CONSIDÉRATIONS ;EN LEUR PAVEUR
« pour les malheureux atteints d'une vraie infortune , est au a. contraire intolérable pour les êtres vicieux, dont il réprime « les penchans (1). Aussi, des paroisses où de semblables éta- « blissemens ont été formés d'après un bon régime , sont-elles « aujourd'hui délivrées du fléau du paupérisme; dans d'autres, « le nombre des indigens a été sensiblement réduit, et leurs a mœurs se sont notablement améliorées. » (2)
En examinant les craintes fréquemment exprimées sur les funestes conséquences que peuvent entraîner de nombreuses . réunions d'îndîgëns valides, dans les maisons de travail , les ' commissaires royaux se sont trouvés conduits à penser que ces conséquences peuvent être prévenues par une bonne classification , et ils se sont confirmés dans cette opinion par l'exemple des paroisses où le système a été réalisé. « Un bon «régime, disent-ils, fait disparaître l'influence Sus mauvais <c exemples et la contagion des mauvais penchans, auxquelles « une réunion nombreuse serait par elle-même favorable. « Le témoignage des faksmonïrirque les désordres ne s'y « introduisent que par l'inexpérience ou l'incapacité de ceux a qui gouvernent. On-en voit la preuve dans quelques maisons « de travail de la métropole où règne un bon régime ; et telle «est la puissance d'un régime semblable, que, même dans « des établissemens de Londres où l'on réunit des' personnes « déjà corrompues par lé vice, on parvient à les réformer(S). » On remédie aux inconvénîens, par la distinction et la séparation des classes, différemment traitées, nourries; placées sous des règles différentes. La classe des vieillards et des infirmes obtiendra les égards , les douceurs que réclament l'âge et les infirmités ; la classe des enfans obtiendra les soins particuliers d'éducation.
Les commissaires royanx estiment , comme on l'a vu , que
(1) Rapport pï-éritc, pngL'231.
(3) Vuj. le même rapport , pa^fd 308 ■ 309.
5fi2 TBOINim FAMI8, LIVïlB I. CBliP. II.
les maisons de travail ne peuvent bien remplir leur but, que lorsqu'elles sont construites sur une assez grande écbelle ; elles deviennent aussi alors moins coûteuses.' a Si 500 personnes « réunies , disent-ils , coûtent chacune 100 livres , ou en tout a 6000 livres; 1000 personnes n'en coûteront que 9000, c'est- * à-dirt 90 livres par tête. » Les indigens recueillis en communauté vivent aussi bien plus économtquement.Ainsi, l'institution de* malsons de travail procure une rédaction considérabledans la dépense des secours publics. (1) ■■
M. Mac-Gulloch , qui a accordé dans le domaine de l'économie politique, une si juste place aux questions de la bienfaisance publique, et qui a approfondi avec tant de sagacité le système des secours publics de l'Angleterre, exprime une conviction semblable au sujet des maisons de travail. 11 estime qu'attcun secours ne doit être accordé aux valides, si ce n'est dans ces maisons ; qu'il convient d'y établir une discipline sévère, un travail pénible, ju-régime alimentaire très fru- 8*1.(2)
ARTICLE rv.
En quoi consiste l'utilité dei maisons de travail libre. — Conditions scaw-
KéSexioturarla controverse à laquelle elles ont donné lieu.
La controverse approfondie à laquelle les maisons de travail ont donné lieu a servi à préparer; en éclairant ce sujet, le moyen de juger du mérite de cette institution, avec pleine connaissance de cause. Elle a servi en même temps a signaler les écueils contre lesquels cette institution peut échouer, et
(i) Voy, le rapport précité, pages 270 et 314.
(3) Principles of politicpl economy, chap. 3, page 430-
CONTROVBBSES SDK LES MAISONS ttl TKtYÀIL. 661
à indiquer les conditions qui sont Indispensables à son succès. C'est pour ce double motif que nous avons rendu compté de cette discussion, avec une scrupuleuse fidélité.
Il est facile de remarquer qu'il n'est presque pas une objection, dans le nombre de celles que l'on oppose aux mai-' sons de travail, qui ne s'appliquer également, ou aux asiles dans lesquels les indigeus sont réunis, ou aux moyens d'employer directement les indigeus à des occupations utiles. En effet , une maison de travail n'est que la combinaison de ces deux modes de secours. Mais si elle est par là expotée aux inconvénient de l'un et de l'autre , elle a aussi les avantage* de tons deux.
S'il est une objection qui soit spécialement propre aux maisons de travail, elle s'adresse moins à l'institution elle- mime, qu'aux élémens dont cette institution est composée, c'est-àdire au caractère spécial de la classe d'indigent qu'elle est destinée à secourir. Les indigens valides, comme ou l'a vu, apparu , tiennent presque tous à une espèce d'êtres dégénérés, soit sous le rapport des mœurs, sbit quanta l'énergie du caractère, sott quant à l'intelligence. De là l'extrême difficulté qu'on éproa- , ve à les diriger vers un but utile. Les critiques adressées aux maisons de travail, à raison de celte difficulté , se méprennent en reprochant au remède, ce qui ne devrait s'adresser qu'au mal dont elles essaient la guérlson. Autant vaudrait faire un crime à un hôpital, des maladies qu'il renferme. L'existence d'une telle classe d'indigens est assurément un fléau pour la société; les maisons de travail doivent ôtre condamnée», si elles l'aggravent ; elles sont inutiles, si elles ne peuvent le combattre avec succès ; mais elles ne sont point coupables si , pour y remédier, elles ne font que la mettre en évidenom
Or, les maisons de travail ne pourront être accusées d'attendre ce fléau. Elles contribueront au contraire, sinon à l'éteindre , dn moins à le réduire, si, au Heu d'offrir d'une ans* nière vague et indéfinie de l'emploi a tous les indigens valida», 'elles servent uniquement pour eux et d'école et d'épreuve. £6.
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Kit TltOISliME PARTIE. LIVRE I. CHAF. II.
Telle est leur vraie destination,- et, ainsi conçue, i'instiiutmn est sans reproche; elle est salutaire.
Vraie destina lion de ce* établi ssemens,
La condition sur laquelle elle reposerait, suivant cette des- I lination, serait, comme on le voit, que les indigens valides] n'j fussent employés que d'une manière temporaire. La durée] de leur emploi serait réglée pour les uns, sur le. temps Décès-] saire a leur éducation; pour les autres, sur le temps néces-i saire à l'épreuve de leur conduite.'
On ne saurait admettre qu'une maison de travail reçoive un indigent valide, d'une manière durable et permanente. Cette combinaison est à-la-fois inutile et nuisible. Elle est inutile: car, dans l'état présent de la civilisation européenne, si un individu valide, ayant reçu l'éducation du travail, . masque d'occupation, ce ne peut être pour lui qu'une inaction momentanée, dépendant de .circonstances passagères: dès que cette inaction se prolonge indéfiniment, il y u^tfV'sa foute. Cette combinaison est nuisible ; car elle empêche l'in-v digentde chercher, par ses propres efforts, une autre occupation ; elle le détourne des voies naturelles de l'industrie. L'individu pleinement valide doit être laissé à son indépen- ; dance, et sous la responsabilité de ses actes. Il faut qu'il sache découvrir, choisir un emploi , mériter la confiance, persévérer, conserver une situation acquise. Il est d'ailleurs des moyens de l'aider à trouver de l'emploi , et Us ont été indiqués dans le chapitre qui précède.
Mais la maison de travail sera souvent d'une haute utilité, comme école, en offrant l'éducation du travail à ceux, auxquels elle a manqué, ou chez lesquels elle a^été trop insuffisante. Us y trouveront à-la-fois et l'apprentissage de quelque