BASES DES COTISATIONS ET SBCOUHB
Les tables de Carlisle ont obtenu la préférence, dans les résultats de l'enquête , précisément parce qu'elles sont les plus favorables à la durée de la vie, et M. Finlaison lui-même a déclaré qu'on peut les adopter sans danger. (1)
L'expérience donnant aux femmes la probabilité d'une plus longue vie , le comité de la chambre des communes a judicieusement remarqué qne les élémens du calcul varient , pour une société de prévoyance , suivant qu'elle est ou exclusivement formée de femmes , ou suivant qu'elle réunit à-lafois les deux sexes, et alors, selon la proportion dans laquelle chacun d'eux y figure. D'à près les tables de M. Finlaison, tandis que la perspective, pour un jeune homme de 25 ans, n'est que d'atteindre à 35 ans et 9/10 , celle d'une jeune fille du même âge est de vivre jusqu'à 40 ans et S/10, et tandis que l'attente légitime, pour un vieillard de 65 ans ne serait que de 11 années et rh de vie ; pour une femme du même âge , elle s'étendrait jusqu'à 14. II résulte de là que, pour assurer à un sociétaire, lorsqu'il aura atteint l'âge de 65 ans , un secours hebdomadaire de h shillings, monnaie anglaise, il suffit d'exiger de lui une première mise de 5 livres sterling 1 s. 4 d. et 1/2 , et une cotisation mensuelle de 6 pence et 1/2 ; mais que, pour assurer le même secours à une femme , au même âge , il faudrait lui demander une première mise de 7 livres sterling, 11 s, 1 d. et 1/4, et une cotisation hebdomadaire de 9. p-. et 1/2. (2)
D'après les tables annexées à la dernière enquête, en prenant pour règle les probabilités de la table de Carlisle , et sans distinction de sexe, en supposant les fonds placés à 4 pour 0/0 on aurait le rapport suivant :
(I) Report from llie ieleci commitlM on th* law resptctUg friendly toàttiêl, 1827, page S.
(1) Ibid. pir 9, nota 1.
Sacourtàasfttcernar Goolribulioità exiger duMeiétaice,
semaine,. Première mise. Co tisa i ion hebdomadaire. i"pour ehaq. malade — —
alité =2 th. il. st. îsh. 3d. =2 p. et 3/4
2° pour chaque vieil). ]
deesansetau-d. 1 sh. 1 ta 10 et 1/4 =2 1/4
et p. cbaq. infirme J 3° somme; payable au
dêtè» 2 10 4 = »■ Sfltt-
Totaux. 4 10 6 et 1/4 8/10(1)
La société philantropique de Paris a offert aux sociétés de prévoyance qui se formeraient sous ses auspices, des basas qu'elle a caloulées d'après la loi de mortalité de DuviUard ,' publiée dans l'Annuaire du bureau des longitudes. Ces tables ne distinguent point les deux, sexes. Elles comprennent des souscripteurs de l'âge de 22 à ceiuide 60, et supposent une cotisation d'un franc par mois, nne société formée de 1(10 personnes ; elles promettent, à l'âge de 60 ans, une pension de 218 fr. Mais la loi de mortalité de DuviUard est encore plus défavorable à la durée de ta vie humaine, que celle de-KortnamptoD en Angleterre ; elle est calculée sur l'universalité delà population en France ; il est reconnu que depuis l'époque à laquelle ses élémens ont été empruntés, la mortalité s'est sensiblement affaiblie en France. Les tables proposées par }a société philantropique établissent donc un rapport beaucoup trop faible et les cotisations qu'elles indiquent seraient trop insuffisantes pour les secours qu'elles font espérer. Il est à regretter aussi, qu'on n'ait fait commencer ces tables qu'à 22 ans, et qu'on ait donné ouverture aux secours dèsl'4gede 60.
M. Quetelet aux travaux duquel nous sommes redevables de tant de recherches précieuses sur les applications des calculs mathématiques aux sciences sociales , a publié dernièrement, pour la Belgique, une table'de mortalité oit il a donné le premier exemple de distinguer non-seulement las deux sexes , mais les villes et les campagnes.
(I) lbid. page 119 et 120.
n*sis ses consolions ar 'secouas. 119
On voit, d'après cette table, que, sur 1000 naissances de garçons, il y aurait à l'âge de 18 ans, dans les villes, 513,1 jeunes gens, et 535 ,7 dans les campagnes; et à l'âge de 65 ans, 185,9 vieillards vivant encore dans les villes, 227,7 dans les campagnes ; que, sur 1000 naissances de filles, il y aurait, à 18 ans 560,0 filles dans les villes, et 560,8 dans les campagnes; à l'âge de 65 ans, 539,7 femmes vivant encore dans les villes, et 231,0 seulement dans les campagnes.
Il résulte de là que, d'après cette table, sur 1000 individus de Page de 18 ans, et pouvant contribuer aux sociétés de pré- YOyancertl en survivrait à l'âge de 65 ans pour participer à la pension -,
Dans les campagnes 426 412
Moyenne des villes et campagnes, hommes et' femme» féunis , 406
D'où Ton voit non-seulement que les- probabilités sont Tort diverses pour les deux sexes et les deux genres de séjour,' mais que la probabilité, beaucoup plus favorable anx femmes dans les villes, l'est moins dans les campagnes, relativement aux hommes. (1)
En comparant cette table à celle de-Duvillard, on remarque de notables différences. Sur 1O0O naissances, celle de Duvillard donne vivant :
à> W ans — MS;età-65 ans, 166" seulement,
et M. Quetelet — 545; 224
Sur 1000 individus existant à 18 ans, Duvillard en supposa arrivés à l'âge de 65 ans, 323 seulement, et M. Quetelet, 411.
Ce rapprochement confirme encore l'insuffisance de la loi de Duvillard pour servir de base au calcul des cotisation.
(1) Vojra l'onmga de M; Quetelet intitulé , Sur Vhomm «* U développa
130 MCOBIW MKTII. LITBI II. CHAP. II.
La société philantropique de Paris a donc, sans le vouloir et contre ses intentions , exposé les sociétés de prévoyance à d'inévitables mécomptes, en leur signalant les tables qu'elle a fait construire sur la loi de mortalité de Duvillard.
D'après les tables de Déparcieux, sur 1000 individus de Tàge de 18 ans, 476 atteindraient l'âge de 66 ans; mais Déparcieux n'avait établi ses calculs que sur des têtes choisies.- (1)
D'après les tables dressées dans la ville de Carlisle, et adoptées par le comité de la chambre des communes d'Angleterre, sur le même nombre déjeunes gens de 18 ans, près de 490 atteindraient l'âge de 65 ans. (2)
Solvant les tables de mortalité de Northampton, 8{0 seulement y parviendraient. (S) ' >
Ainsi, en résumant, d'après les tables de Carlisle un individu de 18 ans pourrait compter sur 63 ans de vie; d'après celle de Déparcieux , — 61 ■d'après celle de M. Quetelet, — 60 d'après celle de Duvillard , — 54 d'après celle, de Norlhampton, — 53
On voit que les deux extrêmes diffèrent dans une proportion de près de 5 à 6.
Le comité d'enquête de la chambre des communes a publié un tableau comparatif des combinaisons résultant des sept tables qu'elle avait eues sous les yeux.
M. Francis Baily , en reproduisant ces tables et y joignant quelques autres documens, a présenté un relevé comparatif ,de la durée probable de la vie qu'elles établissent en diverses
ment de ses facultés, ou Essai de physique sociale; Fuis, 1885,2 vol. in-8*, tome i" page 101.
{1} Essai sur les prcéahilités delà vie humaine, Paris, 1746.
(2) A treatise on tke valuation ofannuities and assurances on lires and ttovirorskips, Londres, tSlfl, tome h, page 584.
(8} The prinripUë and doctrine q/j assurances annuities oit tiret, Londres 18», pige 218.
BASES MB COTISATIONS ET 8ECOUHS. 121
localités} on est frappé de l'extrême différence de ces résultats. En nous bornant an point de vue qui nous occupe , on voit que la durée delà vie moyenne, pour un individu de 20 ans, c'est-à-dire à l'âge où il peut commencer à faire quelques économies, et pour un individu de 60 ans, c'est-à-dire l l'âge où il peut commencer à avoir besoin delà pension, serait comme il suit ; : —r"
Lomire» de 20. 37
Rorwieh 34. 37
narthimpton ....'■ 38-43
-. (Homme.. 84.88
amm JFemmw 38-10
Bah-Creês b 38 . 36
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[ Hommes.
Saèdeeo général..
(Ladeux »
Berlin ' 80.34
BtmUu 34.13
Inndebourg 38-76
Cwloa de Tend . 38 . N
Hollande, les annuités seulcmtn! 36-31
France, dus lei lontines, selon Dcparrieoi 40-08
Ces deux dernières classes comprennent, comme on voit, des tètes choisies.
Les probabilités de vie, déduites des mêmes tables, donneraient les comparaisons suivantes, pour 1000 individus supposés nés dans une année donnée, aux âges de 20 à 30 ans , époques vers lesquelles peuvent commencer les épargnes , et aux âges de 60 et 70, époques auxquelles commence le besoin de l'assistance; sur 1000 individus survivent :
ftortltampton . . . . .
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A 36 ans.
A 60 an!.1
MOOKDE HVm. LIVR1 11: «LU.
j Hommes Suède J Femme»
(Les J. s
Tienne-.
Bertin
Brandebourg
Canton de Vaud
Hollande, annuitaires
France, anciennes tontines.
A. 30 an*.
A. 60 ans.