OUVROIRS POUR LES JEÛÏTES FILLES
efforts, à goûter lé charme d'un bénéfice légitimement acquis, à sentir sa responsabilité engagée à bien faire.
Le chef du petit atelier peut être un directeur, ou une directrice, suivant le sexe des enfans; cependant, une directrice conviendra souvent mieux, pour 'les garçons euxmêmes.
Lorsqu'on ne peut se procurer un local pour réunir les enfans, lorsqu'on ne peut faire les frais du traitement des chefs et surveillans, lorsqu'on veut éviter tous les embarras d'une entreprise et d'une comptabilité, on se contente de distribuer les enfans chez dès particuliers qui consentent à en occuper un certain nombre à des conditions déterminées^ C'est- une combinaison qui a été adoptée dans un grand nombre- de communes, et qui a offert des moyens d'exécution très faciles.
ARTICLE V
Des ouvroirs pour les jeunes filles.
Les écoles fRindtistne appliquées aux jeunes filles rencontrent beaucoup moins de difficultés dans l'exécution. Les femmes sont généralement destinées à des professions à-peu-près semblables; elles sont toutes appelées à des travaux domestiques. Cette analogie, dans leur destination, rend plus faciles les combinaisons qui ont pour but de les préparer à la remplir. Déplus, elles peuvent comihencer, dès l'enfance, les occupations auxquelles elles s'emploieront un jour; leurs ouvrages, dès ces premiers essais, sont donc déjà un commencement de ceux qu'elles exécuteront en remplissant leur vocation; c'est un véritable noviciat qui débute à six ou sept ans. Âussi^ ce genre d'ateliers s'est-il introduit avec succès et sans effort, dans les contrées où l'on n'a pu réussir à en former pour les garçons. Dans la plupart des écoles de filles^ et spécialement dans celles qui sont organisées d'après
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le mode de l'enseignement muHiel, les travaux de Taiguille se combinent avec les études élémentaires, et participent aux avantages des procédés de perfectionnement dont celles-ci ont été Tobjet.
La plupart des congrégations religieuses et charitables, composées de sœurs qui se dévouent à l'éducation des filles pauvres, ont annexé à leurs écoles desouvroirs, où ces jeunes enfans sont reçues, pendant l'intervalle des leçons, jusqu'à l'âge de douze ou treize ans. L'exemple en a été donné, dès le xvii** siècle, par les sœurs de charité qu'institua Saint-Vincent-de-Paule , et par les sœurs de Saint-Charles , instituées dans les diocèses de Belley et de Lyon, par le vénérable abbé Demla. Les ouvroirs formés près les écoles de charité se trouvent placés, par là, sous la surveillance et la protection des administrations de secours publics , et en. reçoivent les subventions nécessaires. £n 1835, on comptait, à Paris, environ UO ouvroirs annexés aux écoles dirigées par les sœurs de la charité, ou par celles de Sainte-Marthe. La plupart des villes de province et même un grand nombre de bourgs possèdent des ouvroirs sous le même régime et la même forùie.
L'atelier de travail est ordinairement établi dans le même édifice que l'école, afin que les petites travailleuses ne perdent >point de temps, en passant de l'un à l'autre : chaque ouvroir reçoit dfe kO à 50 jeunes filles ; l'une des sœurs est prépQsée pour diriger et surveiller ; des maîtresses séculières lui sont adjointes, et, sous ses yeux, instruisent les enfans dans tous les travaux de l'aiguille. Le produit du travail est, en général, employé à leur fournir du linge, des vétemens; cependant on en réserve une partie pour être employée en prix etencouragemens. On évalue à 500 francs, par an, la dépense moyenne de chaque ouvroir. Les jeunes élèves n'en sortent pas sans doute en état de se placer immédiatement comme ouvrières; mais elles entrent en apprentissage à des conditions beaucoup plus favorables, et la durée de l'apprentissage qui leur r^te à faire est beaucoup moins longue.
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Le travail est fourni à Fouvroir , en partie par les ouvrages qu'y fait faire Tadministration des'^secours publics , comme pour confectit)nner le linge et les vêtemens des pauvres , en partie par des coïhmandes que les sœurs se procurent au dehors. Les élèves travaillent aussi pour ellesmêmes.
Les petites ouvrières chantent quelquefois en chœur, des hymnes, pendant leur travail. Elles ^'excitent réciproquement • par rémulaiion. Elles restent placées sous l'influence de leurs vinstitutrices. Lésparens que leurs propres occupations appellent/pendant toutes les Journées, hors de chez eux, se trouvent ainsi soulagés de J'embarras de prendre soin de ces jeunes filles.
Lorsque la mère, du moins, reste au logis, et s'y occupe des ouvrages de son sexe, elle peut alors associer sa -fille à son travail , partager avec elle lès soins du ménage. La vie domestiqiie ofiFre pour employer ainsi les jeunes filles des ressources qu'elle ne présente point pour les garçons. Aussi on ne voit guère plus dii quart des élèves qui suivent Técôle des filles, se présenter à l'ouvroir qui y est joint. Sous tous les rapports, l'éducation industrielle des filles est donc beaucoup plus facile, par cela même que sa sphère est beaucoup plus restreinte. '
ARTICLE VI
Des écoles rurales.
Les écoles rurales peuvent être envisagées ou comme une branche des écoles d'industrie appliquées à Findustrle agricole , ou comme de» écoles spéciales ou normales qui embrassent le noviciat entier des travaux champêtres.
Sous le premier de ces deux rapports, les écoles rurales soÉt organisées, dans les villages,, d'après le même principe et à-peu-près sur le mâtne plan que les ateliers annexés aux
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écoles élémentaires des villes et que nous venons de décrire. La seule -différence alors c'est que les travaux agricoles , s'accomplissant au dehors^ n'exigent pas que les enfans soient rassemblés dans des salles et livrés à des occupations sédentaires; d'ailleurs, ils continuent de loger et d'être nourris dans leurs familles. Tantôt, ils sont employés au jardinage ; ils sèment, plaQtent, arrosent, arrachent les mauvaises herbes, étendent les engrais, récoltent et transportent les fruits et les légumes; ils s'exercent même à la culture des arbres, apr prennent à greffer. Tantôt, ils sont employés, dans les champs, à des travaux qui n'exigent point une vigueur au-dessus de leurs forces, comme à ramasser les pierres, a sarcler, à écheniller, à détruire les insectes nuisibles, à ramasser les feuilles, à détacher et nettoyer les graines et semences. La culture du houblon, la récolte du mûrier, les soins qu'exige la vigne fournissent aussi des occupations diverses.
Lorsque le temps ne permet pas de sortir, ou lorsque la saison n'appelle à aucun ouvrage utile au-dehors, divers petits travaux domi^stiques sont offerts aux enfans dans l'intérieur; ils épluchent, rangent, nettoyent les produits des diverses récoltes ; on les emploie à laver, même à faire la cuisine.
L'exploitation des biens appartenant aux communes ou aux élablîssemens de bienfaisance, celle du jardin de l'école, lorsqu'on a pu lui procurer cette dotation, offrent le moyen d'occuper' les enfans en commun; à défaut, on peut du louer un jardin, ou s'entendre avec des propriétaires ou des fermiers, pour qu'ils consentent à accepter ces jeunes auxiliaires. Quelquefois même on a réussi, par ce moyen, à favoriser quelques améliorations dans les procédés d'exploitation rurale; l'introduction de quelques cultures nouvelles, la destruction de quelques routines pernicieuses ont été obtenues, en faisant exécuter par les enfans ce qu'on n'avait pu persuader aux parens d'essayer.
De semblables annexes se placent si naturellement à côté des écoles de village que^ dans quelques contrées^ elles «e