‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 12 sur 132 · PRÊTS GRATUITS A.OX PAUÏBE · texte numérisé non relu

PRÊTS GRATUITS A.OX PAUÏBE

naît un grand nombre d'infortunes: 500 familles, en deux ans, .y avaient participé tour-à-iour. Chose digne.de remarque! à cette époque, il n'y avait pas d'exemple d'un prêt qui n'eût 'pas été fidèlement remboursé: l'expérience avait montré, aussi, que les emprunteurs, après avoir pris l'habitude de prélever, pour s'acquitter, une portion de leur salaire, amélioraient ensuite leur situation, venaient déposer plus tard dans les caisses d'épargnes, les économies qu'ils avaient appris à former, et se précautionnaient ainsi contre le retour de nécessités semblables à celles qui les avaient fait recourir à cette assistance. Un tel prêt servait donc à-la-fois et de préservatif et de remède.

■ L'intervention d'une caution est également admise dans le Monte de' Patchi de Sienne, ainsi que nous l'ayons indiqué ci-devant. En donnant une sûreté à la banque de bienfaisance, elle a un autre avantage : elle impose à l'homme qui emprunte, l'obligation de trouver , dans une personne aisée , un ami qui lui porte assez d'affection et d'estime, pour lui prêter une garantie personnelle ; par conséquent, elle lui impose aussi la nécessité de mériter de tels sentimens ; elle établit entre celui qui rend et celui qui reçoit ce service, un rapport honorable pour tous deux ; elle appelle sur le pauvre , la tutelle protectrice de celui qui est mieux partagé de la fortune.

11 faut prendre garde, cependant, que l'intervention de la caution ne soit achetée par un sacrifice imposé au cautionné, et qu'au lieu d'être un service, elle ne -serve de voile à une exaction.

Le mont-de-piété de Novarre, fondé au xvi* siècle, par un patricien novarrais, l'abbé Amico Cannobiô, prête sans intérêt, pour 8 mois, pourvu que la somme prêtée ne dépasse pas 15 livres de Piémont. Le mont-de-piété de Trino, petite ville de la province de Verceil, prête aussi sans intérêt ; il fait des avances à l'hôpital, dans le cas où celui-ci recueille un nombre extraordinaire de malades : il possède 6000 livres de Piémont , de rente, i

SS SECOHM VASTTK. 1ITM H. MAP. I.

Le mon t-de- -piété de Dresde, organisé par on règlement du 24 septembre 1768, prête à 8 p. 0/0; celui de Gotha, par ■n règlement, du 19 mars 1783, à 8 et 1/2 p. 0/0 ; celui de Baireuti (30 juin 1823), a environ 10 p. 0/0; ceux de Cologne, d'Elberfeld, d'après un règlement du cabinet prussien, du 38 juin 1836, à 1 p. 0/0 par moi». En général, les monts-depiété de l'Allemagne ne reçoivent pas de gages dont la valeur soit au-dessous d'un tfaaler, et ne prêtent pas de sommes supérieures à 300 florins ; le minimum de la durée du prêt est d'un mois ; le maximum, de 6 mois ou d'une année.

A Zurich, les prêts de confiance roulent, circulent, sacs autre caution que la moralité connue de ceux qui les reçoivent, quelque pauvres qu'ils soient ; et telle est leur probité, que le prêt est toujours exactement remboursé. Honneur à la pauvreté qui se montre si fidèle aux lois de la délicatesse, au milieu de ses besoins! Honneur à ceux -qui l'en jugent capable! soutenir ainsi la dignité des pauvres, c'est soigner leurs plus vrais intérêts.

Dés systèmes analogues sont adoptés dans plusieurs viHeede France. A Paris même, où il est si difficile d'acquérir sur les pauvres des informations très exactes, l'essai en avait été tenté avec quelque succès au commencement' de ce siècle. Dupont, de Nemours, alors membre de la commission administrative des hospices, chargé du service des secours à domicile, avait organisé des prêts circulons qui, dans leur rotation, allaient tour-à-tour vivifier plusieurs familles, dans une année.

La société du prêt charitable et gratuit, fondée à Toulouse, en 1838, mérite d'être offerte comme un modèle (1). Elle a pour but de soustraire aux exactions et à l'usure, les ' victimes qu'elles immolent au sein de la elasse inférieure'.

Elle prête gratuitement, et pour trois mois, aux personnes

(1) Fondée par acte» des S mari 1837 et 4 juillet 1828, et autorités par

ordonnance royale du 27 août 1828,

■un amnn kvm PAUuau. M

oui saut reconnues dignes de cette faveur. Elle prend de» informations exactes sur la moralité de l'emprunieur^l). Nonnenlestent eUese retient aucun intérêt, mai» elle me prélève même aucune retenu pour le remboursement de ses frais. Elle se borne à exiger nu nantissement, poarlui garantir le remboursement exact de ses avances. Le nantissement doit être d'âne conservation facile, et sa valeur supérieure de moitié en suai celle de la somme prêtée. Le gage est vendu, ti l'emprunteur ne rembourse pas après les délais conve-

On n'admet aucun gage de la part des fripiers, revendeurs oo 'antres personnes qui pourraient êtçe soupçonnées de n'emprunter a la société, qne pour prêter ensuite elles-mêmes à intérêts. On ne prête point de n»uveau, au même individu, ou à la même famille, dans les 3 mais qui suivent le remboursement dn premier prêt, à moins de circonstances extraordinaires. 0>)

Le capital de l'établissement est fermé, en partie, par tes fanas qui lui appartiennent en propre, et qai proviennent de dotations généreuses, en partie par les fonds que versent des actionnaires qui lut fournissent, chacun. 500 francs par as, pour dix années. Les frais sont couverts par les revenus de, la société, par les subventions du conseil municipal de ta ville de Toulouse.

. La quotité des prêts varie de 3 francs à 15ft-, la moyenne est de 50 à €0 francs. Au 1" janvier 18$6, ta société de Toulouse avait prêté £ 7931 individus ; à la même époque, il n'avait été vendu que 151 gages, faute de remboursement. Ce résultat est digne d'attention. Il prouve qne tes prêts gratuits , peuvent être faits avec sécurité, quand ils sont faits avec discernement. Le petit commerce et les ouvriers malaisés jtro-

(1) Art. 20 et 22 des statuts.

(3) Art 21, 27, 20.

(S) Art. 30, SI. . ,

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fitent essentiellement de l'institution formée à Toulouse ; elle a été fort utile à la classe laborieuse que l'usure opprimait par des intérêts de 100 à 150 pour cent. On regrette seulement que la modicité du capital existant jusqu'à ce jour (1), contraigne celte société à restreindre la sphère de ses bienfaits.

La société, formée à Londres, depuis quelques années, pour la vigile des pauvre», a fait entrer dans le plan de ses opérations, des établissent en s de prêts gratuits, qui se sont multipliés dans un grand nombre de villes (2). Le minimum des prêts est fixé à 10 shillings. L'emprunteur doit être cautionné par une personne solvable. Le remboursement a lieu par paiemens partiels et hebdomadaires. L'emprunteur reçoit un livret qu'il doit présenter à toute réquisition. (3)

Le mont-de-piété de Reims remonte à 1*519; et dès-lors, il prêta sur nantissement, mais sans intérêt, aux nécessiteux, pour une année. L'établissement primitif succomba, par le concours de diverses circonstances; mais, en 1579, il fut rétabli par les soins de la compagnie de Saint-Paul. Fermé, de nouveau' à la fin du siècle dernier, il a été remis en activité, une seconde fois, en 1822. Les prêts ne sont plus absolument gratuits, comme à l'origine; mais l'établissement ne perçoit, en tout, que deux pour cent, pour se couvrir de ses frais (4). Les dépenses de conservation et de manutention s'élèvent au moins à ce taux ; il n'est donc exigé, eu réalité, aucun intérêt de l'emprunteur, pour le loyer de la somme prêtée.

Un second mont-de-ptété ouvert a Reims, en 1815, et confié à la même compagnie, prête pour un modique intérêt.

(1) Seulement 60,000 franc*.

(S) Gtntral socittj }or promoting dittrkt vùiting. — Plan of opération*. Londre», 1630, p. 11.

(3) Ou peut consulter sur les heureux fruits de ces préu,. l'écrit publié pu tir Francis Trench.

, (*) Iruiiluti di beneftccnxa in Torino, par M. Sacchi ; Milan, 1835, p. 23.

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