‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 112 sur 132 · TROISIÈME PARTIE, LIVRE I. CHIP. II · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, LIVRE I. CHIP. II

recevoir , les ressources nécessaires pour les entretenir ont dû se mettre en proportion avec cet accroissement.- Des souscriptions volontaires avaient pourvu aux frais: de premier établissement, et fourni de plus un fonds de réserve. Ce fonds était sans doute insuffisant pour compenser, à l'avenir l'excédant de dépense inévitable, prélèvement fait du produit du travail; les moyens d'obtenir le surplus sont soumis à l'éventualité que présente toujours le système des souscriptions bénévoles, éventualité qui n'affecte les maisons de travail que comme tons les .antres établissemens publics ; l'administration municipale> a comblé les lacunes, lorsqu'elles ont commencé à se produire. Les indigens sont' convenablement logés, vêtus ; les alimèns sont sains, on donne même du vin. Cependant, le vin compris, la nourriture ne revient qu'à 26 cent, par jour et par tête, et la dépense totale à 45. (1)

Le refuge de Strasbourg (2) fait partie du système général des secours publics de cette ville , se coordonne avec ses autres branches , vit du même principe , tend au même but, est régi par la même administration. H se compose d'une maison principale qui renferme ordinairement 100 à 125 indigens, et d'une annexe sous un régime plus sévère qui est réservée aux indigens indisciplinés, et qui en reçoit 14 ou 15. Elle est essentiellement destinée aux vieillards des deux sexes qui sont encore en état de travailler. Car , on tient avec raison pour maxime , que la jeunette doit travailler ou ap~ prendre à travailler. Le mouvement annuel est d'environ 100 individus. Les uns sont employés au balayage des rues , moyennant un abonnement avec la ville ; d'antres, au service intérieur de la maison. Le reste, suivant ses facultés et ses forces, est occupé aux difierens ouvrages qu'on a pu leur procurer, tels que le tricot, la filature, le triage des plumes,

(1) Y<ïy. les rapports annuels publiés depuis 1827.

(2) Ud vertueux citoyen , Charles Ehnnann , eut sa part principale à cette

MAJSOKS DE THATAIL, p FaUBCE. 553

les chapeaux de paille. Le montant des salaires gagnés par les travailleurs est divise en trois parts égales : une est retenue pour l'habillement, une seconde pour la nourriture ; la troisième est mise en réserve pour fournir à chacun d'eux un pécule, tors de sa sortie.

En 1884, la dépense totale du refuge de Strasbourg a été d'environ 14,700 francs. La journée de nourriture est ressor-. tieen 1833 à 20 cent. 3/4; en 1834, à 22 1/4. L'habillement coûte environ 24 francs par tête et par an. ■ Le produit du travail des indigens , au terme moyen de 95, et pour 34,400 journées, a été, en 1833, d'environ 5400 francs, ce qui donne pour chaque travailleur , soit 57 francs 04 cent, par an; soit de 15 cent. 37 mil!, par jour.

Cet établissement, qui mérite d'être indiqué comme un modèle, est dans un état de progrès croissant. «' Son ëtat moral « s'améliore de plus en plus; beaucoup d'indigeus y ont conte tracté l'habitude du travail et même de l'économie. Qua- « rame d'entre eux, en 1834 , ont pu faire des épargnes qui . a montent à 1800 francs, et qui ont été versées en presque a totalité à la caisse d'épargnes. Beaucoup d'autres ont quitté « l'établissement pendant la belle saison, et ont trouvé le « moyen de subsister par un travail indépendant. L'état sait nitaire de la maison ne laisse rien à désirer, » (1)

(1) Voj. le rapport de la société pour l'extinction de la mendicité à Straibourg, année 1834, présenté le 29 mars 1836.

L'auteur du présent écrit peut .confirmer ces résultat! favorable» par son témoignage personnel. '

Il n'y arien là, heureusement , qui justifie les sombres pronostics de l'auteur de la Charité légale, sur l'avenir de cet établissement , rien qui nous présente Vinititulion de Strasbourg, comme expirante (tome I", page 29 1 et 202). Sans doute le refuge ne peut recevoir indéfiniment tous les mendiaui envoyés par la police ; il s'est justement et sagement imposé la règle de n'en recevoir, que jusqu'à concurrence 4» »es ressources; il a tenu parole, mais il n'était ni dans sa mission, ni dans son pouvoir, de détraire les causes qoi ali-

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