‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 106 sur 132 · DE" TRAVAIL, EN ALLEMAUBX · texte numérisé non relu

DE" TRAVAIL, EN ALLEMAUBX

les communes respectives, ont naturellement conduit à instituer des maisons de travail, soit pour soulager plus efficacement l'indigence, soit pour alléger le fardeau des dépenses qui pèsent sur les caisses publiques. Mais on a vu aussi, dans ces établissemens, une institution utile à l'ordre public et à la moralité des pauvres. Aussi se sont-ils multipliés, non-seulement dans les villes, mais dans les campagnes. On fait 'quelquefois confectionner dans ces ateliers, et par régie, des produits que l'administration emploie dans divers services publics. D'autres fois on contracte avec des entrepreneurs qui se chargent de toute l'opération industrielle à leur propre compte.

Dans quelques-uns, le travail libre est réuni au. travail forcé, mais en formant deux- classes distinctes pour les indigens occupés à l'un ou à l'autre.

Tel est généralement le système des établissemens érigés en Prusse. * J .

La maison de travail de Berlin fut érigée en 1742, par Fré- . déric II; elle était essentiellement destinée à former un dépôt de mendicité; mais, en, l798«.e]le reçut nn nouveau caractère et une nouvelle extension. Aujourd'hui elle renferme environ 5 ou 600 personnes réparties en quatre classes : .- La première comprend les infirmes et estropiés envoyés par la police, et que leurs habitudes vicieuses ne permettent pas de recevoir à l'hôpital; ' . ft

La deuxième, les familles sans asiles elles tnerîdians envoyés aussi par la police; m

La troisième, les indigens valides qni viennent y chercher librement de l'occupation;

La quatrième, les personnes condamnées pour, vol ou au très délits, a une détention de peu de durée, et qui sont incapables de travail.

La troisième classe est la moins nombreuse;

La seconde et la troisième ensemble forment la moitié de la population de l'établissement.

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SIS T10IIIÉH* PARTIE. LIVRJ! I. CHAP. II.

Le bat principal qu'on s'y propose est l'amélioration des indigens, par l'instruction et le travail) le secours n'est qn'un but secondaire. Aussi la maison renferme-t-elle une école. Les exercices religieux, les soins d'un pasteur concourent avec les règles de la discipline intérieure, pour exercer sur les mœurs une influence salutaire.

Les travaux sont fort variés : indépendamment de divers genres de fabrication, on a établi dans la maison une boulangerie qui confectionne le pain pour l'institut des pauvres.

Là dépepse totale de' cet établissement s'élève annuellement à environ So,000 thalers; et dans les revenus qui serrent à l'acquitter, le produit du travail figure pour 1/5* environ. L'entretien de chaque personne revient, terme moyen, à 47 thalers par an, ou à k gros environ par jour. (1)

Des établissemens ont été formés sur ce modèle,' dans les diverses provinces de la monarchie prussienne; il en existe aussi dans la Prusse rhénane. Celui de Trêves a continué, mais en le modifiant, le dépôt de mendicité qui avait été érigé par le gouvernement impérial , dans le département de la Sarre. Sa destination aujourd'hui, est .complexe. La maison de travail de Trêves renferme trois divisions, dans son organisation présente. La première est destinée aux indigens valides sans emploi, qui y sont admis sur leur demande; la seconde, aux mendians de profession et aux mendians dangereux pour la sûreté publique; la troisième aux vagabonds, aux individus mis a la disposition du gouvernement ou sous la surveillance de la pplife, après avoir subi leur peine, et qui auraient rompu leur ban.

Les indigens valides qui forment la première classe, peuvent se retirer à leur volonté; le produit de leur travail couvre les frais de leur entretien.

Dans le royaume de Wurtemberg, où le travail est considéré comme le secours le plus essentiel au pauvre, cette com-

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binaison a été essayée, sons diverses formes, et en diverses localités. A Stuttgardl, près de 100 indigens des deux sexes, sont occupés à filer dans Vimtùut Catherine. Dans un grand nombre de villes et de villages, des travaux avaient été offerts aux indigens, auprès des hôpitaux, des hospices, des écoles, on nne salle leur était réservée à cet effet. On y faisait surtout filer et tisser; on y fabriquait les objets destinés aux établiasemens publics, ou aux fournitures militaires; on passait des traités avec des marchands; on encourageait ces essais par des exemptions de droits. Cependant, les embarras et les difficultés qu'on a rencontrés dans l'application de ce régime, ont conduit à la restreindre; en 1824, le nombre des ateliers de es genre où les indigens sont volontairement occupés, a été réduit a 6. L'expérience a fait reconnaître que le plus souvent la dépense en était excessive. Ou a eraint aussi de faire naître une concurrence fâcheuse pour l'industrie privée. (O

La société générale de bienfaisance du royaume dé Wurtemberg, dirige le travail des indigens dans les ateliers communs, vers les nouveaux gepresde fabrication, ou les perfectlonnemens qu'il est désirable d'introduire ou de généraliser dans le pays. Elle leur donne ainsi en quelque sorte le caractère d'ateliers modèles. Elle a fait établir de cette manière la double filature, la fabrication des dentelles à point, des perles, de la mousseline, les travaux en paille, eu bois, etc. (2)

La grand-duché de Bade possède des maisons de travail, non-seulement dans les villes, mais au sein des campagnes. Les indigens y sont occupés en partie aux ouvrages intérieurs

(1) L'estimable auteur de la Charité Ugâlc (Geuèie 1836) a été induit en erreur par des informations inexactes , lorsqu'il a cru que toutes tes iaetituthiu/ondéa , dans le Wurtemberg, pour fournir de fouvragt aux adultes, ont luccessitenunt péri, et que toute* les tetuatira /allai, àcttigord, depiùt 1817, ont éekoué{yay. tome 1", page 266). — L'auteur du présent écrit en a.visité plusieurs en 1832.

(3) Voy, les rapports publiés annuellement par celte société , et les instructions détaillées annexées à celui de 1826-28.

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