(2) Des écoUe d'industrie^ eensiaUrées eifmme un besoin essentiel des éeoUs bourgeoises, Brunswick, 1802 (en allemand).
(3) Voyez son Encyclopédie, t. i% arL Écolb.
(4) Recueil mensuel de Berlin. Octobre 1Ô02.
(6) Gesamtntte NachHchteii "ûon Indûittiè^-Schulétt (àécitfl sUf leâ MitA d'ia^ doBtiié). IùUBb<Minè| I7as.
(s) Yoyez sa Bibliothèque sur les ouvragés d'eJuetUion*
(7) Sur l'éducation de la Jeunesse pour l'industrie. Hirschberg^ 1800. .
(8) Principes pour former la jeunesse à l'industrie (en allenrand),
(O) Yoye2 l'ouvrage ci-dessus cité : Sur les étàblissemeAi publias d'industrh voUr tei enfûniy etc.
5S0 SBCOHDB FABTR. LI7BV I. CHAF. XII.
tenant plus 4e 600 élèves des deux sexes, en nombre à-peu-* près égal^ La société des amis a joint à ses deux hospices de vieillards, dés établissemens de travail pour les enfans ; on y enseigoç en même temps aux élèves , la religion7 la lecture , l'écriture et Tarithmétique commerciale.
Si le climat, si les mœurs de lltalie, favorisent peu Tamour du travail chez les habitans d'une contrée où la nature s'est montrée si prodigue envers l'homme; si une disposition générale au repos, et le goût du farniente^ contribuent plus encore dans ce pays que dans les autres contrée^ de l'Europe, à multiplier la misère née de la fainéantise, cette justice doit étrejrendue cependant aux gouvememens italiens qu'ils s'appliquent avec soin à encourager l'éducation du travatl,n:iaès l'enfance, au sein des classe^ malaisées de la société. Déjà nous avons vu que l'apprentissage ^3ei1mêtiers, que les ateliers de divers genres , sont partout un élément essentiel de^ institutions formées pour les orphelins, pour les enfans trouvés > de tout genre; que les conservatoires de filles sont de véritables ouvroirs, et quelquefois même une sorte de. manufacti^es. L'hospice apostolique de Saint-Michel à Rome, p^r exemple, renferme une école d'industrie fort étendue et fort bien organisée, pour les enfans des deux sexes. Des écoles d'industrie proprement dites ont été ouvertes iiussi sur plusieuf*i| points. Le chanoine Manfredi, en- 1818, en a établi une que Léon XII a cherché à encourager, et que monsignor Morichini propose d'étendre à l'éducation agricole. Léon XII , en 182ft, en institua une autre, sur de plus grandes bases, dans l'hospice de Sainte-Marie-des^Anges : les jeunes garçons sont placés sous la direction des frères de la doctrine chrétienne; ils reçoivent d'abord l'instruction élémentaire; ils sont ensuite répartis dans des ateliers d'^prentissage pour les professions de cordonnier, de tailleur, d'imprimeur, de teinturier, de serrurier, de chapelier, de menuisiecy d'ébéniste. Là se confectionnent la chaussure et l'habillement , pour l'arméeu Les filles travaillent le chaAvre, le lin, le coton, qui
DiVSLOPPISWpDrT DE$ ÉCOLES B 'INDUSTRIE. 561
sont teints ensuite dans râtelier des garçons; elles empaillent les chaises dont les garçons ont façonné et tourné le bois. Tous les travaux sont donnés à l'entreprise, à Fexception de rimprimerie. Un tiers du produit du travail reste à l'établissement; un tiers est abandoftné à l'élève; un tiers est mis en commun, et forme une masse qui est répartie plus tard. (1) Le royal Alhergo de Poveri de Naples, fait, coinme l'hos- ^ pice apostolique de Rome, roffice4'une.école d'industrie pour les enfans pauvres des deux sexes; à Florence, l'établîssenient connu sous le nom de Ctiêa pia de Saint-Philippe de Neri, remplit la même destination pour les garçons, et la Casa pia de Fuligno, pour les filles. Une école d'industrie proprement dite, sous le titre de Scuola degV arti et mestieri^ a été fondée à Brescia, par le chanoine Pavoni ; plus de cinquante jeunes garçons y sont élevés pour former.de bons ouvriers. Dans les villes d'Italie, une foule d'institutions charitables ont pour destination, le plus souvent exclusive, de procurer aux enfans pauvres l'éducation industrielle , telles sont : à Turin, V Alberto di f^irtù^ et la Petite maison de la divine providence^ sous les auspices de Saint- Vincent-de-PauIe; à Carmagnole, rO/)^rajpm Ctf2?a/fo* (2); à Chieri, l'O^p/^/o di Carità; à Rivolif ïOspizio Capello; à Pignerolks, YOspizio regio di Carità/ à Valence, YOpera pia Pelissari; à Casai, les Ecoles normales; à Aosie, VOspizio di Carità; à Brà, V Alhergo di fanciulli, etè. On doit signaler spécialement l'institut récemment forqié par la comtesse Bellini, à Novare, ville si riche en établissemens de charité (3). La fondatrice a consacré près de 800,000 livres piémontaises , tant pour la construction des édifices que pour assurer à l'établissement
(1) Degl* istUuti di pubîica carità in Roma, par monsignor Morichini ^ 2^ partie, chap. 6*
(2) La plupart de ces établissemens portent^ par reconnaissance, lë nom de leurs fondateurs.
(3) M. le comte Petitti de Roreto/ auquel nous empruntons ces indications, énumèro ^4 établissemens de charité k Novare.