RÉGIME WATUKBL DE LA PROPRIÉTÉ
par la contemplation de l'objet possédé , par l'exercice du droit de propriété. Nulle part , il ne se montre avec autant de force qu'en Rappliquant au sol, parce que le sol frappe les regards , parce que de lui-même il produit des fruits Taries, parce que la propriété s'y montre consolidée, certaine , immuable; parce que le possesseur eu jouit avec plus de sécurité. Ce sentiment, enfin, est d'autant plus énergique, que le droit de propriété est plus complet,. qu'il est mieux développé dans toutes ses conséquences.
Tel est le régime naturel de la propriété. Sa condition fondamentale est donc dans l'indépendance attachée à la possession, parce que la propriété elle-même a l'indépendance individuelle pour origine. Violer cette indépendance par une constitution artificielle, c'est offenser la justice, c'est dénaturer la notion de la propriété, c'est enlever au sentiment de la propriété, le principe de vie qui féconde le travail; c'est détruire L'énergie de la production, dans sa source.
Le régime naturel de la propriété tend, par lui-même, à augmenter la richesse sociale, et à opérer sa juste- et abondante répartition; ce double, résultat est d'autant mieux atteint, que ce régime est mieux observé. Loin donc de le contrarier par des règles restrictives , il importe de le favoriser et de l'affranchir de 'tous les obstacles; il importe de rendre la propriété accessible à tous, par conséquent transmissible, divisible, autant qu'il se peut, afin que la récompense soit constamment présente aux efforts qui l'auront méritée, et qu'elle excite incessamment l'émulation et la persévérance de l'activité individuelle.
La divisibilité de la. propriété a ses limites, il est vrai. La propriété foncière, déjà limitée quant à sa masse, est surtout limitée quant. à sa divisibilité; il arrive un terme où elle ne peut plus suffire à tous les prétendans , ni se partager sans cesser d'être féconde. Mais la propriété mobilière survient , et sa multiplication est sans bornes. Il est donc, nécessaire d'encourager sa formation ; et il convient de lui
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rendre en sécurité, en indépendance, ce qui lui manque des avantages spéciaux a la propriété foncière. Pair là, s'ouvre pour le travail individuel, la perspective d'une rémunération inépuisable.
Qu'on y prenne garde ; .pour rendre la propriété accessible, il ne faut pas la rendre incertaine : car elle cesserait d'être propriété. Elle demande une stabilité, qui permette aux exploitations de se déployer par la persévérance et l'esprit de suite ; l'intérêt de la conservation s'allie ici avec celai de l'indépendance. En rendant la propriété accessible, c'est en faveur du travail, qu'il faut la rendre disponible. La livrer aux jeux du hasard, c'est lui enlever la juréroga tive qui en fait le premier prix. Alors qu'elle se dégage des gênes que les substitutions et les antres lois restrictives imposaient aux radiations , il importe qu'elle se préserve d'un antre danger, celui qui la livrerait aux spéculations de l'agiotage. Affranchie de la féodalité , qu'elle ne tombe pas sous le joug d'une avengle loterie, qui rendrait son incertitude plus funeste encore que ne l'était son esclavage.
' Les mesures qui répriment les abus de l'agiotage protègent donc , loin de le contrarier , le régime naturel de la propriété; elles lui permettent-de prendre racine , de remplir sa destination, de produire des effets réguliers et des fruits durables.
Là propriété collective se forme par nn contrat exprès ou tacite; mais elle ne peut être qu'exceptionnelle. Elle sert, daits l'état de société , à doter des services communs , à entretenir des jouissances communes; elle remédie aussi à une division excessive des biens ; elle procure , dans certaines proportions, une exploitation mieux entendue et plus fructueuse. Telle est son utilité; utilité restreinte à certains cas déterminés. Les domaines de l'état, les biens des communes, des corporations, ont une destination spéciale, mais circonscrite;, il est à -désirer que la niasse de ces biens qai