‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 123 sur 132 · CONDITIONS L REMPLI! PAS LIS BÉPÔTS · texte numérisé non relu

CONDITIONS L REMPLI! PAS LIS BÉPÔTS

Condition» a remplir par les dépots de mendicité.

La première condition de leur existence est donc qne , infusant au nombre d'indigens poor lesquels la correction du travail forcé est nécessaire , leur nombre et leur étendue n'en excède pas la proportion.

. Cette institution semble demander à être pins restreinte que celle qui a pour objet d'offrir le travail libre. Elle convient principalement dans le rayon qui environne les grandes cités, et dans les régions où les habitudes de mendicité fainéante ■ont encore répandues. Conçue sur une pluB grande échelle , elle s'écarterait de son but.

II suit de là que les règles d'admission doivent être telles qu'elles laissent entrer au dépdt de mendicité, les malheureux

. atteints de la lèpre morale, et n'y laissent entrer qu'eux seuls. Cest ainsi qu'on se trouve constamment ramené à une classification exacte des indlgens , comme base fondamentale de tonte bonne constitution des établissemens d'humanité.

Il est à croire que ceux auxquels le séjour des dépota de mendicité serait utile, n'y entreront pas volontiers; il ne doit pojnt inspirer le désir d'y être admis, à ceux auxquels il n'est

-pas nécessaire.

Le meilleur moyen de s'éclairer dans ces admissions , c'est de les faire précéder, sans doute, par des épreuves. Tel était le fruit qu'on se promettait de la maison de refuge qui a été essayée à Paris, et que nous avons regretté de voir fermer.

Si'lo dépôt de mendicité est restreint à cette destination précise , s'il est un véritable lasaret , loin de regretter que les individus qui y seront reçus se trouvent séquestrés de leurs anciennes relations , on aura lieu de s'en féliciter ; car , pour les guérir, les réhabiliter, il sera nécessaire de rompre leurs

604 txoisiAmb pautih. livm i. chap. m.

habitudes et de leur faire respirer une existence toute nouvelle-

Le dépôt de mendicité se distingue de la prison, en ce que, dans la-prison, le détenu doit subir un châtiment; le reclus dans nu dépôt de mendicité doit seulement être soumis à ud régime de réformation. Le condamné- détenu est un coupable ; l'effet de la punition doit être pour lui le repentir : le mendiant reclus est un malade qu'il s'agit de guérir. Ou appliquera au premier les salutaires rigueurs du régime péniten* tiaire , le silence , l'isolement : une vie réglée et active , la propreté , la décence , l'ordre , l'application , constitueront le régime donné au second. Chez le premier, on rencontre des passions à réprimer; chez le second, une inertie apathique , qu'il faut ranimer. Le logement , le coucher , le vêtement , la discipline , ne sauraient donc être semblables , dans ces deux ordres d'établissemens. La séquestration ne pourra être aussi rigoureuse. On pourra accorder au simple reclus du dépôt de mendicité, une plus forte part dans le produit du travail.

Le dépôt de mendicité se distinguera de l'hospice. Dans l'hospice, le vieillard et l'infirme doivent obtenir le repos et le soulagement, pour le reste de leurs jours. Dans le dépôt de mendicité , le reclus doit trouver une rénovation qui le rende, s'il se peut, à la société. L'indigent admis dans t'bospice est incurable ; celui qui entre au dépôt doit y être régénéré.

Le reclus du dépôt sera donc tour-à-tonr corrigé et encouragé ; une tâche de travaillui sera assignée; sa négligence à l'accomplir sera punie. Il ne jouira ni de la même nourriture, ni des mêmes commodités de la vie, que les infortunés accueillis dans un asile. S'il ne se porte a l'ouvrage avec bonne volonté, il sentira la contrainte. En aucun cas, la situation du . mendiant reclus ne doit paraître digne d'envie à quiconque peut vivre par un travail indépendant.

En appliquant aux maisons de travail forcé, les règles relatives aux maisons de travail libre, qui ont été exposées dans le chapitre précédent ,'il convient donc de leur

Page 1