‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 62 sur 132 · RÉGIME IT&TÙXKL HE LA PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

RÉGIME IT&TÙXKL HE LA PROPRIÉTÉ

sortent ainsi du commerce , se réduise au lieu de s'accroître. La propriété collective est appelée à seconder l'exercice de la propriété individuelle, non à le remplacer. Du reste, elle n'éveille plus au même degré le sentiment de la propriété, ni l'énergie d'action qui en est Ut suite. L'actionnaire d'une société qui possède un bien commun , quoique porteur d'un' titre en bonne et due forme, est loin d'éprouver, à la vue de cette feuille de papier, le sentiment qui anime le possesseur d'un champ qu'il arrose de ses sueurs, quelle que soit d'ailleurs la solidité attachée à son titre. -

La libre transmission de la propriété a cependant aussi ses limites^ limites qu'exige le grand intérêt. de la formation et de la conservation des familles. Société naturelle et sacrée, élément essentiel de la société générale, la famille subsiste et se perpétue par les héritages. L'esprit de famille paralyse, dons l'àme du possesseur, la disposition égoïste que tendrait à exciter la propriété individuelle. D redouble l'énergie du travail , par la générosité des affections, par l'es-' poir de faire jouir encore après soi, du fruit obtenu, ceux auxquels le possesseur a donné le jour. Il provoque et entretient les soins de conservation. C'est donc avec raison, que les lois civiles ont en quelque sorte personnifié la famille, dans la transmission de la propriété par l'héritage. Les garanties données à l'héritage ne sont elles-mêmes qu'une condition essentielle du régime naturel de la propriété ; elles consacrent la perpétuité du droit; elles mettent l'exercice de ce droit en accord avec l'une des lois fondamentales de la nature, la constitution de la famille dans la société humaine.

Aussi, et cette circonstance est-digne de remarque, les systèmes qui ont voulu soumettre la société à une constitution artificielle, outils été conduits généralement à combattre1 le droit d'héritage ; ils ont porté atteinte à la constitution de la famille; souvent ils ont même attaqué l'institution du mariage. Ils voulaient appliquer le principe de l'association ,

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et ils détruisent la première des associations, la plus sacrée, la plus utile , celle qui a sa base dans la nature.

Chose remarquable! c'est en renversant, que ces systèmes prétendent établir! C'est en proscrivant ainsi le passé, qu'ils se flattent de fonder l'avenir. On -dirait qu'en frappant d'un anathème absolu toutes les traditions-antérieures, ils essaient de protester contre l'arrêt qu'ils subissent au tribunal de l'expérience.

Ainsi , c'est dans le principe même qui leur est commun , celui d'une constitution artificielle de la société, que réside le vice essentiel de tous ces systèmes. Ce vice radical les rend inadmissibles, dans la pratique. Comment les . possesseurs actuels consentiront-ils à abdiquer en faveur des nouvelles théories? À défaut, comment les y contraindre? corn- ' ment soumettre tous et chacun au joug de l'organisation collective? et que faire des individus qui refuseront de l'accepter? En promettant de prévenir la misère, ces systèmes d'ailleurs, par cela qu'Us relèguent au dernier rang les individus dénués de vigueur, de capacité, frappent puissamment de défaveur la classe de laquelle sortent les indigens. Ils récompensent les forts, et dédaignent les faibles.

Lo véritable encouragement au travail, et par conséquent le vrai moyen de féconder les sources de la production et du bien-être, consiste dans le respect pour la possession légili- ' moment acquise, et dans les facilités ouvertes pour acquérir la propriété par des voies légitimes. Loin de gêner ce régime, qu'on le délivre des entraves qui pourraient encore en contraindre le libre essor. (

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