‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 107 sur 132 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE I. OIAP. II · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE I. OIAP. II

utiles à rétablissement lui-même, en partie à fabriquer des objets qui sont ensuite versés dans le commerce. On leur distribue en salaires, l'excédant restant libre après le remboursemenfdes frais. On ne se plaint que d'une seule chose; c'est

» de ce que ces établissemens sont trop peu nombreux pour occuper tous les indigens : malsc'est à tort qu'on lenr en ferait un reproche. ,

L'institution fondée à Manbeîm, il y a 30 ans , réunit à-la-fois plusieurs modes de faire travailler les pauvres : aux uns, elle donne de l'ouvrage à domicile; elle occupe les autres dans des salles. Ces derniers se partagent en deux: classes: la première classe comprend les indigens qui ne sont pas encore assez habiles pour travailler utilement, et qu'on forme par une sorte d'apprentissage; la seconde, qui est exceptionnelle , se compose d'indigens adultes déjà formés au travail , mais qui n'ont pn trouver de l'emploi. Cette maison occupe environ 300 indigens; la dépense à la charge de l'institution n'est guère que de 06 centimes de France, par tête et par jour; '

La maison de travail d'Anspach emploie de 5 à 600 pauvres, les uns dans l'établissement même, les autres dans leurs propres habitations. •

La maison de travail de Francfort- snr-le-Mein a aussi us double but; une partie des indigens qui y, sont admis,' y reçoit l'hospitalité et la subsistance ; les autres sont seulement admis à y travailler pendant le jour ; parmi ces derniers, le plus grand nombre prend, à midi, un repas corn- ■ posé d'une soupe dont la valeur fait partie du salaire (1). Le travail commence, en été, à sept heures (lu matin; en hiver, à. huit, et dure jusqu'à sept heures du soir;

. une heure de repos est accordée dans l'intervalle. Une partie des produits est destinée à l'usage de la maison elle-même :

(1) 55 mille rations de saupi; y sont ainsi distribuées chaque année (tôt. le 18* nompte rendu, pour l'innée 183$).

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MAISONS DK TBAVAII,, TSH ALtEMAGKR. 5S1

ce sont des bas, du linge, des camisoles, des nattes de paille. Une autre partie est fournie à des entrepreneurs' : ce sont des ouvrages de tricot, de couture, de filature, de tissage et épluchage, de raccommodage, etc. ; on n'éprouve jamais de perte snr la fabrication-. Mais l'établissement entraîne une dépense d'environ 1947 florins, par année. Des soins particuliers sont donnés à la moralité des pauvres; des exercices religieux y sont célébrés; un pasteur est chargé d'instruire les travailleurs. (1)

De sages dispositions réglementaires maintiennent l'ordre et la discipline.

- ■; L'Allemagne entière est remplie -d'institutions de ce genre. On mentionne spécialement celles dé Vienne, d'Halberstadt, de Lubeck, d'Altona, etc. Mais il en est une qui a surtout acquis, vers la fin du siècle dernier , une grande célébrité, ' c'est celle qui a été fondée, à Munich, sous la direction du comte de Rumpfort, en 1790. Elle a été diversement jugée; il importé d'établir les faits principaux avec une scrupuleuse .exactitude.

La Bavière était en proie au fléau de la mendicité, née des habitudes contagieuses de la fainéantise, lorsque la maison d'industrie fut ouverte dans le faubourg d'Ail de la capitale de ce royaume. De nombreux et puissans obstacles environnèrent d'abord cette création; le zèle et les lumières, soutenus par le concours de l'autorité, en triomphèrent. L'électeur Charles-Théodore, aidé du comte de Rumpfort, érigea, le 26 août 1789 , l'institut des pauvres. La maison d'industrie, quoique indépendante de cet institut, concourait au même but. Plus de mille indigens y furent occupés à la filature et au tissage du chanvre, du lin , de la laine , du coton ; ils y étaient exercés graduellement; on se proposait de les mettre en état de confectionner les draps pour l'habillement des troupes. On entretenait l'hiver dans les salles

(l)Vojr. le compte rehdu , le 8 mars 1818.

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une chaleur suffisante ; elles étaient éclairées jusqu'à 9 heures ' du soir, balayées deux fois par jour , lavées et blanchies fréquemment, arrangées ayec soin et avec un luxe de propreté qui allait presque jusqu'à l'élégance ; ■ des ventilateurs renouvelaient l'air dans- toutes les pièces. Le» indigens n'étaient point logés ; mais la maison les habillait avec un uniforme particulier et leur fournissait à dîner. (1)

La première éducation des indigent travailleurs fut très difficile. Il fallait triompher dos habitudes contractées : aLa «f situation où ils se trouvaient était si neuve pour eux , ils « apportaient au travail tant de gaucherie , qu'on eut peins « d'abord à introduire l'ordre et prévenir la confusion. Qi»i- K quel'ouvragefùt treslibéraleoienipayé, cela ne suffisait pu *t pour exciter leur activité. Il fallut enflammer leur émn-

* lation par les louanges, les distinctions, les récompenses. « Mats la promptitude avec laquelle ils acquirent de l'ha-

* bilelé dans les diverses branches d'industrie surpassa k toutes les espérances. Ce qui fit éprouver surtout la plus a vive satisfaction , ce fut le changement rapide qui s'opéra « dans leurs mœurs, dans leur conduite, et Jusque dans « les traits de leur physionomie , à mesure qu'ils s'accou-

* menaient à leur nouvelle situation. La douceur du iraite» « ment qu'ils éprouvaient, le bien-être dont ils jouissaient, « avaient changé leur cœur et réveillé en eux des senti- « mens aussi nouveaux pour eux - mêmes, qu'intéressas* « pour ceux dont ils étaient entourés. » (2)

Le régime, la discipline et la constitution que le comte de Rumpfort avaitdonnés à la maison d'industrie, avaient un caractère militaire; elhrétait placée sous une direction militaire ; elle fabriquait essentiellement les fournitures destinées aux troupes. L'administration de l'institut «des pauvres

(1) Ce fut, en e'occupaut de les nourrir, que le comte de Rumpfort fut conduit à «es recherches sur l'alimentation des pauvres.

(2) Essais de Rumpfort, Premier essai , ebap. 6,6, 7.

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concourait seulement par ses subventions à la dépense de la nourriture , des vètemens et des récompenses pour les indtgens travailleurs.

La maison fournissait aussi de l'ouvrage à domicile ; des ramilles malheureuses ; venaient prendre des matières premières, du lin , delà laine, de la toile, et y rapportaient les produits qu'elles avalent confectionnés.

Le capital employé à cette création fut porté dis 150 mille florins à 350 mille. On voit par les comptes des cinq premières années , que la dépense, pour ces cinq années réunies, s'élève à SI mille florins (1) , et que les bénéfices surpassèrent la somme de 16 mille florins par année. (2)

Mais les ressources de l'institut des pauvres, dont la maison d'industrie recevait l'appui, diminuèrent pendant le cours des dix anneeeï suivantes, par l'effet des circonstances, (3)

(1) Dans cette tomme figuraient quelques secours aux voyageurs indigent.

(S] Misais île Xumpfort, l, c.

(3) Le déficit de 11,445 flor. que signale M. le pasteur Naville [de laCharitéïégah, tutuu 1 , pag. 372), n'est pas, comme il te suppose , spécialement relatif m mécompte éprouvé dans la maison de travail ; il appartient an compte général de l'institut des pauvres pendant lu quatre années 1790, 1707, 1 7H9 r 1709.11 convient do remarques: que le capital de cet iutitùt, tpii était à l'origine, eu 1798, de u. 20,000 seulement, était porté, en 1806, i 11. 90,600, malgré près de 60 mille fi. de perte (Tov. Abhmt- Jhung ueicr Armen-ffesea in Munchrn, 1814). Yoici le'montant des subventions1 versées par l'institut des pauvres de Munich , à la maison d'in- :, vtaemens, récompenses ■ et «QCOurigeouuu des Ira- "1807;

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La dépense annuelle de l'institut des pauvres s'élevait de SU 70 n

524 TBOISt&MK PAXTIK. UVHS 1. CHAI'. II.

Le nombre des malheureux et leurs besoins furent augmentés par les ravages de la guerre. La maison de travail formée en 1789, fut réduite , transformée en un atelier -de filature beaucoup puis restreint et surtout occupé par des femmes ; la constitution militaire «pie Bumpfort lui avait donnée disparut. En 1804 , la maison de travail reprit un nouveau développement , comme une forme nouvelle ; elle continue de subsister aujourd'hui sous une direction semblable à celle qui est adoptée dans les autres villes de l'Allemagne.

Hollande et Belgique,

En 1827, on comptait en Hollande 26 maisons de travail, la plupart' formées par les soins des administrations municipales .et dirigées par des commissions tirées de leur sein. Elles sont aujourd'hui au nombre de 30, et réparties comme il suit :

Dans la Hollande ..'■ ,7

Dana la Hollande méridionale . .- S

Dam celle de Gnetdre. , I

Dana celle de Zélande 3

. Dans telle d'Over-Ytsel 4

Dana celle de Groningue. S

' Dana la Frise ..'■••.. 6

Ellea occupent environ 6000 indtridui, dont plu» de 1000 sont logés et

nourris.

A un petit nombre d'exceptions près , les travailleurs ne sont pas logés dans les éiablissemens; mais on leur fournit des alimens et quelques autres objets de consommation.

Les travaux consistent principalement a peigner, filer, soit la laine, soit le lin, soit le ebanvre destiné aux toiles à voile ou autres, à défaire de vieux cables, à coudre, à tricoter. On tisse de grosses toiles d'emballage; on floche des gants ; on confectionne des vétemens , des nattes, des couvertures, etc.

HOLLANDE BT BELGIQUE. 535

La totalité des salaires payés aux indigens dans ces 26 maisons, s'élève au-delà de 13a mille florins par an.

Les salaires des travailleurs varient de 7 fl. à 46 par an, suivant le genre de leur travail, leur habileté relative , et par conséquent aussi suivant leur âge et leur sexe. Le terme moyen est de 22 fl. 79.

Le produit du travail s'élève, dans la totalité de ces établissemens, à environ . - . . *. . . fi. 233,000

La totalité des dépenses à . ..... fi. 351,000

Chaque individu nourri et logé dans ces é tablissemens, leur coûte, par an, 2 fl. 64, 92; certaines retenues sont faites sur les salaires, pour le logement et la nourriture, évalués à 11 fl. environ par année.

Indépendamment de ces maisons, 3 autres réunissent le caractère d'hospices et, recevant les indigens à demeure, occupent aussi des travailleurs; La plus importante est celle d'Amsterdam ; qui renferme près de 600 , et distribue environ 3600 fl. de salaires; sa dépense s'élève au-delà de 44 mille florins par an.

L'établissement de Zwoll est à-la-fois, on atelier de travail à l'entreprise, et une école d'éducation et d'apprentissage.

En 1827 , la Belgique possédait aussi 6 maisons de travail situées, une à Louvàin,- une àGand, une à Anvers, une à Malinés, une à Ostende, une à Alveringhem. Les quatre premières occupaient 1917 indigens, elles dépensaient, savoir.

Eu matières premières fl. 45.5B9 t7) fl ,„ -,. ,

En«Wre..V. 71,388 SOÏ B-u^fiU SI

Le produit du IraTiuJj'élerailB 86,967 40

Les deux dernières étaient beaucoup moins considérables ; elles n'employaient ensemble que 278 indigens , elles dépensaient*.

En matière» premières fl. 1,17S| n „ ,,.

Le produit du travail était Kulemau de. 3,103

OÏS THOIHàME IJUHT». LITU I. OHAP. It.

Une ordonnance du roi Léopold, dn 29 août 1885 , a de nouveau recommandé ces établissement. Ils continuent à prospérer et se perfectionner de jour en jour. On a introduit à Gand la fabrication de la dentelle, la confection des souliers, la menuiserie s à Ostende, la dentelle; à Anvers, la fabrication des tapis de poils de vache et de laine, des étoffes de cria, des nattes en poils, des tricota pour bonnets de nuit, des chaussons de laine, etc. (1)

nvMMMut* d'Angleterre ; orient d« en cuMimmu; kw régime juqa*«i

i de travail ont, en Angleterre, on caractère particulier. Elles servent à - la - fois d'ateliers libres pour les indigens qui vieonent.y chercher de l'occupation pendant le jour; d'hospices locaux pour les vieillards , les infirmes , les enfans ; de maisons de secours pour l'assistance à domicile; de dispensaires, et même d'hôpitaux pour les malades. Dans la plupart d'entre elles, les pauvres sont nourris , vêtus , logés.

Elles sont répandues sur toute la surface de la Grande- Bretagne [ leur régime, comme -leurs, dimensions , varient suivant les localités. Elles sont souvent établies par paroisse»; quelquefois plusieurs paroisses se réunissent pour en former et en entretenir une en commun.

Ce système d'institutions a été la conséquence du célèbre statut d'Elisabeth. Le statut A3* avait, comme on sait, posé en principe, que le secours ne pouvait être donné aux valides, que sous la condition et eoas la forme da travail. Divers moyens furent employés pour satisfaire à cette règle fonds?-

(1) Tojn, le Voyage ta EollauU et en Bdgif ut «pie rient de pabfier i fMrit. M. ïuuwm de ta Saga, ton» i", p. tsï; tatou », p. 1*0 et mi*.

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mentale : la' maison de travail parut généralement le plua direct, le pins simple. Elle devenait d'ailleurs le centra naturel de tous les genres d'assistances. Sir John Maison ' Good donne de ces ateliers une description peu favorable. « Fort peu de districts , dit-il, dans le grand nombre, ont a eu aBses de bienveillance ou de sagesse, pour construire « exprès des bâtimens conformes à cette destination. Os ft a donc réuni de la manière la plus maladroite et la plusgrost< Bière, dans les villages, deux ou trois misérables cabane* « contiguès. Dans les villes, on a affecté nu même service « quelques maisons abandonnées, quelques vieux monasa tores tombant en ruines, qui présentent un spectacle de dé* « tresse plus hideux encore. Révolté de ce tableau d'horreur, a l'homme bienfaisant craint de s'en approcher. Les affaires « de ces maisons se conduisent an loin avec une folle extfu- « vagance. Ceux même qui connaissent les maux dont elles « sont le théâtre, et qui pourraient les soulager, pensent « qu'ils sont trop nombreux et trop compliqués pour qu'on k puisse les faire cesser. (1)

L'idée que s'en forma le vénérable Howard, dans la visite attentive qu'il fit d'un grand nombre de ces établissemens, ne fut guère plus avantageuse. Il signala lui-même plusieurs exceptions honorables : telle était la maison de Snrewsburg, établie dans un ancien hospice, dont la discipline lui parut sévère et sage ^ telles étaient encore celles de Leeds , de Nantwich, etc. (2). 11 semblerait donc résulter de ses observations, qu'il ne considérait pas l'institution comme viciesue par elle-même , qu'il blâmait seulement le mode suivant lequel elle était réalisée dans le plus grand nombre de localités. .'

(1) Toy. h Dissertation i» sir Maison Good, sur Us moyens la plus avait tagcux pour entretenir et emptoyer'les pauvret dans Ut maisons de traraii. Section ii.

(S) Voyeï *0n rapport sut tes Laïarets, in-4, page 175.

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