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pourréaliser ce plan, demeurèrent infructueux, et l'essai qu-i! tenta lui-même d'un établissement à la barrière de Sèvres, «'eut pas de succès. Tl conçut alors son projet sur une plus' faste échelle ; il proposa l'établissement de « compagnies qui « assureraient en maladie les secours les plus âbondans et les a pins efficaces, à tous ceux qui , en santé, paieraient une 1res « petite somme par an, et même par mois (1) », Il supposait pour chaque compagnie 30,000 associés, divisés .en quatre classes, dont la première paierait par mois une livre, la deuxième deux livres , la troisième trois livres, et la quatrième quatre livres. Il supposait en même temps un établissement de 800 lits, pour recevoir autant de malades de h classes différentes, à raison de 600, 1200, 1800 et S0OO livres de dépense annuelle par lit (2); trois mille actions de 200 livres chacune devaient former le fonds capital de chaque compagnie. L'auteur voulait meure ainsi l'établissement à la portée des personnes peu aisées. Ces vues rencontrèrent quelques critiques assez frivoles, il faut le dire ; elles obtinrent le suffrage d'hommes éclairés, et en particulier celui de plusieurs des médecins les plus distingués de la capitale ; on né reprocha aux calculs de l'auteur, que d'avoir supposé un trop grand nombre de cas de maladies relativement au nombre des associés, et une trop forte dépense pour le traitement. Toutefois, ces plans ne purent obtenir même un commencement d'exécution ; ils furent reçus du public avec cette indifférence qui attend ordinairement les vues d'utilité générale. En vain, Chamoussét avait-il commis l'erreur de joindre à son projet une sorte de loterie pour le populariser; on ne répondit point à son appel. Les personnes aisées parurent craindre de n'obtenir eu souscrivant, qne l'avantage peu séduisant d'entrer un jour dans
O) Mémoire imprimé en~lî70, iu-48.
(2) La première classe de malades eût été traitée duos des nlles de viogi-' quatre lits ; la deuxième, dans des chambre* à deux lit» ; la troisième, dans des chambres 'à un lit; la quatrième, dans des appartement séparés et complets.
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une sorte d'hôpital,; les personnes placées dans une situation voisine delà pauvreté, jugèrent peut-être les conditions d'admission trop peu accessibles pour elles; on témoigna des appréhensions sur la solidité des établissement. Un critique avait annoncé, dès l'origine, qu'un plan fondé sur une disposition à la -prévoyance était inexécutable en France, et in.eompatible avec nos mœurs (1). On doit reconnaître d'ailleurs qu'en soumettant ses associés à n'être traités que dans des maisons communes, en cas de maladie, et en leur refusant la perspective d'être assistés à domicile , Chamousset avait eu une idée fausse, et s'était créé des difficultés insurmontables. La même pensée a été reproduite un demi-siècle plus tard, mais avec des calculs mieux étudiés, des conditions mieux entendues, et dégagée delà création de maisons hospitalières)" d'abord., par l'estimable géomètre auquel nous sommes redevables des tables de mortalité, M. Duvillard (S); ensuite, par un administrateur distingué qui était l'ami du pauvre, et dont le souvenir est cher aux établissemens de bienfaisance £/ de la capitale, M. Monrgue. (3)
Sons le nom & Association de prévoyance, Duvillard avait conçu le plan d'une assurance mutuelle analogue à celles qui déjà avaient été établies en Angleterre, en Ecosse, et particulièrement à celle que Dodson venait alors d'ouvrir à Londres. Mais il y avait joint quelques combinaisons qui lui étaient propres ; il y avait appliqué ses propres recherches sur les rentes viagères. Ces recherches avaient reçu, en 1786, l'approbation de l'Académie des sciences, au rapport de Condorcet ; son Plan d'une associait on de prévoyance obtint le même suffrage eu 1793, sur le rapport de l'illustre La Place, et Ait imprimé par ordre de l'Assemblée Nationale, dans le
(1) Voyei la Lettre critique, etc., etc., ceuvrci de Chimouuet, tome i", page S».
(3) Kec/ierc/ies iur les rentes et sur Us emprunt!, Paris, Gatliré, 1787, in-4. (3) Plaa d'une cause de prtrojtnct et de secours ; Péril, 1809.
4° rapport dn comité de mendicité. Il consistait d'abord à offrir aux personnes économes, les avantages d'un placement avec accumulation à intérêt composé. Oet intérêt étant supposé de 4 p. 0/0, Duvillard montrait qu'une personne qui aurait économisé nn sou chaque jour, aurait acquis pour ellemême, ou pour laisser à une autre après 10 ans, 219 liv. 2 s. 3 d.; après 40 ans : 1734 iW, ûs. 4. d.; après 60 ans: 4848 liv. 6 s. 7 d. Un artisan qui, a 30 ans, ent commencé ce mode d'épargnes , se serait donc trouvé, à l'âge do 60 ans , possesseur d'un capital de près de 1800 fi*. , ou d'une rente de 72 fr. En perlant l'épargne à 10 s. 4d. par jour, 11 se fût trouvé, à 80 ans, possesseur d'nn capital de 2191 Kv., pour se marier on s'établir. Une seconde combinaison avait pour objet une véritable tontine, c'est-à-dire tin système de placement dans lequel les survivans recueillaient la mise des prédécédés, avec. 'les intérêts accumulés. Une troisième avait pour objet Une assurance sur la vie, c'est-à-dire un placement qui profitait à la personne désignée par le donateur, après le décèsde celuici. Les fonds, devaient être placés au monade-piété, à la caisse d'escompte, ou en prêts hypothécaires. L'auteur ne se borna pas à publier sou projet; il ouvrit un bureau pour le réaliser; mais il ne parait pas qu'il attira beaucoup d'amateurs,, et il eut Heu de s'en féliciter; car, en supposant 'que les bases du plan fussent a l'abri de la critique , les'évèaemens qui survinrent bientôt et qui portèrent une si terrible perturbation 'dans toutes les valeurs, eussent fait 'éprouver à l'auteur, 'comme aux associés, de cruels mécomptes.
Frappé de voir que toutes les caisses essayées efa France, sous le nom de caisses 'des-veave*, d'épargne», d'ouvriéf», et autres-, avaient échoué , tandis que des étabftseénieDS analogues prospéraient en Allemagne, en Angleterre, eu Ecosse, M. Mourgue pensa que le défaut de succès des premières devait être essentiellement attribué ace qu'elles reposaient sur une spéculationdrintérêt 'privé. Il cotiçw'donc l'idée, nc^^^ulemeHtae4eu^enlevCT'ce(arae^è^^;,1^ïfl;ïs fie les
a— mis itniaçpitm a iïmuid. lit
lier JttiK «ÉiWaflemens de iaepteisanoe, et il proposa d'annexer an a*oat-de-piété de Paris, sa mùw de preneytmoe et «W soemm. Son plan offrait à l'homme économe trois sortes d'avantages qoe celui-ci pouvait réunir, on entre lesquels il ponvart choisir. Le premier lui assainit, en cas de maladie, m secours de 1 fr. et 26 cent, par jenr j ee plan snpposait nne œoyeaBede7 jours seulement de maladie par an(l); ladarée dn traitement était supposée ne pouvoir excéder deux mois. Le second loi promettait, dam lavieillesBe, une pension graiduée de 6 ans «a 5 an», depuis 5* ans jusqu'à 76, et s' élevant de 250 francs à 600. Le troisième enfin loi procurait la faculté de retirer les sommes qu'il aurait avancées, avec T intérêt aocrandé jusqu'à l'âge de 50 ans, ou jusqu'à son décès jfast'cct âge. Le déposant pouvait obtenir ces avantages, ou par une nrise annuelle , on par te versement d'un capital. Le montant des cotisations variait natureHement , et ae proportionnait soit à l'âge du déposant , soit au genre d'avantage auqueljispirait celui-ci. M. Mourgne avait établi ses calculs sur neuf tables de mortalité comparées entre «lies , et il en avait déduit, dans cinq tableaux joints à son plan, toutes lies combinaisons d'exécution. Les Tonds devaient être placés au mom-de-piété, qui eût trouvé lui-même dans cette opération quelques bénéfices.
Le conseil général des hospices de Paris donna à ce 'plan- 6e justes éloges, et le fit imprimer. L'Académie fies Sciences T-exarnhia à deux reprises et l'approuva en 1-808, su rapport 'âeliegendre: toutefois, Une fut point m» à exécution.
'L'immortel auteur de la Mécanique céleste -a Ini-mema
(1) H. JV1ûurgut:av^i:Jim4é*ÉUe*upp«